Tizi Ouzou : les citoyens de la cité des Fonctionnaires expriment leur ras-le-bol

14 mai, 2012

14/05/2012

Le Matin DZ - Les idées et le débat

  Tizi Ouzou : les citoyens de la cité des Fonctionnaires expriment leur ras-le-bol dans corruption

Les citoyens de la cité des Fonctionnaires de Tizi Ouzou ont procédé, avant-hier, à la fermeture de la rue longeant le siège de la Casnos et la polyclinique Nabila-Djahnine ainsi que la rue menant au siège de wilaya.

 
La dégradation du cadre de vie pousse les citoyens à la contestation. En effet, sur les lieux, les manifestants ont fermé la route à la circulation automobile, à l´aide des barricades de fortune et de pneumatiques enflammés, pour exprimer leur ras-le-bol quant à la situation qu’ils vivent au quotidien. Mais aussi dans le but d´amener les responsables concernés à intervenir. Cette fois, les protestataires ne comptent pas lâcher prise. Durant toute la matinée, la route demeurait toujours obstruée par des troncs d´arbres et autres débris.

« Jusqu’à quand allons-nous patienter ? Ils ont commencé les travaux d’aménagement depuis des mois mais ils n’avancent guère depuis bien longtemps. Les habitants de la cité souffrent. Nous nous sommes réunis maintes fois avec les autorités locales, qui nous avaient assuré que les travaux finiront le 5 Juillet prochain. Je vous cite juste un problème : nous avons demandé des poubelles il y a huit mois maintenant, mais rien n’a été fait. Si c’est un problème d’argent, qu’ils nous le disent, car nous sommes fatigués d’attendre », dira M. Belhocine, président d’honneur du comité de la cité des Fonctionnaires. Et d’ajouter : « Les sit-in et voies de dialogue n’ont servi à rien, d’où le recours à la rue amplement justifié. » Les revendications des protestataires portent essentiellement sur l’amélioration de leur cadre de vie dans ladite cité. Nous pouvons citer entre autres l’aménagement du quartier qui se trouve selon eux « dans un état lamentable », ainsi que la construction d’aires de loisirs, le revêtement de la rue principale à proximité de la cité, l’éclairage public et la peinture des immeubles.

Il convient de rappeler que plusieurs actions similaires ont été menées en direction des responsables de l’APC du chef-lieu, ainsi que ceux de la wilaya, en vain, expliquent les protestataires qui se disent « lésés » par les élus et par les autorités locales dont l’inertie est de plus en plus décriée par les citoyens. Enfin, plusieurs montées au créneau ont été enregistrées. Récemment, des citoyens se sont élevés contre la construction d´une coopérative immobilière dans un espace vert situé à la nouvelle ville. C’est malheureux, car il ne reste à ces jeunes gens que la rue pour exprimer leur ras-le-bol et réclamer ce qui leur revient de droit. « Ils nous ont promis beaucoup de choses, mais rien n’a été fait. Nous ne sommes pas des voyous et nous ne faisons pas de la politique, loin de là. Nous revendiquons juste nos droits et nous irons jusqu’au bout », dira l’un des protestataires.

Dégradation du cadre de vie

Les citoyens de la ville du Genêt montent au créneau. Les manifestations de rue se multiplient depuis quelques jours dans la ville de Tizi Ouzou où les citoyens de divers quartiers de la ville battent le pavé pour présenter une fois de plus des doléances citoyennes. En effet, ces revendications ne datent pas d’aujourd’hui et sont, malheureusement, restées lettre morte par la faute d’une administration locale de plus en plus gangrénée par l’inertie et, surtout, le passe-droit. Après les résidents du lotissement Hamdad, suivis par les riverains de la cité des Fonctionnaires, qui sont descendus dans la rue pour dénoncer la dégradation de leur cadre de vie et l’insouciance des autorités locales à tous les niveaux, ce sont les habitants de la cité du 11-Décembre qui sont montés au créneau, mardi passé, afin de manifester leur mécontentement pour un litige de foncier.

Pour se faire entendre, ils ont procédé à la fermeture de la route menant vers le lotissement Bouaziz et les deux cités Amraoua et 11-Décembre, au niveau du carrefour qui dessert le centre-ville et la Nouvelle ville de Tizi Ouzou. Parmi les revendications principales des protestataires, la préservation des espaces verts de la cité, comme nous l’a expliqué un riverain, qui dira que « cela fait maintenant onze ans depuis que nous réclamons la préservation des espaces verts de notre agglomération mais en vain. Rien n’a été fait, ce qui nous a poussés à procéder à la fermeture de la route ». Et d’enchaîner : « Nous sommes fatigués de nous déplacer à chaque fois vers l’administration, c’est pourquoi, cette fois, nous avons demandé aux responsables de venir sur place pour que nous puissions réitérer nos doléances et exiger de régler ce problème une bonne fois pour toutes. Malheureusement, comme vous le constatez, personne n’est venu. Je tiens à ajouter qu’à chaque fois que nous obtenons gain de cause, l’administration n’applique pas cette décision. Elle veut nous étouffer et faire de notre cité une Casbah. »

L’administration contourne les décisions de justice

Pour rappel, les habitants demandent également la délimitation de leur cité. « Treize lots au total ont été attribués et construits frauduleusement sur un terrain qui appartient à la cité. Nous avons  été en justice et nous avons eu gain de cause mais à chaque fois l’administration contourne les décisions de justice. Aujourd’hui les gens n’en peuvent plus. Alors il ne nous reste que la rue pour réclamer nos droits”, conclut l’un des manifestants. Il précise enfin : « À Tizi Ouzou, il y a trop d’anarchie et d’abus de pouvoir de la part des autorités locales. Cette fois nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout. » En vrai, la ville est cycliquement le centre de mouvements de contestation. Dans la journée de mardi dernier, une autre manifestation a été enregistrée au niveau de la rocade de Tizi Ouzou où les transporteurs de Boghni, qui réclament depuis quelque temps l’implantation d’une station fiable, ont procédé à la fermeture de ce tronçon d’autoroute.

Iris Samy

 

Emigration : bourrage des urnes et fraude massive à Marseille

11 mai, 2012

 

Vendredi, 11 Mai 2012

Le Matin DZ - Les idées et le débat 

Emigration : bourrage des urnes et fraude massive à Marseille dans politique

La Algériens résidant en France étaient ppelés aux urnes du mardi au jeudi 8 mai pour élire leurs représentants au parlement. A Marseille, le scrutin à débuté dans le désordre et la confusion au point d’empêcher durant plusieurs heures la surveillance des opérations de vote. Plusieurs partis ont immédiatement dénoncé des irrégularités, voire des actes de bourrage des urnes.

 
A Marseille, les vieux émigrés des foyers ont joué le jeu des partis de l’alliance au pouvoir.
Bousculades, occupation de bureaux de vote, manipulation des bulletins, candidats en campagne improvisée sur les lieux, distribution de consignes à haute voix… le scrutin des législatives algériennes a démarré mardi 8 mai à Marseille dans le désordre et la confusion, un contexte propice à la fraude, dont ne se seraient pas privées les personnes représentants les partis au pouvoir, RND et FLN.

Les autres partis, pour l’essentiel de nouvelles formations de tendance démocratique, ont protesté par écrit auprès de la commission de surveillance constituée de magistrats et présente sur les lieux. Pressées de mettre un peu d’ordre, les autorités consulaires ont fini par ouvrir deux nouveaux bureaux de vote pour décongestionner.

Transport par bus, consignes de vote et petit billet…

Cela dit, le scrutin n’a pas failli à la « tradition », les pratiques de manipulation en amont de l’électorat à travers les réseaux associatifs aux mains des autorités consulaires ont fonctionné à fond durant la brève campagne. Les « chibanis », habitants des foyers Sonacotra et autres, ont été acheminés par cars en provenance des grandes villes du département des Bouches-du-Rhône, avec des consignes de vote pour le RND et/ou le FLN. Les mauvaises langues parlent d’un billet de dix euros glissés dans une enveloppe comportant le numéro du bulletin à mettre dans l’urne. Les frais de transport sont pris en charge par le consulat, à raison de 500 euros par jour et par bus.

L’électorat qui échappe à ces pratiques, habitants des quartiers notamment, ou du centre ville marseillais, vote en fonction des ses attaches claniques ou régionales. On offre sa voix au candidat connu, celui qui est proche de sa ville de naissance, de son douar, de sa tribu… La politique n’a pas grand-chose à voir dans ces choix, ce qui désespèrent les nouveaux partis, lesquels ont fait l’effort de proposer des programmes, quasiment identiques, mais qui ont le mérite d’exister et de tenter, mais en vain, de provoquer une mobilisation sur des bases politiques.

Les observateurs habitués au déroulement frauduleux du scrutin estimaient que pour cette fois la transparence sera préservée car le pouvoir est en quête d’un minimum de crédibilité après les évènements qui ont secoué le reste du monde arabe. L’observation a vite été démentie par la réalité du terrain et les pratiques du pouvoir.

Au-delà des chiffres, une chose est sûre, la participation a été très faible, mais les pratiques qui ont eu cours en amont assureront sans doute un siège ou deux aux partis au pouvoir, sur les quatre attribués à la représentation de la communauté. Les deux autres pourraient se répartir entre une formation islamiste – L’Alliance Verte qui a mené une campagne discrète mais efficace auprès des familles dans le besoin, est donnée favorite- et le Front des Forces Socialiste (FFS) dont l’électorat, en grande majorité originaire de Kabylie, s’est sans doute partiellement mobilisé dans la région parisienne.

Iris Samy

 

50 millions pour Sarkozy: l’ancien premier ministre libyen confirme

3 mai, 2012

Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 10:11
50 millions pour Sarkozy: l’ancien premier ministre libyen confirme
03 mai 2012 | Par Fabrice Arfi et Karl Laske

M. Baghdadi
« Je confirme qu’il existe bien un document signé par Moussa Koussa et qu’un financement a bien été reçu par M. Sarkozy. »L’homme qui parle est celui qui a validé en 2006 le principe d’un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye. Baghdadi Ali al-Mahmoudi était le secrétaire général du Comité populaire général, soit le chef du gouvernement libyen, dont les « instructions » sont mentionnées en toutes lettres dans la note du 10 décembre 2006 révélée par Mediapart (lire sous l’onglet Prolonger). Aujourd’hui détenu en Tunisie, M. Baghdadi a confirmé, mercredi 2 mai au soir, à Mediapart, par l’intermédiaire de l’un de ses avocats, Me Béchir Essid, tant l’existence de la note signée par Moussa Koussa, ancien chef des services secrets libyens, que le montant de 50 millions d’euros débloqués en 2007 par le régime Kadhafi pour l’actuel chef de l’État français.Depuis la révélation, samedi 28 avril, de ce document explosif, l’Élysée a fait feu de tout bois contre Mediapart. Dénonçant une « infamie » et un « montage », le président de la République a déposé plainte pour « faux et usage de faux », « recel de ces délits » et « publication de fausses nouvelles » lundi et obtenu, dans l’heure qui a suivi, l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris.De son côté, Mediapart a déposé à son encontre, mercredi, plainte pour « dénonciation calomnieuse » (c’est à lire ici).Dès dimanche, l’Elysée s’est efforcé d’éteindre l’incendie auprès des acteurs de l’ancien régime sur lesquels il a gardé prise.Bachir Saleh, le destinataire de la note, présent à Paris bien que recherché par Interpol, et Moussa Koussa, son signataire, réfugié au Qatar, ont démenti sous couvert de leurs avocats l’existence d’un tel document, évoquant, pour le premier, des « réserves » sur son authenticité et, pour le second, des « histoires falsifiées ».Quant au chef du Conseil national de transition (CNT), Mustapha Abdeljalil, qui doit son poste à la France, il a assuré n’avoir « retrouvé aucune référence à cette lettre dans les archives libyennes ». Mais le directeur administratif du CNT a immédiatement mis en doute ces affirmations (notre article à lire ici)Le témoignage qu’apporte aujourd’hui l’ancien premier ministre libyen, Baghdadi Ali al-Mahmoudi, à Mediapart, à travers son avocat, pulvérise les contre-feux présidentiels français. « Nous avons participé à la réussite de M. Sarkozy et au financement de sa campagne présidentielle de 2007 », a fait savoir l’ancien chef de gouvernement par la voix de Me Béchir Essid, qui a rencontré son client en prison pendant plusieurs heures mercredi 2 mai.

 

Bachir Saleh est protégé par la France : François Fillon a menti

1 mai, 2012

Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 10:49
Bachir Saleh est protégé par la France : François Fillon a menti
30 avril 2012 | Par Louise Fessard et Carine Fouteau
Sarkozy-Kadhafi: dix mois d’investigations (1/18)
Pourquoi les autorités françaises n’arrêtent-elles pas Bachir Saleh, ex-directeur de cabinet de Kadhafi, pour le remettre aux autorités libyennes qui le réclament pour “escroquerie” ? Le premier ministre François Fillon a indiqué lundi matin sur RTL qu’il ne disposait d’« aucune trace d’un mandat international » visant ce proche du dictateur déchu, accueilli à bras ouverts par les autorités françaises. « Si naturellement il y avait un mandat international contre lui, la France le remettrait à la disposition de la justice après un échange avec le Niger qui est nécessaire compte tenu de son état de diplomate », a précisé François Fillon.

 

Capture d'écran du site d'Interpol
 
Capture d’écran du site d’Interpol© LF
Bachir Saleh est donc bien recherché par Interpol et le premier ministre ne peut l’ignorer. Il suffit de consulter sa fiche sur le site de l’organisation internationale, où il figure sous son troisième nom, Bashir El Shrkawi, réclamé par la Libye pour escroquerie. 

« Les notices rouges sont l’un des moyens par lesquels Interpol informe ses 190 pays membres qu’un mandat d’arrêt a été délivré par une autorité judiciaire à l’encontre d’une personne, explique le service de presse d’Interpol, contacté. Il ne s’agit pas de mandats d’arrêts internationaux. Les personnes concernées sont recherchées par des tribunaux nationaux (ou des tribunaux pénaux internationaux, le cas échéant), et le rôle d’Interpol est d’aider les services de police à les identifier ou à les localiser en vue de leur arrestation et de leur extradition. »

 
Même si Interpol ne peut obliger un pays membre à arrêter une personne recherchée, « nombre de pays membres, toutefois, accordent à  la notice rouge la valeur d’une demande d’arrestation provisoire, surtout s’ils sont liés au pays requérant par un traité bilatéral d’extradition », précise Interpol.
L’un des avocats de Bachir Saleh, Me Marcel Ceccaldi, a confirmé ce midi à l’AFP que son client faisait bien l’objet d’un mandat d’arrêt signalé par Interpol à la demande de Tripoli. « Comment Interpol peut-il diffuser un ordre d’arrestation provisoire à la demande des autorités libyennes ? » s’est indigné l’avocat. « Qu’est-ce que la Libye ? Les islamistes de Tripoli ? Les sécessionnistes de Benghazi ? Les bandes armées de Misrata ?» a-t-il ajouté. « Quel pays démocratique prendrait le risque d’arrêter quelqu’un pour le transférer en Libye ?» a-t-il poursuivi.

La France fait-elle la même analyse que l’avocat ? Toujours est-il que, comme l’a révélé le Canard enchaîné début avril, Bachir Saleh a bénéficié d’une incroyable protection de la part des autorités françaises. Le ministre de l’intérieur Claude Guéant a ainsi reconnu lui avoir attribué un permis de séjour au titre de la famille. En matière de regroupement familial, les conditions d’attribution sont pourtant strictes – elles ont été durcies par Nicolas Sarkozy lui-même en 2003 et 2006 puis par Brice Hortefeux en 2007 – et ne dépendent pas du pouvoir discrétionnaire du préfet. Celui-ci délivre ou non le titre de séjour en fonction de plusieurs critères.

Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, pour justifier la présence de Bachir Saleh sur le sol français, a récemment indiqué au Canard enchaîné que le ressortissant libyen bénéficiait « d’une autorisation provisoire de séjour pour trois mois puisque sa famille réside en France ».

Outre l’ironie, voire l’indécence, qu’il y a pour un homme qui n’a eu de cesse de vouloir restreindre les entrées d’étrangers au titre de la famille de mettre en avant cet aspect, son assertion révèle quelques ambiguïtés. Seule son épouse, et non pas sa “famille” au sens large, est susceptible de lui permettre d’obtenir un titre de séjour au nom du regroupement familial. En tant que conjoint, elle doit en avoir elle-même déposé la demande, être installée régulièrement en France depuis au moins 18 mois, justifier de ressources d’un certain montant et d’un logement d’une certaine superficie et se conformer « aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France ». 

 

Selon la législation en vigueur, le maire instruit la demande et donne un avis concernant le respect des conditions de logement et de ressources. Lorsque les critères sont réunis, une carte de séjour temporaire portant la mention “vie privée et familiale” est délivrée. À la différence de ce qu’affirme le ministre de l’intérieur, cette carte est valable un an (elle est par ailleurs renouvelable et permet de travailler). Mercredi 25 avril, l’épouse de l’ex-chef de cabinet de Kadhafi a été condamnée à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel Bourg-en-Bresse pour avoir employé quatre personnes « dans des conditions de travail et de vie indignes ».

Toujours selon Le Canard enchaîné, c’est l’ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, qui a veillé à son exfiltration de Libye dans un jet privé appartenant à l’homme d’affaires Alexandre Djouhri. Surnommé le “caissier de Kadhafi”, Bachir Saleh était le responsable du Libyan African Portfolio (LAP), un fonds souverain libyen crédité de plus de 40 milliards de dollars, qui a servi à de nombreuses opérations d’investissement sous l’ère Kadhafi. Est-il poursuivi par les autorités libyennes pour des escroqueries commises dans ce cadre ? Contacté ce matin, l’ambassadeur de Libye en France, Abuhamoud Al Shibani, n’a pas souhaité répondre à nos questions. 

François Fillon a par ailleurs affirmé ce lundi matin sur RTL que M. Saleh dispose d’un « passeport diplomatique du Niger » (obtenu grâce aux « réseaux de la Françafrique » selon le Canard enchaîné) et serait donc « protégé par l’immunité diplomatique ». Pas de chance, décidément, pour le premier ministre, le Niger a fait savoir en début d’après-midi que ce passeport avait été rendu en mars par Bachir Saleh.

Abdelhafid Yaha : le témoignage d’un acteur de premier plan

19 avril, 2012

 

Yaha Abdelhafidh.

Yaha Abdelhafidh est l’invité de l’ACB vendredi à 19h. Nous l’avons rencontré à Roubaix (nord de la France) où il est allé présenter le premier tome de ses mémoires paru chez Riveneuve éditions. Présentation. - en compagnie Hamid Arab               Yaha parle de la guerre, de ces héros anonymes. Il évoque les revers subis par l’ennemi, la solitude des djebels, la mort qui rôde. Il convoque sa mémoire pour dire tout le mal qu’il pense de ces atrocités, des luttes intestines qui ont dénaturé la Révolution. Et de s’interroger en silence : «L’Algérie qui a fait tant de sacrifices peut-elle se résigner aujourd’hui à être une pourvoyeuse de harraga désespérés ?» Chez cet homme au franc-parler incisif, dont on devine le peu de goût pour les fanfaronnades et les mondanités, aller droit au but est la meilleure façon d’arriver.Passionné, ce diseur de vérités ne craint personne encore moins ses contempteurs qui ont vainement tenté de le discréditer.Un homme libre.Face à cet homme résolu, on se croit nécessairement obligé de lui demander de parler de ses passions contrariées, de ses convictions ancrées jusqu’à l’entêtement, des trahisons, de ceux qui ont cheminé avec lui, de son combat inabouti qui reste le centre et le sens de sa vie. D’entrée, il plante le décor. «Pour nous les Yaha, rejoindre la lutte armée, c’est comme épouser une religion, onze hommes et femmes de la même famille embarqués dans l’une de plus belles guerres de décolonisation du siècle dernier.»
Abdelhafid est né dans un petit village du Djurdura, Takhlijt Ath Aïsou, le 26 janvier 1933, dans la tribu des Ath Ililten. C’est ici que Fadhma N’soumer,  l’héroïne de la résistance contre l’occupant français, a livré son ultime bataille.
Happé par la politique grâce au scoutisme, ses premières années ont déterminé sa vie militante, de maquisard et d’homme politique. C’est le PPA qui eut ses préférences, car «c’était le plus radical des partis nationalistes, alors que les autres formations surfaient sur des formules d’association, voire d’assimilation avec la France, le PPA revendiquait rien moins que l’indépendance, la plupart des scouts avec lesquels j’ai fait mes premières armes ont rejoint les rangs de l’ALN. Beaucoup d’entre eux y ont perdu la vie.
A la mi-mars 1947, Messali Hadj est venu à Michelet. Cela a marqué l’adolescent que j’étais. Des jours durant, il a plongé les habitants de tous les villages de la Haute Kabylie dans une espèce d’effervescence. Messali jouissait d’une aura sans égale en Kabylie avant le déclenchement de la Révolution. Ce jour-là, j’étais parmi les jeunes scouts qui avaient constitué une haie d’honneur au leader et de son adjoint Hocine Lahouel. On l’adorait, car il avait un charisme que nul autre ne possédait. En passant au milieu de la haie, il m’a touché la tête, j’étais aux anges. J’ai perçu ce geste comme une bénédiction.
A la fin de la cérémonie, le Zaïm et Lahouel avaient été invités par Amirat Cheikh, mon père spirituel, celui-là même qui a lancé la Révolution à Michelet. Cheikh  a été arrêté, et depuis 1948, il n’a cessé de guerroyer. C’était un exemple à suivre, car il a toujours respecté ses convictions, contrairement à Messali  qui a tourné le dos à la réalité en allant à contrecourant de l’histoire. Pour moi, il a trahi la cause et je ne sais qui lui pardonnera les dizaines de morts arrachés à la vie par les éléments du MNA. C’est une tache noire qui ternira à jamais le mouvement national.»
Poussés par la malvie et la misère, des milliers d’hommes sans espoir durent émigrer, dont le père de Abdelhafid qui reviendra en 1949 pour marier son fils, âgé alors de 16 ans.
Marqué lui aussi par un sort contraire, Abdelhafid émigre à son tour à Charleville Mezieres en France où son père travaillait dans la fonderie Wiem. Autodidacte, Abdelhafid prenait des cours du soir après le travail «car je savais que l’accès au savoir me ferait progresser».
Le jour fatal
Notre homme milite au sein du MTLD, mais est vite déçu par le comportement du Zaïm qui s’était taillé un costume de leader dans lequel il se complaisait, pensant qu’il y était pour l’éternité.
Désespéré et dépité par ces luttes intestines sans fin, Abdelhafid décide de rentrer au pays, «pour prendre le pouls de ce mouvement révolutionnaire naissant attendant le jour fatal. Ce jour prévisible a fini par arriver le 1er Novembre 1954, les boussoles du colonialisme se sont affolées. Les certitudes centenaires d’un ordre injuste, brutal et raciste ont vacillé sur leurs fondements, et le peuple algérien a redressé son échine courbée par plus de 100 ans d’injustice et de mépris».
«Je suis monté au maquis à l’âge de 21 ans dans la région de Michelet sous la houlette du chef de secteur Merzouk Aït Ouamara, dit Si Abdallah. La population nous a soutenus. Les hommes et les femmes unis ont lutté ensemble, et je peux dire que l’émancipation de la femme a commencé dans les maquis. C’est grâce à elles qu’on a pu poursuivre le combat.» Dès le début, Yaha s’est engagé résolument pour la cause nationale : «Ma chance, c’est que je n’ai jamais été arrêté.» Parmi ses nombreux faits d’armes, l’attentat perpétré contre l’administrateur général de la commune mixte de Michelet qui avait fait grand bruit à l’époque.  Mais, admet-il, «nous avions plus à faire en 1962 que pendant les durs moments des maquis. J’étais aux côtés de Mohand Ould Hadj. Je tenais le commandement de Tizi Ouzou qui abritait le PC de la wilaya. On pensait à ces compagnons fauchés à la fleur de l’âge, à ces courageux anonymes qui ont bravé l’horreur, à ces familles brisées par la guerre, à ces existences désastreuses et à ces générations bouleversées.»
Ils étaient jeunes, mais ils ont eu des responsabilités politiques et militaires qu’ils ont assumées sans démériter. En 1962, la situation était presque intenable. «Les veuves venaient quémander pour survivre, des milliers de prisonniers sortaient de prison sans argent, sans domicile fixe. Il fallait s’occuper de tout ça, des civils et des militaires sans moyens. On n’a rien reçu du pouvoir central basé à Alger. On n’a pu survivre que grâce aux cotisations de la population livrée à elle-même. On était en plein été de la discorde, et la population exaspérée, lasse,  désabusée criait : ‘‘Sebaâ snin barakat !’’ (Sept ans  ça suffit !) face aux appétits du pouvoir qui gangrenaient la scène politique.
Avant l’arrivée de l’armée des frontières, j’ai occupé le siège de la Radio et de la Télévision avec Si Moh Chérif Chemam, un homme intègre et courageux, officier de l’ALN qui a été arrêté par la suite et fusillé avec deux autres gradés. Face à la nouvelle oppression, qui sévit depuis l’indépendance, j’ai pris mes responsabilités pour poursuivre la lutte. Il était dans le droit fil de la plateforme de la Soummam de nous opposer au pouvoir personnel et afin de continuer le combat inachevé pour la liberté et la démocratie, je me suis dressé avec d’autres anciens militants nationalistes contre le régime autoritaire de Ben Bella-Boumediène.»
Avec Mohand Oulhadj
«En juin 1963, à l’initiative du colonel Mohand Ould Hadj, Krim Belkacem et moi-même nous avons décidé de lancer un mouvement d’opposition. Deux mois plus tard, celui-ci prendra le nom de Front des forces socialistes (FFS).
Il y avait détournement de la Révolution. Comment peut-on accepter la dictature alors qu’on avait tenu tête à la quatrième puissance mondiale ?On a choisi l’opposition à ce fait accompli, car Krim Belkacem, Salah Boubnider et d’autres avec nous nous prônions la légalité et la légitimité. La population était avec nous, car elle en avait marre de la guerre, elle était à bout de souffle et voulait goûter aux joies de la libération.
La situation était critique, Krim, Oulhadj et moi-même et Allouache, porte-parole de la Wilaya IV, étions prêts pour lancer un parti. J’ai été envoyé pour voir Aït Ahmed à Alger afin de lui soumettre le projet. Il m’a dit qu’il fallait attendre les résultats des discussions entre Ben Bella et Fethi Dib, le chef des renseignements égyptiens, pour être fixés. Boudiaf, Boubnider et tant d’autres étaient emprisonnés. Un soir, on s’est donné rendez-vous avec Aït Ahmed, et on a discuté de ce projet jusqu’à l’aube. Il ne voulait pas marcher avec nous. On a été très déçus, mais on a poursuivi notre projet. Bien après,  on l’a associé de même que Belkaïd et Ali Amar qui venaient du PRS. Le FFS était né en septembre 1963, Ben Bella nous a appelés pour négocier. La conférence afro-asiatique à Alger était en préparation. Khider avait fait défection, et Boumediène préparait son coup. Ben Bella voulait nous utiliser pour écarter Boumediène qu’il avait, entre-temps, envoyé en mission au Caire.»
Un long exil
«Je devais, avec Omar Oussedik, négocier avec le président, mais Zbiri avait tout raconté à Boumediène en le prévenant de ce qui se tramait.  Les accords étaient prêts le 16 juin, mais le 19,  Boumediène avait déjà réussi son coup. Il ne nous restait, Omar Oussedik et moi, qu’à prendre nos précautions. On est partis à Djebel Koukou où on a été recueillis par un ami, Aït Menguellet. Peu après, on a repris les négociations avec Cherif Belkacem, chef de Parti, qui a dit respecter les accords conclus avec Ben Bella en faisant même miroiter une aministie générale, mais ce n’était qu’un leurre, car on avait appris que nous étions menacés et que notre vie était en danger. C’est pour cela que je suis parti en France, où j’ai continué à militer contre la dictature jusqu’à l’ouverture dite démocratique en1989.
C’est à cette date que suis je rentré au pays. Je pensais au fond de moi-même que c’était une ouverture de ‘‘façade’’, mais je me suis résigné quand même à tenter l’expérience. J’ai remis le parti sur les rails, j’ai tenu des meetings jusqu’au moment où on m’a exigé l’agrément. Mais ne suis-je pas reconnu de facto dès lors que j’avais négocié avec le pouvoir ?
J’ai eu des démêlés avec Aït Ahmed qui voulait accaparer les rênes du parti. J’ai lutté. Pendant 4 ans, j’étais en justice avec le ministère de l’Intérieur, mais l’agrément finira par être octroyé à Aït Ahmed.» De guerre lasse, Yaha jettera l’éponge, mais il rebondira en créant le Front des forces démocratiques au début des années 1990. Le nouveau parti ne fera pas long feu et ne restera pas particulièrement dans les mémoires.
«Je me suis rendu compte que tous les partis sont sponsorisés par les services. Le FFS actuel ? Comme ils ont usurpé le FLN authentique, celui du combat et du serment, ils ont fait de même pour le FFS. Pour moi, tant que les mêmes pratiques persistent, le pays n’avancera pas.» Comment conçoit-il l’écriture de l’histoire de l’Algérie ?
«Je pense qu’il est temps d’en finir avec les guerres de mémoires. Notre devoir en tant qu’acteurs est de témoigner pour donner des matériaux aux historiens. De rappeler que l’indépendance a été arrachée au prix du sang de milliers d’Algériens que l’histoire a passé à la trappe. Même s’il ne faut rien céder sur la mémoire et les 132 ans de colonisation, il n’est pas question que le régime en place prenne en otages le présent et l’avenir de notre peuple. L’Algérie d’aujourd’hui est-elle celle dont nous rêvions dans les maquis ? Assurément non…»Dans les luttes éternelles pour la démocratie et pour que vive l’Algérie libre et indépendante, de nombreux héros se sont sacrifiés pour la patrie.Slimane Amirat fait partie de ces hommes dont le destin demeure exceptionnel
très vite remarqué pour son dynamisme et ses qualités d’homme de terrain, le sollicitera pour sensibiliser l’immigration algérienne établie en France. Dès mars 1955, Slimane sera l’homme choisi par le FLN pour mettre sur pied et diriger les groupes de choc de la région parisienne pour lutter contre les Messalistes du MNA. Il accomplira sa mission jusqu’en 1958 où il sera arrêté et emprisonné à france
Libéré, il rejoint la France muni de faux papiers et reprend la direction du groupe armé de la région parisienne. , un homme des troupes  Il connaîtra à son tour, la torture des geôles françaises. Au cessez-le-feu, il sera libéré et aura la vie sauve grâce à une manifestation organisée à Paris . Il fera face à l’OAS, et ce jusqu’au conflit des wilayas. Après la prise de pouvoir par le groupe de Oujda et Ben Bella,ont peut pas oublier les Grands Hommes comme  Slimane  Amirat.et ferroudj mohamed dit cheplof  responsable politique qui a tant donné à l’ALGÉRIE qu’il aimait profondément. Officier durant la guerre de libération national, militant responsable des groupes de choc .  et fervent défenseur de la démocratie pour laquelle lui et ses proches ont tout donner et ont souffert.et
Mais, quant il s’agit de l’intérêt suprême, il a choisi dans un contexte sa patrie sans pour autant diminuer de la dimension de sa noble cause la démocratie.Son grand rêve était la construction d’une Algérie démocratique, de progrès et de prospérité pleine de tolérance, de travail et de justice social.Je salue sa mémoire Honneur et Gloire à tous ceux qui se sont sacrifiés pour notre ALGÉRIE.une génération d’Algériens s’est brisé contre le mur des ambitions d’un clan qui a pris en otages la révolution et son devenir.» Yaha Abdelhafidh donne le ton très vite. L’ancien officier de la Wilaya III veut témoigner, dire ses vérités, les trahisons dont il a été victime. Dans Ma guerre d’Algérie, Riveneuve éditions, il raconte les événements de l’intérieur, sur le terrain, dans les montagnes escarpées.
Il n’a toujours pas digéré la trahison des idéaux de la Soumman par les nouveaux maîtres d’Alger. Il voue un mépris cinglant pour le «clan d’Oujda», coupable, selon lui, de la situation actuelle de l’Algérie. «A l’aube de l’indépendance, des hommes, qui ont passé toute la période de la guerre tapis derrière les frontières, au Maroc et en Tunisie, en Libye et en Tunisie, ont commis un coup d’Etat contre la Révolution. (…) Ces militaires ambitieux et suffisants, qui n’ont, pour la plupart d’entre eux, jamais tenu une arme face à l’ennemi, n’ont malheureusement pas hésité après l’indépendance à dresser leurs canons tout neufs contre nous, leurs frères. Nous (…) avons été sommés donc de céder devant la force brutale de cette armée stationnée à l’extérieur, dirigée par le colonel Houari Boumediène.» Pour Yaha Abdelhafidh, la seule élection véritablement démocratique que l’Algérie aura connue est le référendum de 1962 approuvant les Accords d’Evian et la fin de la guerre avec la France. Depuis, rien ou presque, entre dictature et autoritarisme.
A 79 ans, il est sans haine, désabusé sûrement, blessé de voir l’Algérie, incarnation de ses rêves, dans l’impasse. Sa lecture est simple : la victoire de «l’extérieur» sur «l’intérieur» après la guerre d’Algérie est la cause de tous les maux. Dans ce premier tome, le fondateur du FFS en 1963, avec Aït Ahmed, ne cache pas les paradoxes et les crispations durant le conflit. Comme un amghar azemni, un sage, il se confie sans haine, il offre généreusement ses souvenirs aux nouvelles générations. «En dépit des risques et de la dureté de ma traversée, j’avoue que j’ai vécu. Deux maquis successifs et près de vingt-quatre ans d’exil. Un exil d’activités politiques, de lutte et non de luxe, comme beaucoup l’ont mené sans vergogne.» Yaha Abdelhafidh nous livre un document exceptionnel, le témoignage d’un faiseur d’histoire, d’un responsable politique et militaire. «Cette première salve mémorielle finie, l’hiver peut maintenant cingler à sa guise», dit-il. La nature l’a entendu, jamais il n’a autant neigé. Et les hommes ? Ils feraient bien d’imiter la nature, comme toujours.

Propos recueillis par. abdel .B

 

Assemblée communale de Tizi-Ouzou : un intérimaire « royal »

11 avril, 2012

 

Assemblée communale de Tizi-Ouzou : un intérimaire

Tizi-Ouzou ou le Col des Genêts n’est pas n’importe quelle ville. Et naturellement, sa gestion est plus politique qu’administrative.Le centre de Tizi Ouzou. Les intérêts sont trop importants à ce titre et la symbolique semble très élevée pour ceux et celles qui voudraient gérer une cité complexe. Mais la gestion d’une ville aussi sensible que Tizi-Ouzou ne peut être que collective. Dans ce cas précis, Mohand Belhadj ne peut être tenu, à notre humble avis, comme seul responsable d’une situation qui a trop perduré.

Cependant, la ville a besoin d’une bonne équipe gagnante , et surtout , d’un maire au-dessus du lot. Et contrairement aux écrits de la presse algérienne , ce n’est pas la population qui est soulagée du départ de Mohand Belhadj, mais plutôt, les clans et les intérêts trop divergents des partis politiques.

Il faut reconnaître que Mohand Belhadj est issu d’une grande famille (de Tizi et Ath Douala) qui s’est opposée vaillamment aux Français, au même titre que les Hammoutène. Ce sont d’ailleurs les deux familles que les armées françaises découvriront dès 1850 à Tizi-Ouzou.

Que les partis politiques crient à l’avènement de son départ c’est leur droit. Qu’ils se taisent devant le choix d’un intérimaire « royal », pose question ! De ce point de vue, il est important de savoir que son intérim est assuré par un certain Naguib Kolli, frère de Driss El-Kolli, ancienne vedette de la JSK, dont le père serait d’origine marocaine !

Mieux, à en croire les Tizi-Ouziens de vieille souche, des membres de la famille El-Kolli auraient été très liés à l’ancien président du Sénat, le défunt Mohamed Chérif Messaadia.

Ceci explique cela. Tizi-Ouzou a besoin d’un enfant du pays, compétent et honnête et au-dessus de la mêlée. Outre ces références d’origine, nous savons bien qu’il existe un certain nombre de familles dont les arrière-grands-pères sont de véritables Turcs, parmi ceux qui voulaient, de force, s’imposer aux populations locales. Les Turkemani, Karamani, Zmirli, Koroglis comptent dans ce nombre sans oublier ceux des chefs locaux de partis, qui ont poussé le maire à quitter les lieux.

Saïd Bouteflika à la manoeuvre

Nous savons pertinemment que des personnes étrangères à la région occupent des postes importants dans l’administration, quand ils sont, en même temps, en contact direct avec Saïd Bouteflika… Il faut regarder plutôt vers les anciens walis qui ont fait leurs études au Proche-Orient (Ghozali et Kharroubi), natifs de la région, de surcroît, pour bien mesurer le sous-développement de la région et la détresse actuelle des habitants.

Il a été établi que des clans familiaux ont joué au pourrissement de la situation à la Mairie de Tizi-Ouzou. Ils ont manipulé les fonctionnaires de l’Etat civil, gangrené l’ambiance de travail et politisé à outrance les conditions d’une bonne gestion collective de la cité. Ces clans se retrouvent, de nos jours, éparpillés au sein du FLN et du RND. Ils ont tiré trop sur les cordes, au détriment d’une population tiraillée entre la ville d’origine et la nouvelle-ville ,créée par les walis sus-cités.

IRIS .Samy

 

Ambiance islamophobe et répression policière des sans papiers à Lille

7 avril, 2012

La violence policière gratuite sur les sans papiers pacifiques devant le Tribunal administratif de Lille a été manifeste ce vendredi.

 Ambiance islamophobe et répression policière des sans papiers à Lille dans politique

 

Les manifestants ont été chargés par les services de sécurité. Les manifestants ont été chargés à coups de gaz lacrymogènes, de matraques, de pieds. Ces tabassages ont conduit 6 personnes à l’hôpital. Face aux trois charges policières les sans papiers se sont assis à terre et quand les coups devenaient insupportables, ils, elles (dont des femmes enceinte et des enfants) reculaient.

Pour préparer cette agression violente caractérisée de la police sur les manifestants plusieurs témoins disent avoir entendu le personnel du Tribunal administratif dire qu’on leur avait dit que « les sans papiers ont cassé la porte de l’UMP et allaient envahir le TA ». Ce qui est complètement faux.

En principe, la police fait trois sommations avant de charger. Or d’abord à l’intérieur de l’UMP, puis face aux chants et slogans des sans papiers devant le TA, la police n’a même pas pris le temps de respecter cette règle.

Il faut croire que les « bougnoules, les bamboulas, les fourmis » (maghrébins, noirs, asiatiques) dont les « civilisations ne valent pas » celle de M. Guéant n’en valent pas la peine, car tous les présents devant le local de l’UMP pour soutenir les occupants sans papiers à l’intérieur (syndicalistes CNT, CGT dont le secrétaire général de l’UD CGT, associatifs de la Ldh, du Mrap, du CA, politique de la JC, des Verts, du PCF, de la Coordination communiste, simples citoyens, etc) ont pu constater le respect de la sommation dans toutes ses règles.

La police à Lille  se permet d’empêcher l’accès au TA et au TGI aux familles et aux personnes devant fournir des pièces aux juges. Les témoignages font état aussi de propos scandaleux et dangereux tenus par des policiers face aux sans papiers : « Et Toulouse, c’est pas vous ?! », « ça me rappelle les attentats de 1995″, « ah! Ils arrivent, dommage, j’ai pas assez de cartouches », etc. Manifestement ces policiers que l’on lâche pour faire peur aux déterminés sans papiers qui refusent la clandestinité et défient la terreur du pouvoir sont conditionnés par l’ambiance raciste fait d’amalgames créée délibérément par la stratégie électoraliste du candidat-président. Les témoins ont relaté la scène de ce CRS qui lève sa matraque pour l’abattre sur la tête d’une dame et se rendant compte au dernier moment qu’il s’agit d’un dame non typée et d’un certain âge a cogné avec rage sur le vélo à côté.

Le CSP59 tout en réaffirmant que le réalisme, c’est traiter les humains sans papiers en humains en recevant sa délégation déclare : les ministres, les préfets ne doivent pas oublier qu’ils sont dans le pays du massacre du 17 octobre 1961 et que donc existent les ingrédients du racisme qui peuvent conduire au crime. Les sans papiers se rendent bien compte que le seul antidote qu’ils ont contre le poison raciste créé par le climat nauséabond islamophobe, anti-immigré, anti sans papiers et raciste est d’agir collectivement à visage découvert en exposant leur humanité par leur visibilité.

Le CSP59 appelle les témoins qui n’ont pas l’occasion de témoigner sur les propos et attitudes de la police le fassent en écrivant au courriel du CSP59 pour que l’on prenne à témoin l’opinion publique. En clair, le CSP59 demande la libération des 4 sur les 6 encore au CRA de Lesquin et attend toujours d’être reçu par le préfet du Nord.

Le NPA dénonce les brutalités policières

Dans une déclaration le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) « exprime son indignation à la suite de l’arrestation et de la mise en détention au Centre de Rétention Administrative de Lesquin, de six sans papiers du CSP 59 depuis vendredi 30 mars. Ceux-ci ont été matraqués, gazés puis arrêtés à la suite d’une occupation pacifique du siège lillois de l’UMP, où ils demandaient en vain d’être reçus par des responsables.
Le NPA dénonce les nombreuses brutalités intolérables dont ont été victimes les sans papiers et leurs soutiens pendant les rassemblements de solidarité aux arrêtés, le véritable état de siège organisé par la police pour empêcher le publicd’assister à l’audience du TGI. Il soutient l’initiative prise par les syndicats, associations et partis politiques appelant à une manifestation samedi 7 avril à Lille qui sera l’occasion de dénoncer la politique xénophobe et raciste du gouvernement UMP, exiger la régularisation de tous les sans papiers, la fermeture des centres de rétention et la libération immédiate des six de Lesquin. »

IRIS SAMY

 

 

Sans Papiers du CSP59 occupaient le siège de campagne de l’UMP

31 mars, 2012

Les 6 sans papiers arrêtes au local de l’UMP doivent être libérés!

Sans Papiers du CSP59 occupaient le siège de campagne de l'UMP  dans politique 07-03-14-sarkozy-lepen dans politiquecsp
Ce vendredi 30 mars 2012, une soixantaine de Sans Papiers du CSP59 occupaient le siège de campagne de l’UMP rue Solférino à Lille pour demander au Préfet de recevoir une délégation, pour dénoncer la coquille vide de la CODRESSE et exiger le droit à la défense argumentée des dossiers des sans papiers.
Vers 16h les forces de l’ordre ont évacué le local, après avoir fait usage des bombes lacrymogènes sur les personnes en soutien à l’extérieur. 7 camarades Sans Papiers ont été embarqués par les forces de police et un camarade Sans Papiers a été hospitalisé vers les urgences de l’hôpital Salengro au CHR de Lille.
Après une AG Place de la République à Lille, les Sans Papiers déterminés ont acté de se rendre en manifestation devant le Commissariat Central de Lille (Lille SUD) pour exiger la libération immédiate de leurs 7 camarades.
Les sans papiers se sont rassemblés devant l’hôtel de police à Lille Sud de 18H à minuit scandant les slogans exigeant la libération de leurs camarades. Un a été libéré vers 19H30. Les six autres sont maintenus en garde à vue.  Des élues (M.C. Blandin, Sénatrice, et H. Flautre, députée européenne) ont saisi le Préfet de la situation afin d’obtenir leurs libérations. La raison invoquée des  arrestations serait une plainte déposée par l’UMP. Les sans papiers sont formels : aucune dégradation ne peut être constatée dans le local occupé. Il y a donc trois hypothèses possibles sur ces arrestations :
 - la plainte de l’UMP ou/et du propriétaire, auquel cas il s’agit d’une procédure judiciaire qui ne nécessite pas la détention, mais une convocation au tribunal des personnes visées après notification de la plainte ;
- les arrêtés font l’objet d’une garde à vue pour séjour illégal : dans ce cas l’arrestation qui s’est faite après un tri des personnes est marquée d’un vis de procédure ;
- la préfecture et le procureur amalgament procédure judiciaire et administrative pour les maintenir en garde à vue, ce qui est de fait une soumission du pouvoir judiciaire au pouvoir politique.
Dans tous les cas il s’agit là d’une sombre instrumentalisation électoraliste par la criminalisation des sans papiers au profit du candidat-président Sarkozy. Que devient donc la neutralité de l’administration en période électorale ?
Les sans papiers arrêtés sont majoritairement des Algériens. La préfecture du Nord, qui n’hésite pas à expulser sans aucun respect des procédures légales, peut être tentée encore une fois de punir les arrêtés en demandant des laisser passer au consulat d’Algérie pour éviter le juge des libertés. L’état algérien peut il être complice de ces pratiques illicites mais fréquentes ?
Le CSP59 appelle tous les syndicats des aéroports de Lesquin, Roissy et Orly, tous les syndicats des ports de Marseille et Sète, tous les organisations démocratiques a empêcher la punition du ces courageux sans papiers qui ont osé occuper le local de campagne de l’UMP pour dénoncer la honteuse criminalisation dont les sans papiers font l’objet dans cette campagne électorale.
La seule réponse de l’UMP Sarkozy sera-t-il d’éliminer ceux qui ont le courage de montrer par leur action qu’ils n’ont rien à voir avec Merah, l’assassin de Toulouse et Montauban, sur lequel Le Pen a osé déclarer : « les Merah arrivent par bateaux entiers, par avions entiers » ?
Le CSP59 appelle le mouvement démocratique et syndical en Algérie a exiger du gouvernement algérien un acte de dignité face une éventuelle tentative d’expulsion manu militari. Il en est de même pour tout autre état en ce qui concerne les arrêtés de Lille.
Le CSP59 appelle à la mobilisation générale pour une « guérilla pacifique » jusqu’à la libération de tous les arrêtés par l’occupation de tous les bâtiments de l’état à toute heure, à tout moment et la place face à l’hôtel de police de Lille Sud tous les jours à partir de 18h jusqu’à la libération des sans papiers arrêtés.
Le premier rendez vous est ce samedi 31 mars à 17h, au parrainage républicain qui se déroule à la Maison de quartier de Lille Vauban à 17h (métro Port de Lille).
NB : nous venons d’apprendre le transfert des six au centre de rétention de Lesquin à 1H30 du matin, ce fait apparaitre le préfet comme un militant de l’UMP !
RASSEMBLEMENT TOUS LES MERCREDI PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARTIR DE 18H : cerassemblement se déplacera de République à l’hôtel de police de Lille Sud.
Comité des Sans Papiers 59 – CSP59 : E-mail : csp59@wanadoo.frhttp://leblogducsp59.over-blog.com

 IRIS SAMY

 

 

 » …Nous sommes tous d’origine étrangère » Christine Boutin, ancienne ministre de Sarkozy , Présidente du Parti Chrétien Démocrate.

26 mars, 2012


Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur français, qui commentait en direct l’opération.
On l’aura remarqué, les médias lourds français, télévisions en tête, ont rappelé des dizaines voir des centaines de fois les origines algériennes du terroriste Mohamed Merah alors que ce dernier est Français né en France de parents Français. Mais en quoi sa prétendue algérianité serait-elle explicative, justificative ou responsable de son comportement criminel ? En rien. Sens suggéré  de cet ultra et violent racisme non dit : un Français pur beurre, c’est-à-dire un Français normal ou, comme il se dit sous cape, un « vrai » Français,   ne saurait être criminel, terroriste ou même délinquant (dixit, Zemmour dans une grande émission télé :  « … la délinquance est le propre des arabes et des noirs… » Notons au passage que le sieur Zemmour au patronyme si peu Français, oublie ses grandes origines étrangères et berbères en particulier. Autre sens suggéré et non dit puisque évident (c’est cela le racisme naturel) un « vrai Français » est incapable de commettre des crimes aussi odieux! Tiens donc! Et ces dizaines d’assassinats sales et odieux commis en France  par « des vrais Français de souche » ? Et ces milliers et millions de Maghrébins, d’Africains, de Kanaks de vietnamiens torturés, massacrés, vendus en bétail humain par ces « vrais Français de souche » ? Et ce poignard de Jean-Marie Le Pen à quoi servait-il sinon à lézarder à vif ses victimes vietnamiennes et algériennes, jusqu’à la mort. Oui, M. Jean Marie Le Pen a été un criminel de guerre comme l’ont été avant lui des milliers d’autres « vrais Français de souche » exécutant pour les nazis les sales corvées en massacrant ce que la haute France avait de plus beau : ses patriotes et résistants à la barbarie nazie.

Trouvez autre chose messieurs, trouvez une autre explication que l’origine algérienne de Mohamed Merah pour justifier sa sortie de la normalité humaine. Cherchez plutôt du côté de son cursus social, professionnel et familial dans lesquels l’Algérie ou l’Islam n’ont rien à voir. Dans son vécu comme dans histoire, Merah est entièrement et totalement Français. Son formatage et son façonnage il les doit exclusivement à la société française dans le bien comme dans le mal. Il faut assumer cela et comprendre définitivement que les exclusions mènent toujours aux mêmes catastrophes extrêmes, aux mêmes horreurs. Il faut vite prévenir ces journalistes français, peut-être inconscients – c’est la moindre des hypothèses – que le racisme le plus violent n’est pas celui qui se décline en stupides insultes de caniveaux du genre « Y a trop d’arabes, de noirs etc… » ou cet autre racisme ordurier  » …sale bougnoul, sale négro, sale feuj … » Ces racismes là ne me dérangent pas. Ils sont immédiatement repérables et identifiables. La France et les Français sont bien dotés pour combattre et contenir ce racisme simplet et ordurier. C’est l’autre racisme qui m’inquiète. Ce racisme permissif et pernicieux qui se cache dans le naturel et l’ordinaire du langage quotidien. Qui se cache aussi et surtout dans le langage des médias dits lourds qui façonnent et orientent les opinions.

A l’adresse de mes confrères Français, je pose tranquillement cette question : pourquoi dans le traitement de l’actualité liée à la délinquance, la petite comme la grande, rappelle-t-on systématiquement l’origine étrangères et exclusivement quand il s’agit de Maghrébins, de noirs et de musulmans en général ? Jamais quand il s’agit de délinquants français d’origine portugaise, espagnole, italienne ou tout autre origine européenne ?

Expliquez-moi pourquoi dans le dire et parler quotidien des journalistes français on dit toujours le Français Zidane en oubliant systématiquement ses origines algériennes, en oubliant ses cinq mille ans d’Histoire berbère qu’il porte, en ignorant ses milliards de musulmans et de non musulmans qui l’adorent, expliquez-moi pourquoi vous lui tricotez toujours et seulement un utérus hexagonal chantant et élevant la seule France qui gagne à chacune de ses apparitions. La seule fois où il redeviendra pour vous enfin algérien c’est quand il perdra la boule en en donnant une plus grosse au grand et minable Materazi. C’était bien la seule fois, Chirac en tête, qu’on rappelât le sang bouillonnant de son algérianité avec cette attention toute française d’ajouter et de corriger aussi qu’il était seulement Kabyle. Comme si sa kabylité devait taire ou amoindrir son algérianité ou son arabité. Sachez amis Français, vous qui aimez diviser les Algériens en Kabyles et Arabes, sachez que depuis Tarek Ibn Ziyad et ses lieutenants Ifrane et Yezdia, les deux seuls enfants de la reine juive algérienne et berbère, El-Kahina, les berbères algériens, unis dans l’honneur et la bravoure, comme Zidane, ont conquis et séduit reines et princesses de l’Europe, par le cœur, par le talent par la beauté et l’amour. Ce sont bien des Berbères, comme Zidane, qui ont conquis et séduit l’Europe, France en tête, par le talent, la foi, la science et le don de soi. Ce sont bien des Berbères qui ont christianisé et évangélisé la France par ses missionnaires anonymes d’abord, ces religieux venus du Sud, par ses trois papes berbères – Victor 1er, Miltiade et Saint Gelasse 1er – et par ses deux cents évêques et cardinaux berbères qui ont donné à la Gaulle païenne sa première religion monothéiste. Qui ont transformé les fêtes païennes de Rome et de la Gaulle des Lupercales en Saint Valentin, la première fête de l’amour et du cœur ? C’est un pape Berbère ; Saint Gelasse 1er. Qui a traduit et latinisé l’évangile et la messe ? C’est un pape Berbère, Victor 1er.

Qui a appris au Gaulois et aux celtes à se chausser, à se tenir droit, à tenir une arme, à ne plus fuir devant un Romain, à se battre, à traverser les Alpes, à se battre et à vaincre ? C’est un Berbère, Hannibal, qui a mis Rome, ses empereurs, ses généraux et ses consuls à ses pieds dans les batailles de Trebbia, de Trasimène et de Cannes.

Qui a apporté à la Gaulle  les premières paroles du Christ, ses premières messes et ses premières prêches en latin ? Des Berbères bien sûr. Des siècles durant après avoir porté auparavant, en Europe, le saint message de Sidna Moussa, Moïse, et fait porter aussi, par leurs descendance, quatorze siècles plus tard le message humaniste, fraternel et divin de Sidna Mohammed par vous appelé Mahomet.

Alors de grâce mes amis et frères Français, cessez de dire systématiquement le Français Zidane, le Français Benzema quand il marque un but, le Français Bourras quand il gagne, sinon dites aussi le Français Platini, le Français Ribéry ou le Français Laurent Blanc, ce qui ne se dit jamais. Comme il se dit couramment le Franco-musulman, le franco-algérien, le franco-marocain, le franco-tunisien. Pourquoi ne dit-on jamais le franco-juif ? Le franco-chrétien ? Le franco-athée ? Le Franco-communiste ? Le franco-facho ? Le franco-catho ? Comme on dit et écrit couramment, le sens commun l’ayant banalisé depuis longtemps en CQFD la forme et le style, le français-musulmans et plus couramment encore, en style allusif et codé que tout le monde comprend à la première syllabe, le quartier, la banlieue, les jeunes ; comprendre par ces codes les arabes et les noirs sans que les qualités furent prononcées ; c’eut été un pléonasme. On n’écrit plus les arabes et les noirs de banlieues déshéritées. Non, c’est trop long. Les seuls mots de jeunes ou de banlieues ou de quartiers suffisent pour situer le groupe social dont il s’agit. Des délinquants de toue évidence. C’est ainsi que fonctionne généralement le discours de la presse grand public.

Pour illustrer un peu le propos fort juste de Yannick Noah, le plus aimé des Français « Quand je gagne, je suis le Français Yannick, quand je perds, je redeviens le Camerounais Noah », je voudrais juste rappeler une observation faite sur une télé française d’information en continu, BFMTV, pour ne pas la citer. Durant une semaine, cette télé a bassiné ses auditeurs sur l’imminente victoire du Français Jean Marc Mormeck  au dernier championnat du monde de Boxe. J’ai noté 47 fois le rappel de la nationalité française du boxeur noir. Mais, dans la seconde, oui dans la seconde où le boxeur français fut terrassé par le boxeur ukrainien, la même commentatrice sportive de BFMTV se mit à parler de la cuisante et lamentable défaite du Guadeloupéen Mormeck. Lamentable !

Et si Mohamed Merah avait viré vers un talentueux destin de grand footballeur, d’artiste ou d’acteur comme Dany Boon (Daniel Hamidou  pour ceux qui ne savent pas) ou Kad Merad (Kaddour pour ceux qui ne savent pas) ou d’homme politique du talent de Montebourg, aurait-on rappelé ses origines algériennes ? Pas sûr.

Je ne finirai pas mon intervention sans étayer et illustrer le propos de Mme Christine Boutin, ancienne ministre du logement de M. Sarkozy que je cite en exergue et dont je partage totalement la droiture morale sans appartenir aucunement à ses inclinations politiques.

La cinquième république française de De Gaulle à Sarkozy en passant par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac a employé plus de 70 ministres dont 26 étaient d’origine étrangère. Ce qui fait la grandeur et la richesse de la France. Mais quels sont les ministres d’origine étrangère que la grande presse française, télévisions en tête, a évoqués ou présentés en tant que ministres français d’origine étrangère ? Aucun !

Racisme latent

A-t-on une seule fois entendu parler en France des origines irlandaise, polonaises, roumaines, arméniennes, israéliennes, hongroises, espagnoles, italiennes, russes, lettonienne de certains hauts responsables politiques français ? Les seuls ministres français dont on évoque souvent, un peu trop souvent, les origines étrangères sont les ministres arabes ou apparentés. Dati en tête, en rappelant des dix et des cents, tantôt sa marocanité ou son algérianité, tantôt sa famille des quartiers, Fadhéla Amara dont on ne dira que son Algérie des voyous ou ses frères alors que c’est une femme talentueuse et brillante, Jeannette (Djennate) dont rappellera le seul mérite d’être fille de harki alors qu’il s’agit d’une femme d’honneur et de classe, de Azouz Begag qu’on présente toujours comme l’égorgeur de mouton dans les baignoires alors qu’il est dans la vraie vie un fin sociologue, un écrivain affirmé et un très bon cinéaste. Il y en a bien d’autres, par dix, par cent et par mille que je n’ai pas cités ici et dont la grande presse française a souligné l’originalité, c’est-à-dire l’anormalité suggéré d’être cadre supérieur d’appartenir anormalement à la société française.

Exactement comme on le fait aujourd’hui pour dire que Mohamed Merah n’est pas Français, n’est pas tout à fait ou complètement français, donc n’est pas des nôtres. Il est nuisible, mauvais et dangereux parce qu’il contient des gênes algériens ; la pire des horreurs et des tares héréditaires. Voilà en gros ce que dit la presse française dans ce cas précis de racisme latent et dormant. Disons tranquillement et simplement à nos frères et amis Français : Mohamed Merah est né Français, il a vécu Français et il est mort Français. Son destin et son parcours misérables n’ont rien à voir avec son algérianité que vous lui attribuez et qu’il n’a jamais eue. Sauf à penser comme Marine Le Pen qui tient si bien de son père ou comme Zemmour, que la criminalité est une affaire de gêne et d’hérédité raciale. Quelle horreur ! Alors Messieurs les journalistes français, vous qui êtes comme toujours les premiers à tirer et les derniers gagner, commencez par vous corriger un peu. Apprenez à écrire le « Le Français Merah, l’Algérien Zidane et la sublime constantinoise Adjani » SVP n’oubliez pas d’écrire l’immortel et immense Algérien ; le petit Pierre, Ghenaïssia de son nom, juif algérien de Ténes, mort les armes à la main pour la libération de son pays ; l’Algérie. J’assume et revendique totalement l’algérianité de Pierre Ghenaïssia comme vous devriez assumer la francité, même exécrable, de Mohamed Merah ; un Français odieux. Un Français odieux. Ça existe, non ? C’est cela le seul destin des hommes braves et ordinaires. Est-ce trop vous demander ?

M. Abassa

France : un ministre du gouvernement Sarkozy emploie une sans papier

19 mars, 2012

France : un ministre du gouvernement Sarkozy emploie une sans papier dans Claude Guéant

Une dizaine d’heures de ménage par semaine, une rémunération en grande partie en liquide et une seule feuille de salaire en quelques mois.

 Pierre Lellouche Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, est soupçonné d’avoir employé une jeune femme mauricienne sans papiers sans la déclarer. C’est Libération qui porte l’accusation ce lundi. Le ministre s’est reconnu dans le documentaire Les sans-papiers de la République diffusé sur Canal + le 2 avril, et dont Libération s’était fait l’écho dans ses colonnes. Pierre Lellouche, qui n’était pas cité dans le documentaire, a choisi de riposter en se dévoilant, pour mieux essayé de se dédouaner. « Elle travaille chez moi depuis quelques mois, et je l’ai toujours déclarée. J’ignorais qu’elle était en situation irrégulière », soutient-il auprès du journal. Mensonge du secrétaire d’Etat cher à Sarkozy. La Mauricienne a été déclarée… le lendemain de la diffusion du documentaire de Canal+, comme en attestent cinq bulletins de salaire, d’octobre 2011 à février 2012, tous datés du 3 avril.

Un membre du cabinet de Pierre Lellouche s’attribue alors l’erreur: « Tout est de ma faute », indique-t-elle à Libération, « j’ai été négligente. J’ai envoyé les déclarations Urssaf en retard ». Cependant, d’après la CGT Paris, la jeune femme n’est pas employée depuis « quelques mois » comme le prétend le secrétaire d’Etat, mais depuis 2009 et « sous alias ». Cette « technique très répandue chez les sans-papiers » consiste à « déclarer une personne en règle, celle-ci reversant ensuite la somme en liquide à celle qui a effectivement travaillé », explique Libération.

Pierre Lelouche dément formellement ces allégations. « Toute cette histoire n’est qu’une manipulation grossière dont on voit bien la finalité à une semaine de l’élection présidentielle », proteste-t-il. « Comment pourrait-on imaginer qu’un homme public comme moi prendrait le risque de ne pas déclarer sa femme de ménage, tout ça pour 160 euros par mois ? »

La CGT n’entend pas en rester là, et envisage d’intenter une action devant les prud’hommes pour « non-versement des cotisations salariales lié au travail dissimulé ». Quant à la jeune femme, sa demande de régularisation est en cours d’examen. Et après dix ans de présence de présence sur le territoire, sa requête pourrait bien être validée.

Iris Samy

 

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