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Ambiance islamophobe et répression policière des sans papiers à Lille

7 avril, 2012

La violence policière gratuite sur les sans papiers pacifiques devant le Tribunal administratif de Lille a été manifeste ce vendredi.

 Ambiance islamophobe et répression policière des sans papiers à Lille dans politique

 

Les manifestants ont été chargés par les services de sécurité. Les manifestants ont été chargés à coups de gaz lacrymogènes, de matraques, de pieds. Ces tabassages ont conduit 6 personnes à l’hôpital. Face aux trois charges policières les sans papiers se sont assis à terre et quand les coups devenaient insupportables, ils, elles (dont des femmes enceinte et des enfants) reculaient.

Pour préparer cette agression violente caractérisée de la police sur les manifestants plusieurs témoins disent avoir entendu le personnel du Tribunal administratif dire qu’on leur avait dit que « les sans papiers ont cassé la porte de l’UMP et allaient envahir le TA ». Ce qui est complètement faux.

En principe, la police fait trois sommations avant de charger. Or d’abord à l’intérieur de l’UMP, puis face aux chants et slogans des sans papiers devant le TA, la police n’a même pas pris le temps de respecter cette règle.

Il faut croire que les « bougnoules, les bamboulas, les fourmis » (maghrébins, noirs, asiatiques) dont les « civilisations ne valent pas » celle de M. Guéant n’en valent pas la peine, car tous les présents devant le local de l’UMP pour soutenir les occupants sans papiers à l’intérieur (syndicalistes CNT, CGT dont le secrétaire général de l’UD CGT, associatifs de la Ldh, du Mrap, du CA, politique de la JC, des Verts, du PCF, de la Coordination communiste, simples citoyens, etc) ont pu constater le respect de la sommation dans toutes ses règles.

La police à Lille  se permet d’empêcher l’accès au TA et au TGI aux familles et aux personnes devant fournir des pièces aux juges. Les témoignages font état aussi de propos scandaleux et dangereux tenus par des policiers face aux sans papiers : « Et Toulouse, c’est pas vous ?! », « ça me rappelle les attentats de 1995″, « ah! Ils arrivent, dommage, j’ai pas assez de cartouches », etc. Manifestement ces policiers que l’on lâche pour faire peur aux déterminés sans papiers qui refusent la clandestinité et défient la terreur du pouvoir sont conditionnés par l’ambiance raciste fait d’amalgames créée délibérément par la stratégie électoraliste du candidat-président. Les témoins ont relaté la scène de ce CRS qui lève sa matraque pour l’abattre sur la tête d’une dame et se rendant compte au dernier moment qu’il s’agit d’un dame non typée et d’un certain âge a cogné avec rage sur le vélo à côté.

Le CSP59 tout en réaffirmant que le réalisme, c’est traiter les humains sans papiers en humains en recevant sa délégation déclare : les ministres, les préfets ne doivent pas oublier qu’ils sont dans le pays du massacre du 17 octobre 1961 et que donc existent les ingrédients du racisme qui peuvent conduire au crime. Les sans papiers se rendent bien compte que le seul antidote qu’ils ont contre le poison raciste créé par le climat nauséabond islamophobe, anti-immigré, anti sans papiers et raciste est d’agir collectivement à visage découvert en exposant leur humanité par leur visibilité.

Le CSP59 appelle les témoins qui n’ont pas l’occasion de témoigner sur les propos et attitudes de la police le fassent en écrivant au courriel du CSP59 pour que l’on prenne à témoin l’opinion publique. En clair, le CSP59 demande la libération des 4 sur les 6 encore au CRA de Lesquin et attend toujours d’être reçu par le préfet du Nord.

Le NPA dénonce les brutalités policières

Dans une déclaration le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) « exprime son indignation à la suite de l’arrestation et de la mise en détention au Centre de Rétention Administrative de Lesquin, de six sans papiers du CSP 59 depuis vendredi 30 mars. Ceux-ci ont été matraqués, gazés puis arrêtés à la suite d’une occupation pacifique du siège lillois de l’UMP, où ils demandaient en vain d’être reçus par des responsables.
Le NPA dénonce les nombreuses brutalités intolérables dont ont été victimes les sans papiers et leurs soutiens pendant les rassemblements de solidarité aux arrêtés, le véritable état de siège organisé par la police pour empêcher le publicd’assister à l’audience du TGI. Il soutient l’initiative prise par les syndicats, associations et partis politiques appelant à une manifestation samedi 7 avril à Lille qui sera l’occasion de dénoncer la politique xénophobe et raciste du gouvernement UMP, exiger la régularisation de tous les sans papiers, la fermeture des centres de rétention et la libération immédiate des six de Lesquin. »

IRIS SAMY

 

 

6 octobre, 2011

appel des Sans Papiers en campagne citoyenne: Ne nous cachons plus, soyons visibles! Luttons tous ensemble pour nos droits!

 

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Nous, sans papiers en lutte avec nos soutiens, sommes tous les mercredis à partir de 18h devant la préfecture du nord place de la république/parvis des droits de l’homme pour rappeler aux populations et à l’Etat Français notre droit à l’existence légale.

Depuis 2007 la droite extrême a fait ce que dit l’extrême droite fasciste : nous traquer, nous chasser, nous expulser, nous clandestiniser par la peur. Le président Français, M. Sarkozy, a donné l’ordre d’écraser et d’éliminer les CSP en particulier le CSP59 en l’expulsant de la Codrese (commission départementale de réexamen des situations administratives des étrangers).

Résultat de cette discrimination : c’est quasiment la fin des régularisations, 2 rejets de ton dossier en Codrese = clandestinité définitive, promesses ou engagements d’embauche sont demandés et pas pris en compte, des dossiers presque pareils : l’un est régularisé et l’autre rejeté, parfois des personnes de la même famille, des dossiers qui doivent être régularisés normalement le sont par la codrese comme les documents de circulation pour mineurs (dcm) ou les conjoints de Français(e)s, l’arbitraire des décisions préfectorales est illustré par le refus de motiver les rejets et l’incompétence est cachée par l’interdiction de toute défense argumentée des dossiers, etc.

Nous sans papiers en lutte avons marché de Lille à Paris en 2008 pour dire au Médiateur de la République notre colère contre l’injustice de la répression préfectorale contre notre volonté de vivre dans la légalité.

Nous sans papiers en lutte avons marché en 2009 de Neuf-Mesnil à Lille pour réaffirmer que régulariser des sans papiers qui ont sauvé de la noyade un enfant Français autiste est une application humaniste de la loi qui doit aussi s’appliquer à nous qui avons organisé une soirée de solidarité et remis 1000 euros aux sinistrés de la tornade du Maubeugeois.

Nous avons résisté à tous les mauvais coups du pouvoir qui ne cherche qu’une seule chose : nous faire accepter la clandestinité imposée nommée « immigration choisie » et continuer à nous faire payer ainsi qu’à tous les autres travailleurs légaux la crise au nom de la dette et des déficits.

Plus nous serons nombreux – hommes, femmes, familles – à refuser de nous cacher et à agir pour une solution humaine et civilisée à notre drame, plus nous pourrons exiger la prise en compte de notre revendication de régularisation.

Plus les ex-sans papiers qui restent 5, 8, 10, 15 ans avec un titre de séjour d’un an qui est renouvelé en payant un « impôt régularisation », qui ne dit pas son nom toujours plus cher, nous rejoindront nombreux dans la lutte, plus on pourra exiger le respect de la conquête sociale et démocratique que fut la carte de 10 ans votée à l’unanimité au parlement en 1984.

Plus les travailleurs avec et sans papiers seront solidaires, unis, plus nous pourrons ensemble exiger que les vrais responsables et bénéficiaires de la dette, des déficits payent la crise et non les victimes collectives que sont les travailleurs avec ou sans emploi et avec ou sans papiers.

TOUS LES SANS PAPIERS DOIVENT SORTIR POUR :

- DIRE  TROP D’INJUSTICE, CA SUFFIT !

- GAGNER LE DROIT AU RESPECT ET A LA REGULARISATION !

rendez vous :DIMANCHE 16 OCTOBRE A 11H AU MARCHE WAZEMMES/LILLE

30 avril, 2011
 
 
 

Arrestations massives à Paris de Tunisiens arrivés par Lampedusa

 

 

 

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Après la traversée de la Méditerranée, les centres de rétention en Italie et les contrôles policiers entre Vintimille et Nice, voici les interpellations massives à Paris.


À peine le sommet de Rome entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi achevé, une soixantaine de personnes, principalement des ressortissants tunisiens arrivés en France ces derniers jours, ont été arrêtées et placées en garde à vue à Paris et en Seine-Saint-Denis pour «infraction à la législation sur le séjour», selon les préfectures impliquées relayées par l’AFP.

 

Les interpellations, qui ont aussi concerné des Égyptiens, des Libyens et des Algériens, ont eu lieu mardi soir et mercredi matin dans plusieurs arrondissements de la capitale (Xe, XVIIIe, XIXe et XXe) ainsi qu’à Pantin.

Dans une rhétorique inhabituelle, les deux préfectures indiquent que cette opération policière a pour «visée d’établir un diagnostic de la situation» des personnes arrêtées. Mais leur réactivité à communiquer cache mal leur confusion: mercredi en fin d’après-midi, elles n’étaient pas capables de donner des informations précises sur le sort des exilés.

Selon diverses sources, quelques-uns ont été libérés avec des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière (APRF), tandis que les autres étaient encore en garde à vue.

Présent au moment des faits Porte de la Villette, l’un des lieux de rassemblement, Rodolphe Nettier, de l’association SOS soutien ô sans-papiers, dénonce une «chasse aux Tunisiens». «Ces personnes sont extrêmement en colère, c’est un euphémisme, estime-t-il. Elles ont traversé la Méditerranée, elles sont passées par l’Italie où des gens les ont aidées, et là elles se retrouvent complètement isolées à Paris. Les policiers ont organisé ces razzias, là où il y avait des Tunisiens, pour leur faire peur, pour qu’ils disent aux autres de ne pas venir.»

 

«Ils ont été fouillés et leurs portables ont été confisqués»

Avocate au barreau de Paris, Samia Maktouf, qui représente certains des Tunisiens, confirme que l’opération était «musclée». «Ils ont été interpellés après la distribution du repas, au moment où ils se frayaient un chemin pour chercher un abri de fortune. Pour s’échapper, il y en a un qui est monté sur un arbre et un autre qui a dû franchir un muret, d’après ce qu’ils m’ont raconté. Ils ont été fouillés et leurs portables ont été confisqués pour les empêcher d’appeler», s’indigne-t-elle, estimant à 400 le nombre de personnes se regroupant ces derniers jours Porte de la Villette «aux heures de pointe», c’est-à-dire lors de la distribution de repas chauds le soir.

Selon elle, des Tunisiens passés par Lampedusa étaient présents à Paris et dans les alentours depuis «fin février». Mais l’aide associative a tardé à s’organiser. Face à la précarité des conditions de vie des exilés, la mairie a interpellé les pouvoirs publics la semaine dernière, en vain. «L’accueil des réfugiés est de la responsabilité de l’État», rappelle Pascale Boistard, adjointe au maire de Paris en charge de l’intégration et des étrangers non communautaires. «Nous n’étions pas au courant que la préfecture avait l’intention d’intervenir», précise-t-elle. «Claude Guéant a voulu taper un grand coup, après la rencontre entre Berlusconi et Sarkozy», regrette-t-elle.

 

Dans un communiqué du 26 avril, Bertrand Delanoë a critiqué «l’indifférence de l’État» et s’est engagé à apporter «des réponses adaptées à l’urgence» en demandant à deux associations France terre d’asile et Emmaüs de mettre en place des dispositifs de soutien et d’accompagnement social et sanitaire, ainsi que d’accès à des hébergements hôteliers.

«Ces opérations de police compliquent notre tâche, indique Pierre Henry, le directeur général de France terre d’asile, car elles dispersent les gens, qui se cachent, qui ont peur.» «Ça tend inutilement la situation, insiste-t-il, d’autant que certains sont en règle, notamment ceux qui ont des titres de séjour délivrés par l’Italie.»

Encore méconnues, les conditions d’interpellation posent problème. «Ils n’ont pas été pris en flagrant délit, ils n’étaient pas sur le point de commettre une infraction, ni de troubler l’ordre public. Leur seule faute est d’avoir été localisés là où ils dorment», souligne l’avocate Samia Maktouf. Par ailleurs, non seulement les contrôles d’identité en fonction de la couleur de la peau et de la nationalité sont interdits, mais aussi la situation de chacun est supposée être examinée individuellement, les projets des uns et des autres pouvant être variés: demande d’asile pour certains, notamment les Libyens, projet de régularisation pour d’autres, voire enfin retour au pays.

 

 

par Carine Fouteau