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L’avocate du père de Mohamed Merah accuse TF1 de «trucage»

14 juillet, 2012

L’avocate du père de Mohamed Merah accuse TF1 de «trucage»

L'avocate du père de Mohamed Merah accuse TF1 de «trucage»

 Elle qualifie «de faux» les enregistrements audio-diffusés par la chaîne L’avocate du père de Mohamed Merah accuse TF1 de «trucage»Quelques jours après la diffusion, par la chaîne française TF1, d’enregistrements audio présentés comme une conversation entre Mohamed Merah, assassin présumé de Montauban et Toulouse, et des policiers français, dans ce qui est qualifié de «fuite», l’avocate du père de celui appelé le «tueur au scooter», Me Zahia Mokhtari, a animé une conférence de presse dans laquelle elle dénonce ce qu’elle qualifie de «manipulation», accusant la chaîne française d’avoir diffusé «une vidéo truquée, destinée à tromper l’opinion publique».«TF1 a diffusé cette vidéo truquée au moment où je quittais la France pour rentrer en Algérie. La manipulation est destinée à m’obliger à rendre public le contenu des deux enregistrements dont je dispose et qui prouvent que Mohamed Merah a été volontairement assassiné», a indiqué Me Zahia Mokhtari.
«Si je publie les vidéos que je possède sur Merah, les relations entre Alger et Paris pourraient peut-être s’aggraver», lance l’avocate.L’animatrice de la conférence de presse est catégorique : «Il s’agit de vidéos truquées diffusées par TF1, dont nous avons identifié beaucoup d’images fausses qui montrent, soi-disant, Mohamed Merah en train de sauter un mur. Ces images ne sont pas celles de Merah ; d’ailleurs, l’homme montré sur ces images ne lui ressemble pas. Il a des yeux bleus, alors que Mohamed, lui, à des yeux noirs et un gabarit plus corpulent», selon Me Mokhtari.Pour l’avocate, «il faut une lecture précise» de la diffusion des vidéos de TF1. «La chaîne française TF1 a soigneusement choisi le moment pour diffuser ces vidéos truquées. D’abord, ils ont choisi mon départ de Paris vers Alger pour passer à l’action, cela pour me pousser à rendre publiques les deux vidéos authentiques qui relatent ce qui s’est exactement passé lors de l’assaut donné contre l’appartement de Mohamed Merah.C’est une tactique à laquelle ont recouru certains cercles en France qui veulent que j’utilise mes deux vidéos auprès du parquet de Paris afin que les preuves en ma possession soient connues, et que de cette façon, ils pourraient préparer la riposte judiciaire pour tenter de les décréditer», selon Me Zahia Mokhtari.

«Si jamais je diffuse les deux vidéos…»
L’avocate qualifie les deux vidéos qu’elle dit détenir d’explosives. Me Zahia Mokhtari ajoute que «si jamais je diffuse les deux vidéos, eh bien, croyez-moi, la réaction des Algériens en France et en Algérie sera explosive.

Croyez-moi tous, les deux vidéos qui sont actuellement entre mes mains sont difficiles à voir. Vous y trouverez toute la vérité sur la manière dont Merah a été lâchement tué par les équipes d’intervention du Raid. Ils l’ont criblé de 87 balles. Mais avant que ces équipes d’intervention tuent Mohamed Merah, le jeune d’origine algérienne a utilisé son téléphone portable et semblait paniqué. Il pleurait comme un enfant, il disait qu’il était innocent, il tremblait comme un petit oiseau, lui qui n’avait que 19 ans».
 
«Mohamed Merah n’était pas seul»
Toujours au cours de la conférence de presse, l’avocate dit apporter une «révélation» par rapport à tout ce qui a été dit sur cette affaire.  «Je vais vous révéler une chose que tout le monde ignore jusqu’à présent. Au moment où les équipes d’intervention spéciale du Raid encerclaient Merah qui était retranché dans sa maison, sa fiancée se trouvait avec lui.

Toutefois, elle a   réussi à prendre la fuite, sûrement par le balcon qui donne accès à la cour de la maison. Mais avant qu’elle ne prenne la fuite,  Merah lui avait donné des preuves de son innocence, des preuves qui impliquent directement un certain Benrehou, d’origine marocaine. Ce dernier est derrière l’enrôlement de Mohamed Merah à la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). C’est lui qui avait lié Mohamed Merah à la DCRI», dira Me Zahia Mokhtari.

L’avocate qui semblait sûre d’elle ajoute :  «J’ai assez de preuves et de témoignages sur la mort de Mohamed Merah et sur sa personnalité. Je vais les utiliser lors du procès qui s’ouvrira au parquet de Paris.
Toutefois, il est hors de question que j’utilise les deux vidéos ; ces pièces à conviction, je vais les laisser comme un ultime recours, contrairement à la volonté de cercles français qui veulent que j’utilise les deux enregistrements maintenant pour que je perde à coup sûr et que la vérité ne soit ainsi jamais connue de l’opinion publique».  

«87 balles dans le corps de Mohamed Merah»
«Merah a été tué d’une manière haineuse. 87 balles ont été tirées sur lui, ce qui montre, une fois de plus, l’acharnement des équipes d’intervention. Mais certains cercles, je continue à le préciser, certains cercles en France voulaient abattre Merah pour en finir avec lui et en finir, surtout, avec les secrets qu’il détenait», estime-t-elle, avant d’ajouter :

«Je compte beaucoup sur l’autopsie qui sera faite sur le corps de Merah, car elle va dévoiler  beaucoup de nouveautés. En plus, il ne faut pas l’oublier, Merah est d’origine algérienne. D’ailleurs, Yves Bonnet avait informé que Mohamed avait un passeport algérien et une carte d’identité algérienne et cette histoire qui disait que les autorités algériennes avaient refusé de recevoir la dépouille de Merah pour être enterré en Algérie, c’est un mensonge. Il n’a jamais été question d’un refus de la part de l’Algérie, comme disaient beaucoup de parties», selon l’avocate.

Pour rappel, TF1 a diffusé, il y a quelques jours, des enregistrements audio ont été présentés comme étant entre Mohamed Merah et des policiers. Le document diffusé a entraîné de vives critiques, notamment celles des proches des victimes de l’assassin présumé.

Par Mounir Abi

Emigration : bourrage des urnes et fraude massive à Marseille

11 mai, 2012

 

Vendredi, 11 Mai 2012

Le Matin DZ - Les idées et le débat 

Emigration : bourrage des urnes et fraude massive à Marseille dans politique

La Algériens résidant en France étaient ppelés aux urnes du mardi au jeudi 8 mai pour élire leurs représentants au parlement. A Marseille, le scrutin à débuté dans le désordre et la confusion au point d’empêcher durant plusieurs heures la surveillance des opérations de vote. Plusieurs partis ont immédiatement dénoncé des irrégularités, voire des actes de bourrage des urnes.

 
A Marseille, les vieux émigrés des foyers ont joué le jeu des partis de l’alliance au pouvoir.
Bousculades, occupation de bureaux de vote, manipulation des bulletins, candidats en campagne improvisée sur les lieux, distribution de consignes à haute voix… le scrutin des législatives algériennes a démarré mardi 8 mai à Marseille dans le désordre et la confusion, un contexte propice à la fraude, dont ne se seraient pas privées les personnes représentants les partis au pouvoir, RND et FLN.

Les autres partis, pour l’essentiel de nouvelles formations de tendance démocratique, ont protesté par écrit auprès de la commission de surveillance constituée de magistrats et présente sur les lieux. Pressées de mettre un peu d’ordre, les autorités consulaires ont fini par ouvrir deux nouveaux bureaux de vote pour décongestionner.

Transport par bus, consignes de vote et petit billet…

Cela dit, le scrutin n’a pas failli à la « tradition », les pratiques de manipulation en amont de l’électorat à travers les réseaux associatifs aux mains des autorités consulaires ont fonctionné à fond durant la brève campagne. Les « chibanis », habitants des foyers Sonacotra et autres, ont été acheminés par cars en provenance des grandes villes du département des Bouches-du-Rhône, avec des consignes de vote pour le RND et/ou le FLN. Les mauvaises langues parlent d’un billet de dix euros glissés dans une enveloppe comportant le numéro du bulletin à mettre dans l’urne. Les frais de transport sont pris en charge par le consulat, à raison de 500 euros par jour et par bus.

L’électorat qui échappe à ces pratiques, habitants des quartiers notamment, ou du centre ville marseillais, vote en fonction des ses attaches claniques ou régionales. On offre sa voix au candidat connu, celui qui est proche de sa ville de naissance, de son douar, de sa tribu… La politique n’a pas grand-chose à voir dans ces choix, ce qui désespèrent les nouveaux partis, lesquels ont fait l’effort de proposer des programmes, quasiment identiques, mais qui ont le mérite d’exister et de tenter, mais en vain, de provoquer une mobilisation sur des bases politiques.

Les observateurs habitués au déroulement frauduleux du scrutin estimaient que pour cette fois la transparence sera préservée car le pouvoir est en quête d’un minimum de crédibilité après les évènements qui ont secoué le reste du monde arabe. L’observation a vite été démentie par la réalité du terrain et les pratiques du pouvoir.

Au-delà des chiffres, une chose est sûre, la participation a été très faible, mais les pratiques qui ont eu cours en amont assureront sans doute un siège ou deux aux partis au pouvoir, sur les quatre attribués à la représentation de la communauté. Les deux autres pourraient se répartir entre une formation islamiste – L’Alliance Verte qui a mené une campagne discrète mais efficace auprès des familles dans le besoin, est donnée favorite- et le Front des Forces Socialiste (FFS) dont l’électorat, en grande majorité originaire de Kabylie, s’est sans doute partiellement mobilisé dans la région parisienne.

Iris Samy

 

Abdelhafid Yaha : le témoignage d’un acteur de premier plan

19 avril, 2012

 

Yaha Abdelhafidh.

Yaha Abdelhafidh est l’invité de l’ACB vendredi à 19h. Nous l’avons rencontré à Roubaix (nord de la France) où il est allé présenter le premier tome de ses mémoires paru chez Riveneuve éditions. Présentation. - en compagnie Hamid Arab               Yaha parle de la guerre, de ces héros anonymes. Il évoque les revers subis par l’ennemi, la solitude des djebels, la mort qui rôde. Il convoque sa mémoire pour dire tout le mal qu’il pense de ces atrocités, des luttes intestines qui ont dénaturé la Révolution. Et de s’interroger en silence : «L’Algérie qui a fait tant de sacrifices peut-elle se résigner aujourd’hui à être une pourvoyeuse de harraga désespérés ?» Chez cet homme au franc-parler incisif, dont on devine le peu de goût pour les fanfaronnades et les mondanités, aller droit au but est la meilleure façon d’arriver.Passionné, ce diseur de vérités ne craint personne encore moins ses contempteurs qui ont vainement tenté de le discréditer.Un homme libre.Face à cet homme résolu, on se croit nécessairement obligé de lui demander de parler de ses passions contrariées, de ses convictions ancrées jusqu’à l’entêtement, des trahisons, de ceux qui ont cheminé avec lui, de son combat inabouti qui reste le centre et le sens de sa vie. D’entrée, il plante le décor. «Pour nous les Yaha, rejoindre la lutte armée, c’est comme épouser une religion, onze hommes et femmes de la même famille embarqués dans l’une de plus belles guerres de décolonisation du siècle dernier.»
Abdelhafid est né dans un petit village du Djurdura, Takhlijt Ath Aïsou, le 26 janvier 1933, dans la tribu des Ath Ililten. C’est ici que Fadhma N’soumer,  l’héroïne de la résistance contre l’occupant français, a livré son ultime bataille.
Happé par la politique grâce au scoutisme, ses premières années ont déterminé sa vie militante, de maquisard et d’homme politique. C’est le PPA qui eut ses préférences, car «c’était le plus radical des partis nationalistes, alors que les autres formations surfaient sur des formules d’association, voire d’assimilation avec la France, le PPA revendiquait rien moins que l’indépendance, la plupart des scouts avec lesquels j’ai fait mes premières armes ont rejoint les rangs de l’ALN. Beaucoup d’entre eux y ont perdu la vie.
A la mi-mars 1947, Messali Hadj est venu à Michelet. Cela a marqué l’adolescent que j’étais. Des jours durant, il a plongé les habitants de tous les villages de la Haute Kabylie dans une espèce d’effervescence. Messali jouissait d’une aura sans égale en Kabylie avant le déclenchement de la Révolution. Ce jour-là, j’étais parmi les jeunes scouts qui avaient constitué une haie d’honneur au leader et de son adjoint Hocine Lahouel. On l’adorait, car il avait un charisme que nul autre ne possédait. En passant au milieu de la haie, il m’a touché la tête, j’étais aux anges. J’ai perçu ce geste comme une bénédiction.
A la fin de la cérémonie, le Zaïm et Lahouel avaient été invités par Amirat Cheikh, mon père spirituel, celui-là même qui a lancé la Révolution à Michelet. Cheikh  a été arrêté, et depuis 1948, il n’a cessé de guerroyer. C’était un exemple à suivre, car il a toujours respecté ses convictions, contrairement à Messali  qui a tourné le dos à la réalité en allant à contrecourant de l’histoire. Pour moi, il a trahi la cause et je ne sais qui lui pardonnera les dizaines de morts arrachés à la vie par les éléments du MNA. C’est une tache noire qui ternira à jamais le mouvement national.»
Poussés par la malvie et la misère, des milliers d’hommes sans espoir durent émigrer, dont le père de Abdelhafid qui reviendra en 1949 pour marier son fils, âgé alors de 16 ans.
Marqué lui aussi par un sort contraire, Abdelhafid émigre à son tour à Charleville Mezieres en France où son père travaillait dans la fonderie Wiem. Autodidacte, Abdelhafid prenait des cours du soir après le travail «car je savais que l’accès au savoir me ferait progresser».
Le jour fatal
Notre homme milite au sein du MTLD, mais est vite déçu par le comportement du Zaïm qui s’était taillé un costume de leader dans lequel il se complaisait, pensant qu’il y était pour l’éternité.
Désespéré et dépité par ces luttes intestines sans fin, Abdelhafid décide de rentrer au pays, «pour prendre le pouls de ce mouvement révolutionnaire naissant attendant le jour fatal. Ce jour prévisible a fini par arriver le 1er Novembre 1954, les boussoles du colonialisme se sont affolées. Les certitudes centenaires d’un ordre injuste, brutal et raciste ont vacillé sur leurs fondements, et le peuple algérien a redressé son échine courbée par plus de 100 ans d’injustice et de mépris».
«Je suis monté au maquis à l’âge de 21 ans dans la région de Michelet sous la houlette du chef de secteur Merzouk Aït Ouamara, dit Si Abdallah. La population nous a soutenus. Les hommes et les femmes unis ont lutté ensemble, et je peux dire que l’émancipation de la femme a commencé dans les maquis. C’est grâce à elles qu’on a pu poursuivre le combat.» Dès le début, Yaha s’est engagé résolument pour la cause nationale : «Ma chance, c’est que je n’ai jamais été arrêté.» Parmi ses nombreux faits d’armes, l’attentat perpétré contre l’administrateur général de la commune mixte de Michelet qui avait fait grand bruit à l’époque.  Mais, admet-il, «nous avions plus à faire en 1962 que pendant les durs moments des maquis. J’étais aux côtés de Mohand Ould Hadj. Je tenais le commandement de Tizi Ouzou qui abritait le PC de la wilaya. On pensait à ces compagnons fauchés à la fleur de l’âge, à ces courageux anonymes qui ont bravé l’horreur, à ces familles brisées par la guerre, à ces existences désastreuses et à ces générations bouleversées.»
Ils étaient jeunes, mais ils ont eu des responsabilités politiques et militaires qu’ils ont assumées sans démériter. En 1962, la situation était presque intenable. «Les veuves venaient quémander pour survivre, des milliers de prisonniers sortaient de prison sans argent, sans domicile fixe. Il fallait s’occuper de tout ça, des civils et des militaires sans moyens. On n’a rien reçu du pouvoir central basé à Alger. On n’a pu survivre que grâce aux cotisations de la population livrée à elle-même. On était en plein été de la discorde, et la population exaspérée, lasse,  désabusée criait : ‘‘Sebaâ snin barakat !’’ (Sept ans  ça suffit !) face aux appétits du pouvoir qui gangrenaient la scène politique.
Avant l’arrivée de l’armée des frontières, j’ai occupé le siège de la Radio et de la Télévision avec Si Moh Chérif Chemam, un homme intègre et courageux, officier de l’ALN qui a été arrêté par la suite et fusillé avec deux autres gradés. Face à la nouvelle oppression, qui sévit depuis l’indépendance, j’ai pris mes responsabilités pour poursuivre la lutte. Il était dans le droit fil de la plateforme de la Soummam de nous opposer au pouvoir personnel et afin de continuer le combat inachevé pour la liberté et la démocratie, je me suis dressé avec d’autres anciens militants nationalistes contre le régime autoritaire de Ben Bella-Boumediène.»
Avec Mohand Oulhadj
«En juin 1963, à l’initiative du colonel Mohand Ould Hadj, Krim Belkacem et moi-même nous avons décidé de lancer un mouvement d’opposition. Deux mois plus tard, celui-ci prendra le nom de Front des forces socialistes (FFS).
Il y avait détournement de la Révolution. Comment peut-on accepter la dictature alors qu’on avait tenu tête à la quatrième puissance mondiale ?On a choisi l’opposition à ce fait accompli, car Krim Belkacem, Salah Boubnider et d’autres avec nous nous prônions la légalité et la légitimité. La population était avec nous, car elle en avait marre de la guerre, elle était à bout de souffle et voulait goûter aux joies de la libération.
La situation était critique, Krim, Oulhadj et moi-même et Allouache, porte-parole de la Wilaya IV, étions prêts pour lancer un parti. J’ai été envoyé pour voir Aït Ahmed à Alger afin de lui soumettre le projet. Il m’a dit qu’il fallait attendre les résultats des discussions entre Ben Bella et Fethi Dib, le chef des renseignements égyptiens, pour être fixés. Boudiaf, Boubnider et tant d’autres étaient emprisonnés. Un soir, on s’est donné rendez-vous avec Aït Ahmed, et on a discuté de ce projet jusqu’à l’aube. Il ne voulait pas marcher avec nous. On a été très déçus, mais on a poursuivi notre projet. Bien après,  on l’a associé de même que Belkaïd et Ali Amar qui venaient du PRS. Le FFS était né en septembre 1963, Ben Bella nous a appelés pour négocier. La conférence afro-asiatique à Alger était en préparation. Khider avait fait défection, et Boumediène préparait son coup. Ben Bella voulait nous utiliser pour écarter Boumediène qu’il avait, entre-temps, envoyé en mission au Caire.»
Un long exil
«Je devais, avec Omar Oussedik, négocier avec le président, mais Zbiri avait tout raconté à Boumediène en le prévenant de ce qui se tramait.  Les accords étaient prêts le 16 juin, mais le 19,  Boumediène avait déjà réussi son coup. Il ne nous restait, Omar Oussedik et moi, qu’à prendre nos précautions. On est partis à Djebel Koukou où on a été recueillis par un ami, Aït Menguellet. Peu après, on a repris les négociations avec Cherif Belkacem, chef de Parti, qui a dit respecter les accords conclus avec Ben Bella en faisant même miroiter une aministie générale, mais ce n’était qu’un leurre, car on avait appris que nous étions menacés et que notre vie était en danger. C’est pour cela que je suis parti en France, où j’ai continué à militer contre la dictature jusqu’à l’ouverture dite démocratique en1989.
C’est à cette date que suis je rentré au pays. Je pensais au fond de moi-même que c’était une ouverture de ‘‘façade’’, mais je me suis résigné quand même à tenter l’expérience. J’ai remis le parti sur les rails, j’ai tenu des meetings jusqu’au moment où on m’a exigé l’agrément. Mais ne suis-je pas reconnu de facto dès lors que j’avais négocié avec le pouvoir ?
J’ai eu des démêlés avec Aït Ahmed qui voulait accaparer les rênes du parti. J’ai lutté. Pendant 4 ans, j’étais en justice avec le ministère de l’Intérieur, mais l’agrément finira par être octroyé à Aït Ahmed.» De guerre lasse, Yaha jettera l’éponge, mais il rebondira en créant le Front des forces démocratiques au début des années 1990. Le nouveau parti ne fera pas long feu et ne restera pas particulièrement dans les mémoires.
«Je me suis rendu compte que tous les partis sont sponsorisés par les services. Le FFS actuel ? Comme ils ont usurpé le FLN authentique, celui du combat et du serment, ils ont fait de même pour le FFS. Pour moi, tant que les mêmes pratiques persistent, le pays n’avancera pas.» Comment conçoit-il l’écriture de l’histoire de l’Algérie ?
«Je pense qu’il est temps d’en finir avec les guerres de mémoires. Notre devoir en tant qu’acteurs est de témoigner pour donner des matériaux aux historiens. De rappeler que l’indépendance a été arrachée au prix du sang de milliers d’Algériens que l’histoire a passé à la trappe. Même s’il ne faut rien céder sur la mémoire et les 132 ans de colonisation, il n’est pas question que le régime en place prenne en otages le présent et l’avenir de notre peuple. L’Algérie d’aujourd’hui est-elle celle dont nous rêvions dans les maquis ? Assurément non…»Dans les luttes éternelles pour la démocratie et pour que vive l’Algérie libre et indépendante, de nombreux héros se sont sacrifiés pour la patrie.Slimane Amirat fait partie de ces hommes dont le destin demeure exceptionnel
très vite remarqué pour son dynamisme et ses qualités d’homme de terrain, le sollicitera pour sensibiliser l’immigration algérienne établie en France. Dès mars 1955, Slimane sera l’homme choisi par le FLN pour mettre sur pied et diriger les groupes de choc de la région parisienne pour lutter contre les Messalistes du MNA. Il accomplira sa mission jusqu’en 1958 où il sera arrêté et emprisonné à france
Libéré, il rejoint la France muni de faux papiers et reprend la direction du groupe armé de la région parisienne. , un homme des troupes  Il connaîtra à son tour, la torture des geôles françaises. Au cessez-le-feu, il sera libéré et aura la vie sauve grâce à une manifestation organisée à Paris . Il fera face à l’OAS, et ce jusqu’au conflit des wilayas. Après la prise de pouvoir par le groupe de Oujda et Ben Bella,ont peut pas oublier les Grands Hommes comme  Slimane  Amirat.et ferroudj mohamed dit cheplof  responsable politique qui a tant donné à l’ALGÉRIE qu’il aimait profondément. Officier durant la guerre de libération national, militant responsable des groupes de choc .  et fervent défenseur de la démocratie pour laquelle lui et ses proches ont tout donner et ont souffert.et
Mais, quant il s’agit de l’intérêt suprême, il a choisi dans un contexte sa patrie sans pour autant diminuer de la dimension de sa noble cause la démocratie.Son grand rêve était la construction d’une Algérie démocratique, de progrès et de prospérité pleine de tolérance, de travail et de justice social.Je salue sa mémoire Honneur et Gloire à tous ceux qui se sont sacrifiés pour notre ALGÉRIE.une génération d’Algériens s’est brisé contre le mur des ambitions d’un clan qui a pris en otages la révolution et son devenir.» Yaha Abdelhafidh donne le ton très vite. L’ancien officier de la Wilaya III veut témoigner, dire ses vérités, les trahisons dont il a été victime. Dans Ma guerre d’Algérie, Riveneuve éditions, il raconte les événements de l’intérieur, sur le terrain, dans les montagnes escarpées.
Il n’a toujours pas digéré la trahison des idéaux de la Soumman par les nouveaux maîtres d’Alger. Il voue un mépris cinglant pour le «clan d’Oujda», coupable, selon lui, de la situation actuelle de l’Algérie. «A l’aube de l’indépendance, des hommes, qui ont passé toute la période de la guerre tapis derrière les frontières, au Maroc et en Tunisie, en Libye et en Tunisie, ont commis un coup d’Etat contre la Révolution. (…) Ces militaires ambitieux et suffisants, qui n’ont, pour la plupart d’entre eux, jamais tenu une arme face à l’ennemi, n’ont malheureusement pas hésité après l’indépendance à dresser leurs canons tout neufs contre nous, leurs frères. Nous (…) avons été sommés donc de céder devant la force brutale de cette armée stationnée à l’extérieur, dirigée par le colonel Houari Boumediène.» Pour Yaha Abdelhafidh, la seule élection véritablement démocratique que l’Algérie aura connue est le référendum de 1962 approuvant les Accords d’Evian et la fin de la guerre avec la France. Depuis, rien ou presque, entre dictature et autoritarisme.
A 79 ans, il est sans haine, désabusé sûrement, blessé de voir l’Algérie, incarnation de ses rêves, dans l’impasse. Sa lecture est simple : la victoire de «l’extérieur» sur «l’intérieur» après la guerre d’Algérie est la cause de tous les maux. Dans ce premier tome, le fondateur du FFS en 1963, avec Aït Ahmed, ne cache pas les paradoxes et les crispations durant le conflit. Comme un amghar azemni, un sage, il se confie sans haine, il offre généreusement ses souvenirs aux nouvelles générations. «En dépit des risques et de la dureté de ma traversée, j’avoue que j’ai vécu. Deux maquis successifs et près de vingt-quatre ans d’exil. Un exil d’activités politiques, de lutte et non de luxe, comme beaucoup l’ont mené sans vergogne.» Yaha Abdelhafidh nous livre un document exceptionnel, le témoignage d’un faiseur d’histoire, d’un responsable politique et militaire. «Cette première salve mémorielle finie, l’hiver peut maintenant cingler à sa guise», dit-il. La nature l’a entendu, jamais il n’a autant neigé. Et les hommes ? Ils feraient bien d’imiter la nature, comme toujours.

Propos recueillis par. abdel .B

 

Ambiance islamophobe et répression policière des sans papiers à Lille

7 avril, 2012

La violence policière gratuite sur les sans papiers pacifiques devant le Tribunal administratif de Lille a été manifeste ce vendredi.

 Ambiance islamophobe et répression policière des sans papiers à Lille dans politique

 

Les manifestants ont été chargés par les services de sécurité. Les manifestants ont été chargés à coups de gaz lacrymogènes, de matraques, de pieds. Ces tabassages ont conduit 6 personnes à l’hôpital. Face aux trois charges policières les sans papiers se sont assis à terre et quand les coups devenaient insupportables, ils, elles (dont des femmes enceinte et des enfants) reculaient.

Pour préparer cette agression violente caractérisée de la police sur les manifestants plusieurs témoins disent avoir entendu le personnel du Tribunal administratif dire qu’on leur avait dit que « les sans papiers ont cassé la porte de l’UMP et allaient envahir le TA ». Ce qui est complètement faux.

En principe, la police fait trois sommations avant de charger. Or d’abord à l’intérieur de l’UMP, puis face aux chants et slogans des sans papiers devant le TA, la police n’a même pas pris le temps de respecter cette règle.

Il faut croire que les « bougnoules, les bamboulas, les fourmis » (maghrébins, noirs, asiatiques) dont les « civilisations ne valent pas » celle de M. Guéant n’en valent pas la peine, car tous les présents devant le local de l’UMP pour soutenir les occupants sans papiers à l’intérieur (syndicalistes CNT, CGT dont le secrétaire général de l’UD CGT, associatifs de la Ldh, du Mrap, du CA, politique de la JC, des Verts, du PCF, de la Coordination communiste, simples citoyens, etc) ont pu constater le respect de la sommation dans toutes ses règles.

La police à Lille  se permet d’empêcher l’accès au TA et au TGI aux familles et aux personnes devant fournir des pièces aux juges. Les témoignages font état aussi de propos scandaleux et dangereux tenus par des policiers face aux sans papiers : « Et Toulouse, c’est pas vous ?! », « ça me rappelle les attentats de 1995″, « ah! Ils arrivent, dommage, j’ai pas assez de cartouches », etc. Manifestement ces policiers que l’on lâche pour faire peur aux déterminés sans papiers qui refusent la clandestinité et défient la terreur du pouvoir sont conditionnés par l’ambiance raciste fait d’amalgames créée délibérément par la stratégie électoraliste du candidat-président. Les témoins ont relaté la scène de ce CRS qui lève sa matraque pour l’abattre sur la tête d’une dame et se rendant compte au dernier moment qu’il s’agit d’un dame non typée et d’un certain âge a cogné avec rage sur le vélo à côté.

Le CSP59 tout en réaffirmant que le réalisme, c’est traiter les humains sans papiers en humains en recevant sa délégation déclare : les ministres, les préfets ne doivent pas oublier qu’ils sont dans le pays du massacre du 17 octobre 1961 et que donc existent les ingrédients du racisme qui peuvent conduire au crime. Les sans papiers se rendent bien compte que le seul antidote qu’ils ont contre le poison raciste créé par le climat nauséabond islamophobe, anti-immigré, anti sans papiers et raciste est d’agir collectivement à visage découvert en exposant leur humanité par leur visibilité.

Le CSP59 appelle les témoins qui n’ont pas l’occasion de témoigner sur les propos et attitudes de la police le fassent en écrivant au courriel du CSP59 pour que l’on prenne à témoin l’opinion publique. En clair, le CSP59 demande la libération des 4 sur les 6 encore au CRA de Lesquin et attend toujours d’être reçu par le préfet du Nord.

Le NPA dénonce les brutalités policières

Dans une déclaration le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) « exprime son indignation à la suite de l’arrestation et de la mise en détention au Centre de Rétention Administrative de Lesquin, de six sans papiers du CSP 59 depuis vendredi 30 mars. Ceux-ci ont été matraqués, gazés puis arrêtés à la suite d’une occupation pacifique du siège lillois de l’UMP, où ils demandaient en vain d’être reçus par des responsables.
Le NPA dénonce les nombreuses brutalités intolérables dont ont été victimes les sans papiers et leurs soutiens pendant les rassemblements de solidarité aux arrêtés, le véritable état de siège organisé par la police pour empêcher le publicd’assister à l’audience du TGI. Il soutient l’initiative prise par les syndicats, associations et partis politiques appelant à une manifestation samedi 7 avril à Lille qui sera l’occasion de dénoncer la politique xénophobe et raciste du gouvernement UMP, exiger la régularisation de tous les sans papiers, la fermeture des centres de rétention et la libération immédiate des six de Lesquin. »

IRIS SAMY

 

 

Sans Papiers du CSP59 occupaient le siège de campagne de l’UMP

31 mars, 2012

Les 6 sans papiers arrêtes au local de l’UMP doivent être libérés!

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Ce vendredi 30 mars 2012, une soixantaine de Sans Papiers du CSP59 occupaient le siège de campagne de l’UMP rue Solférino à Lille pour demander au Préfet de recevoir une délégation, pour dénoncer la coquille vide de la CODRESSE et exiger le droit à la défense argumentée des dossiers des sans papiers.
Vers 16h les forces de l’ordre ont évacué le local, après avoir fait usage des bombes lacrymogènes sur les personnes en soutien à l’extérieur. 7 camarades Sans Papiers ont été embarqués par les forces de police et un camarade Sans Papiers a été hospitalisé vers les urgences de l’hôpital Salengro au CHR de Lille.
Après une AG Place de la République à Lille, les Sans Papiers déterminés ont acté de se rendre en manifestation devant le Commissariat Central de Lille (Lille SUD) pour exiger la libération immédiate de leurs 7 camarades.
Les sans papiers se sont rassemblés devant l’hôtel de police à Lille Sud de 18H à minuit scandant les slogans exigeant la libération de leurs camarades. Un a été libéré vers 19H30. Les six autres sont maintenus en garde à vue.  Des élues (M.C. Blandin, Sénatrice, et H. Flautre, députée européenne) ont saisi le Préfet de la situation afin d’obtenir leurs libérations. La raison invoquée des  arrestations serait une plainte déposée par l’UMP. Les sans papiers sont formels : aucune dégradation ne peut être constatée dans le local occupé. Il y a donc trois hypothèses possibles sur ces arrestations :
 - la plainte de l’UMP ou/et du propriétaire, auquel cas il s’agit d’une procédure judiciaire qui ne nécessite pas la détention, mais une convocation au tribunal des personnes visées après notification de la plainte ;
- les arrêtés font l’objet d’une garde à vue pour séjour illégal : dans ce cas l’arrestation qui s’est faite après un tri des personnes est marquée d’un vis de procédure ;
- la préfecture et le procureur amalgament procédure judiciaire et administrative pour les maintenir en garde à vue, ce qui est de fait une soumission du pouvoir judiciaire au pouvoir politique.
Dans tous les cas il s’agit là d’une sombre instrumentalisation électoraliste par la criminalisation des sans papiers au profit du candidat-président Sarkozy. Que devient donc la neutralité de l’administration en période électorale ?
Les sans papiers arrêtés sont majoritairement des Algériens. La préfecture du Nord, qui n’hésite pas à expulser sans aucun respect des procédures légales, peut être tentée encore une fois de punir les arrêtés en demandant des laisser passer au consulat d’Algérie pour éviter le juge des libertés. L’état algérien peut il être complice de ces pratiques illicites mais fréquentes ?
Le CSP59 appelle tous les syndicats des aéroports de Lesquin, Roissy et Orly, tous les syndicats des ports de Marseille et Sète, tous les organisations démocratiques a empêcher la punition du ces courageux sans papiers qui ont osé occuper le local de campagne de l’UMP pour dénoncer la honteuse criminalisation dont les sans papiers font l’objet dans cette campagne électorale.
La seule réponse de l’UMP Sarkozy sera-t-il d’éliminer ceux qui ont le courage de montrer par leur action qu’ils n’ont rien à voir avec Merah, l’assassin de Toulouse et Montauban, sur lequel Le Pen a osé déclarer : « les Merah arrivent par bateaux entiers, par avions entiers » ?
Le CSP59 appelle le mouvement démocratique et syndical en Algérie a exiger du gouvernement algérien un acte de dignité face une éventuelle tentative d’expulsion manu militari. Il en est de même pour tout autre état en ce qui concerne les arrêtés de Lille.
Le CSP59 appelle à la mobilisation générale pour une « guérilla pacifique » jusqu’à la libération de tous les arrêtés par l’occupation de tous les bâtiments de l’état à toute heure, à tout moment et la place face à l’hôtel de police de Lille Sud tous les jours à partir de 18h jusqu’à la libération des sans papiers arrêtés.
Le premier rendez vous est ce samedi 31 mars à 17h, au parrainage républicain qui se déroule à la Maison de quartier de Lille Vauban à 17h (métro Port de Lille).
NB : nous venons d’apprendre le transfert des six au centre de rétention de Lesquin à 1H30 du matin, ce fait apparaitre le préfet comme un militant de l’UMP !
RASSEMBLEMENT TOUS LES MERCREDI PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARTIR DE 18H : cerassemblement se déplacera de République à l’hôtel de police de Lille Sud.
Comité des Sans Papiers 59 – CSP59 : E-mail : csp59@wanadoo.frhttp://leblogducsp59.over-blog.com

 IRIS SAMY

 

 

France : un ministre du gouvernement Sarkozy emploie une sans papier

19 mars, 2012

France : un ministre du gouvernement Sarkozy emploie une sans papier dans Claude Guéant

Une dizaine d’heures de ménage par semaine, une rémunération en grande partie en liquide et une seule feuille de salaire en quelques mois.

 Pierre Lellouche Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, est soupçonné d’avoir employé une jeune femme mauricienne sans papiers sans la déclarer. C’est Libération qui porte l’accusation ce lundi. Le ministre s’est reconnu dans le documentaire Les sans-papiers de la République diffusé sur Canal + le 2 avril, et dont Libération s’était fait l’écho dans ses colonnes. Pierre Lellouche, qui n’était pas cité dans le documentaire, a choisi de riposter en se dévoilant, pour mieux essayé de se dédouaner. « Elle travaille chez moi depuis quelques mois, et je l’ai toujours déclarée. J’ignorais qu’elle était en situation irrégulière », soutient-il auprès du journal. Mensonge du secrétaire d’Etat cher à Sarkozy. La Mauricienne a été déclarée… le lendemain de la diffusion du documentaire de Canal+, comme en attestent cinq bulletins de salaire, d’octobre 2011 à février 2012, tous datés du 3 avril.

Un membre du cabinet de Pierre Lellouche s’attribue alors l’erreur: « Tout est de ma faute », indique-t-elle à Libération, « j’ai été négligente. J’ai envoyé les déclarations Urssaf en retard ». Cependant, d’après la CGT Paris, la jeune femme n’est pas employée depuis « quelques mois » comme le prétend le secrétaire d’Etat, mais depuis 2009 et « sous alias ». Cette « technique très répandue chez les sans-papiers » consiste à « déclarer une personne en règle, celle-ci reversant ensuite la somme en liquide à celle qui a effectivement travaillé », explique Libération.

Pierre Lelouche dément formellement ces allégations. « Toute cette histoire n’est qu’une manipulation grossière dont on voit bien la finalité à une semaine de l’élection présidentielle », proteste-t-il. « Comment pourrait-on imaginer qu’un homme public comme moi prendrait le risque de ne pas déclarer sa femme de ménage, tout ça pour 160 euros par mois ? »

La CGT n’entend pas en rester là, et envisage d’intenter une action devant les prud’hommes pour « non-versement des cotisations salariales lié au travail dissimulé ». Quant à la jeune femme, sa demande de régularisation est en cours d’examen. Et après dix ans de présence de présence sur le territoire, sa requête pourrait bien être validée.

Iris Samy

 

Indignation contre rancune groupée

13 mars, 2012

Ben Bella-Kafi-Bennabi contre Abane, les raisons occultes de la haine

 

12-03-2012
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Par Amirouche Yazid
En revisitant des écrits et des déclarations du penseur algérien Malek Bennabi (1905-1973), Bélaïd Abane, professeur de médecine, diplômé de sciences politiques et passionné  d’histoire,  propose à ses lecteurs un autre portrait que celui qu’on connaissait  du concepteur de la «colonisabilité». Paru aux éditions Koukou, le livre de  Bélaïd Abane taille un profil autre de Malek Bennabi, notamment ce qu’il pensait de la Révolution algérienne et de ses acteurs, particulièrement Abane Ramdane. Au passage, sont revues et davantage expliquées les positions et les attitudes du Ben Bella et Kafi à l’égard d’Abane Ramdane et bien d’autres faits marquants de la Révolution. Dans un livre au titre interdisant l’indifférence, Bélaïd Abane, qui n’est pas à son premier ouvrage sur les questions d’Histoire, «convoque» aussi deux autres figures de la guerre de Libération – Ali Kafi et Ahmed Ben Bella – qui seraient du bord opposé à celui des «Soummamiens» dont Abane Ramdane était  l’incarnation. Le titre, qui annonce en effet  la tonalité du contenu, renvoie à une opposition, une rivalité, une incompatibilité. Le tout enveloppé dans une indignation sans concession.«Ben Bella-Kafi-Bennabi contre Abane, les raisons occultes de la haine», peut se décliner aussi comme un tableau de détestation. L’auteur annonce ainsi, dans l’avant-propos, que «mort et réduit à néant, Abane est poursuivi jusqu’au bout de la mort, sa mémoire accablée d’injures et chargée de maints griefs inédits. La ficelle diabolique, toujours la même – Bennabi, Kafi et Ben Bella – dont la haine vouée à Abane n’a d’égale que leur frustration dont ils le tiennent pour le coupable idéal – est, qu’au-delà du ridicule et de l’invraisemblable de leurs allégations, il puisse en rester quelque chose pour toujours». Il note, en se référant à William Shakespeare et son Hamlet que cette technique est bien connue pour son efficacité, tant il est vrai qu’«il n’est point de vertu que la calomnie ne sache atteindre». Mais dans des mots de précision, Bélaïd Abane écrit que «l’objet de ce livre n’est pas de contester à quiconque le droit de critiquer Abane ou qui que ce soit d’autre, dans le domaine des idées, de l’action ou de la stratégie». Pour cela, ajoutera-t-il, en parlant d’Abane Ramdane : «Quelle que soit l’appréciation que l’on porte sur son itinéraire militant et son apport à la Révolution, on ne peut nier qu’il ait fortement marqué la lutte de Libération nationale durant ses premières années». Et une fois la précision établie, l’auteur monte au front pour annoncer la couleur de son ouvrage : «Nous sommes également là pour freiner les ardeurs malintentionnées de tous ceux qui confondent la critique doctrinale saine et nécessaire avec le commérage et la détraction gratuite, fielleuse et sans risque, ou profèrent des ragots dont la dialectique repose sur des raccourcis du genre «c’est ce que m’a dit untel auquel untel a dit». Et à ce propos, le livre de Bélaïd Abane cible directement Malek Bennabi, «ce lilliputien de la Révolution algérienne plein d’une suffisance médisante (qui) avait la rancune particulièrement tenace». Il a été ainsi fait état d’«allégations et de jugement à l’emporte- pièce» commis par l’intellectuel Malek Bennabi. Le premier impair signé par ce dernier, c’est quand il écrivait que «Georges Habbache dans le processus révolutionnaire palestinien et Abane Ramdane, dans le processus algérien sont… des erreurs introduites de l’extérieur : des erreurs induites». 
Antinomie de projets L’auteur riposte en situant Bennabi dans la cause nationale en relevant, avec sarcasme, que «telle était la recette tardive du conseilleur non payeur, confortablement installé à Chérisy, loin du bouillonnement nationaliste qui avait enfiévré nos élites politiques depuis 1930. Loin de la lame de fond révolutionnaire qui déferle sur le pays d’Algérie depuis le 1er novembre 1954». Bélaïd Abane déterre également cette conclusion de Bennabi, par ailleurs assimilée à une «insanité» et selon qui «Abane Ramdane s’est prêté au jeu de l’illusionniste pour décapiter la Révolution de la direction qui avait lancé son volant le 1er novembre 1954, pour usurper son 
pouvoir et tenter de l’utiliser contre la Révolution elle-même». La réaction de l’auteur face à cette «insanité» fut virulente et cinglante. Il s’est imposé d’abord des interrogations. Comment expliquer un tel égarement intellectuel ? Comment analyser pareil dégazage où la perfidie le dispute à la mauvaise foi, venant de quelqu’un qui n’avait même pas daigné se mouiller le bout du cinquième doigt ?  Doit-on incriminer son ignorance crasse des événements et des hommes qui ont pris en main le sort du peuple algérien depuis les années 1920 ? Doit-on imputer le déversement fielleux de Bennabi à sa haine et sa rancune concentrées sur la direction intérieure, tout particulièrement sur Abane, qu’il rendra probablement responsable de son sort anonyme ? Formel, l’auteur estime qu’«il y a certainement tout cela à la fois». Il rappela,  à ce propos, que «Abane Ramdane a valorisé, à travers le Congrès de la Soummam, la démarche politique aux dépens  de l’esprit militaire et non pas de l’action militaire». Mais l’ouvrage «Ben Bella-Kafi-Bennabi contre Abane» ne nous renseigne pas seulement sur  ce que pensait Bennabi de Abane Ramdane, si tant est que les rapports entre le duo Ben Bella-Kafi et l’enfant de Azouza sont de notoriété publique, avec procès à l’appui. Il révèle, selon l’auteur, le mépris qu’il vouait à Messali, Boudiaf, Debaghine et les autres qu’il qualifiait de «zaïmillons». Même attitude de mépris également exprimée à l’égard de Frantz Fanon, Mustapha Lacheraf, Mohand Cherif Sahli et autres Jean Amrouche que Bennabi étiquetait d’«intellectomanes». A propos de Ben Bella et Kafi, l’auteur signe que «les deux hommes incarnèrent l’Etat algérien dans des circonstances troublées». Riche en informations et en documents, le livre- son auteur ne souhaite pas l’assimiler à un pamphlet – mérite bien le détour. Il traduit  une  profonde et néanmoins patente  indignation  contre les pourfendeurs d’Abane. Un livre à lire.
A. Y.  

«En 93, il a payé l’US Chaouia pour battre la JSK !»

5 mars, 2012
Sport | «En 93, il a payé l’US Chaouia pour battre la JSK !»

JS Kabylie L’ex capitaine Miloud Iboud lance de graves accusations contre Hannachi 

Par IRIS SAMY
«En 93, il a payé l’US Chaouia pour battre la JSK !» dans politique

L’ex- capitaine de la JSK, Miloud Iboud, a donné hier une conférence de presse au niveau de la salle Iboudrarene sise à Anar Amellal. µ

Une rencontre que l’ancien libéro international des Canaris a mis à profit pour répondre aux attaques dont il a fait l’objet de la part du président de la JSK, Hannachi. D’emblée, Iboud a annoncé l’ordre du jour de sa conférence : «Si j’ai convoqué cette conférence, c’est pour répondre aux mensonges qui ont été colportés à mon encontre. Ce sont des attaques sur lesquelles je ne peux me taire. Le premier mensonge et celui de l’argent du transfert de Moussa Saib, le second c’est mon passage à la présidence et le troisième est que Hannachi n’a pas 48 ans à la JSK, comme il le prétend. Il m’a traité de chien et d’aboyeur, c’est indigne de la part du président d’un grand club comme la JSK, c’est une honte !», dira Iboud avant d’entrer dans les détails : «Voila maintenant près de quinze ans que l’on m’accuse d’avoir pris l’argent du transfert de Saib. Jusque là, je n’ai pas voulu donner trop d’importance à cette affaire, mais aujourd’hui, elle prend tellement d’ampleur que je ne peux me taire. Donc, j’ai apporté la preuve irréfutable que je n’ai pas reçu, et encore moins pris cet argent. J’ai une attestation qui le prouve et je la remettrai aujourd’hui à la presse pour qu’elle l’a rende publique et que les gens sachent la vérité»

«Il a une dent contre les joueurs du Jumbo Jet»

«Concernant mon passage à la présidence de la JSK, on essaye de faire croire que la JSK avait joué, à cette époque, la relégation. Aujourd’hui, je viens démentir ce mensonge et j’ai le classement de 92/ 93 en ma possession. la JSK a terminé à la 3e place. A cette période, il s’est passé beaucoup de choses que je n’ai jamais voulu dévoiler, mais aujourd’hui, j’en fais la révélation. Cette année là, on jouait le titre et Hannachi a tout fait pour priver la JSK du sacre. C’était lors d’un match décisif face à l’US Chaouia. Il est venu, ce jour là, avec deux de ses amis et il a payé l’équipe de l’US Chaouia pour nous battre. Il a préféré le MCO à la JSK. Il dit qu’il a 48 ans à la JSK, c’est archifaux et c’est une tromperie. Durant la période du Jumbo Jet, il n’a été ni joueur ni dirigeant du club, et je ne vois pas comment il a calculé 48ans. Hannachi ne fait pas partie de l’histoire du Jumbo Jet il a une dent contre les joeurs qui y ont évolué et c’est la raison qui explique son animosité et sa haine envers les joueurs qui composaient cette grande équipe. Il n’a jamais organisé un jubile pour les anciens joueurs. Tout ce qui a été fait dans ce sens, à savoir les jubilés de Belahcene, Bahbouh, Annane, Meghrici et autres, a été l’oeuvre d’associations. Pour ce qui est de la décoration de certains anciens, il n’a jamais pris cette initiative auparavant. Il a fallu qu’il apprenne que j’ai été honoré par le CRB pour se mettre à distribuer des médailles et des casquettes. Au moment où des dirigeants de clubs parlent de projet sportif, d’infrastructures et d’organigramme, lui parle de véhicules et de terrains. En 18 ans de règne, il n’a rien fait pour mettre le club à l’abri des besoins. Pendant 18 ans, les joueurs étaient hébergés à Amraoua et il n’a jamais pris la précaution de construire un hôtel, comme d’autres clubs l’ont fait, l’USM Blida, par exemple. Lui, il a préféré terminer sa résidence pour ramener les joueurs et les héberger. Ceux qui disent aujourd’hui que s’il part la JSK va couler, il n’ont pas vraiment tort au fond, car, en effet, s’il arrive quoi que ce soit, c’est le retour à la case départ pour la JSK.

«Où sont passés les 400 milliards qu’il a utilisés en dix huit ans ?»

«Il n’a rien investi et on se demande où sont passés les 400 milliards qu’il a utilisé en dix huit ans. Pendant toutes cas années, s’il avait mis de côté un milliard par an, il y aurait de quoi construire un hôtel et d’autres structures. Il a préféré attendre 2012 et faire appel à des Espagnols pour construire un hôtel. C’est navrant. Il parle de terrain depuis des années, un terrain qu’il n’a jamais fructifié. Tout comme le cercle du club qui est fermé. Il offre des primes de signature faramineuses chiffrées à coups de milliards et il ne peut dégager un million de Dinars pour acheter une machine à café, des tables et des chaises. C’est toutes ses erreurs à répétitions qui me poussent à dénoncer sa mauvaise gestion. C’est malheureux que depuis 22 ans, la JSK n’a pas remporté la Champion’s League, alors qu’avec des moyens rudimentaires, nous avions réussi, par le passé, à nous offrir deux trophées dont le dernier a été acquis hors de nos frontières. Ce que nous voulons, et c’est mon rêve à moi, est que la JSK redevienne ce qu’elle était auparavant. La JSK est grande et il lui faut de très grands hommes. Il faut en finir avec le bricolage. Il faut appeler à une reconstruction du club afin de lui donner une grande dimension sur le plan national et international. Pour cela, il lui faut de solides fondations qui lui permettront de retrouver son statut et d’aller de l’avant ».

«Qu’ont-ils fait quand Hannachi avait déclaré qu’il n’y avait pas d’hommes à Tizi-Ouzou ?»

 

«Pour ce qui est du comité de sauvegarde de la JSK, il a été créé pour s’attaquer aux anciens joueurs qui ne veulent que du bien pour leur club. Je me demande où étaient ces gens quand Hannachi avait déclaré qu’il n’y a pas d’hommes à Tizi-Ouzou. Comment, peuvent-ils se prétendre crédibles, alors que certains ont été cités pour occuper des postes au sein du club au lendemain de la réunion. Pour terminer, je voudrais soulever un autre point qui me tient à cœur, à savoir la composante de l’AG. Avec tout le respect que je dois à ceux qui y siégent actuellement, il faut revoir cette composante. Les anciens joueurs et dirigeants devaient être membres d’office de l’AG et il faudrait associer, ensuite, d’autres personnes. Il faut une AG crédible, capable de défendre les intérêts du club et de décider, en toute transparence, de voter ou non les bilans présentés. Il faut en terminer avec ses AG qui passe en 7 minutes. La JSK a besoin d’une composante forte qui fait passer l’intérêt du club avant toute autre considération. Pour ce qui me concerne, je continuerai à dénoncer la mauvaise gestion et je suis en droit de demander des comptes. J’ai joué et j’ai grandi au sien de ce club. Je n’ai jamais porté un maillot autre que celui de la JSK et personne ne m’empêchera de défendre ses intérêts. Concernant les supporters, il faut se respecter l’un l’autre. Ils sont une partie prenante du club et ils ont leur mot à dire, surtout que leur équipe va mal».

MAFAI D’ÉTAT ? A TIZIOUZOU

29 février, 2012

Où EST L’ÉTAT ? A TIZIOUZOU

corruption MAFAI  D’ÉTAT ? A TIZIOUZOU dans politique

nouvceauwali dans politiqueTrafic d’influence, Conflits d’intérêts, Dilapidation des deniers publics, Bradage du patrimoine de l’État, Passation illégale de marchés publics, Détournement des deniers de l’État, Corruption, Hogra, etc…
Où est l’État ? Plus d’une décennie durant, les TIZIOUZAN se posent toujours la question. Les institutions de l’État ont connu une véritable déliquescence depuis la nomination de M. Abdelkader Bouazghi 
(toujours en poste  à la tête de la wilaya de TIZIOUZOU. C’est sous son règne qu’a commencé le bradage du patrimoine de l’État et l’attribution de la gare routière  à une association sans se soucier des lois de la république et du préjudice causé au trésor public. On raconte que ce personnage « préfabriqué » fait la pluie et le beau temps narguant responsable et élus. Pour qui
Le maire M. Naguim Kolli, président d’APC de Tizi Ouzou  qui règne sur APC de tiziouzou
Trafic d’influence,ET  Conflits d’intérêts, Dilapidation des deniers publics
Ceux qui se sont servis de cette catégorie sociale de la population comme devanture pour piller l’économie du pays rendront des comptes. Le président de cette association bénéficiant de certaines complicités s’est accaparé avec une extrême facilité de beaucoup de marchés publics et en toute illégalité, devenant l’un des personnages les plus riches de la wilaya de TIZIOUZOU. sont sidérés par son étalage ostentatoire !!M.
Comment de pauvres commerçants sont régulièrement présentés devant la justice et punis pour défaut de registres de commerce alors que les autorités de la wilaya de TIZIOUZOU attribuent des marchés publics à coup de milliards et sans registre de commerce ! Où sont les services de contrôle ?
Pauvre Algérie ! Qui la défend cette Algérie ? Où sont nos serviteurs et défenseurs de l’État ? Où sont les élus du peuple ? Où sont nos députés, nos sénateurs, nos élus APW et APC ? Où sont les « tahia Bouteflika ? Personne n’a rien vu et rien entendu .Il existe une poignée de responsables et d’élus honnêtes mais que peuvent-ils faire ?
Leurs voix sont vite étouffées par toute une faune de corrompus et d’affairistes.
Oui ! « Tahia Bouteflika » pour voler le peuple et saigner l’économie du pays, c’est l’image que véhiculent ces imposteurs ; fort heureusement le peuple sait faire la différence entre la direction du pays et à sa tête le président de la république le frère Abdelaziz Bouteflika et ces voleurs. Il y a quelques semaines dans un message adressé à la société civile, le président Bouteflika n’est pas passé avec le dos de la cuillère en accusant les responsables locaux d’avoir saboté son programme. Par ce message reçu cinq sur cinq par le peuple, le président Bouteflika a tenu à se démarquer publiquement de cette faune d’opportunistes et de corrompus sans foi ni loi. Ces individus ont causé trop de tort à l’Algérie, ils ont tenté de ternir l’image de nos institutions se prévalant d’une impunité illusoire. Ils se trompent lourdement, l’Algérie est forte par ses lois et ses institutions. La wilaya de TIZIOUZOU n’échappe pas à la règle. Depuis un plus d’une décennie une véritable maffia s’est constituée régnant sans partage sur les richesses de la wilaya. Investi de la confiance de l’État et du peuple, ils ont trahi cette confiance. Les récentes révélations faites par  info du  Mouvement algerien pour la Liberté et la Justice Sociale
Nos lecteurs sont restés sidérés. La population reprend confiance, l’Algérie n’a jamais été n’en déplaise aux opportunistes et autres corrompus,  une république couscoussière, elle est toujours là forte de ses lois et de ses institutions. Notre journal a révélé au grand jour la magouille, le trafic d’influence, les conflits d’intérêts, la dilapidation des deniers publics, le bradage du patrimoine de l’État, passation illégale de marchés publics, détournement des deniers de l’État, hogra…
Où était et où est l’État ? Des milliards sont partis en fumée…
L’ère de l’impunité est révolue. Le président de la république vient de la réaffirmer avec force, la loi sera appliquée dans toute sa rigueur. A bon entendeur !…
IRIS SAMY

Les sans-papiers envahissent la Direction du Travail à Lille :

25 février, 2012
 
Évacuation musclée de la direction du travail occupée par les s ans-papiers 
PAR IRIS SAMY vendredi 24.02.2012, 
 
 Plusieurs sans-papiers ont été évacués manu militari par la police hier matin. PHOTO MAX ROSEREAU
Plusieurs sans-papiers ont été évacués manu militari par la police hier matin. 
L’occupation de la direction du travail, rue Gambetta à Lille, s’est conclue
de façon mouvementée, hier. Tout commence pourtant dans le calme. Peu après 10 h 15, 80 personnes envahissent pacifiquement les locaux, situés à deux pas de la préfecture, à l’appel du CSP 59 (comité des sans-papiers) et s’installent dans la cafétéria.
« C’est pour souhaiter la bienvenue à Sarkozy (dans la métropole hier) et lui rappeler que les sans-papiers sont toujours là , explique un membre du CSP. On réclame une régularisation pour tous afin de rentrer dans la légalité et d’accéder au droit du travail. On ne supporte plus le travail en cachette et de subir le poids des patrons. » Quelques sans-papiers, « travailleurs invisibles », sont restés devant l’immeuble, fermé. Karim, Algérien de 35 ans, à Lille depuis six mois, raconte sa vie de galère. « Je bosse au noir dans le bâtiment, payé en liquide. La rémunération varie, mais j’ai déjà travaillé sur des chantiers pour 25  E les 12 h de boulot par jour. C’est rien mais je ne veux pas voler, je n’ai pas le choix. » Sa vulnérabilité en fait la proie de tous les abus : « J’ai bossé huit jours en décembre, je n’ai toujours pas été payé. L’employeur me dit d’attendre. Je ne peux rien faire, il sait que je suis sans papiers… » Plus ou moins SDF, il dort où il peut : « Chez des amis, dans le métro… En janvier, j’ai passé la nuit sur un chantier avec deux couvertures, il faisait -7 °C. Mais je « préfère » la misère ici plutôt qu’en Algérie. » Pendant ce temps, à l’intérieur du bâtiment, les sans-papiers réclament une entrevue avec le préfet. « La police s’est présentée, on a décidé de rester jusqu’à ce que le préfet fa sse un geste, note Karim, porte-parole du comité. Il y avait des femmes, des enfants… »
Réactions indignées  
Vers 11 h 30, des renforts policiers arrivent pour évacuer tout le monde. Un à un, plusieurs sans-papiers, assis en se tenant les bras, sont expulsés sans ménagement. L’un d’eux porte des traces au visage : « J’ai été maltraité, j’ai reçu des coups, mes lunettes sont cassées… » Les pompiers le conduisent à l’hôpital pour des douleurs aux côtes. Une femme, après un malaise, est aussi hospitalisée. Finalement, les dizaines d’autres sans-papiers partent dans le calme et manifestent dehors. « On est déterminés, on n’a rien à perdre », souligne le porte-parole. Il fustige la « violence » de l’intervention policière.
Autre réaction indignée, celle de trois syndicats (CGT, SUD, SNUTEFE-FSU) de la direction du travail soutenant les revendications des sans-papiers : « Alertés par les cris, les agents sont sortis de leur bureau pour voir ce qui se passait et témoigner de leur solidarité. Ils ont été scandalisés par une telle brutalité. » La préfecture, elle, « rappelle qu’il s’agit d’une manifestation non déclarée » et « regrette que les manifestants n’aient pas accepté de mettre un terme à cette occupation de manière volontaire ».
L’après-midi, les sans-papiers sont allés à Tourcoing pour la venue de Nicolas Sarkozy, mais ont été bloqués par la police à la sortie du métro. Un rassemblement place de la République à Lille a signé la fin d’une journée agitée. • B. DU.
LIEN (cliquer ici)
 
Déclaration de protestation des syndicats CGT, SUD, FSU des agents de la Direction Départementale
BRUTALE EXPULSION DE TRAVAILLEURS SANS PAPIERS DANS LES LOCAUX DE L’UNITE TERRITORIALE NORD-LILLE (DIRECCTE NPDC)
Aujourd’hui 23 février 2012, quelques dizaines de femmes, d’hommes et d’enfants sans papiers sont entrés pacifiquement et courtoisement dans les locaux du ministère du Travail, rue Gambetta à Lille pour en occuper la cafétéria et demander une entrevue au préfet. La seule réponse, du préfet a été d’envoyer immédiatement les services de police qui se sont attachés à les expulser brutalement. Alertés par les cris, les agents du ministère sont sortis de leur bureau se rendre compte de ce qui se passait et témoigner de leur solidarité. Ils ont été scandalisés par une telle brutalité dans la réponse et dans les méthodes :
- une personne a été trainée dans les escaliers, certains policiers n’hésitant pas à lui écraser les mains pour le faire avancer,
- d’autres ont tenté d’arracher un enfant des bras de sa mère,
- cette violence a provoqué un malaise chez une femme enceinte nécessitant l’intervention urgente des pompiers.
Face à une telle violence, les travailleurs Sans Papiers sont finalement sortis des locaux aussi pacifiquement qu’ils y étaient entrés.
Les organisations syndicales CGT, SNUTEFE-FSU et SUD sont outrées par un tel déploiement des forces de Police dans les locaux mêmes de l’administration du Travail, chargée de la protection des travailleurs avec ou sans papiers.
Nous condamnons l’attitude du Préfet qui a préféré la violence au dialogue demandé par les Sans papiers.
Nous soutenons entièrement le combat et les revendications des travailleurs sans-papiers.
A Lille, le 23 février 2012
 
 
 
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