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21 avril, 2011

Les origines de la langue berbère

Les origines de la langue berbère
Que peut-on en dire…?

Une question qui se pose toujours : le berbère langue ou dialecte ? La langue berbère existe depuis fort longtemps, du moins aussi longtemps que le grec, le sumérien et le phénicien.

Le berbère est plus qu’une langue : c’est un patrimoine. Transmis de génération en génération, est ce depuis les premiers balbutiements des peuples primitifs et grégaires. La langue berbère est aujourd’hui parlée par les habitants des oasis égyptiennes et sahariennes, les Kabyles de l’Algérie, les montagnards du Maroc, et les insulaires des îles Canaries.
La question de l’origine de cette langue s’est posée tout au long de l’histoire. Elle a suscité, et suscite encore de grands débats. Elle est encore à l’origine d’innombrables théories. Langue, dialecte, ou patois, ce qui est sûre, c’est qu’elle fait partie des plus anciennes langues de l’humanité. « Evidemment, la langue berbère fait partie d’un ensemble des plus anciennes langues utilisées par l’humain. Cet ensemble de langues s’intitule le comito-symitrique » précise le chercheur et anthropologue au Centre national de recherche préhistorique et historique, Badi Dida.
Si tout le monde s’accorde à dire que le berbère est parlé depuis des millénaires, on n’est pas en mesure encore de déterminer avec exactitude quant il est né ? Si on veut revenir sur les traces de l’origine de cette langue, on viendra sûrement à parler du tifinard. Le “tifinard” est la plus vieille trace, la plus ancienne expression de la langue berbère. Le tifinard est le premier caractère utilisé par l’humanité pour s’exprimer. Des signes aux multiples sens, comme le triangle utilisé par les premiers hommes sur terre et qui signifie “moi”, employé aussi par nos aïeux berbères. Cet ancêtre des caractères aurait aussi servi de prototype dans la formation ultérieure des alphabets qui se sont succédé.

Le berbère serait-il donc la première langue utilisée par l’homme ?

Malgré ses origines lointaines, cette langue a survécu pendant des millénaires. une culture pourtant orale… Cela fait peut-être sa force, mais sa faiblesse aussi… dans un environnement qui ne lui a pas toujours été favorable. Comme tout autre langue, il a besoin d’être adopté par tous, pour évoluer, “chaque langue a besoin d’un environnement fiable, d’un peuple, d’un Etat… pour pouvoir persister et évoluer”, précise le linguiste et écrivain Brahim Tazaghart.
Au commencement, la langue berbère était définie dans un cadre appelé “comito-symitrique”, elle a ensuite évolué et est passée par plusieurs étapes jusqu’à ce que les hommes ce l’approprie, et qu’elle devienne tamazight.
Quand on parle de tamazight ou même de la culture berbère, il est évident de l’associer à l’anthropologue, chercheur, et écrivain Mouloud Mammeri, qui en a conçu la grammaire, “il est incontestable que si nous voulons parler de cette langue ou de la culture berbère, on parle pas du grand homme, Mouloud Mammeri, qui s’est battu pour l’évolution de cette langue jusqu’au dernier jour de sa vie”. Déclare le directeur de la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, baptisé du nom de l’illustre personnage, en estimant la contribution de Mammeri inéluctable dans l’émergence du berbère.
Le berbère à certainement besoin d’être materné, mais encore de s’écrire. C’est à cette seule condition qu’il subsistera. La langue soufre malheureusement de l’absence de trace manuscrite, ce qui existe est dérisoire. Le premier dictionnaire n’est apparu qu’à la fin des années 90. Abdennour Abdeslam, qui a puisé ses connaissances et la grammaire dans l’œuvre de Mouloud Mammeri. “Je voulais promouvoir cette langue de tout envahissement qui lui vient des autres langues tel que l’arabe. Je voulais garder l’originalité et la pureté des termes berbères”, révèle l’auteur du Dictionnaire abrégé et redressé de la langue berbère, Abdeslam Abdennour.
“Le temps n’est plus où une culture pouvait se tuer dans l’ombre, par la violence ouverte et quelquefois avec l’acquiescement aliéné des victimes”, disait Mouloud Mammeri.Chers amis de Tamazgha.

Nul ne peut nier vos efforts dans le domaine de la sensibilisation de ce qu’on qualifie de peuple Amazigh. Des années de labeur sans que cette conscience essaime comme le font les abeilles à chaque printemps. Je pense, modestement qu’il est venu le moment de revoir tous ces concepts. Commençons par admettre qu’il y a des peuples amazighs et non un peuple Amazigh. A partir de cette prise de conscience nous pourrions, effectivement construire un projet en commun.

Ce n’est un secret pour personne en disant que la quasi totalité des associations dites berbères ont été créées par des Kabyles. Ce constat à lui seul explique la raisons de la désaffection ou de la défection de nos frères Amazighs d’ailleurs.

Si les kabyles que nous représentons sommes incapables d’unir nos rangs, comment voulez-vous que les autres Amazighs non kabyles croient en la justesse de nos initiatives.

Je sais qu’il y aura des voix qui vont crier à la division. Mais quelle division que celle que vous décrivez, à savoir que les « berbères ne sont jamais capables de fêter ensemble le printemps berbère. »

Sans vouloir vous froisser, même cette appellation de printemps berbère est mensongère. Ce printemps a eu lieu en Kabylie et résulte de la lutte des kabyles contre le pouvoir algérien. Il ne peut pas être un repère pour tous sans que les autres amazighs se l’approprient eux-mêmes.

Ce sont toutes ces contradictions qu’ils tirer au clair.

Maintenant, supposons que ce printemps est berbère. Pour travailler dans le sens d’une célébration unitaire, c’est maintenant qu’il faut commencer les préparatifs d’un tel événement. Cela passe par la constitution d’un comité de préparation représentatif de la majorité de ceux qui se trouvent dans la mouvance Amazigh et sans exclusive.

Il faut se départir de la tentation de s’arroger la paternité de ce genre d’initiative. C’est ensemble que nous ferons les choses ou ne les ferons pas.
AHF