Archive pour la catégorie 'les archives du FLN'

6 juillet, 2011

 

 

Que sont devenues les archives du FLN/ALN ?

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La problématique des archives algériennes détenues en France était revenue il y a semaines par la bouche de Mohamed Harbi. L’historien savait de quoi il parlait, quand il évoque la pertinence de ces documents au cours d’un entretien au quotidien El Watan. Que cela soit ceux saisis par l’armée française au cours d’opérations militaires ou alors les rapports rédigés suite à des interrogatoires ou bien les enquêtes menées par l’armée ou les services psychologique de l’armée française pendant la guerre de libération.

Certaines des archives ont été exploitées, donc consultables depuis pas mal d’années, auprès du service historique de l’armée à Vincennes (Paris) ou alors dans les archives détenues à Aix-en-Provence (sud de la France). D’autres le seront l’année prochaine, après 50 ans d’indépendance. Mais il y en aura, certainement, que les historiens ne pourront pas de sitôt éplucher, lire et décortiquer. Eu égard à leur sensibilité et à ce qu’elles recèlent comme secrets.

Mais …

Mais ce qu’on a tendance à oublier dans cette affaire récurrente des archives et qui passionne beaucoup d’Algériens, ce sont plutôt toutes ces tonnes de documents qui sont restés au sein des structures de l’ALN. Ceux des six wilayas, du GPRA, des différents ministères, comme la Défense, les finances, la diplomatie, etc. Eh oui ! l’ALN écrivait beaucoup contrairement à ce qu’on pourrait penser. Elle était procédurière. Chaque qasma, secteur, région, zone et wilaya couchait sur du papier les moindres faits et gestes de la lutte. L’un des plus précieux de ces structures est sans doute le livret journalier qui retrace au quotidien la marche d’une unité donnée de moudjahidine. A les consulter, on retrouvera tout sur les hommes, les villages et l’organisation en général. De vraies mines d’informations.

L’armée de l’extérieur avait également ses archives. Que sont devenus tous ces documents ? Sont-ils accessibles pour les chercheurs ? Quelles sont les conditions de leur archivage ? Ces questions méritent d’être posées car ces documents constituent un trésor inestimable pour notre pays et les générations futures. Ils sont fondateurs de la lutte d’un peuple pour son indépendance.

A notre connaissance, rares ceux qui ont eu accès à ces archives. Seule Madame veuve Anissa Boumediene avait eu accès à ces archives pour dresser un portrait panégyrique de son époux, le colonel Boumediene, dans la presse nationale dans les années 1990.

De fil en aiguille, cela me replonge dans les années 2000 quand je faisais quelques recherches sur les premières années de l’indépendance. Je suis allé aux archives nationales avec l’espoir de consulter la presse internationale. Quelle fut ma surprise de découvrir que toutes les pages qui parlaient de l’Algérie de l’époque ont été déchirées. Depuis, je ne sais qu’en est-il ? Mais quand j’observe le véto que le ministère des moudjahidine met sur les films qui traitent de la guerre de libération, il y a lieu de s’inquiéter sérieusement sur ces mémoires de la lutte du peuple algérien.

Par ailleurs, j’ai appris de Yaha Abdelhafidh, officier de l’ALN dans la wilaya III et ancien responsable du FFS que la première chose que les unités de l’ANP avaient faite quand elles sont arrivées en Kabylie début octobre 1963, lors des affrontements avec le FFS, c’était de récupérer les archives de la wilaya kabyle et de les embarquer dans des camions pour le ministère de la Défense. Depuis, aucune nouvelle.

Ce sont en fait tous ces faits qui nous poussent à nous interroger sur les archives de l’ALN restées entre les mains des Algériens.

K. Y.