Distribution de logements sociaux à Tigzirt

23 mars, 2013
Distribution de logements sociaux à Tigzirt

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Les commis d’état agissent en Kabylie comme les anciens administrateurs coloniaux de l’époque Françaises.

21/03/2013 – 13:55 mis a jour le 21/03/2013 – 14:07 par Syfax N’Ath Wezguèn

Le chef de daïra fait tous ce qu’il veut. Les élus locaux, quant à eux, ne sont chargés que pour calmer les mécontents et gérer les mouvements de protestation de la population. Les chefs de daïras, les commissaires de police et les chefs de brigades de la gendarmerie s’accaparent de lots de terrains. Ils distribuent des logements à leurs proches et concubines comme on distribue des baguettes de pain, alors que les citoyens Kabyles sont écartés et continuent à être rongés par la misère. Le dernier exemple en date est la distribution de 144 logements sociaux dans la localité de Tigzirt, 40 km au nord de Tizi Ouzou.
Le chef de daïra de cette localité, qui n’est autre à vrai dire qu’un agent du DRS, est accusé ouvertement par la population locale d’avoir distribué ce lot de logements à ses proches et surtout à ses nombreuses copines, venues d’autres régions, notamment de l’Algérois. Les citoyens de Tigzirt, quant à eux, sont carrément écartés de la liste des bénéficiaires, hormis une dizaine pour voiler la face. « Encore une fois, la distribution d’un lot de logements sociaux à Tigzirt s’est effectuée dans une ambiguïté totale. 144 logements sont distribués à des personnes, dont la plupart n’ouvre même pas droit et encore moins de la région. 13 personnes, affichées dans les premiers temps comme bénéficiaires, ont vu leurs noms effacés de la liste pour être remplacés par d’autres. Devant cette énième injustice, le collectif des citoyens non-bénéficiaires de logements sociaux de la daïra de Tigzirt, ne compte pas rester les bras croisés. L’auteur de ce scandale n’est autre que le chef de daïra qui n’est pas à sa première sortie. C’est lui seul qui décide. Ses amis et ses proches sont toujours favorisés, alors que les personnes nécessiteuses, dont des handicapés, des femmes de Chahid sans logements, sont écartées à chaque distribution », peut-on lire sur une déclaration rendue publique et signée par le collectif.
Les protestataires exigent une enquête sur ce scandale. Faute de quoi, ils menacent de sortir dans la rue. « Nous alertons l’opinion publique ainsi que la presse sur ces dépassements initiés par le chef-de daïra de Tigzirt qui ne recule devant rien pour satisfaire ses amis. Des actions de protestations seront initiées incessamment, si les autorités concernées n’interviennent pas », ajoute les rédacteurs de la déclaration .

detournement “à l’algérienne” une grave affaire de trafic d’or par un groupe de hauts responsables militaires algériens.

23 mars, 2013
Cela ressemble à detournement “à l’algérienne”

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La raison n’est autre que la découverte à bord de cet avion d’une tonne et demi de lingots d’or.

Le nom de l’Algérie vient d’être cité dans une grave affaire de trafic d’or par un groupe de hauts responsables militaires algériens. L’appareil, turc, transportant cet or appartient à la compagnie aérienne ULS cargo. Il bloqué depuis cinq jours à l’aéroport Kamal Atatürk d’Istanbul, en Turquie.

Les documents présentés par l’équipage pour justifier le transport de cette marchandise sont falsifiés. Est-ce un autre scandale algérien de détournement de deniers publics ?
Diverses hypothèses sont évoquées à propos de cette cargaison qui aurait comme point de départ le Ghana. Des informations parlent avec insistance d’un transfert d’or vers un pays du golf par l’Algérie.

Notre source ajoute que l’affaire de la fuite d’Ahmed Ouyahia avec sa famille à l’étranger a un lien direct avec ce nouveau scandale.
L’atterrissage de l’avion transportant cet or en Turquie est du, selon les membres de l’équipage, au manque de carburant. L’appareil était obligé d’atterrir en Turquie pour s’approvisionner en kérosène voire changer d’équipage. Mais d’autres sources, officieuses bien sures, bien confirmées, indiquent que l’atterrissage était forcé. Ce qui a permis de découvrir par les services de sécurités turques que le bordereau de transport de cette cargaison très particulière n’était pas en règle.

Ainsi depuis, cinq jours, les membres de l’équipage sont retenues à Istanbul ainsi que la tonne et demie d’or. Ils ont découvert que sur le papier les lingots d’or proviennent du Ghana à destination des Emirats Arabes Unies, ce qui est archi-faux. La véritable provenance de cet or est Alger, mais la destination exacte n’est pas connue pour le moment ; on parle d’un pays du golfe.

Si aucun responsables turc ni algérien n’a réagi à cette étrange affaire, nos sources précisent que ce sont les hauts responsables des deux pays, notamment les services secrets, qui sont chargés de l’évolution de cette affaire de transfert de plus d’une tonne et demie d’or.

 

iris samy

grève de faim!!! a lille

15 décembre, 2012

SAMEDI 15 décembre 2012

34 jours de grève de faim : »C’est la lutte des Sans-Papiers grève de faim!!! a lille dans politique  

 

 

« Nous sommes humains,Ils sont racistes

 

Ils font la guerre aux Sans-Papiers

 

Egalité, Fraternité

 

Ils font la guerre aux Sans-Papiers »

 

« Nous ne sommes pas dangeureux

 

Nous sommes en danger »

 

Chants des militants Sans-Papiers

 

Les Sans-Papiers de Lille en lutte collective au sein du Comité des Sans-Papiers CSP59 n’ont eu de cesse ces dix derniers mois d’alerter le Prefet du Nord sur leur situation douloureuse et injuste. Des individu.e.s : femmes, hommes, enfants, jeunes et moins jeunes qui la plus part ont épuisé tous les recours administartifs et qui se trouvent en situation de grand désespoir. Exténué.e.s par des mois, parfois des années de lutte, réduit.e.s à n’être qu’une main-d’oeuvre exploitable par les patrons négriers, considéré.e.s comme des sous-humains qu’on oblige à se cacher et à se terrer, harcelé.e.s par le contrôle policier et par une réalité quotidienne d’une extrême violence, ils ont déterminé la lutte politique comme moyen de revendiquer leurs droits à être traité.e.s comme des êtres humains. Le droit à être respecte.é.s et à recouvrir leur dignité.

 

 

Face à la répression de l’Etat et à la violence qu’elle déchaine la lutte des Sans-Papiers est rude et ses moyens sont limités. Comme toute oppression grave, celle qu’ils subissent a pour objectif de les réduire au silence et de les invisibiliser. Refusant cette invisibilisation ils se sont organisé.e.s et ont mené plusieurs actions : manifestations chaque mercredi soir, des multiples rassemblements devant la Préfecture du Nord, des marches, des cérémonies de parrainages, des rendez-vous avec des élus ou des Maires et enfin plusieurs occupations pacifiques auxquelles la Préfecture a toujours répondu par un impressionnant déploiement de CRS, par des coups de matraques et des jets de gaz lacrymogène.

 

Depuis le 2 novembre dernier, expulsé.e.s de la Maison de la Médiation de l’Hôtel de Ville qu’ils ont occupée toute la journée, les militant.e.s Sans-Papiers ont décidé de mettre leur vie en danger en déclarant la grève de la faim et ce pour exiger leur régularisation immédiate par le Préfet. Le dimanche 25 novembre, toujours sans réponse de ce dernier, ils décident d’occuper le Temple de l’Eglise Réformée de Fives, situé au 165 rue Pierre Legrand à Lille, dans le but de faire constater leur situation de grévistes de la faim par les autorités sanitaires et d’alerter les médias et les soutiens.

 

Leurs revendication sont claires :

 

1. Que la Préfecture reçoive le CSP59 qui lui remettra la liste portée par la grève de la faim en vue d’une régularisation.

 

2. Le droit à la défense argumentée mensuelle par le CSP59 en Préfecture des autres situations.

 

Dans la nuit du 04 au 05 décembre, à partir de 20h, les Sans-Papiers grévistes de la faim ont été expulsé.e.s du Temple avec la complicité de ses responsables. Les soutiens présent.e.s sur place, dont je fais partie, ont alors assisté à des scènes d’une rare violence. Les Sans-Papiers dès qu’ils sortaient de l’Eglise s’installaient au milieu de la rue, enroulé.e.s dans des couvertures, dans le froid et sous la pluie. Plus d’une vingtaine de cars des forces de l’ordre dont le GIPN ont été déployés, le quartier quadrillé, les grévistes et les soutiens encerclés ; nous étions totalement isolé.e.s. Plus tard dans la soirée, nous nous sommes faits repoussé.e.s vers une rue adjacente. Les grévistes, éparpillé.e.s par terre se faisaient jeter les uns sur les autres par les CRS, on les entassait comme du bétail sur le trottoir. Certain cas graves, nécéssitant une intervention urgente n’étaient nullement pris au sérieux par les Autorités sur place. Ni nos demandes répétées, ni nos cris de desespoir ne semblaient les atteindre. Les CRS et leurs chefs hiérarchiques continuaient de nous contempler placidement comme le colon qui contemple l’indigène agonisant et qui s’en réjouit.

 

Après plus de 2 heures, les grévistes se sont fait raccompagner par le SAMU jusqu’au Local des Sans-Papiers qui se trouvent à une centaine de mètres de L’Eglise évacuée.

 

« C’est la vie ou la mort » répétaient les grévistes, décidant ainsi de poursuivre coûte que coûte la grève de la faim. De ce fait, grévistes et soutiens ont rejoint par le métro les urgences de l’hôpital CHRB Calmette et ce peu avant 00h.

 

Vers 2h du matin, plusieurs d’entres eux/elles ont été évacué.e.s par le SAMU et éparpillé.e.s dans différents hôpitaux de la métropole. Dispatché.e.s de cette manière, la Préfecture joue la carte de l’épuisement des Sans-Papiers et de leur isolement pour casser la grève, mais c’est sans sans compter sur la determination des militant.e.s grévistes.

 

Jusque quand cela dura-t-il ? Le Préfet daignera-t-il prendre au sérieux cette grève et les revendications portées par les militant.e.s Sans-Papiers ? Ou alors, fidèle à une longue tradition colonial toujours aussi vivace en France paysdesdroitsdel’hommeblanc n’a t-il absolument rien à faire de leurs vies ? On nous parlera encore et toujours des chiffres décidés par le gouvernement concernant les régularisations. On nous débitera la longue et interminable liste des critères. On nous citera les circulaires et les décrets… On fera passer les Sans-Papiers au mieux pour des voyous sinon pour des animaux sauvages et pour des barbares. On justifiera les centres de la honte qu’on euphémise en « Centres de Rétention Administrative ». Mais personne n’évoquera jamais les raisons qui nous amènent à quitter nos pays, nos familles, nos amis souvent au péril de nos vies pour atteindre l’Occident et affronter un douloureux exil. Personne n’évoquera jamais les conséquences désastreuses de la colonisation dans nos pays. De l’exploitation du Sud par le Nord qui se poursuit encore aujourd’hui à grand renfort de baionnettes et de canons ou encore de manière plus insidieuse à coups d’armes silenciseuses. Personne jamais ne parlera du continuum colonial ici. Aujourd’hui. En France.

 

On préfèrera ignorer qu’il s’agit bien d’Individu.e.s et non pas d’une masse uniforme d’anonymes. Qu’il s’agit de visages, de vies, d’âmes. Qu’il s’agit d’un geste desespéré mais ô combien digne.

 

La lutte pour la dignité est une lutte acharnée que les Sans-Papiers mènent avec courage et determination face à un système dont la somme des institutions, dont les valeurs et les croyances sont fondamentalement racistes. Un racisme systémique et institutionnel qui écrase, exploite, infériorise toutes les populations non-blanches de ce pays. Noirs, Arabes, Rroms, Asiatiques… subissent tous la condescendence de race et le pouvoir Blanc dans toute sa laideur. Cependant, si le non-blanc est en-dessous de la France d’en-bas, le Sans-Papier lui est relégué a une place plus inférieure encore. Il est nié dans son existence même pour mieux être exploité par le Patron et L’Etat qui le terrorise en toute légitimité. Ici les lignes de fractures raciales sont claires, lisibles et indéniables. La race crève les yeux mais tout le monde continue de faire semblant de ne rien voir.

 

A ceux et celles qui préfèrent ignorer ce que subissent les Sans-Papiers, qu’ils sachent que nous ne pardonnerons pas. Nous ne pardonnerons rien. Car il s’agit de nos vies, de la vie de femmes et d’hommes. Il s’agit de la mort de femmes et d’hommes. Les Sans-Papiers souffrent, c’est logique, historique, incontestable. Ils souffrent et leur colère est vraie. Leur combat est vrai.

 

Et que reste-t-il alors ? étouffer les cris d’horreur ? Le silence c’est la mort. Le silence c’est la résignation. Et les militant.e.s Sans-Papiers refusent de se résigner. Ils crient !

 

Leurs cris vous parviennent monsieur le Préfet et vous ne pourrez pas faire semblant de n’avoir jamais rien entendu. Alors répondrez-vous enfin à la question que chaque gréviste de la faim vous pose : « Le Préfet veut-il ma mort ? »

 

PAR/IRIS SAMY

 

 

Rebondissements dans l’affaire Mohamed Merah : Israël s’en mêle

29 octobre, 2012

Rebondissements dans l'affaire Mohamed Merah : Israël s’en mêle dans politique logo_ap

ARTICLE | 27. OCTOBRE 2012
Benyamin Netanyahou. D. R.

Benyamin Netanyahou. D. R.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, se rendra à Toulouse le 1er novembre prochain, où il rendra hommage aux victimes du présumé coupable Mohamed Merah. La présidente du Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crif) en Midi-Pyrénées, Nicole Yardini, a déclaré que cette visite témoignait du «caractère planétaire» de l’affaire. «Toulouse est devenue un symbole pour les juifs du monde. Il y a un avant et un après Mohamed Merah», a-elle souligné, qualifiant la visite de Netanyahou de «témoignage de la solidarité du peuple juif à une communauté traumatisée». La représentante du Crif a ajouté qu’elle soulignait «la proximité de destin entre Israël et la communauté juive française, tous les deux menacés par l’islamisme radical». Tout indique que l’affaire Merah sera utilisée comme une nouvelle carte par Tel-Aviv, dans le cadre de son idéologie victimaire qui lui confère tous les droits sur le peuple palestinien opprimé, sans que la communauté internationale bouge le petit doigt. Ce nouvel élément dans cette affaire qui fait beaucoup de bruit s’ajoute à d’autres qui enfoncent chaque jour un peu plus les services de sécurité français. En effet, après la dernière interview de Maître Zahia Mokhtari, avocate du père de Mohamed Merah, accordée en exclusivité àAlgeriepatriotique, de nouveaux rebondissements accablent davantage la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Le frère et la sœur du caporal Abel Chennouf, tué en mars dernier à Montauban, s’apprêtent à porter plainte pour «homicide involontaire» contre la DCRI, rapporte Le Nouvel Observateur. Ils se joignent à la veuve de leur frère qui a envoyé sa propre plainte mercredi. «Le rapport de l’IGPN nous a confortés dans ce que nous savions déjà : il y a eu un relâchement de la surveillance de Merah alors que la DCRI avait appréhendé qu’il s’agissait d’une personne dangereuse», a précisé l’avocate du frère et de la sœur, Maître Dubreuil. Cette double action pour «homicide involontaire en raison de la violation d’une obligation de sécurité» viendrait compléter la plainte déposée en mai dernier par le père du militaire du dix-septième Régiment du génie parachutiste, tué à l’âge de 25 ans à Montauban pour «non-assistance à personne en danger» contre les services de contre-espionnage. Le rapport rendu public mardi sur l’affaire Merah, par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), a révélé «plusieurs défaillances objectives» dans le fonctionnement des services de police et de renseignement. Selon la police des polices, ces défaillances tiennent à la «conjonction d’omissions et d’erreurs d’appréciation» et à des «problèmes de pilotage et de cloisonnement encore très présents entre renseignement intérieur, police judiciaire et sécurité». Ce même rapport a été jugé incomplet par le président de la commission des lois de l’Assemblée française, Jean-Jacques Urvoas : «Ce rapport ne dit que des évidences qui étaient déjà connues. Il y a toute une part qui n’est pas traitée, c’est la confiance qui repose sur les hommes. Ce rapport fait une impasse sur la façon dont humainement ce dossier a été géré», a-t-il déclaré en marge d’une session plénière. Ce député socialiste avait déjà créé la polémique, en mars, lorsqu’il avait critiqué l’incapacité du Raid à désarmer Mohamed Merah. «Si je comprends bien, le Raid n’est donc pas capable, en 30 heures, d’aller chercher un individu seul dans un appartement», avait-il ironisé sur son compte Twitter.
Mohamed El-Ghazi

Sarkozy-Kadhafi:

27 octobre, 2012

Sarkozy-Kadhafi: des députés réclament une enquête

26 octobre 2012 | Par Fabrice Arfi et Karl Laske
Soupçons de corruption, diplomatie parallèle, guerre, ventes d’armes, témoins en fuite ou réduits au silence : le dossier est explosif. Un an après la mort de Mouammar Kadhafi, plusieurs députés de la majorité demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les relations franco-libyennes, de la « lune de miel » entamée en 2005 avec la dictature, jusqu’à la chute du régime en 2011.Ils sont socialistes ou écologistes, occupent des postes clés au sein des commissions des affaires étrangères ou de la défense nationale et ont saisi leur président de groupe de l’urgence d’investigations à mener par l’Assemblée nationale sur ce dossier, à l’évidence le plus lourd de l’ancienne présidence.

 

De gauche à droite et de haut en bas : MM. Mamère, Goldberg, De Rugy, Bays, Amirshahi, Lambert, Denaja, Hammadi, Coronado, Leroy
De gauche à droite et de haut en bas : MM. Mamère, Goldberg, De Rugy, Bays, Amirshahi, Lambert, Denaja, Hammadi, Coronado, Leroy© dr

François de Rugy, président du groupe écologiste et membre de la commission de la défense nationale, a d’ores et déjà fait savoir qu’il approuvait sans réserve la démarche :« Sans que le parlement ait à se substituer à la justice sur ce qui a pu se passer avec la Libye, c’est un sujet politique. Le parlement n’a pas à s’interdire ce type d’enquête que l’on croit être des domaines réservés auxquels on ne touche pas », confie-t-il à Mediapart.

« Sur Kadhafi, il y a eu un retournement complet de la France qui a la particularité d’avoir eu lieu sous la même présidence et sous le même gouvernement. La venue de Kadhafi en France, le tapis rouge qu’on lui a déroulé en décembre 2007, notamment à l’Assemblée nationale, fut une pantalonnade complète. Et quelque temps après, Sarkozy change de pied ? On est en droit de s’interroger sur un tel revirement », poursuit le député de Loire-Atlantique.

Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger (qui a la Libye dans sa circonscription) et secrétaire de la commission des affaires étrangères, est au Parti socialiste le plus ardent défenseur d’une enquête parlementaire sur les dessous des relations franco-libyennes sous Kadhafi : « On est passé du baiser honteux, qui ressemblait à de la prostitution, à la poudre, à la guerre. La question d’une éventuelle corruption est évidemment très présente », dit-il.

Sarkozy-Kadhafi: dans kadhafi-sarkozy SARKADHAFI-MAINS© Reuters

Il ajoute : « Mais au-delà de l’argent sale, l’irresponsabilité de Sarkozy pèsera lourd sur la région. On l’a accueilli en grande pompe, on lui a fait la guerre et maintenant on laisse la région dans le chaos. » Bruno Le Roux, le président du groupe PS, qui a été sensibilisé personnellement par le député Amirshahi sur la question franco-libyenne, n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Nicolas Bays, député socialiste du Pas-de-Calais et vice-président de la commission de la défense nationale, pense de son côté qu’« il y a aujourd’hui des questions qui se posent et qui engagent l’image de la France. La France a fait plus qu’outrepasser le mandat de l’Onu pendant la guerre », souligne-t-il.

Noël Mamère, député de Gironde et membre de la commission des affaires étrangères, estime pour sa part qu’« une commission d’enquête est non seulement souhaitable mais possible. Je m’engage à y travailler ». « Nous sommes face à un immense dossier qui peut se résumer en trois mots : “corruption”, “complicité” et “culpabilité” », déclare-t-il.  

D’autres députés de la majorité (Razzy Hammadi, Arnaud Leroy, Sébastien Denaja, François-Michel Lambert, Sergio Coronado, Daniel Goldberg…) ont également fait savoir à Mediapart qu’ils étaient favorables à la création d’une commission d’enquête sur les secrets libyens de la présidence Sarkozy, qui sont aujourd’hui autant de bombes qui dorment au cœur de la République.

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    Diplomatie parallèle et complicité française

  • Tout a commencé en 2005. Un homme est à la manœuvre : l’intermédiaire Ziad Takieddine. Mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » et « blanchiment aggravé » dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement Balladur (1993-95), Ziad Takieddine a été, à partir de 2003, le missus dominicus de la diplomatie parallèle du cabinet du ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy. En Arabie saoudited’abord, puis en Libye.

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  • MM. Hortefeux et Takieddine, en 2005© dr
  • De septembre à décembre 2005, Ziad Takieddine aura été l’organisateur des visites à Tripoli du ministre Sarkozy, de Claude Guéant, son directeur de cabinet, et même de Brice Hortefeux, ministre délégué… aux collectivités territoriales. Officiellement, il s’agit de parler d’immigration et de lutte contre le terrorisme. En coulisses, le cabinet Sarkozy et Ziad Takieddine négocient en secret des contrats commerciaux, plus ou moins avouables.

    Main dans la main avec le cabinet Sarkozy, Ziad Takieddine sera ainsi le principal négociateur pour la société française Amesys de la vente de matériel d’espionnage du net libyen. L’homme d’affaires touchera via des sociétés offshore plus de 4 millions d’euros de commissions occultes sur ce marché conclu en avril 2007 (voir les preuvesici).

    Selon Le Figaro et Le Canard enchaîné, des agents des services secrets français ont été envoyés à Tripoli pour accompagner la mise en place du système d’espionnage conçu par Amesys. Une enquête judiciaire a depuis été ouverte à Paris pour « complicité d’actes de torture » à la suite d’une plainte déposée par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

    SARKO-TEL dans kadhafi-sarkozy© Reuters

    À peine élu à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy est allé jusqu’à offrir une collaboration quasi inconditionnelle au régime libyen dans les domaines du nucléaire et de l’armement, contrairement à ce qu’il n’a cessé d’affirmer après. C’est ce qui ressort notamment de la retranscription d’un échange téléphonique du 28 mai 2007 entre le tout nouveau chef de l’État français et le colonel Kadhafi.

    Quelques semaines plus tard intervient à Tripoli, dans des conditions qui demeurent toujours mystérieuses, la libération des infirmières bulgares. L’ancienne épouse du président, Cécilia Sarkozy, avait été envoyée en première ligne, sur fond de tractations financières avec le Qatar. « Il fallait piger qui était Kadhafi. Il n’y a qu’une femme qui peut faire cela ! » confiera, énigmatique, quelques semaines plus tard Cécilia Sarkozy à la journaliste Anna Bitton pour son livre Cécilia (Flammarion).

    En décembre 2007, la France offrira finalement au dictateur libyen ce qu’aucune autre démocratie n’avait fait jusqu’ici : un accueil royal. À la clé, une virginité internationale qui était convoitée de longue date par Kadhafi. Dans un câble diplomatique rendu public par Wikileaks, l’ambassadeur des États-Unis à Paris, Craig R. Stapleton, s’étonnait dès le mois de juillet 2007 de la « lune de miel »Sarkozy/Kadhafi, trop chargée d’arrière-pensées financières.

  • Objectif corruption

  • Ziad Takieddine vend la mèche dans une note du 6 septembre 2005. D’après les déclarations qu’il a faites au juge Van Ruymbeke, l’intermédiaire a remis en mains propres le document à Claude Guéant, qui s’apprêtait alors à décoller pour Tripoli afin de préparer la venue en Libye de Nicolas Sarkozy un mois plus tard. « La visite préparatoire est inhabituelle, écrit Takieddine. Elle doit revêtir un caractère secret. Il sera préférable que CG se déplace seul et que le déplacement s’effectue sans fanfare. L’autre avantage : plus à l’aise pour évoquer l’autre sujet important, de la manière la plus directe… »

    En mars puis en avril 2012, Mediapart révélera plusieurs documents et témoignages évoquant un feu vert de Tripoli, donné en décembre 2006, pour le versement de 50 millions d’euros à l’occasion de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. L’ancien président français, qui n’a pas poursuivi Mediapart en diffamation, a déposé une plainte pour « faux » et « usage de faux » – l’enquête est toujours en cours. D’après plusieurs témoignages recueillis ces dernières semaines, une partie de l’argent noir aurait transité par des banques libanaise et allemande.

    M. BaghdadiM. Baghdadi© Reuters

    Plusieurs officiels du régime Kadhafi ont confirmé la corruption. À commencer par l’ancien premier ministre Baghdadi al-Mahmoudi. « Oui, en tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli, des fonds ont été transférés en Suisse et Nicolas Sarkozy était reconnaissant pour cette aide libyenne et n’a cessé de le répéter à certains intermédiaires », avait-il déclaré le 25 octobre 2011, devant la cour d’appel de Tunis, selon plusieurs avocats tunisiens présents.

    Mais trois jours après avoir contacté le juge Van Ruymbeke, par l’intermédiaire de l’un de ses avocats français, Me Marcel Ceccaldi, pour lui faire part de révélations sur « des financements de campagnes électorales et des questions d’enrichissement personnel », l’ancien premier ministre a été extradé, en juin dernier, en pleine nuit, de Tunisie vers la Libye. Une extradition qui a suscité la polémique, celle-ci s’étant déroulée sans l’autorisation obligatoire du président tunisien, Moncef Marzouki.

    Interrogé le 18 juillet lors d’une conférence de presse à l’Élysée, François Hollande adéclaré qu’il « regrettait » cette extradition, ajoutant : « Il y avait sûrement des informations à obtenir qui seraient utiles pour connaître un certain nombre de flux. »

    Depuis la défaite électorale de Nicolas Sarkozy en mai dernier, les langues semblent se délier jusqu’au sommet du nouvel État libyen. En septembre, à la question d’une journaliste du Point sur un éventuel financement de Nicolas Sarkozy par le régime Kadhafi, le président libyen, Mohamed Youssef el-Megarief, a répondu : « Cela ne me paraît pas impossible. »

    La guerre, du jour au lendemain

    La chronologie intrigue. Le 10 mars 2011, en pleine révolution libyenne, Mouammar Kadhafi affirme, menaçant, via l’agence officielle Jana, « qu’un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale ». Le 16 mars 2011, Saif al-Islam Kadhafi, son fils, évoque l’existence de documents : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. »

    Le 17 mars, Nicolas Sarkozy obtient une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant une intervention militaire en Libye.

  •  

  • Comment est mort le dictateur ?

  • Depuis la chute du régime Kadhafi, deux questions majeures n’ont toujours pas trouvé de réponses précises : 1) La France a-t-elle outrepassé le mandat de l’ONU, qui prévoyait exclusivement une protection des civils ? 2) Comment est mort l’ancien dictateur libyen ?

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    Un ancien responsable des services secrets extérieurs du Conseil national de transition (CNT) libyen, Rami el-Obeidi, a affirmé au Daily Telegraph et à Mediapartqu’un agent français aurait tué Kadhafi, dans les heures qui ont suivi son lynchage par la foule, le 20 octobre 2011, à Syrte. Une accusation encore difficile à étayer, mais qui interroge. « La menace d’une révélation d’un financement de la campagne de Sarkozy en 2006-2007 a été prise suffisamment au sérieux pour que quiconque à l’Élysée veuille la mort de Kadhafi très rapidement », confiait-il début octobre à Mediapart.

    D’après lui, il faudrait « regarder un peu plus en détail les fréquentes visites de Cécilia Sarkozy en Libye. Selon mes informations, les paiements n’ont pas eu lieu d’un coup, mais de manière partielle, notamment au travers de Nouri Mesmari, l’ancien chef du protocole du régime Kadhafi ».

    De son côté, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a publié, le 17 octobre, un rapportdétaillé contredisant la version officielle sur la mort de Kadhafi, selon laquelle il serait décédé après des échanges de tirs entre rebelles et le convoi qui le transportait. HRW affirme aujourd’hui avoir recueilli « les preuves, avec certitude, que Kadhafi a bien été capturé vivant par les miliciens de Misrata ». Et qu’il a par conséquent été exécuté après.

    « Qu’il y ait des hommes du renseignement sur le terrain c’est probable, mais des hommes dont la mission était d’exécuter Kadhafi, absolument rien ne le prouve », a nuancé Jean-Marie Fardeau, le directeur français de HRW au site de la chaîne TV5 Monde.

    Kadhafi capturéKadhafi capturé© dr

    Pour Le Monde, qui a enquêté sur les derniers jours de Kadhafi, « toutes les pistes sont envisageables ». Le Canard enchaîné, lui, avait publié quelques jours après la mort du “leader” libyen un article au titre sans équivoque : « Kadhafi condamné à mort par Washington et Paris ». « Obama et Sarko ne voulaient pas qu’il en sorte vivant. De crainte qu’il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale », écrivait alors Claude Angeli, l’ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire, qui évoquait la présence à Syrte d’une cinquantaine d’agents des forces spéciales françaises.

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  • La fuite de Bachir Saleh, l’homme qui en sait trop

    Tous les témoins de premier plan des relations incestueuses entre Sarkozy et Kadhafi sont aujourd’hui réduits au silence ; morts, en fuite ou emprisonnés. Kadhafi a été exécuté. Son ancien premier ministre Baghdadi al-Mahmoudi est en prison, sans avocat, à Tripoli, après avoir été extradé dans d’étranges conditions.

    L’ancien chef des services secrets intérieurs, Abdallah Senoussi, point de contact entre les sarkozystes et Ziad Takieddine, a lui aussi été récemment extradé de Mauritanie vers la Libye. Citant une source « haut placée dans le renseignement arabe », l’agence Reuters présentait en mars dernier Senoussi comme « le principal témoin de la corruption financière et des accords qui ont impliqué de nombreux dirigeants et pays, dont la France ».

    Saïf al-Islam est toujours détenu par les miliciens de la ville de Zentane, au nord-ouest de la Libye, où son procès a été repoussé sine die. Chokri Ghanem, l’ancien ministre du pétrole et bonne connaissance de Ziad Takieddine, a pour sa part été retrouvé noyé dans le Danube, à Vienne, le 29 avril.

    Capture d'écran de la notice InterpolCapture d’écran de la notice Interpol

    Mais l’un des principaux acteurs de la « lune de miel » franco-libyenne fut le directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, par ailleurs dirigeant du Libya Africa Investment Portfolio (LAP), la boîte noire de l’ancien régime pour la corruption internationale.

    Pourtant visé par une “notice rouge” d’Interpol (qui équivaut à un mandat d’arrêt international), Bachir Saleh a été protégé pendant de longs mois après la chute de Tripoli par le précédent gouvernement français, qui lui a offert en moins de 48 heures un permis de séjour…

    Au lendemain des révélations de Mediapart sur un financement occulte, Bachir Saleh, toujours recherché par Interpol, courait ostensiblement les brasseries parisiennes, où il s’est fait photographier par Paris Match. Mais en pleine polémique, Nicolas Sarkozy a affirmé le 2 mai au micro de RMC que « si (Bachir Saleh) est recherché par Interpol,(il) sera livré à Interpol ».

    Le message fut entendu. Le lendemain, Bachir Saleh était vu, au pied du pilier Est de la tour Eiffel, en présence de l’intermédiaire Alexandre Djouhri et de… l’ancien chef de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, selon une enquête fouillée des Inrockuptibles. Quelques heures plus tard, Bachir Saleh quittait la France à bord d’un avion privé. Avec tous ses secrets et sans être arrêté.

« Droit au blasphème »? « Liberté d’expression »? Soutien à Saïd Bouamama au groupe ZEP et à Houria Bouteldja, inculpés suite à une plainte des fascistes pour blasphème contre la Sainte France!

21 octobre, 2012
19/Oct 2012



Dans un tract que nous diffusions courant septembre, nous dénoncions l’incessante stigmatisation en direction des quartiers populaires et en particulier des populations issues de l’immigration arabo-musulmane, sous couvert d’un hypocrite « droit au blasphème » ou de « liberté d’expression ».

Ainsi, le journal Charlie Hebdo, fidèle à son habitude raciste islamophobe, lançait une nouvelle provocation à sa Une sous les ovations et les louanges d’un pouvoir drapé dans la « philosophie des Lumières » et la « liberté d’expression »… pendant que Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, interdisait à Paris une manifestation de protestation de musulmans réagissant à cette provocation!

Aujourd’hui encore, en inculpant Saïd Bouamama et Saïd du groupe ZEP pour « racisme anti-blanc » en donnant suite en conscience à une plainte de mouvements fascistes contre leur livre intitulé « Nique la France », le pouvoir est une nouvelle fois pris en flagrant délit : Tout ce qui stigmatise et divise les classes populaires de ce pays est favorisé et protégé des « totalitarismes » en tout genre sous couvert de « liberté d’expression », tandis que tout ce qui, dans les quartiers populaires, dénonce la françafrique et son passé colonial, est dénoncé voire réprimé !

Telle est bien la caractéristique d’une justice de classe, bourgeoise, capitaliste, qui se cache sous un vernis bien-pensant ! Nous protestons contre cette inculpation inique, émanant d’un pouvoir qui reste dans le sillage idéologique du sarko-lepénisme (« racisme anti-blanc », criminalisation de rappeur comme jadis celle du groupe « La Rumeur », … pendant que les propos racistes de ministre, comme « l’inégalité des civilisations » de Guéant, restent impunis!), et appelons les militants, les organisations progressistes à manifester leur soutien à ces camarades ainsi qu’à Houria Bouteldja des Indigènes de la République, elle même inculpée en faisant passer l’utilisation du terme « français de souche » pour du racisme anti-blanc !

Nous publions ci-dessous une interview de Saïd Bouamama pour DailyNord qui précise sa position et analyse les tenants et aboutissants de cette inculpation.

Hasard de l’actualité (ou pas), alors que Jean-François Copé nous a gratifié il y a quelques semaines de sa sortie sur le racisme anti-blanc, ceux qu’on appelle parfois « les deux Saïd » – les Roubaisiens Saïd Bouamama, sociologue engagé, et Saïd, du groupe de hip-hop Z.E.P – viennent d’être mis en examen par le tribunal de Paris pour « injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une race ou une religion ».

En août 2010, les deux Roubaisiens avaient sorti le livre « Nique la France – Devoir d’insolence » et le morceau de hip-hop « Nique la France », ce qui leur avait valu un tombereau de réactions indignées (relire nos différents articles : Nique la France, le buzz nordiste ne laisse personne indifférent « Nique la France » en question par Jean-Pierre Decool). A l’époque, une première plainte émanant d’un identitaire toulousain avait été classée sans suite. Cette fois, c’est l’Agrif (Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et Chrétienne) qui est à la manoeuvre et qui a réussi à convaincre le parquet d’instruire l’affaire. Rendez-vous est pris à l’heure de l’apéro dans un café de Lille-Fives avec Saïd Bouamama qui, tout en sirotant une bière (pour ceux qui imagineraient d’emblée le personnage en barbu intégriste), a bien voulu répondre aux questions de DailyNord. A 54 ans, ce sociologue formant des travailleurs sociaux, très investi dans la lutte pour les sans-papiers veut continuer « à poser des questions embêtantes » y compris au sein du Front de gauche qu’il soutient.

DailyNord : Votre mise en examen intervient alors que Jean-François Copé dénonce le racisme anti-blanc dont seraient victimes certains Français. Est-ce un hasard ?

Saïd Bouamama : Non, à force de céder à l’extrême-droite sur certains points, on assiste à une droitisation de la société. Copé reprend le racisme anti-blanc – vieille antienne du FN – à son compte. L’extrême-droite peut désormais aller plus loin. A leur place, je dirais : « la circoncision est inhumaine, il faut l’interdire » et vous verrez que dans deux ans, le débat sera porté en place publique. Or au final, c’est toujours l’extrême-droite qui gagne car la force du facisme, c’est de se présenter toujours plus net que la photocopie.

DailyNord : Est-ce à dire que pour vous le racisme anti-blanc est une pure invention ?

Saïd Bouamama : Le FN et Copé mélangent deux choses : d’un côté, les réactions individuelles de quelques jeunes de quartiers minoritaires qui existent, de l’autre un racisme structurel et institutionnel qui fait que tu as 30% moins de chances de trouver un boulot quand tu t’appelles Mohamed ou Mamadou. Le but étant d’invalider l’anti-racisme. On observe le même phénomène pour délégitimiser les féministes : certains prétendent qu’il faut un mouvement « hommiste » pour défendre les hommes battus. Comme si on pouvait comparer les deux…

DailyNord : Quand vous écrivez « Nique la France » il y a deux ans, quel est votre objectif  ?

Saïd Bouamama : Poser un certain nombre de questions dans une forme qui oblige à la réaction.

DailyNord : Au risque d’apparaître non-constructif ?

Saïd Bouamama : Mais la provocation est le seul moyen pour faire entendre une souffrance une frange de la population qui n’est pas entendue et qui n’a pas le droit à la parole. Quelques mois avant, j’avais écrit un ouvrage « la France autopsie d’un mythe national » qui pose les mêmes questions mais de manière plus policée. Pourquoi certains jeunes dans les banlieues disent « Nique la France »? Parce qu’ils n’ont pas l’impression d’être considérés comme Français. La provocation permet aussi d’avancer. Regardez, quand je disais il y a quelques années que la France possèdait encore un héritage colonialiste dont elle avait du mal à se défaire, on me disait que j’étais trop radical. Aujourd’hui François Hollande dit qu’il faut reconnaître le massacre de Thiaroye au Sénégal.

DailyNord : Mais vous saviez que vous alliez braquer certaines personnes, y compris à gauche ?

Saïd Bouamama : Oui, mais il y a eu des critiques avec qui nous avons pu débattre. Même à gauche, on entend dire que les gamins doivent s’intégrer alors qu’ils sont Français. Une partie de la gauche fait une erreur en construisant son discours sur des moyens. La laïcité, ce n’est qu’un moyen de bien vivre ensemble, ce n’est pas une fin en soi. Il ne faut pas que la gauche abandonne cette grille de lecture qui dit que ce sont les conditions de vie qui déterminent les comportements.

Par ailleurs, je pose une question : pourquoi Michel peut-il dire qu’il n’aime pas le drapeau et pas Mohamed ? Pourquoi Aragon peut-il écrire « je conchie la France impérialiste » et pas Saïd ? Nous sommes au début d’une interdiction de toutes critiques envers la France. Avec Sarkozy, on avait l’impression qu’il fallait faire allégeance au drapeau tous les jours.

Lors du jugement, « je compte bien invoquer Aragon, Léo Ferré et d’autres »

DailyNord : Ce livre n’est-il pas en fin de compte le reflet d’une période tendue entre jeunes des quartiers et autorité publique ? En clair l’écririez-vous maintenant ?

Saïd Bouamama : Oui, mais avec un autre titre comme « Marre des discriminations ! ». Il est clair qu’il y a eu un nombre de discours insultants à l’époque de Sarkozy. En sociologie, on appelle ça « le retournement du stigmate ». Le jeune qui entend toute la journée « t’aimes pas la France, t’aimes pas la France, t’aimes pas la France », à la fin il te dit « oui, j’aime pas la France ». Dans cinquante ans, on verra ce livre comme le résultat inévitable d’un contexte.

par/IRIS SAMY

Non aux provocations racistes islamophobes sous couvert de « liberté d’expression »! Film « Innocences des musulmans », caricatures de Charlie Hebdo, « droit au blasphème », interdiction de manifester pour les musulmans en lutte contre l’islamophobie…

21 octobre, 2012
20Sept 2012 
Non aux provocations racistes islamophobes sous couvert de  

 

 

 


Lois contre le foulard à l’école ou contre les nounous voilées, débats « républicains » sur « l’identité nationale », propagande officielle anti-halal, amalgames de plus en plus proches de ceux pratiqués par le Front National sous couvert de « défense de la laïcité »… certains auraient pu croire ce temps révolu, une fois installé à l’Elysée le nouveau président prétendument du « changement » s’inscrit bel et bien dans la continuité…
C’est oublier un peu vite que le racisme n’est pas un simple défaut moral quand il est organisé dans les hautes sphères de l’Etat : L’islamophobie, c’est en effet aujourd’hui ce qui se fait de mieux en matière d’idéologie bourgeoise dominante pour diviser et affaiblir notre classe ouvrière et notre peuple, multiculturel, multicolore et multiconfessionnel dans son refus collectif de payer la crise du système capitaliste.

Chaque fois qu’un recul démocratique doit être entériné, chaque fois qu’une nouvelle guerre coloniale doit être déclarée, la bourgeoisie impérialiste et ses médias nous enfument d’une diversion provocatrice pour voiler ses désastres sociaux et ses crimes en préparation. Valls ne vient-il pas d’annoncer leur intention d’abandonner la promesse du droit de vote des résidents étrangers ? Avec ce ministre de l’Intérieur, ce représentant de l’aile droite du PS admirateur de DSK et de Tony Blair, la continuité de la ligne sécuritaire et répressive de Sarkozy-Guéant est assurée : chasse aux Roms, chasse aux Sans Papiers, interdiction pure et simple des manifestations de musulmans français contre les provocations islamophobes de droite et de « gauche ». La continuité dans le changement, c’est aussi l’annonce d’un « patriote-act à la française » qui comme en 2005 va bafouer le droit constitutionnel de manifester et stigmatiser les citoyens et travailleurs musulmans. Rappelons que c’est avec de telles mesures discriminatoires qu’a été commis à Paris le massacre du 17 octobre 1961 contre les Algériens.

Parallèlement, la presse officielle, au service de ce pouvoir de gauche bourgeois impérialiste, avec en avant-poste le journal pro-PS Charlie Hebdo, élabore jour après jour une stratégie de la tension en insultant délibérément les musulmans et leur foi, sous couvert de « liberté d’expression » et de « droit au blasphème »… On accuse les militants qui ont sifflé, à la fête de l’Huma, l’ex-chroniqueuse de Charlie Hebdo, Caroline Fourest, d’islamistes violents. La presse écrite et télévisée fait passer les protestations populaires des pays musulmans contre le film insultant américain pour des scènes d’hystérie collective « antioccidentale »… tout en cachant les vrais « intégristes », ceux qui sont alliés à l’occident impérialiste, d’Al Qaïda aux mercenaires de l’ASL en Syrie en passant par le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui accomplissent les basses besognes de l’Etat-major euro-étatsunien en Libye, au Mali, en Syrie, et bientôt au Liban, en Iran, en Algérie… à savoir liquider les régimes laïcs au profit des dictatures intégristes inféodées. Pendant ce temps on banalise, on dédiabolise sciemment les mouvements fascistes de plus en plus actifs et brutaux, luttant contre le « multiculturalisme » en France et en Europe ! Pendant ce temps on fait ainsi le lit du FN xénophobe fasciste.

L’anticléricalisme historique légitime du mouvement ouvrier et démocratique, c’est à dire la lutte contre le clergé, instrument de pouvoir des classes dominantes depuis des siècles, est aujourd’hui instrumentalisé par la bourgeoisie et ses serviteurs politiques contre l’islam, religion d’une partie de la classe ouvrière et de la Nation, afin d’affaiblir la lutte de classe des travailleurs.

Germanophobe avant la première guerre mondiale, antisémite, anticommuniste et antisoviétique pendant la guerre froide, la propagande impérialiste est aujourd’hui principalement islamophobe et antichinoise pour préparer « l’opinion » à une prochaine guerre mondiale contre les pays émergeants et les peuples opprimés du Sud.

Nous ne sommes pas dupes de ces opérations et provocations bien calculées : La bourgeoisie cherche à détourner notre attention de la crise qu’elle nous fait subir, prépare la guerre sociale contre un prétendu ennemi de l’intérieur, musulman ou simplement croyant, et la guerre impérialiste à l’extérieur contre un prétendu « axe du mal ». Ils veulent nous diviser pour mieux régner ? Unissons-nous pour les combattre !

Français, immigrés, croyants, non croyants, tous ensemble contre les vrais intégristes de l’argent : Union Européenne, USA, Israël et leurs valets Qataris et Saoudiens ! Tous ensembles pour dire : NOUS NE PAYERONS PAS LA CRISE DU CAPITALISME !

 

par.IRIS SAMY

Roland Dumas : Israël contrôle la France

18 juillet, 2012
                      Roland Dumas : Israël contrôle la France  dans Israël contrôle la France coups-et-blessures-roland-dumas  
Dans son dernier livre intitulé « Coups et blessures – 50 ans de secrets partagés avec François Mitterrand », l’ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas parle de ses souvenirs auprès de l’homme, mais aussi… (Et c’est là où l’auteur étonne et détonne), il dénonce l’ingérence israélienne dans les affaires françaises !
 
Pour ce faire, l’homme a dû enlever ses gants diplomatiques, et se livrer à cœur ouvert : sans un seul tabou, il parle de tout, relate tout, explique tout, sans fioriture ni faux-semblants.

Les Israéliens manipulent les services secrets français
« Les Israéliens en font à leur guise en France, et manipulent les services de renseignements français comme bon leur semble », dénonce-t-il, non sans courage. Il évoque les circonstances qui ont entouré la visite du chef de l’organisation de libération de la Palestine Yasser Arafat en France à la fin des années 80, assurant être lui-même l’architecte des relations avec le leader palestinien.
dumas-arafat00 dans politique Selon lui, Mitterrand craignait la réaction du lobby juif : « le lobby juif, comme l’appelait Mitterrand, œuvrait ardemment. Les pressions étaient très fortes lorsque j’ai annoncé que je comptais rencontrer Arafat durant sa visite au parlement européen en septembre 1988. J’ai obtenu du président Mitterrand après de pénibles tractations la permission de l’accueillir. Après m’avoir répété ses mises en garde, il m’a dit :« Bon d’accord, mais tu en assumeras la responsabilité »…peut-être voulait il insinuer par-là ma démission si les choses tournaient mal ».
Et d’ajouter : « J’ai toujours été fidèle au principe d’équilibre instauré par le général de Gaule au Moyen Orient ».

Les révolutions arabes auront un impact fort sur Israël
Dans son ouvrage paru le mois d’avril dernier, le diplomate français estime que les révolutions arabes sont l’événement le plus important après celui la fin du colonialisme et celui de la chute du mur de Berlin, et leur impact sur Israël sera formidable.
Mais d’après lui, l’Égypte est en train de payer le prix de l’humiliation qu’elle a fait pâtir au peuple Palestinien, et ce de par son laxisme avec les Américains et les Israéliens.
Bachar El Assad est un homme charmant
Assad-bashar_hafez0 L’ancien ministre français des affaires étrangères s’est longuement attardé sur la Syrie.
Il a révélé avoir visité l’ancien président syrien Hafez Al Assad en 1992 sur une suggestion de Shimon Perez qui était alors chef de la diplomatie israélienne.
Rapportant leur longue discussion qui a porté sur le Liban, durant laquelle Assad s’est attelé à lui expliquer que le Liban est une terre syrienne et que les problèmes sont dus aux Britanniques et aux français qui ont opéré un partage injuste, Dumas affirme qu’il sentait qu’Assad voulait par là le taquiner sans aller pour autant jusqu’à mettre en question les frontières léguées par le colonialisme.
« Bien au contraire, c’est une chose qu’il a refusée, lorsque certains leaders maronites le lui ont suggérée, comme l’a rapporté Karim Bakradouni », un ancien responsable des Phalanges-les Kataëb. Indiquant avoir aussi connu le président syrien actuel Bachar ElAssad, il le qualifie « d’homme charmant qui détient un esprit plus ouvert que celui de son père, un esprit pétillant, qui ne récuse pas les questions embarrassantes », estimant que les israéliens se trompent de ne pas négocier avec lui.

Pas d’armes nucléaires en Iran
dumas-iran Roland Dumas a consacré un chapitre important à l’Iran, qu’il a visité plusieurs fois pour y rencontrer son ancien homologue Ali Wilayati et l’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsanjani. « La bombe nucléaire iranienne est à mon avis à l’instar des armes de destructions massives de Saddam Hussein. C’est-à-dire que je n’y crois pas. Tout ce qui se passe n’est que de l’intoxication.
Les tergiversations de la politique française sont dues à des immixtions aux origines connues », a-t-il signifié, signalant que la présence d’Israël aux portes rend toute analyse différente suspecte. Dumas défend le point de vue iranien qui explique la nécessite d’édifier des réacteurs nucléaires pour des besoins énergétiques vu que leur stock en pétrole devrait tarir dans 60 ans.
« Ce qui est vrai est que les Iraniens veulent poursuivre leur programme nucléaire civil et que tous les rapports indiquent qu’il n’y a pas d’armes nucléaires », conclut-il.

Les otages français et l’avenir de Chirac
Dumas a également évoqué l’affaire des otages français détenus au Liban au milieu des années 80 du siècle dernier, incombant le retard de leur libération à l’intrusion de Jacques Chirac et de son équipe dans les négociations menées entre Mitterrand et les Iraniens. Il y dévoile dumas-verges0 que Chirac qui en était au summum de sa campagne électorale a accordé aux Iraniens un  marché plus séduisant pour que leur libération soit effectuée grâce à lui, et ce en faveur de son avenir politique.
  Roland Dumas n’hésite pas révéler son parcours personnel, sa vision politique et ses choix de vie, en tant que résistant, sympathisant, ancien journaliste, avocat réputé, député, dandy, ministre puis président du Conseil constitutionnel.

Il évoque son militantisme pour la défense des militants algériens du Front de libération dans les années 60

         
 

Source : Al-Manar
 

L’avocate du père de Mohamed Merah accuse TF1 de «trucage»

14 juillet, 2012

L’avocate du père de Mohamed Merah accuse TF1 de «trucage»

L'avocate du père de Mohamed Merah accuse TF1 de «trucage»

 Elle qualifie «de faux» les enregistrements audio-diffusés par la chaîne L’avocate du père de Mohamed Merah accuse TF1 de «trucage»Quelques jours après la diffusion, par la chaîne française TF1, d’enregistrements audio présentés comme une conversation entre Mohamed Merah, assassin présumé de Montauban et Toulouse, et des policiers français, dans ce qui est qualifié de «fuite», l’avocate du père de celui appelé le «tueur au scooter», Me Zahia Mokhtari, a animé une conférence de presse dans laquelle elle dénonce ce qu’elle qualifie de «manipulation», accusant la chaîne française d’avoir diffusé «une vidéo truquée, destinée à tromper l’opinion publique».«TF1 a diffusé cette vidéo truquée au moment où je quittais la France pour rentrer en Algérie. La manipulation est destinée à m’obliger à rendre public le contenu des deux enregistrements dont je dispose et qui prouvent que Mohamed Merah a été volontairement assassiné», a indiqué Me Zahia Mokhtari.
«Si je publie les vidéos que je possède sur Merah, les relations entre Alger et Paris pourraient peut-être s’aggraver», lance l’avocate.L’animatrice de la conférence de presse est catégorique : «Il s’agit de vidéos truquées diffusées par TF1, dont nous avons identifié beaucoup d’images fausses qui montrent, soi-disant, Mohamed Merah en train de sauter un mur. Ces images ne sont pas celles de Merah ; d’ailleurs, l’homme montré sur ces images ne lui ressemble pas. Il a des yeux bleus, alors que Mohamed, lui, à des yeux noirs et un gabarit plus corpulent», selon Me Mokhtari.Pour l’avocate, «il faut une lecture précise» de la diffusion des vidéos de TF1. «La chaîne française TF1 a soigneusement choisi le moment pour diffuser ces vidéos truquées. D’abord, ils ont choisi mon départ de Paris vers Alger pour passer à l’action, cela pour me pousser à rendre publiques les deux vidéos authentiques qui relatent ce qui s’est exactement passé lors de l’assaut donné contre l’appartement de Mohamed Merah.C’est une tactique à laquelle ont recouru certains cercles en France qui veulent que j’utilise mes deux vidéos auprès du parquet de Paris afin que les preuves en ma possession soient connues, et que de cette façon, ils pourraient préparer la riposte judiciaire pour tenter de les décréditer», selon Me Zahia Mokhtari.

«Si jamais je diffuse les deux vidéos…»
L’avocate qualifie les deux vidéos qu’elle dit détenir d’explosives. Me Zahia Mokhtari ajoute que «si jamais je diffuse les deux vidéos, eh bien, croyez-moi, la réaction des Algériens en France et en Algérie sera explosive.

Croyez-moi tous, les deux vidéos qui sont actuellement entre mes mains sont difficiles à voir. Vous y trouverez toute la vérité sur la manière dont Merah a été lâchement tué par les équipes d’intervention du Raid. Ils l’ont criblé de 87 balles. Mais avant que ces équipes d’intervention tuent Mohamed Merah, le jeune d’origine algérienne a utilisé son téléphone portable et semblait paniqué. Il pleurait comme un enfant, il disait qu’il était innocent, il tremblait comme un petit oiseau, lui qui n’avait que 19 ans».
 
«Mohamed Merah n’était pas seul»
Toujours au cours de la conférence de presse, l’avocate dit apporter une «révélation» par rapport à tout ce qui a été dit sur cette affaire.  «Je vais vous révéler une chose que tout le monde ignore jusqu’à présent. Au moment où les équipes d’intervention spéciale du Raid encerclaient Merah qui était retranché dans sa maison, sa fiancée se trouvait avec lui.

Toutefois, elle a   réussi à prendre la fuite, sûrement par le balcon qui donne accès à la cour de la maison. Mais avant qu’elle ne prenne la fuite,  Merah lui avait donné des preuves de son innocence, des preuves qui impliquent directement un certain Benrehou, d’origine marocaine. Ce dernier est derrière l’enrôlement de Mohamed Merah à la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). C’est lui qui avait lié Mohamed Merah à la DCRI», dira Me Zahia Mokhtari.

L’avocate qui semblait sûre d’elle ajoute :  «J’ai assez de preuves et de témoignages sur la mort de Mohamed Merah et sur sa personnalité. Je vais les utiliser lors du procès qui s’ouvrira au parquet de Paris.
Toutefois, il est hors de question que j’utilise les deux vidéos ; ces pièces à conviction, je vais les laisser comme un ultime recours, contrairement à la volonté de cercles français qui veulent que j’utilise les deux enregistrements maintenant pour que je perde à coup sûr et que la vérité ne soit ainsi jamais connue de l’opinion publique».  

«87 balles dans le corps de Mohamed Merah»
«Merah a été tué d’une manière haineuse. 87 balles ont été tirées sur lui, ce qui montre, une fois de plus, l’acharnement des équipes d’intervention. Mais certains cercles, je continue à le préciser, certains cercles en France voulaient abattre Merah pour en finir avec lui et en finir, surtout, avec les secrets qu’il détenait», estime-t-elle, avant d’ajouter :

«Je compte beaucoup sur l’autopsie qui sera faite sur le corps de Merah, car elle va dévoiler  beaucoup de nouveautés. En plus, il ne faut pas l’oublier, Merah est d’origine algérienne. D’ailleurs, Yves Bonnet avait informé que Mohamed avait un passeport algérien et une carte d’identité algérienne et cette histoire qui disait que les autorités algériennes avaient refusé de recevoir la dépouille de Merah pour être enterré en Algérie, c’est un mensonge. Il n’a jamais été question d’un refus de la part de l’Algérie, comme disaient beaucoup de parties», selon l’avocate.

Pour rappel, TF1 a diffusé, il y a quelques jours, des enregistrements audio ont été présentés comme étant entre Mohamed Merah et des policiers. Le document diffusé a entraîné de vives critiques, notamment celles des proches des victimes de l’assassin présumé.

Par Mounir Abi

29 juin, 2012
 

                       Réseau des Démocrates

Nacer Boudiaf : « Mon père a été le premier à parler de «mafia politico-financière» »

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le 29.06.12 

 

La pétition lancée en février dernier par le fils du défunt Mohamed Boudiaf a déjà rassemblé des centaines de signatures. Le but est de réclamer la vérité sur l’assassinat, 20 ans après les faits. Il revient ici sur cette journée fatidique du 29 juin 1992.

- Comment avez-vous vécu dans le détail cette funeste journée du 29 juin 1992 ?

Vingt ans après, c’est toujours pénible pour moi de revenir sur cette date fatidique pour mon père, pour les Algériens et pour l’Algérie. J’ai appris la funeste nouvelle vers 13h20, j’étais abasourdi, je ne comprenais pas, je me suis dirigé directement vers la Présidence. J’entre directement au salon, et là, je vois Fatiha Boudiaf au téléphone en train de sangloter. Sans un mot échangé, je sors de la Présidence et je pars directement chez un copain. J’ai passé presque toute l’après-midi à me remémorer toutes les souffrances que cet homme a endurées pour son pays, et à la fin, il se fait assassiner par des Algériens, par traîtrise puisqu’ils n’ont pas eu le courage de l’affronter de face. Le jour de son retour, je le vois heureux d’être parmi les siens, après un long exil décidé par Ben Bella, parce que Boudiaf n’était pas d’accord avec lui. Il avait confiance en ce pays, surtout la jeunesse algérienne. Il avait de grands projets pour elle, malheureusement les ennemis de l’Algérie en ont décidé autrement. En à peine six mois, il a redonné espoir à des Algériens qui ne croyaient à plus rien. Sa mort a renforcé cette tendance. Un extrait de son dernier discours à Annaba «l’être humain n’est que de passage ici-bas. La vie est brève. Nous devons tous disparaître plus tard». Paroles prémonitoires. Quelques minutes plus tard, le père de la révolution est abattu par un cadet de la révolution.

 

- Qu’est-ce que vous avez pensé tout de suite quand vous avez eu des détails de l’assassinat ? Comment était l’ambiance à la Présidence ? Les responsables ont-ils contacté la famille ?

Dès l’annonce de l’assassinat du Président, j’ai tout de suite pensé que c’était un complot. On ne peut pas attenter à la vie du Président avec autant de facilité. Ils étaient 56 hommes chargés de la sécurité du Président, pas un seul n’a bougé. C’est peut-être pour cela que dans notre glorieuse République, le lâche assassinat de mon père est considéré comme un «acte isolé». L’ambiance à la Présidence était indescriptible. J’entendais tout le monde me dire «khad3ouh», pour dire que les Algériens ne sont pas dupes. Tout le monde a pleuré la perte d’un homme. - Les employés de la Présidence disaient bien ça «khad3ouh»?Je parle du chauffeur, jardinier, cuisinier, ceux qui travaillent à l’administration, etc. Le peuple quoi, pas les autres !- Ensuite, vous avez suivi le transfert à Aïn Naâdja ?Je suis parti à Aïn Naâdja à 17h. devant la dépouille mortelle de mon père, je me suis recueilli quelques minutes. Elles m’avaient semblé durer une éternité. Un lourd silence pèse dans la salle mortuaire. Le personnel médical est en pleurs. Nous quittons l’hôpital de Aïn Naâdja. Sur le chemin du retour, tout me semble vide. Cela me donnait l’impression que quelque chose a disparu. Rachid Krim, chef de cabinet du Président du HCE, que j’ai rencontré à l’hôpital, me demande de rentrer avec moi. La lourdeur du silence continue de peser dans la voiture. Ayant perçu mon profond désarroi, Rachid prend l’initiative de briser ce silence par la seule phrase prononcée durant le trajet du retour : «Ils ne savent pas ce qu’ils ratent.»- Avant les obsèques, avez-vous rencontré des responsables ? Avez-vous eu vent d’infos en plus sur les circonstances de l’assassinat ?Les membres du HCE sont venus nous présenter leurs condoléances, avec la promesse que toute la vérité sera dévoilée. Vingt ans après, j’attends toujours cette promesse. A part que l’autopsie n’a jamais été pratiquée, que l’arme du crime a disparu et cette balle au thorax.- La balle au thorax ? C’est confirmé ? Y a-t-il des témoignages ?C’est une information divulguée par Fatiha Boudiaf. Jusqu’à aujourd’hui, personne n’a fait de démenti.- Comment avez-vous vécu les obsèques ? Comment se sont comportés les hauts responsables sur place ?C’est pendant les obsèques que j’ai réellement pu peser l’impact qu’a eu mon père sur le peuple en seulement quelques mois à la tête de l’Etat. C’est la spontanéité de la femme et de la jeunesse, venue en grande foule, qui m’a profondément marqué. C’est cette jeunesse qui avait, dès le début, accusé le système de l’avoir assassiné, en disant : «Ils l’ont ramené puis l’ont tué.» Mais c’est la mort de Da Slimane Amirat qui m’a encore choqué. Cet homme, le vrai ami de Boudiaf, n’a pas résisté à la vue du cercueil de mon père. Il l’a regardé pendant quelques secondes, puis son cœur s’est arrêté. Plus tard, j’ai appris que mon père avait prévu de le recevoir à la Présidence, le même jour où mon père a été enterré, Da Slimane est mort. Quant aux hauts responsables, c’est-à-dire le Haut-Comité d’Etat, ils sont venus présenter leurs condoléances. Certains avaient des larmes de crocodile. Ils ont promis que la réalité fera jour. Le général Khaled Nezzar est venu me voir en aparté, le troisième jour de l’enterrement, à l’occasion de la veillée religieuse organisée à cet effet, pour me dire que «les assassins – il a parlé au pluriel – seront arrêtés». Depuis lors, j’attends et je milite pour la vérité.- Et depuis avez-vous revu Nezzar ou un autre responsable pour leur rappeler leur engagement à faire éclater la vérité ?Lors du premier rapport de la commission d’enquête, j’ai appelé le général Nezzar, membre du HCE, pour une audience. J’ai laissé le message à son secrétaire, aucune réponse. Lors du deuxième rapport, j’ai encore demandé une audience, même chose. Pourquoi cette dérobade ? A-t-il quelque chose à cacher ? Qu’il ne vienne plus nous dire que l’assassinat de Boudiaf est un «acte isolé».- Revenons un peu en arrière, est-il vrai que Boudiaf a lancé des enquêtes sur les gros trafics, par exemple l’affaire Hadj Bettou ?Parmi les choses qui ont le plus choqué mon père, après son installation à la Présidence, il a relevé le caractère immoral qui lui semblait toucher toutes les sphères politique, économique, culturelle, éducative, sociale et même sportive. Il s’est, en fait, rendu compte des pratiques malsaines, les détournements restés impunis, la généralisation du mensonge comme moyen de plaire aux supérieurs hiérarchiques, l’adoption du faux et de l’usage de faux comme un moyen «normal» d’obtenir tout ce qui est visé, l’injustice à outrance, avec la bénédiction de l’Etat. En un mot, les conditions idéales pour permettre à la corruption de devenir le «moteur» du fonctionnement du système. Il avait noté, par exemple, que quand un commerçant honnête transfert des fonds le plus légalement du monde pour investir ou activer en toute légalité, la procédure de son dossier mettait des semaines, voire des mois pour aboutir et parfois n’aboutissait même pas. Dans le même moment, les véreux, les corrompus, qui s’appuyaient sur leur soutien au sein du système, leurs transferts de fonds se faisaient en quelques heures, voire en quelques minutes. Mon père avait alors découvert le pot aux roses et mis le doigt sur le mal. Quand il a commencé à réfléchir au traitement de ce fléau néfaste, il a constitué un petit groupe «d’incorruptibles». Quelques jours après les avoir reçus et lancé sur des chantiers, on venait lui apprendre que «ses incorruptibles» ont trouvé la mort, soit dans des opérations antiterroristes, soit encore dans des circonstances non élucidées. Alors, le système lui livre «l’affaire Hadj Bettou», «l’Affaire du D15 de la douane», etc., juste pour donner l’impression que le système fait quelque chose contre la corruption. Mais en réalité, mon père, après la mort suspecte de ses incorruptibles, sent qu’il a affaire à une hydre à mille têtes, un monstre que Boudiaf a été le premier à qualifier de «mafia politico-financière». Une mafia politico-financière agissant avec des ramifications à l’étranger. Plus il avançait dans l’étude de certains dossiers relatifs à la corruption et plus l’heure de son lâche assassinat maquillé en «acte isolé» avançait. Et voyant que Boudiaf était réellement incorruptible, comme l’a qualifié le général Nezzar dans son récent livre, le système a imaginé le scénario de «l’acte isolé» ; un scénario qui ne s’adressait pas à Boudiaf, mais à tout le peuple algérien. Boudiaf a connu pour cela une fin tragique. Quelle sera la fin de la mafia politico-financière ? La fin d’El Gueddafi, de Ben Ali et de Moubarak devrait nous donner à réfléchir.Bio express :Nacer Boudiaf est né le 3 janvier 1955 à La Casbah. Il est marié et père de trois enfants. En 2011, il publie Boudiaf, l’Algérie avant tout ! aux éditions Apopsix. Un ouvrage dans lequel il cherche à rappeler aux Algériens, notamment à la jeunesse, le projet politique de son père, Mohamed Boudiaf.

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