Archive pour la catégorie 'politique'

11 avril, 2011

Trop de musulmans ?

 

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On peut l’espérer, le ministre de l’intérieur Claude Guéant sera condamné, comme son prédécesseur, pour racisme. En déplacement à Nantes, lundi 4 avril, le ministre chargé des cultes a déclaré :

« En 1905, il y avait très peu de musulmans en France, aujourd’hui il y en a entre 5 et 10 millions. Cet accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème », a-t-il fait savoir, en faisant référence notamment aux prières de rue, qui « choquent un certain nombre de concitoyens ». « Les responsables des grandes religions ont bien conscience que ce type de pratiques leur porte préjudice », a poursuivi le ministre (« Guéant : la loi de 1905 “ne sera pas modifiée”, LeMonde.fr, 4 avril 2011).

Au moment où se tient la journée de l’UMP sur l’islam (pardon, sur la laïcité), il serait vain de croire à des dérapages. Sur tous les fronts, le pouvoir pense qu’il faut relancer les polémiques sur l’islam, histoire de détourner l’opinion des problèmes réels de la société. Il est regrettable de voir souvent des responsables de gauche contribuer à cette stratégie en faisant de chaque incident dans une école ou une banlieue l’élément d’une stratégie islamiste de conquête de notre beau pays. Faut-il s’étonner alors que des administratifs et des enseignants décident de contrôler la longueur des jupes de leurs élèves ? Ou que le ministre de l’éducation prétende interdire à des femmes portant le foulard d’accompagner des sorties scolaires ?

Comment Guéant sait-il qu’il existe entre 5 et 10 millions de musulmans ? A-t-il fait une étude des prénoms qui transforment automatiquement tout Mohammed ou Fatma en un ou une musulmane ? Comme tout David ou Sarah serait un ou une juive ? Cette assignation à une identité (qui fait dire à un ami « musulman » n’ayant aucun rapport avec la religion qu’il se définit comme « musulman athée ») rappelle de plus en plus l’antisémitisme des années 1930. A l’époque aussi la crise économique et sociale permettait de dénoncer un bouc émissaire bien commode ; on sait ce qu’il en est advenu.

Mais revenons sur ce nombre agité comme une menace. Le site SaphirNews publie un intéressant dialogue avec le sociologue Patrick Simon (Hanan Ben Rhouma, « Mosquées : à 2,1 ou 5 millions, les musulmans manquent toujours de places », 21 mars 2011).

« La France aurait-elle perdu la moitié de ses habitants musulmans ? Selon l’étude “Trajectoires et Origines” réalisée par l’Institut national des études démographiques (INED) et l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en 2008-2009, le nombre de musulmans en France est estimé à 2,1 millions et non plus 5 à 6 millions, souvent avancés par la classe politique, les économistes et les médias. Ces chiffres, passés inaperçus en octobre dernier, font désormais l’objet de discussions, en plein débat sur l’islam. Pour Patrick Simon, socio-démographe à l’INED et un des contributeurs de l’étude, le chiffre des musulmans en France ne change rien à la nature du débat politicien. »

11 avril, 2011

Egypte: Moubarak convoqué pour l’enquête

sur la violence contre la révolte

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LE CAIRE – L’ancien président égyptien Hosni Moubarak et ses deux fils sont convoqués par la justice dans le cadre d’une enquête sur les violences contre les manifestants lors de la révolte et pour des accusations de corruption.   M. Moubarak et ses fils Alaa et Gamal sont convoqués « pour être interrogés sur des accusations contre eux concernant les attaques contre des manifestants pacifiques qui ont provoqué des morts et des blessés », a déclaré le procureur général Abdel Méguid Mahmoud dans un communiqué.   Les manifestations qui se sont déroulées entre le 25 janvier et le 11 février, date de la démission de M. Moubarak, ont fait quelque 800 morts et des milliers de blessées selon les autorités.   L’ancien chef d’Etat et ses fils vont devoir aussi s’expliquer sur des accusations concernant « l’utilisation d’argent public », poursuit le communiqué de la justice.   Aucune date n’est donnée pour leur audition.   L’ex-président égyptien a refait pour la première fois surface publiquement dimanche depuis sa démission avec un message sonore télévisé dans lequel il se dit victime de « campagnes de diffamation » et dément cacher une fortune à l’étranger.

poste_iris samy

9 avril, 2011

Igrek, rappeur et fils d’Ali Mécili

« Le combat d’Ali Mécili n’a pas été oublié par le peuple algérien »

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C’est par l’écriture qu’il vient à la musique. Yalhane Mécili, le fils d’Ali Mécili, assassiné à Paris le 7 avril 1987, emprunte aujourd’hui le rap pour dire sa colère, sa perception du monde, sa douleur et ses espoirs. Sous le nom d’artiste d’Igrek, il compose des musiques et des textes qui savent trouver l’essentiel. L’une de ses chansons, « 90 % », en référence aux scores électoraux des dictatures, comme celui d’Abdelaziz Bouteflika, a été regardée par un nombre impressionnant d’internautes aux quatre coins du monde.Pour TSA, Yalhane a accepté de parler de son parcours artistique. Il nous dit aussi que la démocratie est indispensable en Algérie pour qu’enfin la lumière soit faite sur l’assassinat de son père, au moment où on commémore le 24e anniversaire de la perte cruelle de ce grand militant de la démocratie qu’était Ali Mécili.Votre père a consacré sa vie pour la démocratisation de l’Algérie avant d’être assassiné. Pensez‑vous qu’un jour la lumière sera faite sur cette élimination physique que la raison d’État ici et là tente d’occulter ?Pour que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de mon père et que la justice lui soit enfin rendue, il faudrait tout d’abord que le pouvoir algérien change fondamentalement de nature et devienne une vraie démocratie. Il faudrait également que la France réaffirme ses propres valeurs et cesse de soutenir un régime qui assassine ses opposants. Je rappelle qu’en 1987, l’assassin présumé de mon père très vite interpellé et mis en garde à vue, a été aussitôt expulsé en Algérie et ainsi durablement soustrait à la justice française. Aujourd’hui encore, à l’heure du « printemps arabe », la France, à travers la visite de l’ancien 1er ministre Jean‑Pierre Raffarin, vient de réaffirmer son soutien à un régime algérien de plus en plus menacé par un mouvement de révolte légitime. Cependant, je dois dire que même si tout a été fait politiquement pour étouffer cette affaire, j’ai quand même le sentiment d’une victoire. Grâce au travail de mémoire accompli par ma mère depuis plus de vingt ans avec le soutien de militants et d’amis fidèles, le nom d’Ali Mécili, et le combat qui fut le sien, n’ont pas été oubliés par le peuple algérien et résonnent aussi en France aujourd’hui.

Comment voyez-vous aujourd’hui le combat de votre père ?Le combat de mon père était un combat pacifiste placé sous le signe de l’universalisme, pour la défense des droits de l’homme, pour la démocratie, la liberté et aussi pour l’identité amazighe. C’était un combat pour la libération de tout le peuple sous le joug d’une domination et mon père s’était par exemple beaucoup investi pour soutenir la lutte du peuple palestinien. Ce combat est toujours d’actualité aux quatre coins du monde, partout où sont encore en place des régimes autoritaires et, évidemment en Algérie, où 50 ans après l’indépendance, le peuple n’est toujours pas maître de sa destinée, demeurant soumis à un pouvoir qui le méprise. J’ajouterai que ce combat demeure aussi d’actualité dans nos démocraties occidentales qui, même si elles passent leur temps à donner des leçons au monde entier, ne sont pas toujours à la hauteur des principes qu’elles prétendent incarner.Comment êtes-vous venu à la musique ?Je suis venu à la musique par l’écriture. Enfant timide et réservé, l’écriture m’a servi très tôt d’exutoire et m’a permis d’exprimer tout ce que je ne disais pas. J’écrivais des poèmes dans ma chambre avant de découvrir le rap au début des années 1990. J’ai tout de suite accroché à ce genre musical et surtout au contenu des textes qui, en plus de délivrer un message social, politique et contestataire, avaient une dimension poétique. On sentait qu’une génération était en train de se lever et, avec elle, une très grande énergie créatrice, toute cette génération que l’on retrouve sur la compilation mythique « Rapattitude ». J’ai monté mon groupe « Reflet » en 1995, on a fait des maquettes à n’en plus finir, des concerts et puis on a sorti un album « Asile poétique » en 2009 sur Internet. Je me suis lancé en solo il y a 2 ans environ, j’ai commencé à écrire des textes plus intimes, à développer des thèmes plus personnels et ça a débouché sur mon album intitulé « Le meilleur des mondes », sorti en janvier 2011. Je me suis fait connaître avec le morceau « 90 % », en référence au dernier score de Bouteflika aux présidentielles. Ce morceau, qui critique sévèrement le pouvoir algérien dont le président n’est que l’incarnation, a fait un petit buzz. Mais j’aborde aussi beaucoup d’autres thèmes dans cet album, comme l’individualisme, le consumérisme, l’indifférence, la guerre du tous contre tous, le capitalisme mondialisé et ses conséquences, l’immigration, l’exil… J’essaie de poser un regard critique sur le monde contemporain et d’en faire une sorte de synthèse en chanson, parfois avec gravité, parfois avec humour. J’essaie de prendre du recul par rapport à la société dans laquelle je vis. Toutefois, je ne prétends pas me situer au‑dessus de ce que je critique, sachant trop bien que j’en fais également partie.

poste_iris samy

8 avril, 2011

 

 

7 avril, 2011

En Egypte, une nouvelle garde
Stephen Gowan

Les Etats-Unis parviendront-ils à garder le contrôle du pays des pharaons grâce à l’armée égyptienne, largement subventionnée par le Pentagone ? Quel gouvernement civil oserait s’opposer aux intérêts de Washington si c’est pour se mettre l’armée sur le dos ? Faut-il parler de révolution en Egypte ou de simple lifiting cosmétique du moubarakisme ? (IGA)

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Le larbin du Pentagone en Egypte, Lt. Général Sami Hafez Enan (gauche) avec l’Amiral Mike Mullen, chef d’état-major des armées des Etats-Unis Le maréchal Mohamed Hussein Tantawi, connu des Égyptiens comme le « larbin de Moubarak » a peut-être tout à dire au Caire en tant que chef du gouvernement dirigé par les militaires. Mais, quoi qu’il en soit, son bras droit, lui, est le larbin du Pentagone et il y a gros à parier qu’il continuera à jouer un rôle clé en Égypte, même après qu’un gouvernement civil aura succédé à l’actuelle direction militaire.Le général de corps d’armée Sami Hafez Enan, « l’un des favoris des militaires US », s’il faut en croire l’article d’Elisabeth Bumiller dans le New York Times d’aujourd’hui [11 mars 2011], est le second de Tantawi, un homme honni en Égypte pour avoir été un lèche-bottes du président déchu Hosni Moubarak.Madame Bumiller prétend qu’Enan – qui « reste en contact téléphonique étroit avec les responsables du Pentagone » et « est un lien crucial pour les États-Unis » – est considéré comme le successeur probable de Tantawi à la tête des forces armées égyptiennes.Et, puisque l’armée joue un rôle dominant en Égypte, il faut s’attendre à ce qu’Enan continue à exercer une influence considérable. C’est un point avec lequel Madame Bumiller est d’accord. « Personne ne conteste », fait-elle remarquer, « que le général Enan puisse jouer un rôle important au sein du futur gouvernement égyptien, plus vraisemblablement en coulisses, là où les puissantes forces armées, traditionnellement peu enclines à la publicité, se sentent plus à l’aise. »Chaque année, Washington déverse sur l’Égypte 1,3 milliard de dollars en aide militaire. L’armée égyptienne s’est sert pour acheter des « armes et des équipements de fabrication américaine, et plus particulièrement des avions de combat F-16 et des chars M1A1 Abrams ». Pas un cent de cet argent ne quitte donc les États-Unis. En lieu et place, Enan et d’autres gros pontes de l’armée égyptienne présentent leur liste de desiderata au Pentagone, qui transfère alors l’argent du contribuable américain sur les comptes des marchands d’armes américains, lesquels livrent alors la marchandise.Il s’agit en quelque sorte d’un don annuel à General Dynamics. Et à l’Egypte. Avec la gracieuse permission du contribuable américain.Depuis, l’Égypte a accepté de devenir un pilier de l’impérialisme US en Afrique du Nord et en Asie occidentale. Et pour permettre à Israël de traiter cavalièrement les Arabes en Palestine et au Liban, Washington a transféré 35 milliards de dollars de l’argent du contribuable américain sur les comptes des fabricants d’armes américains, et ce, pour le compte des forces armées égyptiennes.Madame Bumiller écrit que les réformes du général Enan et du gouvernement militaire « ont été surtout cosmétiques, jusqu’à présent ».« Cosmétiques » est bien le terme qui convient. La révolution en Égypte n’a guère été plus qu’un changement de trombines à la tête de l’État. Moubarak est parti parce que le peuple l’exigeait et, aujourd’hui, il en va de même pour l’ancien Premier ministre de Moubarak, lui aussi évincé à la demande du peuple. Mais le « moubarakisme » – la domination US sur l’Égypte par l’entremise d’une élite militaire locale – demeure.Cela ne changera pas, même quand l’actuel gouvernement militaire sera remplacé par un gouvernement civil élu, en admettant que cela arrive.Qu’arriverait-il si un futur gouvernement décidait de suivre une politique allant à l’encontre des choix de la politique étrangère US, tout spécialement en ce qui concerne Israël ? Puisqu’une rupture avec Washington sur les points-clé de la politique étrangère mettrait sans doute un terme au flux de matériel et de sessions d’entraînement destiné à l’armée égyptienne, le résultat probable serait que le gouvernement perdrait la confiance de l’armée et que les militaires reprendraient les rênes pour ramener l’Égypte sur la voie prescrite par la politique étrangère US. Sachant cela, il est peu probable qu’un gouvernement civil ne sorte des limites tolérées par le bienfaiteur de son armée.Et jusqu’où un futur gouvernement civil égyptien sera-t-il indépendant de la Maison-Blanche et de son ministère des Affaires étrangères ? Déjà, les responsables de Washington « discutent le déblocage de fonds nouveaux pour épauler la montée de partis politiques laïques ». Bien sûr, les Égyptiens sont libres d’élire qui ils veulent, mais les élections modernes sont avant tout d’importantes campagnes de marketing. Sans un solide appui financier, vous n’avez pas l’ombre d’une chance. Dès lors, en vue du maintien sans anicroche du moubarakisme, les promoteurs de la démocratie installés à Washington soutiendront de façon adéquate des hommes et des partis politiques « acceptables » à l’aide de fonds, de conseils stratégiques, de sondages. Bref, tout ce qui sera nécessaire pour évincer des alternatives jugées incompatibles avec les « intérêts US », mais qui pourraient, par ailleurs, représenter également les intérêts de la masse des Égyptiens. Les Occidentaux ne toléreraient jamais que des puissances étrangères soutiennent des partis politiques occidentaux, quand bien même ce serait au nom de la promotion de la démocratie. Il est étrange que tant d’Occidentaux estiment de bon ton que leurs propres gouvernements se mêlent des élections dans d’autres pays. Ainsi, les citoyens occidentaux se font berner en croyant que la pratique impérialiste consistant à exercer une influence à l’étranger par l’achat d’hommes politiques constitue réellement un exercice louable de promotion de la démocratie. Si le fait de voir des gouvernements étrangers se mêler de nos élections signifie qu’une puissance extérieure tente de s’approprier un avantage à nos dépens, le fait que Washington débloque des fonds nouveaux pour s’immiscer dans les élections égyptiennes ne signifie-t-il pas que les Etats-Unis tentent de s’approprier un avantage aux dépens des Égyptiens ?À moins que les motivations de Washington et de l’Union européennes ne soient plus pures, en quelque sorte ? Mais, au vu de leurs pratiques – tant passées qu’actuelles – de soutien à Moubarak, à d’autres dictatures, à des monarchies absolues dans le but de protéger les « intérêts » occidentaux, on aurait vraiment du mal à le croire.Comment, dans ce cas, avec des forces armées égyptiennes qui sont une extension virtuelle des promoteurs de la démocratie du Pentagone et de Washington disposés à accroître les subventions aux partis politique proaméricains, comment pourrions-nous croire que l’insurrection égyptienne puisse apporter quelque chose de plus qu’un léger lifting cosmétique du moubarakisme ?Une véritable révolution requiert bien davantage que de remplacer Moubarak par Tantawi, Tantawi par Enan, et Enan par un gouvernement civil qui sera bien obligé de satisfaire Enan en personne – et les responsables du Pentagone avec qui Enan entretient des contacts étroits. Une révolution, ce n’est pas qu’une simple relève de la garde !Source originale : Stephen Gowans Traduit de l’anglais par Jean-Marie Flémal pour Investig’Action

Source : www.michelcollon.info

6 avril, 2011

Le potentiel algérien en gaz schisteux « fait sensation » à Houston

Gaz de schisteL’Algérie a un potentiel considérable en gaz de schiste

Le ministre algérien de l’énergie, Youcef Yousfi, indique le New York Times « a fait sensation » mercredi au Cera Week 2011 à Houston en annonçant que l’Algérie disposait de réserves de gaz schisteux qui sont « aussi grandes que certains des champs américains majeurs ».

L’information sur la disponibilité de réserves de gaz schisteux en Algérie n’a rien d’une nouveauté. Une source au ministère de l’énergie et des minés avait déjà indiqué l’automne dernier à Maghreb Emergent que le potentiel de l’Algérie en « gaz schisteux non conventionnel est, lui, tout simplement fantastique ». La même source avait relevé que cela avait été dit pour la première fois par Youcef Yousfi lors du Congrès Mondial de l’énergie tenue entre le 12 et 16  septembre 2010 mais que cela n’avait peut-être pas été « bien entendu ». Surtout en Algérie où des questionnements étaient soulevés sur l’état des réserves gazières et la capacité de l’Algérie à faire face à ses engagements. Cette fois-ci, Youcef Yousfi a choisi le Cera Week 2011 (Cambridge Energy Research Associates), une conférence annuelle qui réunit à Houston experts pétroliers, représentants des compagnies et hommes politiques de haut niveau pour transmettre le message. Et « y faire sensation », selon le grand journal américain, en révélant que l’Algérie assise sur d’énormes réserves inexploitées de gaz de schiste que le pays a maintenant l’intention de développer avec l’aide de partenaires internationaux. « Nous sommes intéressés par l’exploitation des réserves de gaz non classique. D’après les estimations, les réserves pourraient être atteindre 1.000 billions de pieds cubes. Pour le ministre de l’Énergie, l’objectif de l’Algérie est de déterminer le potentiel réel de ces ressources. « Nous sommes en train de préparer un programme pilote. Nous sommes en train de choisir une région où toutes les conditions sont réunies. Le programme sera réalisé par la société nationale Sonatrach et un partenaire étranger », a‑t‑il ajoute. Le ministre a précisé que les réserves algériennes de gaz conventionnel évaluées à la fin de l’année dernière s’élevaient à 150 000 milliards de mètres cubes.

Elargissement considérable de l’offre

L’Algérie disposerait ainsi des capacités d’élargir considérablement son offre dans un futur relativement proche grâce au potentiel de centaines de milliards de mètres cubes de gaz naturel piégé dans la roche de schiste à plus de 1.000 mètres de profondeur. L’exploitation de gaz de schistes aux États-Unis a déjà révolutionné le marché américain du gaz, en transformant le pays structurellement importateur de gaz en producteur  capable de satisfaire la demande intérieur pendant plus d’un siècle. L’exploitation de ce gaz a été rendu possible par le développement de nouvelles technologies de forage. Il s’agit de la technologie de la fracturation hydraulique qui a permis d’augmenter de manière drastique les réserves de gaz aux Etats-Unis et qui commence à intéresser les opérateurs dans le reste du monde. Mais les spécialistes estiment que la production de gaz schisteux pourrait rester encore pendant des années une exclusivité de l’Amérique du nord. Mais le succès de l’expérience américaine pousse de nombreux opérateurs à chercher à la dupliquer pour mettre en valeur leurs réserves de gaz de schistes.  Selon le ministre algérien de l’énergie et des mines, les « résultats préliminaires de notre évaluation du potentiel de gaz de schiste indiquent que le potentiel est au moins comparable aux plus importants gisements américains. » Il reste que l’association avec des partenaires étrangers est indispensable compte tenu des technologies nouvelles mises en œuvre. « Le développement des hydrocarbures non conventionnels sera une nouvelle expérience que nous serons prêts à partager avec les entreprises qui ont démontré leur savoir-faire dans ce domaine », a déclaré Yousfi. Il a confirmé que des discussions étaient en cours avec des entreprises spécialisées disposant d’une expérience et d’un savoir-faire reconnus dans ce domaine.

par iris samy

30 mars, 2011

Un diplomate accuse : « Ben Ali donne argent et armes pour provoquer le chaos avec Kadafi comme complice »

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L’ambassadeur démissionnaire de la Tunisie à l’Unesco, Mezri Haddad, a accusé dimanche dans un communiqué le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali d’avoir « prémédité l’anarchie avant son départ » du pouvoir vendredi et de « téléguider les opérations ». Ancien opposant de gauche, journaliste et philosophe avaant d’être récupéré le pouvoir, Haddad a révélé que Ben Ali a donné des armes et de l’argent à ses fidèles pour qu’ils provoquent la guerre civile avec la complicité du leader libyen Kadafi.

« J’accuse Ben Ali d’avoir prémédité le désordre et l’anarchie avant son départ. Je l’accuse d’avoir choisi la politique de la terre brûlée en établissant une stratégie en trois phases », dit M. Haddad qui avait présenté vendredi après-midi sa démission quelques heures avant la fuite du président tunisien.

« Il a donné des armes et beaucoup d’argent à sa garde rapprochée et à ses fidèles afin qu’ils provoquent la guerre civile dès son départ de Tunisie. Il leur a donné l’ordre de déclencher les opérations bien avant de prendre la décision de fuir. Il a sollicité l’aide de la Libye pour qu’elle intervienne », affirme le diplomate.

« Ce plan criminel et machiavélique n’avait qu’un seul objectif : reprendre le pouvoir », poursuit-il accusant Ben Ali de « téléguider, par téléphone, les opérations jusqu’à ce jour et de faire passer ses crimes actuels pour des crimes commis par les islamistes et l’opposition de gauche ».

Dans un entretien accordé samedi au quotidien français Libération, Haddad a révélé avoir parlé à deux reprises au téléphone avec l’ex-président vendredi 14 janvier, jour de la fuite du raïs. Ce dernier était encore convaincu, selon Haddad, que les manifestations qui ont secoué la Tunisie étaient « un complot des islamistes qui se cachaient derrière les manifestants ».

Plusieurs témoignages sur place ont attribué les pillages et exactions de ces derniers jours, notamment à Tunis et sa banlieue, à des membres de l’appareil sécuritaire liés à Ben Ali et cherchant à créer le chaos pour favoriser son retour. Un neveu de l’ex-président, Kaïs Ben Ali, a été interpellé par l’armée à Msaken (centre), dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 avec dix autres personnes qui « tiraient en tous sens » à bord de véhicules de police, selon des témoins.

L’ex-président, cédant à la pression de la rue, a fui vendredi en Arabie saoudite après 23 ans au pouvoir.

par_ Djamila Kouidri

 

 

 

 

 

29 mars, 2011

Les déboires du commissaire Z.M., ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans “la cabale des bons de caisse”

 

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Z. Messaoud, chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans “la cabale des bons de caisse” qui devait jeter en prison Mohamed Benchicou, directeur du Matin, a été condamné ce lundi 28 mars, à 12 années de prison ferme par le juge du tribunal correctionnel d’Azazga (40 km à l’est de Tizi Ouzou), pour complicité dans l’affaire de la BNA.

Il n’est pas le premier, parmi les officiers et agents de la police de l’aéroport d’Alger qui avaient concocté le complot contre Mohamed Benchicou, à être incarcéré à son tour !  Dès 2007, en effet, des policiers de la Police des frontières avaient été arrêtés, poursuivis pour les mêmes manigances florentines qu’ils avaient utilisées contre Benchicou : falsification de procès-verbal et fabrication de faux documents ! À cette notable différence qu’il s’agissait, non pas d’empêcher une personne de quitter le pays mais de permettre à des individus interdits de sortie du territoire national de prendre l’avion ! Contre quelques milliers de dinars, le policier efface le sceau de la Direction générale de la sûreté nationale d’un document officiel, le remplace par un autre et vous détruit en moins de dix secondes le PV officiel qui vous clouait au pays ! Feu Ali Tounsi reconnaissant, ce jour-là devant la presse, avoir « découvert des voyous à la Police des frontières de l’aéroport d’Alger » !  En fait, ces policiers ripoux ont toujours falsifié, truqué ou manigancé. Les policiers étaient liés au pouvoir par un pacte tacite : en contrepartie du rôle d’exécuteurs de la tyrannie, ils bénéficiaient du droit implicite de monnayer leur activité. On a leur a toujours accordé ce privilège de pouvoir abuser, soit pour le compte d’inavouables raisons d’État soit, à des dimensions plus modestes, pour leur propre compte. Ainsi, ils ont pu impunément trafiquer des PV quand cela était nécessaire pour l’incarcération de Mohamed Benchicou ou se livrer à des petites combines avec des passeurs de drogue ou de métaux précieux.
Mais revenons à Z. Messaoud.
C’est  pour avoir “couvert” un couple d’amis de Bouteflika et emprisonné un innocent à leur place, que l’officier de police Z. Messaoud fut promu à ce prestigieux poste de chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger.
C’était un vendredi soir de l’année 2002. Jusqu’alors, Z. Messaoud était commissaire d’Hussein-Dey, un proche banlieue d’Alger. Il était chargé de l’enquête sur le vol  de la Baigneuse. Ce nom lyrique est celui d’une statue à l’origine assez controversée mais qui avait le privilège d’orner le jardin botanique d’El-Hamma, à Alger, jusqu’au soir où elle fut volée ! S’agissant tout de même d’une œuvre d’art, la police s’empara de l’affaire et l’enquête fut donc confiée au commissariat de l’arrondissement d’Hussein-Dey, dirigé par Z. Messaoud. Les recherches ne donnèrent rien jusqu’au jour où un jardinier, travaillant dans la villa d’un couple fort connu dans les milieux d’affaires à Alger, découvrit la statue dans leur jardin. Il avisa la police et le commissaire Z., très prompt, s’apprêtait à arrêter les deux célébrités de la finance  pour vol et recel quand un contre-ordre vint tempérer sa ferveur : le couple était une relation du président Bouteflika. Que faire ? Ce qu’il convient d’entreprendre dans pareil cas, c’est-à-dire innocenter les vrais receleurs et trouver un vrai-faux coupable à leur place. Le couple fut innocenté et, à sa place, le médecin vétérinaire du jardin botanique fut accusé du larcin et jeté en prison.
Le soir même, les Algériens virent à la télévision le commissaire Z. Messaoud félicité par le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni et par le directeur général de la police, « pour sa compétence dans l’affaire de la Baigneuse. » En échange de son silence, Zayane fut promu à la tête de la police judiciaire d’Alger. Le médecin vétérinaire passa six mois en prison avant d’être acquitté par le juge.
En qualité de chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, Z. Messaoud fut instruit par Zerhouni de “monter” le dossier des “bons de caisse” afin de jeter Mohamed Benchicou en prison.
Voici les faits racontés par Benchicou dans ” Les geôles d’Alger”
“A 8 heures 30 je me présente, accompagné d’une centaine d’amis et de confrères, devant le siège de la police judiciaire d’Alger où je fus accueilli par une figure qui ne m’était pas étrangère : le commissaire Messaoud Zayane en personne, l’homme qui fut au centre du fameux scandale de la Baigneuse révélé par le Matin (voir chapitre Ami Moh). A sa façon chafouine et bizarrement doucereuse de me recevoir, je compris que le personnage, qui n’avait rien oublié de nos articles, avait décidé de reléguer ses ressentiments derrière un objectif plus urgent : m’amadouer, le temps de m’arracher la signature du précieux procès-verbal. Il me servit, avec une vraie-fausse courtoisie, du café dans de belles tasses en porcelaine, me proposa une cigarette puis, l’air de rien, lança une innocente invitation :
–  On commence, Monsieur Benchicou ?
Un secrétaire avait engagé une grosse liasse de feuilles de papier blanc et de carbone dans une antique machine à écrire de marque Japy qui devait dater de la dernière guerre et n’attendait que le signal de ses supérieurs pour faire crépiter la vieille relique. J’optai pour les refroidir sans attendre :
–  Je ne répondrai à aucune question et ne signerai aucun procès-verbal, monsieur le commissaire.

Douche froide.

S’ensuivit alors une longue séance de supplications ridicules, de flagorneries pathétiques et d’étalage remarquable de roueries bien algéroises, prodigués par des flics prêts à tout pour obtenir leur document paraphé. Le temps pressait pour eux et il leur fallait « habiller » très vite le dossier d’inculpation. Le commissaire s’interrompit plusieurs fois pour informer ses supérieurs des obstacles inattendus au « bon » déroulement de l’interrogatoire. Il paraissait sérieusement ennuyé par mon refus de collaborer.

Devant le blocage de la situation, le duo Bouteflika-Zerhouni fit savoir, à sa manière, qu’il irait jusqu’au bout de son plan. A 12 heures, un communiqué officiel signé par le procureur de la république, répercuté par l’agence officielle de presse et lu par toutes les radios, préparait  l’opinion publique aux évènements à venir : « Le procureur de la République territorialement compétent, saisi le 24 août 2003, a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire et a demandé aux services de police la poursuite des investigations. » Cela signifiait que le régime de Bouteflika était déterminé à m’emprisonner le soir même. J’apprendrai quelques jours plus tard, de la bouche du ministre délégué aux Affaires pénitentiaires, Abdelkader Sallat, que la Présidence de la République avait réservé une cellule à mon intention, à la prison d’El-Harrach. Cette charmante attention allait déclencher, durant tout l’après-midi, une sévère empoignade au sein des hautes sphères dont je ne connaîtrais les détails que plusieurs semaines après. (…)  A 15 heures, le commissaire et son adjoint m’invitèrent enfin à quitter les lieux, par une porte dérobée, pour une destination inconnue. Au milieu du trajet, on m’informa qu’on partait pour une perquisition à mon domicile et à celui de ma mère. La chasse au trésor, c’est-à-dire aux originaux des bons de caisse, vitale pour la crédibilité du pouvoir, était lancée. Dans mon appartement, une dizaine de policiers s’affairèrent, pendant deux heures, à trouver une aiguille dans le tas de foin de mon désordre avant d’abdiquer : recherche infructueuse.  Chez ma mère, l’inspection buta sur l’exiguïté de l’appartement et le mépris souverain avec laquelle ma génitrice accueillit les agents de Zerhouni. « N’aie pas peur d’eux, mon fils. Ils ne t’atteindront pas », me lançait-elle à intervalles réguliers, avec ce même accent maternel serein et tranquille qui me rassurait lors des grandes angoisses de mon enfance. Son courage avait quelque chose d’impressionnant pour moi et de désarmant pour les flics. Ce moment intense m’inspirera, quelques mois plus tard, l’idée de lui dédier mon livre : « A ma mère dont le domicile a été violé par la police de Zerhouni. »

Mais ce lundi 28 mars, Z. Messaoud, chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, a été condamné ce lundi, à 12 années de prison ferme par le juge du tribunal correctionnel d’Azazga (40 km à l’est de Tizi Ouzou). Il était impliqué dans l’affaire de dilapidation des fonds  de la BNA de Tipasa. Notre commissaire avait notamment fabriqué des faux documents pour permettre au principal accusé, l’homme d’affaires Achour Abderahmane, d’échapper à la justice.

Z. Messaoud avait pour complice, dans cette manigance, un certain commissaire Mohamed Sbih, fils de l’actuel ambassadeur d’Algérie en France. Sbih a été sauvé de la prison par Bouteflika. Pas Z. Messaoud. Mohamed Sbih est un flic ripoux que tout destinait à la prison mais qui, grâce à la formule de Balzac et à son père ambassadeur à Paris, s’est retrouvé en Espagne, libre et, probablement, très riche. Inculpé dans une grosse affaire de détournement de deniers publics, Sbih fut placé sous contrôle judiciaire, son passeport confisqué, dans l’attente d’un procès qui promettait de lui être fatal : il était accusé rien moins que d’avoir établi un faux rapport de police disculpant un banquier prévaricateur qui avait dérobé la somme astronomique de 3 200 milliards de centimes !.

Qui a rendu son passeport au fils de l’ambassadeur ripoux alors que l’affaire était toujours en instruction ? M. Tounsi et ses amis, bien sûr. Mais cette association de malfaiteurs est bénie par l’État à son niveau supérieur, elle échappe à la loi…
Tel est le sortilège d’une justice qui confisque des passeports pour un délit fictif de bons de caisse mais qui sait les restituer dès lors que le détournement dépasse la somme astronomique de 3000 milliards de centimes…
Car enfin, tout cela n’était-ce pas magnifique ?
C’était un récit vrai : Commissaire Z.M., ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans “la cabale des bons de caisse”, ou le vrai visage du régime algérien.

par_ahf

28 mars, 2011

 dans politique ait-ahmed4-300x214Il y a des moments de l’Histoire que l’on regrette d’avoir eu à vivre, les dérives sanglantes des années 90 et 2000 font partie de ces moments douloureux. Mais il y a des moments qui peuvent être formidables à vivre. Aujourd’hui, qui a commencé avec le Printemps de Tunis, fait partie de ces moments où les femmes et les hommes d’un pays sont appelés à donner le meilleur d’eux-mêmes ». C‘est ainsi que le président du Front des forces socialistes (FFS) entame sa lettre adressée au Conseil national du parti, ce vendredi 18 mars.

Dans son message à ses militants et aux Algériens, le leader charismatique du FFS évoque les révoltes démocratiques qui secouent le monde arabe. Pour lui, l’Algérie « ne fait pas exception ». Mais Hocine Aït Ahmed, qui compte prochainement rendre public un texte pour expliquer sa démarche, estime que « faire partie du mouvement de l’Histoire ne signifie pas copier mécaniquement ce qui se passe chez les voisins et notre histoire récente a montré les limites sanglantes des aventures que l’on engage la fleur au fusil et que l’on termine sur un champ de ruines ». Comprendre : le FFS ne partage pas l’option d’une révolte sanglante pour faire changer le régime.

Pour le président du FFS, si les Algériens ne sont pas soulevés d’une manière violente comme leurs voisins, ce n’est nullement à cause de la peur. « (…) je ne soulignerais jamais assez, que le génie populaire algérien, inspiré, non par la peur comme veulent le faire croire certains, mais par la sagesse l’éternel esprit de résistance, saura inventer les voies et moyens d’un changement pacifique. Ce fameux fighting spirit a illuminé le mouvement national et nous tient toujours debout ».

Hocine Aït Ahmed explique la démarche de son parti en faveur d’un changement pacifique en Algérie : « là où certains voudraient que l’on participe à leur œuvre de destruction de ce bien, l’Algérie, dont l’Histoire et les générations futures témoigneront combien nous avons œuvré à la préservation ». Le président du FFS compte faire fructifier « le respect » dont jouit son parti auprès des Algériens et de « nos partenaires étrangers » pour « en nous investissant dans la construction des institutions capables, à partir du parti, d’aller à la rencontre des algériennes et des algériens qui partagent nos valeurs de démocratie, de liberté et d’engagement citoyen. »

LE TEXTE INTEGRAL DU MESSAGE D’AÏT AHMED

Chers amis, chers camarades,

Il y a des moments de l’Histoire que l’on regrette d’avoir eu à vivre, les dérives sanglantes des années 90 et 2000 font partie de ces moments douloureux.

Mais il y a des moments qui peuvent être formidables à vivre. Aujourd’hui, qui a commencé avec le Printemps de Tunis, fait partie de ces moments où les femmes et les hommes d’un pays sont appelés à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Notre pays ne fait pas exception. Et comme je le souligne dans un texte que je compte rendre public dans les prochains jours, faire partie du mouvement de l’Histoire ne signifie pas copier mécaniquement ce qui se passe chez les voisins.

On ne peut faire l’Histoire en négligeant son histoire.
Et notre histoire récente a montré les limites sanglantes des aventures que l’on engage la fleur au fusil et que l’on termine sur un champ de ruines.

Ce moment est un moment important.
Important pour la construction d’une alternative démocratique à l’échec autoritaire.

A cet effet, je ne soulignerais jamais assez, que le génie populaire algérien, inspiré, non par la peur comme veulent le faire croire certains, mais par la sagesse l’éternel esprit de résistance, saura inventer les voies et moyens d’un changement pacifique.
Ce fameux fighting spirit a illuminé le mouvement national et nous tient toujours debout.

Les vieux sages de chez nous ont toujours enseigné qu’il faut savoir résister à l’ennemi étranger autant qu’à l’adversaire local. Mais ils nous ont également mis en garde contre nous-mêmes : nos passions et nos emballements irraisonnés.

L’homme d’honneur est un homme qui ne s’engage pas à la légère et qui n’engage pas les siens à la légère.

C’est au prix de la maitrise de soi que l’on peut parvenir à la maitrise de son destin.
Et pour ceux qui ne l’ont pas compris, il faut lire ce qu’en disent Imusnawen que sont Mohammed Arkoun et Mouloud Mammeri dans leurs analyses de deux composantes essentielles de notre culture : l’amazighité et l’Islam.

Il semble qu’il faille rappeler à certains qu’il n’ya pas que des bandits d’honneur dans notre culture, mais il y a aussi des hommes de culture d’honneur, des hommes de religion d’honneur et des hommes politiques d’honneur.

Et il y a bien sur, aussi, les autres.

Ce moment est important et comme tel il nous force à nous dépasser.

Nous devons être capables de donner le meilleur de nous-mêmes, non dans des actes faussement héroïques et spectaculaires, mais dans la discipline que nous saurons nous imposer. Une discipline qui nous forcera à nous dépasser quotidiennement pour construire, construire, construire…

Là où certains voudraient que l’on participe à leur œuvre de destruction de ce bien, l’Algérie, dont l’Histoire et les générations futures témoigneront combien nous avons œuvré à la préservation.

Mais revenons à ce moment précis dont il est important de prendre la juste mesure.
Nous avons tous pu mesurer le respect que nos compatriotes autant que nos partenaires étrangers portent à notre parti.

Ce respect, nous avons le devoir de le faire fructifier en nous investissant dans la construction des institutions capables, à partir du parti, d’aller à la rencontre des Algériennes et des Algériens qui partagent nos valeurs de démocratie, de liberté et d’engagement citoyen.

J’ai à cet effet, et après discussion avec la direction du parti, chargé cette dernière de prendre un certain nombre de mesures allant dans le sens de la mise en place des outils qui ont pour double mission d’accélérer le processus d’ouverture sur la société et d’amorcer le processus d’évaluation.

Nous avons déterminé quatre chantiers à ouvrir en priorité :
Les jeunes, les travailleurs, les femmes ainsi qu’une feuille de route d’étape de restructuration du parti.

J’attends de tous les militants et d’abord des membres du conseil national de se concentrer sur l’essentiel. C’est ce qui doit nous réunir aujourd’hui.

Je souhaite plein succès à vos travaux.

par-ahf

25 mars, 2011

La mémoire et l’oubli…

 

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18 mars 2011

Au risque d’étonner certains d’entre vous, il me semble que ceux qui se sont exilés (bien malgré eux, hélas) ont plus de mémoires que ceux qui sont restés au pays.

 

Je n’ai pas quitté Alger et j’ai vécu la période sanglante du terrorisme comme un douloureux traumatisme, alors que je n’ai pas été directement touchée. Il y avait une certaine empathie, une incompréhension qui nous plongeaient tous dans le plus grand désespoir.

Ensuite vint la paix, une paix étrange, qui a blanchi les acteurs des boucheries, où les rôles se sont inversés. Les bourreaux sont devenus victimes ? Alors ? Tous ces morts ? Pour rien ? La mémoire dans tout ça?

 

Cette paix a fini par nous achever.

Ceux qui sont restés sont plus amers que ceux qui sont partis parce qu’ils ont vécu ensuite la descente aux enfers, la déchéance, le délabrement total de la société. La mémoire dans tout ça? Ceux qui sont partis l’ont gardée intacte, comme ils ont gardé intacte leur douleur, leur fougue et cette envie de changement salutaire qui nous fait défaut ici. Rien d’étonnant que la mayonnaise ne prend pas en Algérie. Le mal est très profond, tout est à reconstruire. Pour cela, nous avons cruellement besoin de ces exilés, pour l’esprit qu’ils ont gardé et que nous avons perdu. Pour leur enthousiasme que nous n’avons plus. Et vous savez quoi ? Il faut bien qu’il y ait un début, même tout petit, même très modeste.

Ces exilés, je leur dis MERCI de me rappeler ce que j’avais moi-même oublié…

par _iris samy

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