Archive pour la catégorie 'harraga'

20 avril, 2011
 

                           

                              HARRAGA :Algérie, tes enfants te fuient

 

43 harraga interceptés et deux autres portés...

43 harraga interceptés et deux autres portés disparus au large d’Annaba

Quarante-trois candidats à l’émigration clandestine, sur les 45 qui se trouvaient à bord de deux embarcations artisanales, ont été interceptés dans la nuit de dimanche à lundi au large d’Annaba, a indiqué lundi la protection civile. Ces émigrants clandestins âgés entre 16 et 37 ans, originaires des wilayas de Annaba, d’El Tarf et de Skikda, ont été interceptés vers une heure du matin à 10 miles au nord de la plage de Ras El Hamra lors d’une patrouille des garde-côtes. Les deux autres harraga sont portés disparus, selon la même source.

Annaba : arrestation de 25 Harragas à bord d’un esquif

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arrestation de 25 Harragas à bord d'un esquif

Annaba : arrestation de 25 Harragas à bord d’un esquif de 8 mètres

Vingt cinq (25) jeunes candidats à l’immigration clandestine dont une dizaine de récidivistes ont été interceptés et arrêtés, jeudi, à bord d’un rafiot de 8 mètres par les éléments du groupement des gardes côtes des eaux territoriales (GTGC) de Annaba, avons-nous appris de sources sûres.

Agés de 19 à 35 ans, ces jeunes infortunés ont appareillé la veille vers 21 heures à partir de la plage de Oued Bakrat, commune de Séraïdi, wilaya de Annaba.  Leur esquif naviguait à 7 miles au nord Est de Chétaïbi lorsqu’ils ont été interceptés par les unités semi-rigides du groupement territorial des gardes côtes de Annaba.

Ramenés à bon port, ils ont subi une visite médicale par le médecin de la protection civile avant d’être auditionnés par la police maritime. Pour embarquer à l’effet de rejoindre les côtes européennes notamment l’ile de la Sardaigne, ils ont dû payer à leur passeur, selon toujours les mêmes sources, entre 30 et 100 milles dinars.

Menus de leur PV d’audition, ils ont été présentés la même journée devant le procureur près le tribunal de Annaba qui les a sommés d’une citation directe où ils auront à répondre de leurs actes dont la tentative de quitter le pays clandestinement.

ALGERIE:Un enfant de 9 ans parmi les harraga

 

Un enfant de 9 ans parmi les harraga

Un enfant de 9 ans parmi les harraga

Profitant d’une mer calme et des fêtes de fin de fin d’année, un groupe d’émigrants clandestins est parvenu à rejoindre sans encombre les cotes espagnoles.

 

Partis la nuit du 31 décembre depuis la plage de Seddaoua, plage relevant de la commune de Sidi Lakhdar, à 50 km à l’est de Mostaganem, les 9 passagers ont rejoint la côte dans la région de Carthagène.

Une fois à terre et parfaitement rassurés, ils ont put joindre au téléphone leurs familles restées au pays. Leurs proches étaient très inquiets car parmi les partants il y avait un enfant d’à peine 9 ans d’âge.

L’autre particularité de cette nouvelle embardée, serait la présence parmi les partants d’une personne à la taille atypique. Une information qui, si elle était dévoilée, faciliterait l’identification de cette personne.

Par ailleurs, le même jour, une autre équipée composée de 6 personnes a également pris le large à partir du même endroit. Toutefois, à ce jour, aucune information les concernant n’est parvenue à leurs proches qui craignent que les leurs ne soient tombés dans les filets des gardes cotes espagnols.

 

50 harraga interceptés sur les côtes espagnoles

 

 

50 harraga interceptés sur les côtes espagnoles

50 harraga interceptés sur les côtes espagnoles

Cinquante candidats algériens à l’émigration clandestine qui naviguaient à bord de quatre embarcations ont été interceptés entre vendredi et samedi sur la côte de Murcie, dans le sud-est de l’Espagne, indique un communiqué du gouvernement espagnol rendu public samedi.

La première embarcation transportait 14 personnes, toutes de sexe masculin, et apparemment en bonne santé, dont quatre ont prétendu être des mineurs, ajoute la même source.

La deuxième embarcation a été repérée, vendredi avant midi, au sud de Cabo de Palos dans la direction de l’Espagne, par les Douanes espagnoles, qui ont signalé le fait aux équipes de sauvetage maritime.

Ils étaient 13 émigrants clandestins à bord, à être secourus et transférés au port de Carthagène.

Vendredi à 16 h30, la Guardia Civil a détecté au large de la côte de Murcie, une troisième felouque avec 11 personnes à bord.

Quelques heures auparavant une quatrième embarcation avait été localisée au sud-est de Cabo de Palos, avec 12 émigrants.

Les clandestins ont été pris en charge par la Croix-Rouge et mis à la disposition de la police nationale espagnole pour la vérification de la minorité présumée de certains d’entre eux.

D’autres devront subir une opération d’identification auprès de notre représentation diplomatique en Espagne avant d’être rapatriés, conclut le même communiqué.

Mohamed Fawzi Gaïdi

Arrestation de 16 harraga à Annaba

 

Arrestation de 16 harraga à Annaba

Arrestation de 16 harraga à Annaba

Les éléments du groupement des gardes-côtes des eaux territoriales de la façade maritime Est de Annaba ont intercepté et arrêté, ce mardi vers 6h, 16 jeunes candidats à l’émigration clandestine à bord d’une embarcation artisanale de 4,5 mètres, a-t-on appris de sources sûres.

Agés de 19 à 37 ans, les jeunes infortunés ont appareillé la veille vers minuit à partir de la plage Rizi Amor (ex-Chappuis). Leur embarcation naviguait à 13 miles au nord de cette dernière plage lorsqu’ils ont été interceptés par les unités des gardes-côtes de Annaba.

Ramenés à bon port vers 6h du matin, ils ont subi une visite médicale, avant d’être interrogés par la police maritime. A l’audition, les 16 harragas ont déclaré qu’ils sont originaires de Annaba et Jijel.

Pour qu’ils soient embarqués à l’effet de rejoindre les côtes italiennes, notamment la Sardaigne, ils ont dû payer à leur passeur, selon toujours les mêmes sources, entre 25 000 et 50 000 dinars. Présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Annaba pour tentative d’émigration clandestine, ils ont été sommés de comparaître en citation directe le 18 janvier prochain.

la mer Méditerranée aurait englouti 5000 « harragas »

 

la mer Méditerranée aurait englouti 5000 « harragas »

Immigration clandestine : la mer Méditerranée aurait englouti 5000 « harragas » depuis 1992 Les dernières statistiques ont révélé que près de 7 000 immigrants clandestins sont découverts chaque année à travers le territoire national. 70 000 immigrants clandestins ont été, par ailleurs, recensés durant la dernière décennie. Selon d’autres données, pas moins de 5 000 immigrants clandestins auraient perdu leurs vies en mer méditerranée depuis 1992.

Selon les chiffres rapportés par la revue « El Djaich » de son numéro 569 sur le phénomène de l’immigration clandestine, pas moins de 5 000 immigrants clandestins auraient perdu leurs vies en mer depuis l’année 1992. Ces vies humaines perdues ont péri en tentant de rejoindre la rive nord de la mer méditerranée à la recherche d’une vie meilleure.  Par ailleurs, la même source estime que quelques 7000 immigrants clandestins sont découverts chaque  à travers le territoire national, et environ 70 000 autres ont été enregistrés durant la dernière décennie. Des dizaines de milliers d’immigrants clandestins ont été extradées vers leurs pays d’origine entre l’année 2000 et 2007.

Ces « clandestins » travaillent généralement dans l’informel et la clandestinité pour gagner les sommes d’argents dont ils ont besoin pour immigrer illégalement vers le continent européen. Rappelant, par ailleurs que l’Algérie, conformément à la convention internationale portant sur la protection des droits de l’homme, prend en charge les frais d’extraditions des travailleurs étrangers ainsi que de leurs familles vers leurs pays d’origine. A titre d’exemple, l’Algérie a extradé en 2005 environ 600 immigrants vers leurs pays d’origine, à savoir le mali, le Sénégal, Guinée, le Cameroun, Le Burkina-Faso, Nigeria, et le Ghana. Les immigrants extradés étaient installés illégalement dans la région de Maghnia, dans la perspective de rejoindre le vieux continent (Europe) via le Maroc. Pour rappel, les ministres de l’Intérieur du dialogue 5 + 5 : France, Espagne, Italie, Malte et Portugal de la rive Nord ; Tunisie, Libye, Maroc, Algérie et Mauritanie de la rive Sud, ont planché le 13 décembre à Tripoli sur la problématique du franchissement illégal des frontières, et les conséquences désastreuses qui en découlent comme le « crime organisé », « la contrebande », « le terrorisme » et tous ces fléaux des temps modernes, qui font passer des nuits blanches aux dirigeants des deux rives.

 


Belgique : Des harraga en grève de la faim

 

Des harraga en grève de la faim

Belgique: Des harraga en grève de la faim par Notre Bureau De Bruxelles: M’hammedi Bouzina Med

Ils se sont partagés en deux groupes d’une trentaine de personnes chacun. L’un s’est installé dans une bâtisse, à proximité du marché des abattoirs situé dans la commune bruxelloise d’Anderlecht; l’autre a eu plus de chance: un «mécène» a mis à sa disposition son immeuble privé, situé dans le centre-ville de Bruxelles. Les deux groupes ont entamé une grève de la faim depuis plus d’une semaine. Ce sont, tous, des demandeurs d’asile. Des «sans papiers». Ils sont congolais, pakistanais, afghans, marocains, moldaves? algériens. Certains sont en Belgique depuis cinq ou dix ans, ont dépensé de petites fortunes dans les cabinets d’avocats, épuisé tous les recours légaux de leurs demandes d’asile et ne sont pas pour autant prêts à abandonner leur quête de «papiers». Ils ont annoncé leur volonté d’aller jusqu’au bout de leur grève de la faim, quitte à laisser leur vie. Devant une si grande détermination et tant de misère humaine, je me dis que les raisons qui les ont poussés à quitter leurs pays d’origine doivent être encore plus terribles à vivre. Dix ans pour certains et ils espèrent encore. Certains sont en famille, épouse et enfants en bas âge laissés dans un centre d’accueil. Comment ont-ils pu tenir une si longue période ? Par les mille et un miracles de la vie, par la force de l’espoir, par le souvenir des épreuves passées, vécues au pays d’origine.

Les jeunes, vous en trouverez qui font le pied de grue dans les environs du «Petit Château». Ils sont rassemblés en groupes de 4 ou cinq et attendent les «patrons» qui vont les emmener travailler sur les chantiers. 10, 12 heures à «manœuvrer» durement pour 40 ou 50 euros. Travail au noir, disent-ils. Le «Petit Château» est une demeure sombre, portail lourd et tours de donjon de part et d’autre. Le canal de Bruxelles, gris et triste, passe devant. Parfois une voiture s’arrête, les jeunes y accourent. 6, 7 ou 8 à la fois. «Moi, moi, monsieur, je suis plafonneur-plâtrier ! Moi, moi, monsieur, je suis maçon !» Les premiers arrivés sur la voiture sont pris. En moins d’une minute, la voiture démarre sur les chapeaux de roue, emmenant ces nouveaux esclaves des temps modernes vers leur calvaire quotidien. Et puis il y a les filles jeunes et moins jeunes. Les plus chanceuses se font recruter, toujours au noir, dans les bistrots, restaurants et boîtes de nuit. D’autres vous interpellent au détour d’une ruelle sombre pour une «partie» à 20 ou 30 euros. Les plus décidées dans ce domaine sont exposées dans des vitrines, pratiquement nues, aux portes de sortie de la gare du nord, à deux pas de l’hôtel Hilton devant lequel défilent, régulièrement, des limousines. Par quelque bout que vous prenez leurs histoires, elles sont emplies de misère et de souvenirs douloureux. «Le destin», expliquent ces hommes et ces femmes, ombres dans la foule rieuse et joyeuse en cette période de fêtes. Un destin qui ne veut pas les lâcher, même loin de leurs terres natales. Un destin qui s’acharne et perdure. De temps à autre, les télévisions belges en parlent. Souvent en moins de temps que celui réservé à un fait divers. La semaine dernière, au bout d’une polémique qui a opposé des leaders politiques, le gouvernement a fini par trouver deux anciennes casernes, transformées, en un rien de temps, en logis pour les «réfugiés».

L’une est à Bastogne et l’autre dans un village flamand. Les images télé montrent des femmes, des enfants, des jeunes heureux de trouver un endroit chaud, à l’abri de cet hiver particulièrement rigoureux cette année. Les volontaires de la Croix-Rouge se sont mobilisés pour leur apporter assistance et soins. «Ils sont plus de 300», dit le reporter télé. Le drame, c’est qu’il y a tous les autres. Nombreux. On parle de 100.000 clandestins dans le pays. 100.000 «haraga», selon le code algérien. Ainsi, pour beaucoup d’entre eux, la «harga» continue au-delà des océans. Après avoir échappé à la guillotine des vagues, aux pièges et chantages des passeurs, aux négriers de tous bords, le calvaire du harrag n’est, souvent, pas fini. Son quotidien dans cet ailleurs rêvé est fait d’angoisse et de peur. Pas un instant il ne baisse la garde dans les cités européennes. Un contrôle de police, une rafle, chaque instant est une veille contre le risque d’être embarqué, jugé, expulsé. Cette vie sur le fil du rasoir a fini par le décider à se battre au grand jour. Une grève de la faim pour sortir de l’anonymat et interpeller le gouvernement belge. Là encore un nouvel obstacle. Le gouvernement belge est un gouvernement en affaires courantes. Les négociations pour un nouveau gouvernement sont enlisées depuis juin dernier, depuis les élections législatives qui ont donné la victoire aux socialistes chez les francophones et aux nationalistes de droite chez les Flamands. Pas le temps de s’occuper plus sérieusement du cas des «réfugiés». Dans ce face-à-face entre les politiques belges et «les clandestins haraga», le silence des pays d’origine. Pas tout à fait. Le soir, dans les cybercafés et boutiques «fax?phone», ils écoutent la voix de leurs familles au bled. «Je vais très bien, maman. Bientôt je reviendrai te voir.» Quand ?

 

Arrêtés la semaine dernière, 36 harraga devant la justice

 

Arrêtés la semaine dernière, 36 harraga devant la justice

Arrêtés la semaine dernière, 36 harraga devant la justice à Souk Ahras

Les 36 harraga arrêtés la semaine passée par les gardes-côtes tunisiens, alors qu’ils se dirigeaient vers La Sardaigne (Italie), ont été présentés, ce jeudi, par devant le procureur de la République près le tribunal de Souk Ahras, a-t-on appris de sources bien informées.

Poursuivis pour sortie illégale du territoire national, les mis en cause comparaitront, prochainement, en citation directe.

Il y a une dizaine de jours, une première  embarcation  partie de Sidi Salem, à Annaba a été interceptée par les autorités tunisiennes à Tabarka.

19 personnes, âgés entre 15 et 36 ans, résidant aux quartiers de Oued Forcha, Oued Laâneb et Safsaf dans la wilaya de Annaba, ont été arrêtées.

La même nuit, 17 autres harraga, originaires de la wilaya de Skikda, partis la veille du lieu-dit El Bettah, ont connu le même sort.

Remis aux autorités algériennes, mercredi dernier, au poste frontalier de Heddada (Souk Ahras), les 36 émigrants clandestins ont été soumis à un contrôle médical et auditionnés par les services de la police judiciaire de Souk Ahras.

                   

Harraga : La nouvelle vague

 

La nouvelle vague

Harraga : La nouvelle vague

Dans la région oranaise, les jeunes candidats à la harga innovent en matière d’organisation. Ils sont passés des démarches individualistes à des approches collectives. Alors que le plus grand procès de harraga jamais instruit en Algérie s’est tenu lundi à Aïn Turck, El Watan Week-end a enquêté auprès des clandestins de la mer et des passeurs.

S’ils étaient auparavant livrés à quelques passeurs, seuls détenteurs de la clé du départ, les aventuriers de la mer s’organisent autrement à présent. Les réseaux des harraga deviennent plus fluides et l’activité s’est bien structurée depuis. Des groupes se forment, achètent leur propre matériel et adoptent un guide, la plupart du temps lui-même harrag ayant quelques connaissances faciles à acquérir pour tenter l’aventure, mais pas forcément la réussir. Ils guettent les gardes-côtes, surveillent la météo et se documentent sur tout ce qui peut leur permettre de rejoindre l’Espagne. Ils ont le choix pour les points de départ : Saint Germain, la Madrague et autres plages de Aïn Turk, encore plus à l’ouest, de Bouzedjar, ou carrément d’Oran, de Canastel.

La côte est n’est pas négligée, puisque l’on part aussi de Stidia et des plages de Mostaganem : Salamandre, les Sablettes, Sidi Lakhdar. Les jeunes ont bien pris les choses en main, seuls. Ils en parlent avec précision et pragmatisme quand ils ne sont pas devant le juge. 8 décembre, fête du Mouharram. Le calme règne dans les villes et villages et le soleil éclaire les côtes oranaises. Une journée de repos, mais pas pour tous. Derniers préparatifs et derniers coups de téléphone avant le départ à la tombée de la nuit. Des au revoir émouvants pour certains et presque routiniers pour d’autres. Ils sont environ 200 à guetter le silence de la  nuit pour prendre la mer. Les plus chanceux disparaîtront dans les eaux jusqu’à arriver aux côtes espagnoles. Pour les autres : cinq embarcations contenant 109 harraga sont interceptées par la Marine nationale. Cinq jours plus tard, s’ouvre à Aïn Turck, (daïra située à 20 km d’Oran) le plus grand procès de harraga jamais instruit en Algérie. La comparution s’étale sur deux jours.

60 000 DA d’amende

Au premier jour, 69 harraga passent devant le juge. Le tribunal est tellement saturé de familles et amis que les portes sont vite fermées. Le lendemain, la salle n’est plus qu’à moitié pleine pour les 40 restants. Du silence. De l’austérité certes, pourtant l’affaire est traitée avec une extrême banalité. Les accusés défilent, sans avocats, déclinent leur identité, têtes baissées et les mains derrière le dos par groupes de vingt. Le juge pose quelques questions auxquelles ils ne répondent que vaguement. Puis promettent tour à tour de ne jamais recommencer. La sentence tombe : acquittement pour tous, amende de 60 000 en moyenne, jusqu’à 80 000 DA pour les récidivistes.

La vie peut reprendre son cours. Ce procès est certes impressionnant par le nombre de harraga jugés dans le même temps, mais dans le fond, l’événement n’en est pas un. Ces dernières semaines, dans la région, les cas de disparus en mer, des harraga arrivés sains et sauf à destination et ceux interceptés ont de quoi faire l’actualité. A la veille de l’Aïd dernier, 198 harraga ont pris le départ de Mostaganem, ce qui a entraîné des arrestations, des disparus et des chanceux encore une fois. Il y a seulement quelques jours, 60 autres harraga ont été interceptés à Mostaganem.

Le phénomène perdure et se banalise pendant que des jeunes venant de toutes les régions du pays tentent leur chance dès qu’une accalmie météo pointe et s’organisent de mieux en mieux. Ils sont jugés certes, malmenés aussi lors de leur arrestation, mais ils savent que la justice ne peut rien contre eux. Elle pourrait pourtant, puisque l’article 175 bis 2 «sortie du territoire sans autorisation» prévoit des peines d’emprisonnement ferme. «Les condamner au vu des motivations qui les poussent au départ serait cruel, reconnaît un avocat qui a assisté au procès. D’autant qu’on les comprend un peu…»

Liberta

Saâd, jeune Oranais, qui a tenté plusieurs fois la traversée sans succès, montre sur son portable une vidéo tournée par ses amis en mer, qu’ils ont pris soin de lui envoyer une fois arrivés en Espagne. Des jeunes qui, une fois côtes espagnoles abordées, chantent en chœur pour fêter l’événement. «Cette vidéo a de quoi motiver ! Ils ont réussi et je les rejoindrai bientôt inchallah»,
jure-t-il. Saâd se raccroche à cette image de liesse et aux récits alléchants que lui font ceux qui sont déjà là-bas. Bien sûr, qu’il la fera cette fameuse traversée qui, en dix à vingt heures, peut le propulser vers une autre réalité : «Dès qu’ils sont interceptés par les gardes-côtes espagnols, ils sont très bien pris en charge dans un des trois centres de détention pendant soixante jours, puis ils obtiennent dans le meilleur des cas la carte Liberta, soit par les autorités espagnoles, soit par le consul d’Algérie qui possède un quota. Cette carte permet d’être en situation régulière pendant trois ans, le temps de se trouver un travail décent ou de rejoindre la France

Saâd est confiant, et il y a de quoi. Le désespoir n’est pas de mise quand on connaît toute leur nouvelle organisation. Ils sont, au contraire, pleins d’espoir et de vie. Leurs familles, quant à elles, le vivent tout autrement. Zhor raconte que depuis que son fils unique parle de départ imminent, et suite aux échos de disparus en mer dans le voisinage, on ne sert plus de poisson à table. «On raconte cruellement qu’il y a quelques mois, les crevettes pêchées dans les environs étaient trop grosses parce qu’elles se nourrissaient des dépouilles des harraga perdus en mer. Il y a un mois, nos voisins ont perdu leurs enfants.

Durant une semaine, plusieurs tentes ont été placées à l’entrée de leurs maisons pour indiquer le deuil selon la tradition des personnes mortes en mer. Ce sont des images qui me hantent, mais mes angoisses ne lui feront pas changer d’avis, d’autant que mon fils a le soutien de son père.» Saâd, en parlant de sa mère, confiera que «ses angoisses sont légitimes, mais la joie qu’on peut leur apporter une fois qu’on sera là-bas effacera tout.»

Témoignage :

-Boulahia : Le passeur des passeurs

A Oran, un parrain de la harga se démarque des autres. Il gère ses réseaux avec discrétion et propose des départs, assurés, à 120 000 DA. Signe particulier : il organise une dizaine de traversées par an, à raison de vingt personnes dans chaque embarcation même s’il ne met jamais les pieds dans l’eau. Il a ses guides (passeurs) et ses contacts, et a réussi jusque-là à rester anonyme. Il se fait appeler Boulahia, en référence à sa barbe. Villa à deux étages, voitures de luxe et contacts influents, Boulahia trie ses candidats sur le volet. Il n’accepte que les têtes qui lui reviennent même s’il travaille par téléphone. Ses tarifs sont les plus chers dans la région.

Un personnage qui, dit-on, s’est beaucoup enrichi grâce à ces activités, mais qui reste difficile à identifier. Les harraga le protègent, car ils ont besoin de lui. «Chari trig», dit-on en oranais (il achète la route maritime menant vers l’Espagne), il aurait ses relais au sein même de la marine. Ses guides assurent le trajet jusqu’en Espagne et une fois là-bas, ils se présentent aux autorités espagnoles en exprimant leur désir de retour. On leur paye leurs billets et ils reviennent au bercail pour reprendre leurs activités en toute tranquillité.

-Djilali L’homme de l’ombre

Un homme organisé et strict. Il exige la discrétion et ne se montre que le jour J. Il fouille soigneusement ses passagers, leur explique un à un que «lebhar ihab ssfa» (la mer aime la pureté, pas d’alcool ni de psychotropes, que les jeunes prennent souvent pour avoir moins peur). Pas d’armes blanches non plus, à part la sienne. «Vous devez être calmes, dociles, silencieux et vous abstenir de fumer pour ne pas attirer l’attention des gardes-côtes, les braises se voient de loin la nuit», prévient-il, sur un ton toujours sévère. Djilali fait partie des 109 harraga jugés lundi dernier à Aïn Turk. Comme ses compagnons de voyage, il a, lui aussi, affirmé au juge que le passeur qui a permis la traversée de la semaine dernière était un homme appelé Djilali et dont il ne connaît pas l’identité.

Sauf que Djilali n’est autre que lui-même et que ce n’est bien sûr pas son vrai prénom. Mais c’est la règle, avant de partir, tout le monde promet de ne pas le dénoncer et décide à l’avance d’un prénom. Djilali, 35 ans, assure la traversée une fois par an depuis cinq ans. Père de famille aux fins de mois difficiles, sa connaissance de la mer lui permet ainsi de mieux gagner sa vie. Le tiers de la somme fixée lui est toujours remise deux jours avant le départ et le reste la veille. Il a l’habitude d’acheter son propre matériel qu’il rentabilise en faisant payer à chacun de ses harraga la somme de 100 000 DA. Mais cette année, il a préféré procéder autrement.

Cette fois-ci, sa boussole en main, il n’a fait qu’assurer la traversée en mer à raison de 150 000 DA sans prendre en charge le matériel nécessaire, ni l’organisation. Il n’a même pas décidé de la date de départ. Cette première arrestation lui donne certes à réfléchir, mais il ne compte pas s’arrêter là, pour autant.

-Hamza Harrag récidiviste en passe  de devenir guide

Le regard inquiet et scrutateur, Hamza hésite longtemps avant de se décider à se confier. En dire trop peut le compromettre. Il accepte finalement que son témoignage paraisse si sa traversée réussit. C’est le cas. Hamza se présente avec réticence : 38 ans, chômeur qui vivote depuis trop longtemps à Mostaganem. Sa première expérience d’émigration clandestine remonte à 1997. A l’époque et jusqu’à 2001, toute son attention est braquée sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc, vers lesquelles il a tenté sept fois l’expérience, à chaque fois, soldée par un échec. Il réussit également à s’introduire dans un bateau en partance vers l’Espagne, mais se fait attraper. Il écope de deux mois de prison ferme et d’une amende de 2000 DA.

A sa sortie, le périple continue. Il s’en remet à un passeur de sa région, il y a deux ans, qui, en pleine mer, prend peur lors d’une tempête. «Il pleurait, tremblait, j’étais choqué par son manque d’efficacité face au danger. On a heureusement été secourus par les gardes-côtes.» Quelques mois plus tard, Hamza rencontre un guide beaucoup plus convaincant, mais celui-ci finit par changer d’avis à la dernière minute. Hamza, au vu de toute l’expérience acquise, décide alors de prendre les choses en main. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Son réseau s’est tissé et toutes les connaissances qu’il a acquises à force de persévérance serviront. «Mon plan est enfin ficelé et mon départ imminent», racontait-il y a quelques jours. Il fait, à présent, partie des chanceux de la mer.

-Amine, une harga à durée déterminée

«Jamais deux sans trois» est une expression qui ne s’applique pas au cas de Amine. Il s’est fait prendre deux fois, la troisième a quand même été la bonne. Il a réussi sa traversée en septembre 2009, à partir du rivage de Cheaibia à Mostaganem, après avoir essuyé deux refus successifs à ses demandes de visa touristique. Dix-neuf heures de patience à bord d’un «botti» comme les Oranais se plaisent à appeler leurs embarcations, avant d’arriver à Barcelone. «Une fois arrivé là-bas, c’était l’explosion de joie avec mes compagnons. On a été très bien pris en charge dans le centre puis on m’a attribué la fameuse carte Liberta d’une validité de deux ans.» Amine a tout de suite pris le départ vers la France avec l’aide de la Croix Rouge qui lui a même assuré le transport jusqu’à Paris.

Une fois dans la capitale française, il a travaillé au noir pendant six mois, il s’est loué un appartement, mais la vie là-bas ne l’a pas pour autant convaincu. Il a donc décidé délibérément de rentrer. «J’ai pris un billet et je suis rentré, évidemment j’avais gagné assez d’argent pour pouvoir relancer mes affaires à Mostaganem», raconte-t-il. Pourquoi autant d’acharnement et de prises de risques pour finir par revenir au bercail ? «C’était peut-être tout simplement pour assouvir une soif de partir, détruire l’interdit et voir ailleurs pour m’enrichir, mais maintenant je n’y pense plus, du moins pour l’instant.»

-Halim Harrag collectiviste

C’est sa deuxième expérience de harga et certainement pas la dernière. Halim vient de quitter la prison El Kasbah d’Oran et ne semble pas traumatisé par cette semaine passée dans les geôles. «On a été interceptés deux heures après avoir quitté le rivage de la Madrague à Aïn Turck, puis procédures de routine, secours des gardes- côtes, remarques désobligeantes des gendarmes, misère et épuisement en prison et enfin le procès et l’amende qu’on ne paiera jamais», raconte-t-il sur un ton presque moqueur. Il poursuit : «On s’est organisés avec les copains du quartier dont deux mineurs, et à dix-neuf, on a regroupé la somme de
1 700 000 DA. Je me suis moi-même déplacé à Cherchell avec quatre de mes copains pour acheter le moteur Yamaha de 60 chevaux à 680 000 DA et l’embarcation de 7 m à 100 000 DA, le GPS à 50 000 DA, le guide qui a assuré la traversée a été payé à 150 000 DA. On a fixé la date deux jours avant en suivant la météo sur Internet.»

Halim a 22 ans et est chômeur depuis quatre ans. Après une formation en informatique qu’il a suivie pour faire plaisir à ses parents, il a travaillé en tant que stagiaire pour une courte durée à raison de 3000 DA par mois. Une somme dérisoire certes, mais l’argent n’est pas sa seule motivation. C’est pour plus de liberté et de joie de vivre qu’il veut partir. Car, explique-t-il, «même si tu gagnes un salaire décent en Algérie, tu ne peux avoir un toit, aspirer au mariage et profiter de la vie qu’après trente ans de dur labeur et encore…»

-Adel Le désespoir du retour !

De tous les harraga rencontrés dans la région d’Oran, Adel est celui qui a le regard le plus sombre. Son obstination à vouloir quitter l’Algérie ne dénote pas de l’espoir comme pour les autres. Mais plutôt d’une question de survie, une nécessité pour combattre le renoncement. Il a 25 ans et dégage une forte lassitude, dans sa posture et dans les mots employés pour raconter son expérience : «Je suis parti en juillet 2009. Treize heures après avoir quitté le rivage de Stidia, on est arrivés en Espagne, et j’ai commencé une nouvelle vie, mais qui n’a pas duré longtemps. J’ai passé un mois à Barcelone puis je me suis dirigé vers la France. En Espagne, c’est difficile de trouver un emploi, la langue complique les choses et la solitude est pesante.

A Bordeaux, tout s’est bien passé. Je vendais des cigarettes, je me faisais jusqu’à 700 euros par jour. J’avais mon appartement, je sortais, vivais, profitais de ma jeunesse, pour moi, c’était la vie rêvée.» Mais le rêve n’a duré que huit mois. Intercepté par les autorités françaises, Adel n’a pu échapper à l’expulsion : «Quand on m’a ramené j’ai pleuré, j’étais désespéré !» Un retour au cauchemar insoutenable, à l’entendre en parler. A Mostaganem, Adel n’a presque rien. Se marier, avoir un bon salaire et s’amuser lui semblent hors de portée. Son quotidien se résume à un désœuvrement qui ne trouve d’autre issue que de retenter encore une fois l’expérience. «Je me suis tissé de nouveaux liens, et j’ai trouvé le moyen de me procurer de l’argent pour repartir et je suis décidé à ne m’arrêter que lorsque j’aurais réussi à atteindre mon but», confirme-t-il.

Les autorités espagnoles ne trouvent aucun écho en Algérie

 

En l’absence d’accords entre l’Espagne et l’Algérie pour le traitement de la question des harraga, les autorités espagnoles s’étonnent du silence algérien. Le problème se pose pour les harraga interceptés sur les côtes espagnoles, notamment les mineurs, mais aussi et surtout pour les cadavres non identifiés repêchés par leur marine.

Plusieurs représentants espagnols sur le sol algérien, qui ont souhaité gardé l’anonymat, expliquent : «Contrairement aux officiels marocains avec lesquels nous sommes en contact, en Algérie, nous n’avons aucun interlocuteur.

L’Espagne a même proposé d’installer un système d’ADN pour l’identification des dépouilles recueillies, mais l’Algérie n’a donné aucune suite à cette proposition.» L’Algérie, bien décidée à ne pas faire de ce problème une réalité officielle à prendre en charge, semble opter pour une banalisation du phénomène que la procédure juridique à la chaîne qui lui est associée illustre parfaitement.

 

TUNISIE: Les 36 harraga d’Annaba enfin libres

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Les 36 harraga d’Annaba enfin libres

SÉQUESTRÉS CINQ JOURS DURANT EN TUNISIE
Les 36 harraga d’Annaba enfin libres

Après plus de cinq jours de détention, les autorités tunisiennes ont consenti finalement à libérer les 36 harraga ayant pris la mer dans la nuit du 6 au 7 décembre courant de la plage de Seybouse (Annaba). Du fait des mauvaises conditions atmosphériques, les deux embarcations dans lesquelles se trouvaient les harraga ont dérivé pour finalement échouer sur les côtes tunisiennes de la région de Bizerte.

D’après le frère de l’un des harraga, ces derniers ont été remis hier, mardi matin, aux autorités algériennes du poste frontalier de Heddada, dans la wilaya de Souk-Ahras. Dès qu’ils ont appris, suite à une brève communication téléphonique sur mobile, que leurs enfants se trouvaient sur le territoire tunisien, des familles ont fait le déplacement jusqu’à Bizerte dans la journée du 12 décembre pour s’enquérir de leur situation. Mais trimballés entre les différents corps de sécurité de ce pays (gardes-côtes, gendarmerie et police internationale), les malheureux parents ont vécu l’enfer, selon leurs dires. Soumis à un interrogatoire musclé consigné sur PV concernant leur filiation complète, ainsi que des photocopies de leurs pièces d’identité et même des cartes grises des véhicules les transportant, ils n’ont pas échappé à des réflexions désobligeantes, voire à des accusations d’organisateurs de harga, ont-ils raconté au cours d’une rencontre organisée mardi au centre de documentation et d’information en droits de l’homme de Annaba, relevant de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme. L’un des gardes-côtes tunisiens de Bizerte, ont-ils affirmé, leur a soufflé que 18 Algériens ont effectivement été arrêtés et remis aux gendarmes de son pays. Une fois à Tunis, les parents ont pris attache avec les services de la gendarmerie et de la police internationale tunisienne, qui ont nié au départ la présence des harraga sur leur territoire, avant de les diriger sur l’hôpital Rabta et la prison d’El-Ouardia, dans la banlieue tunisoise. Sur place, les parents, sans pouvoir rencontrer les leurs, ont appris qu’il y avait uniquement 18 personnes. De guerre lasse et en manque de ressources financières nécessaires (la majorité des parents sont de condition modeste pour ne pas dire défavorisés) pour prolonger leur séjour, ils décident de regagner le pays. Cette libération intervient grâce aux efforts du collectif des familles des harraga, dont l’un des membres a accompagné une dizaine de leurs parents dans leur déplacement en Tunisie. Lors de la rencontre de mardi à la LAADH Annaba, les familles des harraga disparus, dont certains depuis l’année 2007, se sont plaints de «l’ignorance affichée par les pouvoirs publics» quant au sort de leur progéniture. Ils ont déclaré avoir frappé à toutes les portes de la plus haute autorité de l’Etat jusqu’aux responsables locaux, en passant par le Parlement avec ses deux chambres, le gouvernement et les ministres concernés par le phénomène, `les représentations diplomatiques nationales à l’étranger et celles étrangères (Tunisie et Lybie) en Algérie. Toutes ces démarches, soulignent- ils, sont restées sans suite à ce jour. Ils affirment détenir des preuves de l’emprisonnement de leurs enfants en Tunisie. Cette libération, qui intervient grâce aux seuls efforts du collectif des familles des harraga, dont l’un des membres a accompagné une dizaine de leurs parents dans leur déplacement en Tunisie, a été accueillie avec soulagement par les membres de la LADDH de Annaba, qui expriment toutefois leur crainte devant la multiplication de ce grave problème à partir des cotes de cette contrée de l’extrême est algérien. Evoquant le procès intenté à une centaine de harraga de l’ouest algérien, la LADDH s’élève «contre la persistance du gouvernement à criminaliser le phénomène et à emprisonner des jeunes qui ont pourtant un droit légitime et conforme à la déclaration universelle des droits de l’homme, ratifiée par l’Algérie. Ce droit s’appelle : liberté de circuler», mentionnent- ils dans une déclaration rendue publique, tout en demandant aux autorités de «prendre en charge effectivement la globalité du phénomène autrement qu’en se comportant comme supplétif de l’Union européenne soucieuse de verrouiller ses frontières».
A. Bouacha