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Abdelhafid Yaha : le témoignage d’un acteur de premier plan

19 avril, 2012

 

Yaha Abdelhafidh.

Yaha Abdelhafidh est l’invité de l’ACB vendredi à 19h. Nous l’avons rencontré à Roubaix (nord de la France) où il est allé présenter le premier tome de ses mémoires paru chez Riveneuve éditions. Présentation. - en compagnie Hamid Arab               Yaha parle de la guerre, de ces héros anonymes. Il évoque les revers subis par l’ennemi, la solitude des djebels, la mort qui rôde. Il convoque sa mémoire pour dire tout le mal qu’il pense de ces atrocités, des luttes intestines qui ont dénaturé la Révolution. Et de s’interroger en silence : «L’Algérie qui a fait tant de sacrifices peut-elle se résigner aujourd’hui à être une pourvoyeuse de harraga désespérés ?» Chez cet homme au franc-parler incisif, dont on devine le peu de goût pour les fanfaronnades et les mondanités, aller droit au but est la meilleure façon d’arriver.Passionné, ce diseur de vérités ne craint personne encore moins ses contempteurs qui ont vainement tenté de le discréditer.Un homme libre.Face à cet homme résolu, on se croit nécessairement obligé de lui demander de parler de ses passions contrariées, de ses convictions ancrées jusqu’à l’entêtement, des trahisons, de ceux qui ont cheminé avec lui, de son combat inabouti qui reste le centre et le sens de sa vie. D’entrée, il plante le décor. «Pour nous les Yaha, rejoindre la lutte armée, c’est comme épouser une religion, onze hommes et femmes de la même famille embarqués dans l’une de plus belles guerres de décolonisation du siècle dernier.»
Abdelhafid est né dans un petit village du Djurdura, Takhlijt Ath Aïsou, le 26 janvier 1933, dans la tribu des Ath Ililten. C’est ici que Fadhma N’soumer,  l’héroïne de la résistance contre l’occupant français, a livré son ultime bataille.
Happé par la politique grâce au scoutisme, ses premières années ont déterminé sa vie militante, de maquisard et d’homme politique. C’est le PPA qui eut ses préférences, car «c’était le plus radical des partis nationalistes, alors que les autres formations surfaient sur des formules d’association, voire d’assimilation avec la France, le PPA revendiquait rien moins que l’indépendance, la plupart des scouts avec lesquels j’ai fait mes premières armes ont rejoint les rangs de l’ALN. Beaucoup d’entre eux y ont perdu la vie.
A la mi-mars 1947, Messali Hadj est venu à Michelet. Cela a marqué l’adolescent que j’étais. Des jours durant, il a plongé les habitants de tous les villages de la Haute Kabylie dans une espèce d’effervescence. Messali jouissait d’une aura sans égale en Kabylie avant le déclenchement de la Révolution. Ce jour-là, j’étais parmi les jeunes scouts qui avaient constitué une haie d’honneur au leader et de son adjoint Hocine Lahouel. On l’adorait, car il avait un charisme que nul autre ne possédait. En passant au milieu de la haie, il m’a touché la tête, j’étais aux anges. J’ai perçu ce geste comme une bénédiction.
A la fin de la cérémonie, le Zaïm et Lahouel avaient été invités par Amirat Cheikh, mon père spirituel, celui-là même qui a lancé la Révolution à Michelet. Cheikh  a été arrêté, et depuis 1948, il n’a cessé de guerroyer. C’était un exemple à suivre, car il a toujours respecté ses convictions, contrairement à Messali  qui a tourné le dos à la réalité en allant à contrecourant de l’histoire. Pour moi, il a trahi la cause et je ne sais qui lui pardonnera les dizaines de morts arrachés à la vie par les éléments du MNA. C’est une tache noire qui ternira à jamais le mouvement national.»
Poussés par la malvie et la misère, des milliers d’hommes sans espoir durent émigrer, dont le père de Abdelhafid qui reviendra en 1949 pour marier son fils, âgé alors de 16 ans.
Marqué lui aussi par un sort contraire, Abdelhafid émigre à son tour à Charleville Mezieres en France où son père travaillait dans la fonderie Wiem. Autodidacte, Abdelhafid prenait des cours du soir après le travail «car je savais que l’accès au savoir me ferait progresser».
Le jour fatal
Notre homme milite au sein du MTLD, mais est vite déçu par le comportement du Zaïm qui s’était taillé un costume de leader dans lequel il se complaisait, pensant qu’il y était pour l’éternité.
Désespéré et dépité par ces luttes intestines sans fin, Abdelhafid décide de rentrer au pays, «pour prendre le pouls de ce mouvement révolutionnaire naissant attendant le jour fatal. Ce jour prévisible a fini par arriver le 1er Novembre 1954, les boussoles du colonialisme se sont affolées. Les certitudes centenaires d’un ordre injuste, brutal et raciste ont vacillé sur leurs fondements, et le peuple algérien a redressé son échine courbée par plus de 100 ans d’injustice et de mépris».
«Je suis monté au maquis à l’âge de 21 ans dans la région de Michelet sous la houlette du chef de secteur Merzouk Aït Ouamara, dit Si Abdallah. La population nous a soutenus. Les hommes et les femmes unis ont lutté ensemble, et je peux dire que l’émancipation de la femme a commencé dans les maquis. C’est grâce à elles qu’on a pu poursuivre le combat.» Dès le début, Yaha s’est engagé résolument pour la cause nationale : «Ma chance, c’est que je n’ai jamais été arrêté.» Parmi ses nombreux faits d’armes, l’attentat perpétré contre l’administrateur général de la commune mixte de Michelet qui avait fait grand bruit à l’époque.  Mais, admet-il, «nous avions plus à faire en 1962 que pendant les durs moments des maquis. J’étais aux côtés de Mohand Ould Hadj. Je tenais le commandement de Tizi Ouzou qui abritait le PC de la wilaya. On pensait à ces compagnons fauchés à la fleur de l’âge, à ces courageux anonymes qui ont bravé l’horreur, à ces familles brisées par la guerre, à ces existences désastreuses et à ces générations bouleversées.»
Ils étaient jeunes, mais ils ont eu des responsabilités politiques et militaires qu’ils ont assumées sans démériter. En 1962, la situation était presque intenable. «Les veuves venaient quémander pour survivre, des milliers de prisonniers sortaient de prison sans argent, sans domicile fixe. Il fallait s’occuper de tout ça, des civils et des militaires sans moyens. On n’a rien reçu du pouvoir central basé à Alger. On n’a pu survivre que grâce aux cotisations de la population livrée à elle-même. On était en plein été de la discorde, et la population exaspérée, lasse,  désabusée criait : ‘‘Sebaâ snin barakat !’’ (Sept ans  ça suffit !) face aux appétits du pouvoir qui gangrenaient la scène politique.
Avant l’arrivée de l’armée des frontières, j’ai occupé le siège de la Radio et de la Télévision avec Si Moh Chérif Chemam, un homme intègre et courageux, officier de l’ALN qui a été arrêté par la suite et fusillé avec deux autres gradés. Face à la nouvelle oppression, qui sévit depuis l’indépendance, j’ai pris mes responsabilités pour poursuivre la lutte. Il était dans le droit fil de la plateforme de la Soummam de nous opposer au pouvoir personnel et afin de continuer le combat inachevé pour la liberté et la démocratie, je me suis dressé avec d’autres anciens militants nationalistes contre le régime autoritaire de Ben Bella-Boumediène.»
Avec Mohand Oulhadj
«En juin 1963, à l’initiative du colonel Mohand Ould Hadj, Krim Belkacem et moi-même nous avons décidé de lancer un mouvement d’opposition. Deux mois plus tard, celui-ci prendra le nom de Front des forces socialistes (FFS).
Il y avait détournement de la Révolution. Comment peut-on accepter la dictature alors qu’on avait tenu tête à la quatrième puissance mondiale ?On a choisi l’opposition à ce fait accompli, car Krim Belkacem, Salah Boubnider et d’autres avec nous nous prônions la légalité et la légitimité. La population était avec nous, car elle en avait marre de la guerre, elle était à bout de souffle et voulait goûter aux joies de la libération.
La situation était critique, Krim, Oulhadj et moi-même et Allouache, porte-parole de la Wilaya IV, étions prêts pour lancer un parti. J’ai été envoyé pour voir Aït Ahmed à Alger afin de lui soumettre le projet. Il m’a dit qu’il fallait attendre les résultats des discussions entre Ben Bella et Fethi Dib, le chef des renseignements égyptiens, pour être fixés. Boudiaf, Boubnider et tant d’autres étaient emprisonnés. Un soir, on s’est donné rendez-vous avec Aït Ahmed, et on a discuté de ce projet jusqu’à l’aube. Il ne voulait pas marcher avec nous. On a été très déçus, mais on a poursuivi notre projet. Bien après,  on l’a associé de même que Belkaïd et Ali Amar qui venaient du PRS. Le FFS était né en septembre 1963, Ben Bella nous a appelés pour négocier. La conférence afro-asiatique à Alger était en préparation. Khider avait fait défection, et Boumediène préparait son coup. Ben Bella voulait nous utiliser pour écarter Boumediène qu’il avait, entre-temps, envoyé en mission au Caire.»
Un long exil
«Je devais, avec Omar Oussedik, négocier avec le président, mais Zbiri avait tout raconté à Boumediène en le prévenant de ce qui se tramait.  Les accords étaient prêts le 16 juin, mais le 19,  Boumediène avait déjà réussi son coup. Il ne nous restait, Omar Oussedik et moi, qu’à prendre nos précautions. On est partis à Djebel Koukou où on a été recueillis par un ami, Aït Menguellet. Peu après, on a repris les négociations avec Cherif Belkacem, chef de Parti, qui a dit respecter les accords conclus avec Ben Bella en faisant même miroiter une aministie générale, mais ce n’était qu’un leurre, car on avait appris que nous étions menacés et que notre vie était en danger. C’est pour cela que je suis parti en France, où j’ai continué à militer contre la dictature jusqu’à l’ouverture dite démocratique en1989.
C’est à cette date que suis je rentré au pays. Je pensais au fond de moi-même que c’était une ouverture de ‘‘façade’’, mais je me suis résigné quand même à tenter l’expérience. J’ai remis le parti sur les rails, j’ai tenu des meetings jusqu’au moment où on m’a exigé l’agrément. Mais ne suis-je pas reconnu de facto dès lors que j’avais négocié avec le pouvoir ?
J’ai eu des démêlés avec Aït Ahmed qui voulait accaparer les rênes du parti. J’ai lutté. Pendant 4 ans, j’étais en justice avec le ministère de l’Intérieur, mais l’agrément finira par être octroyé à Aït Ahmed.» De guerre lasse, Yaha jettera l’éponge, mais il rebondira en créant le Front des forces démocratiques au début des années 1990. Le nouveau parti ne fera pas long feu et ne restera pas particulièrement dans les mémoires.
«Je me suis rendu compte que tous les partis sont sponsorisés par les services. Le FFS actuel ? Comme ils ont usurpé le FLN authentique, celui du combat et du serment, ils ont fait de même pour le FFS. Pour moi, tant que les mêmes pratiques persistent, le pays n’avancera pas.» Comment conçoit-il l’écriture de l’histoire de l’Algérie ?
«Je pense qu’il est temps d’en finir avec les guerres de mémoires. Notre devoir en tant qu’acteurs est de témoigner pour donner des matériaux aux historiens. De rappeler que l’indépendance a été arrachée au prix du sang de milliers d’Algériens que l’histoire a passé à la trappe. Même s’il ne faut rien céder sur la mémoire et les 132 ans de colonisation, il n’est pas question que le régime en place prenne en otages le présent et l’avenir de notre peuple. L’Algérie d’aujourd’hui est-elle celle dont nous rêvions dans les maquis ? Assurément non…»Dans les luttes éternelles pour la démocratie et pour que vive l’Algérie libre et indépendante, de nombreux héros se sont sacrifiés pour la patrie.Slimane Amirat fait partie de ces hommes dont le destin demeure exceptionnel
très vite remarqué pour son dynamisme et ses qualités d’homme de terrain, le sollicitera pour sensibiliser l’immigration algérienne établie en France. Dès mars 1955, Slimane sera l’homme choisi par le FLN pour mettre sur pied et diriger les groupes de choc de la région parisienne pour lutter contre les Messalistes du MNA. Il accomplira sa mission jusqu’en 1958 où il sera arrêté et emprisonné à france
Libéré, il rejoint la France muni de faux papiers et reprend la direction du groupe armé de la région parisienne. , un homme des troupes  Il connaîtra à son tour, la torture des geôles françaises. Au cessez-le-feu, il sera libéré et aura la vie sauve grâce à une manifestation organisée à Paris . Il fera face à l’OAS, et ce jusqu’au conflit des wilayas. Après la prise de pouvoir par le groupe de Oujda et Ben Bella,ont peut pas oublier les Grands Hommes comme  Slimane  Amirat.et ferroudj mohamed dit cheplof  responsable politique qui a tant donné à l’ALGÉRIE qu’il aimait profondément. Officier durant la guerre de libération national, militant responsable des groupes de choc .  et fervent défenseur de la démocratie pour laquelle lui et ses proches ont tout donner et ont souffert.et
Mais, quant il s’agit de l’intérêt suprême, il a choisi dans un contexte sa patrie sans pour autant diminuer de la dimension de sa noble cause la démocratie.Son grand rêve était la construction d’une Algérie démocratique, de progrès et de prospérité pleine de tolérance, de travail et de justice social.Je salue sa mémoire Honneur et Gloire à tous ceux qui se sont sacrifiés pour notre ALGÉRIE.une génération d’Algériens s’est brisé contre le mur des ambitions d’un clan qui a pris en otages la révolution et son devenir.» Yaha Abdelhafidh donne le ton très vite. L’ancien officier de la Wilaya III veut témoigner, dire ses vérités, les trahisons dont il a été victime. Dans Ma guerre d’Algérie, Riveneuve éditions, il raconte les événements de l’intérieur, sur le terrain, dans les montagnes escarpées.
Il n’a toujours pas digéré la trahison des idéaux de la Soumman par les nouveaux maîtres d’Alger. Il voue un mépris cinglant pour le «clan d’Oujda», coupable, selon lui, de la situation actuelle de l’Algérie. «A l’aube de l’indépendance, des hommes, qui ont passé toute la période de la guerre tapis derrière les frontières, au Maroc et en Tunisie, en Libye et en Tunisie, ont commis un coup d’Etat contre la Révolution. (…) Ces militaires ambitieux et suffisants, qui n’ont, pour la plupart d’entre eux, jamais tenu une arme face à l’ennemi, n’ont malheureusement pas hésité après l’indépendance à dresser leurs canons tout neufs contre nous, leurs frères. Nous (…) avons été sommés donc de céder devant la force brutale de cette armée stationnée à l’extérieur, dirigée par le colonel Houari Boumediène.» Pour Yaha Abdelhafidh, la seule élection véritablement démocratique que l’Algérie aura connue est le référendum de 1962 approuvant les Accords d’Evian et la fin de la guerre avec la France. Depuis, rien ou presque, entre dictature et autoritarisme.
A 79 ans, il est sans haine, désabusé sûrement, blessé de voir l’Algérie, incarnation de ses rêves, dans l’impasse. Sa lecture est simple : la victoire de «l’extérieur» sur «l’intérieur» après la guerre d’Algérie est la cause de tous les maux. Dans ce premier tome, le fondateur du FFS en 1963, avec Aït Ahmed, ne cache pas les paradoxes et les crispations durant le conflit. Comme un amghar azemni, un sage, il se confie sans haine, il offre généreusement ses souvenirs aux nouvelles générations. «En dépit des risques et de la dureté de ma traversée, j’avoue que j’ai vécu. Deux maquis successifs et près de vingt-quatre ans d’exil. Un exil d’activités politiques, de lutte et non de luxe, comme beaucoup l’ont mené sans vergogne.» Yaha Abdelhafidh nous livre un document exceptionnel, le témoignage d’un faiseur d’histoire, d’un responsable politique et militaire. «Cette première salve mémorielle finie, l’hiver peut maintenant cingler à sa guise», dit-il. La nature l’a entendu, jamais il n’a autant neigé. Et les hommes ? Ils feraient bien d’imiter la nature, comme toujours.

Propos recueillis par. abdel .B

 

Le magot des dictateurs arabes : Et la fortune de Bouteflika ?

8 décembre, 2011

 

 Le magot des dictateurs arabes : Et la fortune de Bouteflika ? dans la 11-01-13-bouteflika-ben-ali

Dans son enquête, le magazine Challenge classe la fortune de Bouteflika parmi celles des « invisibles », les moins apparentes car provenant du pétrole.

On lit, en effet : « Ces autocrates arabes sont tous dotés d’un insatiable appétit de richesses, résume Maud Perdriel-Vaissière. Mais leur façon de s’enrichir dépend des ressources du pays. S’il n’y a pas de pétrole, il faut spéculer sur le foncier, s’arroger des participations ou prélever des commissions. Si l’or noir est là, il suffit de prélever sa part et de placer le cash. Ces dernières fortunes sont les plus liquides, donc les mieux cachées. » Ainsi de celle, en Algérie, du président Abdelaziz Bouteflika, encore en poste malgré la contestation de la rue. Officiellement, il ne disposerait que de deux appartements à Alger. Mais, selon des opposants algériens, il aurait détourné avec les généraux une trentaine de milliards de dollars, placés du Liechtenstein au Brésil »

Ce que possède officiellement Abdelaziz Bouteflika

Dans sa déclaration de patrimoine, en février 2009, le président avait écrit ceci :

«Je soussigné, Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, demeurant au 135, rue Cheikh El Bachir El Ibrahimi, El Biar, Alger, candidat à l’élection à la Présidence de la République, prévue le 9 avril 2009. En application de l’article 157 de l’ordonnance 97-07 du 6 mars 1997, modifiée et complétée, portant loi organique relative au régime électoral. Déclare être propriétaire des biens ci-après:

I- Biens immobiliers :

Une maison individuelle sise à Sidi Fredj (commune de Staouéli) suivant acte enregistré sous le n° 226 du 11.11.1987.
Une maison individuelle sise rue de la Rochelle, Alger, suivant livret foncier n° 70-68/07 du 11/12/2007.
Un appartement sise au 135, rue Cheikh El Bachir El Ibrahimi, El Biar, suivant livret foncier n° 29-39/07 du 26/06/2007.

II- Biens mobiliers

Deux (02) véhicules particuliers.
Déclare qu’il n’est propriétaire d’aucun autre bien à l’intérieur du pays ou à l’étranger.»

Mais l’opinion fait la moue.

Elle n’oublie pas que le 22 décembre 1981, Bouteflika fut poursuivi pour « gestion occulte de devises au niveau du ministère des Affaires étrangères» (entre 1965 et 1978) par la Cour des comptes. Dans son arrêt définitif du 8 août 1983, la Cour des comptes donnait son verdict : « M. Abdelaziz Bouteflika a pratiqué à des fins frauduleuses une opération non conforme aux dispositions légales et réglementaires, commettant de ce fait des infractions prévues et punies par l’ordonnance n° 66-10 du 21 juin 1966 et les articles 424 et 425 du Code pénal. ». La Cour des comptes évaluait à « plus de 6 milliards de centimes » (l’équivalent de 100 milliards de centimes actuels) le montant dont Bouteflika restait redevable auprès du Trésor.

Pour sa défense, Bouteflika invoquera aux magistrats de la Cour des comptes la construction d’un nouveau siège du ministère des Affaires étrangères pour laquelle il destinerait la trésorerie amassée sur les comptes suisses. La réponse de la cour : « Ce motif fallacieux ne peut être pris en considération sachant qu’une opération d’investissement obéit à des règles bien précises qu’aucun ordonnateur ne peut ignorer et que l’éventuelle construction d’un nouveau siège du ministère des Affaires étrangères doit être financée par des crédits normalement inscrits au budget de l’État.»

De plus, l’opinion sait que les proches de Bouteflika se sont enrichis avec Khalifa, notamment ses frères.

Les personnes impliquées dans le scandale Sonatrach (Khelil, Hemche), sont des intimes de Bouteflika.

Personne ne peut croire aujourd’hui que celui qui parlait des 15 chats et qui a su au moment opportun se débarrasser des responsables «encombrants», est complètement innocent de la rapine qui s’est installée dans le pays depuis que les prix du pétrole ont connu une augmentation sensible et que la tirelire de l’Etat est devenue fort alléchante.
Les scandales financiers se sont succédé à un rythme soutenu, plaçant le pays parmi les pays les plus corrompus du monde. Aucun haut responsable n’a été jugé. Même lors du jugement du hold-up du siècle en Algérie, à savoir l’affaire Khalifa, les ministres dont la responsabilité était avérée sont venus au tribunal de Blida en témoin et reparti en témoin, par la grâce de la juge en charge de ce procès et de la justice de nuit.

Même le ministre des Finances de l’époque, qui a eu un aveu fort révélateur devant la juge obstinée à épargner les hauts responsables de sa majesté, en disant «qu’il n’a pas été assez intelligent», s’est vu propulser au poste du premier responsable de la diplomatie du pays, une diplomatie dans laquelle continue à activer le plus vieux diplomate du monde, Missoum Sbih et dans une capitale-clé pour l’Algérie (Paris). Missoum Sbih a, aujourd’hui, 82 ans. Le pouvoir n’ayant pas tiré de leçons de l’affaire Khalifa qui a lourdement terni son image, voilà qu’il récidive avec les affaires de l’autoroute, le FNDRA, Sonatrach, des barrages. Le président ne peut pas endosser toute la responsabilité au gouvernement, il est personnellement responsable de la systématisation de la rapine et de la corruption en Algérie. Ce triste épisode de la gestion du président Bouteflika ne peut renvoyer qu’à l’absence de projet ou de stratégie de développement pour le pays qui traverse une période rare d’aisance financière, il a gouverné et continue à le faire sous l’emprise de l’improvisation. C’est là, la triste vérité de 12 ans de règne sans partage.