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Tizi Ouzou : les citoyens de la cité des Fonctionnaires expriment leur ras-le-bol

14 mai, 2012

14/05/2012

Le Matin DZ - Les idées et le débat

  Tizi Ouzou : les citoyens de la cité des Fonctionnaires expriment leur ras-le-bol dans corruption

Les citoyens de la cité des Fonctionnaires de Tizi Ouzou ont procédé, avant-hier, à la fermeture de la rue longeant le siège de la Casnos et la polyclinique Nabila-Djahnine ainsi que la rue menant au siège de wilaya.

 
La dégradation du cadre de vie pousse les citoyens à la contestation. En effet, sur les lieux, les manifestants ont fermé la route à la circulation automobile, à l´aide des barricades de fortune et de pneumatiques enflammés, pour exprimer leur ras-le-bol quant à la situation qu’ils vivent au quotidien. Mais aussi dans le but d´amener les responsables concernés à intervenir. Cette fois, les protestataires ne comptent pas lâcher prise. Durant toute la matinée, la route demeurait toujours obstruée par des troncs d´arbres et autres débris.

« Jusqu’à quand allons-nous patienter ? Ils ont commencé les travaux d’aménagement depuis des mois mais ils n’avancent guère depuis bien longtemps. Les habitants de la cité souffrent. Nous nous sommes réunis maintes fois avec les autorités locales, qui nous avaient assuré que les travaux finiront le 5 Juillet prochain. Je vous cite juste un problème : nous avons demandé des poubelles il y a huit mois maintenant, mais rien n’a été fait. Si c’est un problème d’argent, qu’ils nous le disent, car nous sommes fatigués d’attendre », dira M. Belhocine, président d’honneur du comité de la cité des Fonctionnaires. Et d’ajouter : « Les sit-in et voies de dialogue n’ont servi à rien, d’où le recours à la rue amplement justifié. » Les revendications des protestataires portent essentiellement sur l’amélioration de leur cadre de vie dans ladite cité. Nous pouvons citer entre autres l’aménagement du quartier qui se trouve selon eux « dans un état lamentable », ainsi que la construction d’aires de loisirs, le revêtement de la rue principale à proximité de la cité, l’éclairage public et la peinture des immeubles.

Il convient de rappeler que plusieurs actions similaires ont été menées en direction des responsables de l’APC du chef-lieu, ainsi que ceux de la wilaya, en vain, expliquent les protestataires qui se disent « lésés » par les élus et par les autorités locales dont l’inertie est de plus en plus décriée par les citoyens. Enfin, plusieurs montées au créneau ont été enregistrées. Récemment, des citoyens se sont élevés contre la construction d´une coopérative immobilière dans un espace vert situé à la nouvelle ville. C’est malheureux, car il ne reste à ces jeunes gens que la rue pour exprimer leur ras-le-bol et réclamer ce qui leur revient de droit. « Ils nous ont promis beaucoup de choses, mais rien n’a été fait. Nous ne sommes pas des voyous et nous ne faisons pas de la politique, loin de là. Nous revendiquons juste nos droits et nous irons jusqu’au bout », dira l’un des protestataires.

Dégradation du cadre de vie

Les citoyens de la ville du Genêt montent au créneau. Les manifestations de rue se multiplient depuis quelques jours dans la ville de Tizi Ouzou où les citoyens de divers quartiers de la ville battent le pavé pour présenter une fois de plus des doléances citoyennes. En effet, ces revendications ne datent pas d’aujourd’hui et sont, malheureusement, restées lettre morte par la faute d’une administration locale de plus en plus gangrénée par l’inertie et, surtout, le passe-droit. Après les résidents du lotissement Hamdad, suivis par les riverains de la cité des Fonctionnaires, qui sont descendus dans la rue pour dénoncer la dégradation de leur cadre de vie et l’insouciance des autorités locales à tous les niveaux, ce sont les habitants de la cité du 11-Décembre qui sont montés au créneau, mardi passé, afin de manifester leur mécontentement pour un litige de foncier.

Pour se faire entendre, ils ont procédé à la fermeture de la route menant vers le lotissement Bouaziz et les deux cités Amraoua et 11-Décembre, au niveau du carrefour qui dessert le centre-ville et la Nouvelle ville de Tizi Ouzou. Parmi les revendications principales des protestataires, la préservation des espaces verts de la cité, comme nous l’a expliqué un riverain, qui dira que « cela fait maintenant onze ans depuis que nous réclamons la préservation des espaces verts de notre agglomération mais en vain. Rien n’a été fait, ce qui nous a poussés à procéder à la fermeture de la route ». Et d’enchaîner : « Nous sommes fatigués de nous déplacer à chaque fois vers l’administration, c’est pourquoi, cette fois, nous avons demandé aux responsables de venir sur place pour que nous puissions réitérer nos doléances et exiger de régler ce problème une bonne fois pour toutes. Malheureusement, comme vous le constatez, personne n’est venu. Je tiens à ajouter qu’à chaque fois que nous obtenons gain de cause, l’administration n’applique pas cette décision. Elle veut nous étouffer et faire de notre cité une Casbah. »

L’administration contourne les décisions de justice

Pour rappel, les habitants demandent également la délimitation de leur cité. « Treize lots au total ont été attribués et construits frauduleusement sur un terrain qui appartient à la cité. Nous avons  été en justice et nous avons eu gain de cause mais à chaque fois l’administration contourne les décisions de justice. Aujourd’hui les gens n’en peuvent plus. Alors il ne nous reste que la rue pour réclamer nos droits”, conclut l’un des manifestants. Il précise enfin : « À Tizi Ouzou, il y a trop d’anarchie et d’abus de pouvoir de la part des autorités locales. Cette fois nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout. » En vrai, la ville est cycliquement le centre de mouvements de contestation. Dans la journée de mardi dernier, une autre manifestation a été enregistrée au niveau de la rocade de Tizi Ouzou où les transporteurs de Boghni, qui réclament depuis quelque temps l’implantation d’une station fiable, ont procédé à la fermeture de ce tronçon d’autoroute.

Iris Samy

 

21 avril, 2011
 
 
 

 

Algérie: 10 ans après son « printemps noir », la Kabylie réclame justice

 

http://www.google.com/hostednews/afp/media/ALeqM5gWSpGKzP6eGa5b-Tis8cVS4vxGVw?docId=photo_1303286443465-1-0&size=l

La mère et la grand-mère (G) de Massinissa Guermah tiennent des photos de lui, devant sa tombe, lors du 2e anniversaire de sa mort, à Beni Douala, le 18 avril 2003

ALGER — Dix ans après les émeutes du « printemps noir » en Kabylie, les familles des victimes réclament justice et menacent d’en appeler aux instances internationales pour engager des poursuites contre les responsables de la répression qui a fait 126 morts et des centaines de blessés.

« La douleur reste immense car les responsables de ces assassinats n’ont toujours pas été jugés: c’est l’impunité », a déploré auprès de l’AFP Khaled Guermah père de Massinissa, dont la mort a été l’étincelle ayant embrasé cette région de l’est d’Alger, traditionnellement frondeuse.

« Nous avons donné le temps à l’Etat pour qu’il traduise en justice les responsables de ces crimes. Mais face à son silence qui dure depuis 10 ans, nous nous voyons obligés de solliciter les instances internationales pour rendre justice aux familles des victimes » avertit le père de famille.

Comme chaque année depuis cette date, de nombreux habitants se sont recueillis lundi sur la tombe de son fils au village Agouni Arrous.

Le 18 avril 2001, Massinissa Guermah, 18 ans, était blessé grièvement par une rafale de kalachnikov dans la gendarmerie de Béni-Douala, un bourg montagneux. Le lycéen avait été interpellé après une banale altercation entre jeunes et gendarmes. Deux jours après, il décédait dans un hôpital à Alger.

La Kabylie, qui s’apprêtait à célébrer en ce 20 avril le 21e anniversaire de son soulèvement pour la reconnaissance de l’identité berbère, se révoltait une une nouvelle fois après les obsèques de Massinissa.

Un peu partout, les habitants descendaient dans les rues des bourgs et des villages pour réclamer la fermeture de toutes les brigades de gendarmerie de la région. Les manifestations tournaient à l’émeute, puis aux affrontements avec les forces de l’ordre qui ont tiré à balles réelles.

Le président Abdelaziz Bouteflika, élu deux ans auparavant avec la promesse de ramener la paix dans un pays ravagé par une insurrection islamiste, devait affronter une crise majeure de son mandat.

Il décidait de mettre en place une commission d’enquête, confiant sa présidence à l’éminent juriste Mohand Issâd, originaire de Kabylie.

« Le rapport que j’ai rédigé et remis au président de la République n’a eu aucune suite. Il est toujours dans un tiroir », regrette le professeur Isaâd.

Le document soulignait que « la violence enregistrée contre les civils est celle d?une guerre, avec usage de munitions de guerre.

Il notait que « la plupart des morts ont été touchés dans les parties vitales les plus fragiles », une localisation qui, selon lui, « paraît difficilement imputable au hasard de la dispersion des projectiles ».

« Ce n’est n’est pas les gendarmes, les responsables sont ailleurs. Moi, je cible ceux qui n’ont pas donné l’ordre de cessez-le feu, ceux qui ne sont pas partis en Kabylie calmer le jeu », a déclaré M. Issad à l’AFP.

Pour Mohamed Meziani, ex-animateur du mouvement des âarchs (tribus Kabyle), fer de lance de la contestation, « les assassinats commis dans la région restent impunis ». « Leurs auteurs doivent répondre de leurs actes », a-t-il dit.

Après les émeutes, le mouvement contestataire avait exigé et obtenu au printemps 2002 le départ de la majorité des brigades de gendarmerie de kabylie, accusées de corruption et d’abus d’autorité.

Toutefois, les gendarmes ont entamé un retour progressif à cause d’une forte explosion de la délinquance dans la région qui est, par ailleurs, un terrain d’action d’Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi).

 Publié Par Nado