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12 juillet, 2011

Libye:Le bourbier français, la diplomatie algérienne et le malaise du CNT libyen

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Le temps a fini par avoir le dessus sur les ambitions électoralistes et de leadership du président français Nicolas Sarkozy, dans sa course aussi «précipitée» que «pas très claire» à la guerre en Libye. Sarkozy était-il trop ambitieux ou trop confiant quant à l’issue de cette guerre ?

Le conflit qui devait durer quelques jours, quelques semaines tout au plus est malheureusement toujours là, faisant, quotidiennement, son lot de victimes parmi les civils, dont ceux tués dans des bombardements. Alain Juppé avait annoncé, rappelle-t-on, que le conflit ne va durer «sûrement pas des mois».

Les services de renseignements français assuraient que, dès les premières frappes, des milliers de soldats de Kadhafi feraient défection. Ils prédisaient aussi que les rebelles avanceraient rapidement jusqu’à Syrte, la ville natale du Guide, et que tout cela le contraindrait à partir très vite. Mais rien ne s’est passé comme prévu, a-t-il été rappelé.

Quand l’euro est plus précieux que la vie humaine
Rien de tout ça. Les contre-vérités sont aussi nombreuses qu’inquiétantes. La dernière sortie médiatique du ministre français de la Défense annonce que son pays va mettre fin à ses opérations en Libye dans le cadre de l’Otan.

Ceci après quatre mois de conflit et de milliers de frappes aériennes qui ont fait de nombreuses victimes. Sursaut de conscience ? Le ministre français n’évoque pas les morts et autres victimes pour «justifier» le retrait français des opérations militaires de l’Otan en Libye, mais cite des chiffres relatifs aux dépenses financières pour les frappes aériennes, révélant que l’intervention française a coûté 170 millions d’euros en munitions et 27 millions en salaires. Tout est donc question d’argent.

Ce qui rejoint, malgré les déclarations de Sarkozy et ses amis dans cette guerre, les propos tenus par Seif El Islam Kadhafi, fils du «leader» libyen », dans un entretien accordé au quotidien algérien «El Khabar» et publié dans l’édition d’hier. «Nous faisons face à une guerre libyo-française dont les origines sont les avions «Rafales» et la centrale nucléaire »,

selon Seif El Islam Kadhafi. Autrement dit, et selon lui, la France qui a été un partisan farouche d’une intervention militaire en Libye pour «protéger des civils » a mené cette guerre pour exercer la pression sur le régime de Kadhafi et l’obliger à signer des contrats juteux ou le faire remplacer par un autre régime favorable à sa cause économique.

C’est ainsi que Seif El Islam a révélé que «Paris a menacé de mettre fin à son soutien au groupe de Benghazi quand il a su qu’il nous a rencontrés en Egypte», allusion faite à une rencontre entre le pouvoir en place en Libye et le CNT libyen, «représentation politique des insurgés».  Plus grave, Seif El Islam a révélé que Tripoli a dépêché un représentant qui a rencontré Nicolas Sarkozy qui, lance-t-il, l’a informé que les «négociations» devraient avoir lieu avec Paris et non pas avec Benghazi.

Le CNT libyen réagira-t-il ou confirmera-t-il la machination par le silence ?
Le fils du leader libyen a révélé par ailleurs que des éléments des forces spéciales françaises se trouvent sur le sol libyen pour diriger les avions français, ainsi qu’a annoncé  l’existence d’un plan britannique pour diviser la Libye, «l’ouest et le sud pour la France et l’est pour l’Angleterre, qui obtiendrait l’installation d’une base militaire aérienne».

«Si la France veut vendre des avions « Rafales», s’ils veulent signer des contrats de pétrole, s’ils veulent le retour de leurs sociétés, ils doivent s’entretenir avec le gouvernement légitime en Libye et avec le peuple libyen de façon pacifique et officielle», a expliqué Seif El Islam  à «El Khabar». Dans un entretien accordé précédemment à une chaine de télévision russe, il avait abondé dans le même sens, demandant à la France «de s’entretenir avec le gouvernement légitime et le peuple libyens pour obtenir des contrats de façon légale».

Le chef de l’Etat français aurait même, à en croire le fils du guide,  annoncé que «c’est l’argent de la France qui a crée le CNT» libyen et, donc, qu’il est en mesure de le stopper «si des contrats sont signés avec Paris». Le CNT réagira-t-il ou confirmera-t-il la machination par le silence ?

Guerre des renseignements
Le conflit armé en Libye et les frappes aériennes de l’Otan qui ont malheureusement fait de nombreux morts est aussi une guerre de renseignements ayant pour théâtre Benghazi, où sont concoctées des manipulations de toutes sortes, dont celle consistant à accuser l’Algérie de soutenir le régime de  Kadhafi en transportant mercenaires, armes et matériels militaires.

Accusations qui ont révélé leur caractère absurde et manipulateur, même si certains membres du CNT libyen continue à exprimer des  reproches dans une tentative d’imposer à l’Algérie la reconnaissance officielle et l’obliger à abandonner son principe de non-ingérence dans les affaires d’un autre pays. «L’Algérie n’est pas un peuple de mercenaires», a lancé Seif El Islam.

A peu de temps du premier vote parlementaire sur la guerre en Libye, plusieurs responsables français (officiers supérieurs, diplomates et hommes politiques) racontent l’histoire secrète de cette opération, les bévues des services de renseignements et les déchirements au sein de l’Alliance atlantique. Une guerre dans laquelle l’Algérie et ses services secrets ont prouvé une sagesse à toute épreuve en refusant de s’ingérer dans les affaires d’un pays et l’intervention militaire étrangère en Libye.

«Si vous voulez régler le problème libyen, écoutez l’Algérie»
Il y a quelques semaines, un universitaire russe avait lancé cette phrase qui a toute sa signification aujourd’hui, en disant que «si vous voulez régler le problème en Libye, écoutez l’Algérie». Quant à lui, Seif El Islam a, dans l’entretien accordé à «El Khabar», annoncé que «la médiation de l’Algérie est la bienvenue».  L’Algérie a su, dans cette affaire rester intacte et constitue, avec l’initiative de l’Union africaine (UA), l’une des solutions pour le conflit en Libye.

Le terrorisme, seul grand gagnant dans le conflit.

Le seul grand gagnant dans le conflit reste le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC ou « AQMI »), qui, des mois durant, récupérait armes, munitions et explosifs volés de casernes militaires libyennes. L’organisation terroriste qui disposerait d’appuis parmi les «insurgés» en Libye a pu reprendre du souffle après avoir été sérieusement malmenée par l’ANP et les forces de sécurité algériennes.

De hauts responsables de pays participant aux frappes aériennes en Libye le reconnaissent. Une fois le conflit armé et les forces de l’Otan rentrées chez elles, les pays de la région affronteront, eux, l’organisation terroriste d’Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossab Abdelouadoud, mieux armée, loin des soucis éléctoralistes de Nicolas Sarkozy.

Publié Par Nado -

12 juillet, 2011

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Du Copé collé

Par : IRIS  SAMY . On n’est pas sorti de “l’axe” tourner la page, les choses étant essentiellement vues sous l’angle de l’intérêt des entreprises françaises qui ont eu droit à un traitement bien plus éloigné des IDE ; Paris et Alger leur ayant réservé spécialement deux pointures pour les tirer du bord du gouffre.

Le patron de l’UMP et proche du président français vient de boucler un cycle de visites en Algérie. Le défilé a été éminemment économique, mais une belle marge politique a donné à Alger l’air d’une incontournable place dans l’échiquier parisien. Cette impression a été accentuée par les allers-retours de M. Raffarin qui a mis en tête des priorités le sauvetage des compagnies françaises à la veille d’une présidentielle à risque pour Sarkozy. Occupée à réanimer son économie encore sous “le choc psychologique”, la droite a laissé agir la gauche venue afficher ses ambitions politiques. Sur ce plan, gauche et droite se confondent et se rejoignent dans le pur style de la politique étrangère américaine.
Cet esprit n’est pas loin. Il transparaît dans les propos de M. Copé, poli et arrondi, qui a évité avec finesse les sujets qui fâchent, prêchant “l’intérêt commun” et l’ouverture “d’une nouvelle page de développement partagé”. Vieille rengaine qui semble résister aux effets du temps et de l’évolution du côté de l’Hexagone.
En définitive, on n’est pas sorti de “l’axe” tourner la page, les choses étant essentiellement vues sous l’angle de l’intérêt des entreprises françaises qui ont eu droit à un traitement bien plus éloigné des IDE ; Paris et Alger leur ayant réservé spécialement deux pointures pour les tirer du bord du gouffre.
Comme si, politiquement, véritablement une page était tournée. Quid des débats, commissions et conférences initiés par la majorité UMP, pilotés par ses ministres. Copé, en émissaire à Alger, joue la prudence et clame ouvertement son opposition à certains projets de “sa” majorité.
Il sait qu’il opère en terrain miné. Miné par la politique adoptée par son propre parti depuis l’élection de Sarkozy.
Incapable d’assumer son passé colonial, la France a trouvé en la droite, ces dernières années, la classe qui assume son rôle de “gomme” assortie d’une dérive lexicale qui a affecté même le repêché Juppé.
Et Copé aura fort à faire pour convaincre et faire passer son 2 en 1. Surtout s’il continue à considérer la proximité exclusivement du point de vue géographique. Les proximités politiques sont beaucoup plus difficiles à apprécier. M. Copé le sait !

Il n’empêche que de l’avis des observateurs, le déplacement du SG de l’UMP dans notre pays est intimement lié avec les présidentielles de 2012 en France. Paris souhaiterait donc s’assurer du soutien d’Alger pour la réélection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Elysée. Les autorités algériennes seraient elles à même de cautionner ce choix? Rien n’est moins sûr et cela au moins pour une raison  bien évidente.

Il s’agit de la différence d’approche  des deux capitales (Algérie et Paris)  de la question libyenne qui occupe présentement  le devant de  l’actualité internationale. Les autorités françaises n’ont pas hésité  à opérer une intervention militaire en Libye, en application d’une résolution adoptée en ce sens par le Conseil de sécurité de l’ONU. Cette manière d’agir n’est pas, pour le moins que l’on puisse dire, du  goût  des dirigeants algériens.

Copé rêve d’une nouvelle page de partenariat
Dans la matinée d’hier, Jean François Copé a animé une conférence intitulée «la France et les valeurs de la République face à la mondialisation» abritée par le siège de l’Ecole nationale des Sciences politique d’Alger.  Au cours de son intervention, il fera  part de sa volonté d’ouvrir une nouvelle page de partenariat avec l’Algérie. «Je rêve d’une nouvelle page de partenariat entre l’Algérie et la France», a-t-il déclaré.
Il mettra l’accent sur «les nouvelles  perspectives» que font siennes les dirigeants de l’UMP dont est issu le président français Nicolas Sarkozy.
Des perspectives basées essentiellement sur la conquête de nouveaux marchés à travers le monde à même de faire face, dira-t-il, au nouveau défi de la mondialisation. Celle-ci a provoqué selon l’orateur «un choc terrible au sein de la société française». Et pour cause, il se trouve que la mondialisation n’a pas épargné les français et leur gouvernement d’une série de crises multiformes aux conséquences économiques plus ou moins graves.

Parmi ces moments de crises, le SG de l’UMP citera, entre autres, la crise monétaire qui a secoué son pays en 2007. Ajouté à cela les différentes mutations enregistrées au plan international et dans les sillages desquelles Paris n’a pu s’empêcher de s’impliquer comme tel est le cas actuellement avec la situation en Libye.
C’est une cagnotte de 160 millions d’euros qui, a titre de rappel, a été dépensée  jusque là par Paris dans le cadre de son intervention en Libye. Du coup, et pour renflouer les caisses de l’Etat français, l’alternative de dénicher et de surcroît de nouer des partenariats économiques avec d’autres pays, en particulier avec l’Algérie a valeur, non seulement «de perspective solide mais il s’agit aussi d’un choix stratégique» pour paraphraser Jean-François Copé.

 

11 juin, 2011

Le recteur de la mosquée de Paris soutient Hortefeux Le jeu trouble de Dalil Boubakeur!!!

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Indésirable en Algérie quand il était en fonction, l’ancien ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a reçu une incroyable bénédiction de Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande-Mosquée de Paris.

Alors que toute la France progressiste s’est mobilisée contre les propos racistes de
M. Hortefeux qui lui ont valu d’être condamné en première instance, le dignitaire religieux a volé à son secours, lors de son procès en appel, jeudi, à Paris. Un an après le jugement du tribunal correctionnel qui a condamné M. Hortefeux à 750 euros d’amende, la cour d’appel de Paris s’est, à son tour, penchée sur les paroles litigieuses prononcées par le ministre alors qu’il posait avec un jeune militant, Amine, né de père algérien, lors de l’université d’été de l’UMP, en septembre 2009. Sur une vidéo publiée par lemonde.fr, une militante expliquait à M. Hortefeux qu’Amine mangeait du cochon et buvait de la bière. Et le ministre de rétorquer : “Ah, mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype !”
Dans un second temps, il ajoutait : “Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes.” Pas plus qu’en première instance, les juges n’ont pu entendre les explications du ministre, absent à l’audience. Ils ont, en revanche, reçu deux témoignages nouveaux : celui du recteur de la Grande-Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, et du président de l’Institut musulman d’Auvergne (IMA), Karim Djermani, venus attester des convictions antiracistes de M. Hortefeux.
Sans s’avancer sur le terrain de la moralité du prévenu, l’avocate générale a requis la relaxe sur un fondement essentiellement juridique : à ses yeux, la 17e chambre correctionnelle ne pouvait, comme elle l’a fait, requalifier le délit d’“injure publique” reproché à M. Hortefeux en injure non publique — passible d’une simple contravention de 4e classe — car la partie civile à l’origine des poursuites, le Mrap, ne peut agir en justice qu’en matière de délit. Sans exclure que les propos de M. Hortefeux aient pu être “mal ressentis et perçus comme vexatoires” par la communauté musulmane, la représentante du parquet général a appelé les juges à se demander si le caractère injurieux des propos était “suffisamment explicite” pour être condamné.
Sur ce point, la conviction de M. Boubakeur est faite : ces propos ne sont “pas spécialement d’un racisme extraordinaire”.
“Si, dans le métro, un quidam disait la même chose, vous diriez : ça n’est pas grave ?” l’a interrogé, un rien surpris, le président de la chambre, Alain Verleene. M. Boubakeur ne s’est pas démonté, il a même une théorie appuyée, dit-il, sur son expérience de médecin pour expliquer les saillies de l’ancien ministre : il s’agit d’un “automatisme de la parole” de la part d’un homme politique “imprégné” à son corps défendant par “la société de consommation” et ses slogans publicitaires restés dans la mémoire collective comme “un verre, ça va, deux verres, bonjour les dégâts”.
Cette automatisme “inconscient” n’est “pas révélateur d’une attitude personnelle” de Brice Hortefeux dont le recteur de la Grande-Mosquée a salué les actions en faveur de l’Islam en France et l’attitude toujours “bienveillante, ouverte, favorable” vis-à-vis de la communauté musulmane.
Selon des indiscrétions obtenues par Liberté, ce soutien n’a rien de spontané et devait, dans un premier temps, prendre la forme d’un écrit adressé au tribunal. Mais l’ex-ministre, proche de Nicolas Sarkozy, s’est déplacé, mardi soir, à la Mosquée de Paris pour demander au recteur de se déplacer au tribunal. Y a-t-il une contrepartie à ce soutien ? Si c’est le cas, elle ne profitera pas à la communauté musulmane de France, assure, en fin connaisseur de la mosquée, un fidèle qui invite à observer l’agenda du chef de l’État pour les mois prochains. Nicolas Sarkozy, qui n’apprécie pas particulièrement Dalil Boubakeur, pourra lui accorder une audience et le gratifier de quelque récompense. Attendons. Au rassemblement de Lille la semaine dernière, Dalil Boubakeur avait épinglé à son veston la Croix de la Légion d’honneur et le drapeau algérien. C’est sur lui que mise Halim Benatallah pour encadrer la communauté algérienne en France.

Par : Yacine S.

1 juin, 2011

 

France-Front National : L’obsession de l’Algérie

 

http://www.francesoir.fr/sites/default/files/dynimagecache/0-300-976-693-494-351/jeanmariemarine.jpgLa lettre adressée mardi par Marine Le Pen aux députés de gauche et de droite est destinée volontairement à choquer. Le FN se « rediabolise

La lettre que vient d’adresser la présidente du Front national aux 577 députés (de gauche comme de droite) et que est doublement significative.

Elle confirme que l’avocate Marine Le Pen a l’art de la « com ». Elle sait comment s’y prendre pour faire parler d’elle et de son parti. Elle n’est pas du genre à se faire oublier. Elle sait exploiter les sujets de controverses et de polémiques. Ainsi voit-on clairement, à la lecture de sa lettre, le parti qu’elle tire de la poisseuse affaire des jeunes footballeurs à double nationalité qui a occupé l’actu (sans conclusions claires) il y a quelques semaines. En tout cas, au vu de l’écho que rencontre la présidente du FN dans les médias depuis six mois, elle aurait du mal à se faire passer pour une « victime ». Sous l’angle de la « com », c’est fait : dans un autre registre que son père, elle lui est supérieure.

Seconde leçon : la fille et le père ont beaucoup plus de points communs (politiques) que Marine Le Pen ne l’admet. Certes, cette dernière – sous couvert de « dédiabolisation » – a écarté les « provocs » et parfois les injures dont son père raffolait. Et, avec elle aux commandes, l’antisémitisme du FN -jusqu’à preuve du contraire- a disparu. Mais, sur le fond, quand elle évoque, pour mettre en cause ce qu’elle appelle la « double allégeance », le scénario d’une intervention militaire française (« sous la bannière de l’Otan ») en Algérie, c’est le même discours, les mêmes références. Et, au fond, la même obssession : l’immigration. De même, quand elle met en cause – sans le nommer, mais c’est transparent – Frédéric Mitterrand qui, du fait de ses racines, bénéficie de la double nationalité (française et tunisienne), on croit entendre Jean-Marie Le Pen. La seule « différence Marine », c’est qu’elle se réfère, elle, à l’Etat. Son père aura été, lui, un libéral autoritaire – mais un libéral d’abord. Et l’Etat lui importait peu.

Pourquoi Marine Le Pen, pour relayer un débat qui existe, hausse-t-elle soudain le ton ? En choisissant de heurter sciemment et violemment des milliers et des milliers de Français patriotes – algériens ou pas – qui sont soudain montrés du doigt. Seule hypothèse : sa cote a fléchi un peu dans les sondages, et elle tiendrait plus que tout à ne pas paraître trop… « convenable ». Elle aurait donc choisi de se « rediaboliser ». Un changement de stratégie ?

 

source france soir

27 avril, 2011

 

France – Algérie : quand Paris se fait le porte-parole d’Alger

 

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Les autorités algériennes ont tendance à confier l’annonce d’importantes décisions à des personnalités étrangères, essentiellement françaises. Des fuites organisées qui répondent à une stratégie de communication très particulière…

« Le métro d’Alger sera opérationnel avant la fin de l’année 2011 ». Contrairement aux apparences, cette annonce n’est pas du ministre algérien des Transports ou de son confrère des Travaux publics. Elle a été faite le 20 avril par Jean-Pierre Raffarin, sénateur français et envoyé spécial de Nicolas Sarkozy pour les relations économiques avec l’Algérie, via le quotidien français Le Figaro.

La veille, c’est toujours à travers un officiel français, en l’occurrence Alain Juppé, que l’opinion publique a eu la confirmation officielle que l’Algérie n’avait pas livrée d’armes à la Libye. Le ministre français des Affaires étrangères avait en effet rendu public quelques détails d’une conversation téléphonique tenue avec son homologue algérien, Mourad Medelci.

Raffarin, encore lui

Les exemples de ce genre de manquent pas. Début 2011, l’Algérie est sous pression. Des émeutes éclatent dans plusieurs villes du pays. Le gouvernement met cette colère sur le compte de la hausse des prix des produits de grande consommation. Les Algériens, à l’écoute des révolutions tunisienne et égyptienne, attendent une réaction en provenance du plus haut sommet de l’État. Abdelaziz Bouteflika et son premier ministre Ahmed Ouyahia ne réagissent pas. Finalement, les Algériens prendront connaissance d’un début de changement politique grâce à l’intervention inattendue de… Jean-Pierre Raffarin. Encore lui.

«Le président Bouteflika m’a annoncé qu’il tenait un Conseil des ministres aujourd’hui et qu’il annoncerait un certain nombre d’initiatives de grande ampleur. Je n’en connais pas le contenu mais je pense qu’il va y avoir des mouvements importants dans les jours qui viennent », indique-t-il le 22 février, à la sortie d’une entrevue avec Bouteflika.

C’est désormais une habitude : Paris se fait souvent le porte-parole d’Alger, quitte à démentir des officiels algériens. En juillet 2008, c’est Sarkozy qui annonce, à partir de Tokyo, la participation de Bouteflika au sommet de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Pourtant, quelques jours auparavant, Abdelaziz Belkhadem, alors chef du gouvernement, déclarait que l’Algérie n’était « pas concernée par l’UPM ».

Plan média

Pour Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, ces fuites sont loin d’être fortuites. Et l’explication est même très simple. « Cette stratégie de communication est l’œuvre de Abdelaziz Bouteflika, explique-t-il. C’est son plan média. Il sait que ses décisions auront plus d’impact si elles sont annoncées par des personnalités étrangères puis reprises par des médias occidentaux à grande audience. Pour lui, les médias algériens n’offrent pas cette possibilité. » Au risque que son attitude apparaisse comme du mépris…

Mais Rahabi va plus loin. Selon lui, le public visé par Bouteflika dépasse celui de la France et de l’Algérie réunies. « N’oublions pas que Bouteflika est diplomate de carrière. Il est conscient du fait que pour tout ce qui a trait à l’Algérie, les pays européens, voire même les États-Unis, se basent essentiellement sur l’avis des Français », souligne-t-il. En un mot, Bouteflika ne recherche pas seulement un porte-parole, mais un bon haut-parleur…

 

 

Par Ahmed Bey

10 avril, 2011

Que veut Guéant ?

Réponse à Guéant

Que veut Guéant ?

Le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, explique que «l’accroissement du nombre de fidèles (musulmans) en France pose problème». Quelle est la prochaine étape, leur demander d’abjurer leur foi?, s’interroge Akram Belkaïd.

Il fallait s’y attendre. Impossible pour le gouvernement français et l’UMP de ne pas débiter au moins une bêtise par semaine à propos de l’islam et des musulmans de France. Cette fois encore, c’est le serial-provocateur Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de ce qui reste de la République française, qui fait parler de lui en affirmant que «l’accroissement du nombre de fidèles (musulmans) et un certain nombre de comportements posent problème». Et d’ajouter, alors qu’il était en déplacement à Nantes, qu’en 1905 —date à laquelle fut votée la loi de séparation entre l’église et l’Etat— «il y avait très peu de musulmans en France» alors qu’il y en aurait «entre 5 et 10 millions» aujourd’hui.

On ne peut être plus clair: l’augmentation du nombre de musulmans en France est donc un problème pour Claude Guéant. Une dénonciation qui fait écho à celle du président Nicolas Sarkozy qui s’était élevé en novembre 2007 contre «le trop grand nombre de musulmans en Europe». Une sortie que le journaliste Jean Quatremer avait rapportée sur son blog sans que, d’ailleurs, cela n’émeuve paersonne dans l’Hexagone.

Commençons d’abord par relever qu’en 1905, l’Algérie faisant partie intégrante de la France, il y avait donc déjà un nombre important de fidèles musulmans sur le sol français —mais soit, passons… Cette sortie du ministre de l’Intérieur prouve d’abord une chose: en France, on peut désormais dire tout et n’importe quoi sur les musulmans. Terminé le temps des faux semblants, de la prudence oratoire et des circonvolutions sournoises; il suffit de dire les choses comme on pense. Il y a trop de musulmans: point à la ligne. Mais qu’en pensent les fidèles musulmans encartés à l’UMP? Jusqu’à quand vont-ils continuer d’avaler des couleuvres au sein d’une formation politique qui semble décidée à braconner à l’excès sur les terres du Front national?

 

Un acte hostile : Trop c’est trop!


Les ministres français et italien de l’intérieur, Guéant et Moroni, ont annoncé ce vendredi 8 avril avoir conclu un accord pour envoyer des patrouilles aériennes et navales « au large des côtes tunisiennes » afin d’ empêcher l’arrivée en Europe d’émigrés tunisiens ou d’autres pays africains.

Outre leur participation à l’intervention militaire en Libye, les gouvernements de Sarkozy et de Berlusconi, confrontés à des difficultés intérieures, affichent leur penchant pour la politique de la canonnière et leur nouveau rôle de  « gendarme » ou de « cow- boy » de la Méditerranée , en dehors de tout mandat ou de feu vert des opinions publiques des pays concernés et en contradiction totale avec leurs déclarations grandiloquentes sur les droits de l’Homme.

Pourtant, il existe des voies autres que celle du bellicisme pour endiguer les tentatives de départ des jeunes Tunisiens vers l’Europe:

-  Sarkozy et Berlusconi ne pourraient-ils pas agir auprès des banques européennes pour qu’elles remettent au Trésor Public tunisien les milliards de dollars que Ben Ali et consorts ont placés en Suisse, en France, en Belgique et ailleurs?

- Sarkozy et Berlusconi ne pourraient-ils pas acceder à la demande de moratoire sur la dette tunisienne formulée par les euro-députés Marie-Christine Vergiat et Gabi Zimmer? Ceci sans parler de l’annulation pure et simple de la dette tunisienne (en grande partie remboursée)  qui, mise au service du pillage, n’a servi en rien le développement des zones enclavées d’où est partie la Révolution de la Liberté et de la Dignité.

La Tunisie révolutionnaire veut maintenir des relations amicales  avec les peuples d’Europe dans l’intérêt partagé des deux parties, mais on doit savoir qu’ elle veillera jalousement sur la souveraineté du pays.

par_LMT

 

7 avril, 2011

Islam : l’opération UMP continue

 

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   dans farnce dilem
Dilem du Jeudi 07 Avril 2011 
 

liam_party_bottomright dans farnce

 

Alors que l’instrumentalisation de la laïcité était boudée par une partie de la droite, Claude Guéant a assuré le service après-vente par une provocation façon Hortefeux. Après le débat ? L’opération continue. Alors que la convention de l’UMP s’acheminait, mardi, vers un flop, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, s’était, la veille, livré à une nouvelle provocation style Hortefeux : l’islam serait devenu un problème en raison du nombre de musulmans. De quoi rassurer les électeurs lepénistes : le parti présidentiel, en plein accord avec l’Élysée, poursuivra l’inoculation des idées de divisions et de peurs dans l’opinion publique. Hier, en début d’aprèsmidi, à l’Assemblée nationale, François Fillon assurera Claude Guéant de « son soutien », et posera des traits d’égalité entre ces déclarations qui tombent sous le coup de la loi pour incitation à la haine, et les malversations supposées au sein du PS dans les Bouches-du-Rhône. Les députés socialistes devaient protester en quittant la séance. Quelques minutes plus tard, Jean- François Copé, patron de l’UMP et co-initiateur du débat, ouvrait les travaux de la convention dans un palace parisien. Il ne lésinera pas sur les amalgames, associant en particulier la peur de la mondialisation à celle censée être engendrée par l’islam, devenu, dit-il à son tour, « un problème ». Pour lever les ambiguïtés, à la convention, dont l’intitulé initial sur la place de l’islam a été recentré sur la « laïcité », il lira sa « lettre à un ami musulman » publiée la semaine dernière dans un hebdomadaire, sur un principe emprunté au penseur Edmond Fleg – mais dévoyé – dans ses échanges épistolaires avec Ernest Bloch, en 1908. Il y évoque la propagande associant les juifs au « facteur de division des forces vives de la nation ». Jean-François Copé parlera aussi de « sa volonté de paix », comme si les Français étaient en guerre contre les musulmans ! Marie-Anne Montchamp expliquera que le sens de l’initiative de l’UMP est de permettre « l’expression des impensées et des impensables ». L’opinion publique n’est pourtant pas dupe de l’opération politicienne et idéologique du parti présidentiel. Selon un sondage Harris Interactive pour la chaîne parlementaire LCP, seulement 23 % d’entre eux estiment que le débat est une bonne chose, 37 % étant d’un avis radicalement contraire, 36 % considérant que l’initiative « n’est ni bonne ni mauvaise », et donc sans intérêt. En revanche 83 % accordent à la laïcité « une importance essentielle ». Un plébiscite qui sonne le glas des velléités de remise en cause des équilibres de la loi de 1905.

par_Dilem

7 avril, 2011

Identité Nationale – une discrimination dès la conception

Naître ou ne pas n’être français ?

Identité Nationale - une discrimination dès la conception

Le débat sur l’identité nationale a coïncidé avec les difficultés rencontrées par les Français nés à l’étranger ou nés en France d’un parent étranger qui se voient opposés un nombre incalculable d’exigences administratives lors du renouvellement de leur carte d’identité ou de leur passeport.
Ce débat constitue un regrettable rendez-vous manqué et les dérapages qui l’ont émaillé ne seront pas sans conséquences.

Dessins de presseUne oreille collée à la radio, un oeil sur les images télévisées, l’autre plongé dans les journaux, la presse quotidienne ou les magazines, et un troisième flanant sur la vie qui l’entoure… c’est sans doute ce qui donne ce drôle de regard et cette drôle de tête au dessinateur de presse !

par-haf

7 avril, 2011

 

Vidéosurveillance et vie privée.

 

 

Vidéosurveillance et vie privée.

   
 

Il faut « être à l’écoute de tout et, si possible, savoir tout ». C’est ainsi que le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a expliqué les enjeux de l’avant-projet de loi antiterroriste.
Son premier chapitre est consacré entièrement au renforcement de la vidéosurveillance. Les pouvoirs publics pourront désormais enregistrer des images sur la voie publique à des fins de « prévention du terrorisme ».
Autre innovation majeure : les « personnes morales », c’est-à-dire des opérateurs privés, pourront filmer les abords de leurs bâtiments.
Pour un Ministre « qui ne désire plus communiquer sur sa vie privée », la nôtre semble plutôt menacée !

Dessins de presse

Une oreille collée à la radio, un oeil sur les images télévisées, l’autre plongé dans les journaux, la presse quotidienne ou les magazines, et un troisième flanant sur la vie qui l’entoure… c’est sans doute ce qui donne ce drôle de regard et cette drôle de tête au dessinateur de presse !

par-haf

4 avril, 2011

 

Tariq Ramadan: «J’ai touché le point où la France est sensible»

 dans farnce 9782845922907

Tariq Ramadan, de passage à Paris, reçoit dans un hôtel place de la République. Ses contempteurs acharnés, persuadés que chaque mot comme chaque geste tiennent chez lui du double discours, y verront quelque indice supplémentaire de la duplicité du personnage. Après tout, certains poussent la vigilance jusqu’à relever que son prénom en fait l’héritier de ce Tariq ibn Ziyad, qui conquit la péninsule Ibérique en 711, voilà exactement 1.300 ans, avant de… baptiser Gibraltar (déformation de Djebel – mont – Tariq). Il se trouve même deux ou trois censeurs attentifs pour avoir repéré que l’épouse de Tariq Ramadan, une Française convertie à l’islam, se prénomme Isabelle, histoire sans doute pour le mari de mieux détrôner Isabelle la Catholique!Bref, Tariq Ramadan serait le diable et il faudrait, pour l’interroger, un long microphone. Miniaturisation électronique oblige, le journaliste de Mediapart est venu avec un petit magnéto et des préventions les moins envahissantes possibles, recueillir les propos d’un pestiféré.

 

Dans l’entre-deux tours des élections cantonales, Jean-François Copé, s’appuyant sur Le Figaro, obtint le retrait de Martine Aubry et de Laurent Fabius des signataires d’une pétition du Nouvel Observateur et de Respect Mag, «contre le débat-procès de l’islam» lancé par l’UMP sous couvert d’évoquer la laïcité. Pour quelle raison? Tariq Ramadan, repoussoir national, figurait sur la liste. Explications du chien dans le jeu de quilles…

On dirait qu’en France, une fatwa a été lancée contre vous… 

Tariq Ramadan: En tout cas il existe une exception française: je l’ai rencontrée à mes dépens. On me rapporte même que Paris ferait pression pour m’expulser de différentes instances au niveau européen. Il y a eu, en France, une déferlante à mon encontre à partir de l’automne 2003, c’est-à-dire après la publication de mon article intitulé «Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires» puis mon débat, sur France-2, avec Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur et des cultes. La France est actuellement l’un des seuls pays au monde où l’accès des universités m’est pratiquement interdit.

Les Etats-Unis d’Amérique s’étaient crispés à votre encontre sous leur précédent président…Mon visa avait effectivement été révoqué en août 2004, du temps de Bush, sur décision du secrétaire adjoint à la défense Paul Wolfowitz et du vice-président Dick Cheney. En janvier 2010, Hillary Clinton et l’entourage du président Obama ont réglé la question. Je pars la semaine prochaine aux Etats-Unis, où je bénéficie d’une entière liberté de parole. Il n’y a donc plus qu’en France que je subis une diabolisation perpétuelle.

À quoi attribuez-vous cette «diabolisation», puisque vous ne reprenez pas le terme de fatwa?…

 Ce mot me fait néanmoins volontiers sourire et m’apparaît bien choisi puisqu’il désigne une opinion pratiquement de l’ordre du législatif; une opinion transversale (qui touche la gauche comme la droite) et politique…

La France connaît un contentieux avec le religieux, la laïcité et la nouvelle présence musulmane. Moi qui ne viens pas de banlieue ni ne suis représentatif des exilés économiques, j’ai pris la parole pour expliquer leur réalité. Et j’ai touché le point où la France est sensible, elle qui souffre d’hypertrophie du fait musulman. On m’a fait payer pour cette réalité qu’on refuse de voir, d’autant que j’ai très vite dit que la question n’est pas religieuse mais sociale.

J’ai également payé mon positionnement sur la question israélo-palestinienne. On a essayé, à gauche et à droite, de me faire passer pour antisémite. En vain. Je reproche simplement que trop d’intellectuels lisent, chez vous, les phénomènes français et internationaux à travers le prisme de leur soutien à Israël. J’ai également reproché à Alain Finkielkraut son assertion selon laquelle le nouvel antisémitisme est arabe. Je refuse toute généralisation abusive. J’ai toutefois reconnu, voilà une dizaine d’années, qu’il y a de l’antisémitisme dans les communautés musulmanes et arabes et qu’il faut le critiquer. Je concluais ce texte en écrivant que l’avenir appartient à ceux qui sortiront de leur appartenance communautaire pour en venir à des principes communs.

Vos ennuis avec la France ont peut-être à voir avec des enjeux de mémoire, où entre en ligne de compte le souvenir des guerres coloniales…

 C’est vrai, la France n’a pas réglé sa relation avec l’Algérie ni avec l’Arabe. Je suis maintenu en lisière du forum intellectuel français en tant que représentant de cet être colonisé.

Même si vous y échappez apparemment, avec votre élégance perçue par vos ennemis tel un signe supplémentaire de fourberie…

 Oui, je suis accusé de tenir un double langage, selon un discours stéréotypé qui reprend des bribes déjà entendues au sujet de la présence juive en France, dénonçant leur double loyauté, l’internationale juive, etc. Il est impossible de discuter des idées tant que me sont opposés ces reproches réchauffés sur le moratoire concernant la lapidation, sur ma condition de petit-fils de Hassan Al-Banna, fondateur des Frères musulmans en 1928 en Égypte….

Or que dis-je en France, devant des salles combles, à mes auditeurs musulmans ? Vous n’avez pas à être moins vous-même pour être français. Ne demandez pas à la France de changer mais réclamez-lui d’appliquer ses propres règles avec cohérence… Je m’oppose à la mise sous contrôle de l’islam en France par Nicolas Sarkozy qui, comme ministre de l’intérieur hier, comme président de la République aujourd’hui, entend jouer au mufti des musulmans. Il n’est pas là pour donner le la mais pour veiller à l’application des lois de façon cohérente. Je gêne parce que j’encourage les Français de confession musulmane à la dignité, à l’égalité et à l’autonomie par rapport au pouvoir.

«Je suis légaliste»

Vous êtes perçu tel un instrument. La France vous voit comme un cheval de Troie islamiste. La Grande-Bretagne vous considère au contraire comme une sorte de furet utilisé dans une commission instituée par Tony Blair pour déloger («root out» est-il écrit sur le site de votre université d’Oxford) l’extrémisme radical musulman…   

 Je n’avais pas connaissance de cette présentation britannique…

Cette fonction utilitaire et supplétive vous gêne-t-elle ?

J’apparais, notamment dans le milieu universitaire britannique, comme la voix de la raison, de la réforme, de l’installation: celui qui va calmer ceux qui repoussent toute collaboration possible avec le gouvernement. J’ai toujours été un lien. Je n’ai jamais refusé de rencontrer des responsables politiques.

En France, l’année dernière, j’en ai vu huit, de gauche comme de droite. Je ne vous donnerai pas de nom, ils ne veulent pas que ce soit su. L’un m’a confié : si je vous vois aujourd’hui, c’est que je n’ai pas de mandat. On sait le type de population que je touche, on me consulte avec une authentique volonté de comprendre et, dans le même temps, on participe à ma diabolisation publique. Voilà ce qui se passe en France…

En donnant votre nom à la pétition du Nouvel Observateur, saviez-vous qui vous alliez côtoyer ?

 Non, j’ai signé un texte, sans me soucier des signataires.

La laïcité apparaît à certains de ses défenseurs aussi intangible qu’une religion. Vous, au nom du sacré, réclamez-vous l’aménagement de cette loi qui régit l’espace public?

J’ai changé. En 1992, dans Le Monde, je réclamais une laïcité ouverte, capable de se négocier pour faire une place à l’islam, nouveau venu depuis 1905.

Vous réclamiez l’autorisation du voile, ainsi que des cimetières tournés vers La Mecque.

Je croyais en effet que la laïcité s’opposait à ces questions. Je m’étais trompé. En réfléchissant avec la Ligue de l’enseignement ou avec des spécialistes comme Jean Bauberot, j’ai compris qu’il n’y avait nul besoin de négocier puisque la laïcité offre une latitude d’application beaucoup plus large.

Grâce à Jaurès, au moment des débats voilà plus d’un siècle à la Chambre des députés…

Exactement. Émile Poulat, que j’ai lu, m’a fait comprendre qu’il ne faut pas confondre la laïcité légale, c’est-à-dire son institutionnalisation par la loi qui offre toute latitude, avec l’idéologie laïque de certains, qui font dire à la laïcité ce que jamais la loi ne stipule. La vision large et généreuse de Jaurès a effectivement triomphé d’une lecture restrictive, qui confond laïcité et remise en cause de la religiosité. Un retour au texte de loi m’a permis de découvrir que les marges de manœuvres jadis offertes aux catholiques, aux protestants et aux juifs, permettent aujourd’hui aux musulmans de trouver leur voie.

Vous dénoncez donc un intégrisme laïque ?

Je rejoins Jean Bauberot sur ce point. L’application des lois concernant la laïcité est liée aux perceptions que suscitent ceux auxquels le texte s’applique. Quand on a confiance en le sujet visé par la législation, on se montre inclusif ; quand on se méfie de lui, on se montre protecteur, c’est-à-dire qu’on se livre à une lecture surprotégée de la laïcité, qui vient en dénaturer l’esprit dans le cas d’espèce de l’islam.

J’en suis donc venu à proposer d’appliquer la loi telle qu’elle est. À propos du foulard, on m’a accusé de vouloir changer la loi. Faux ! En définitive, c’est la République française qui a changé la loi, en 2004, pour la rendre plus restrictive sur les signes religieux (le foulard était essentiellement visé). Auparavant, la loi française ne posait dans sa lettre aucun problème sur le fait de porter le foulard à l’école. Je suis légaliste. Une fois cette loi de 2004 votée, j’ai dit aux jeunes filles musulmanes : entre l’école et le foulard, choisissez l’école.

Pour ce qui touche aux cimetières, quand les musulmans réclament ce que les catholiques, les juifs ou les protestants ont déjà, on leur reproche de réclamer une spécificité musulmane. Ce sont des lectures restrictives qui font qu’on en arrive à des traitements différenciés. Ma position consiste à demander, depuis 1997, que soit appliquée la loi, rien que la loi, toute la loi sur la laïcité. Je l’ai écrit dans le livre Mon intime conviction (Ed. Presses du Châtelet, 2009), mais on refuse de l’entendre…

La déchristianisation fut la suite logique de l’obscurantisme de l’Église. Pourquoi une désislamisation ne serait-elle pas induite par l’obscurantisme de la Mosquée ?

Les mosquées ne représentent pas, au niveau de l’islam, ce que l’autorité cléricale représente s’agissant du catholicisme. Vous avez certes, ici en France, des imams venus des pays d’origine, complètement déconnectés de la réalité européenne et hexagonale. On les suit le vendredi, mais ils n’ont aucune autorité sur le quotidien de leurs fidèles. En revanche, existe un tissu associatif musulman hyper dynamique, avec une capacité de mobilisation phénoménale, rythmée par des moments: chaque vendredi, des centaines de personnes se réunissent. Dans l’entre-deux, loin des mosquées mais proches des fidèles, s’accomplit un véritable travail de conscientisation. Il y a un dynamisme lié à l’appartenance.

Semblable à celui qu’offrait, jusque dans les années 1970, le parti communiste français, avec le rituel laïque des réunions de cellules!

Je ne connais pas bien cela… En termes de tissu associatif et de mobilisation idéologique, un parallèle est sans doute possible. La seule différence touche au symbolique religieux: sachez qu’en France, aujourd’hui, être musulman n’est pas facile. Vous en prenez tous les jours pour votre grade. D’où un phénomène bien connu: on vous frappe et cela vous donne une certaine énergie. Il s’ensuit quelque chose d’imprévu, dans tous les pays européens: il n’y a pas désislamisation mais réislamisation. Le retour à la pratique religieuse est plus important chez les étudiants que dans les populations les plus paupérisées. La religion n’est donc pas le dernier recours (le fameux opium!) du peuple privé d’espoir. La religion ne peut être résumée à ce bastion-là. C’est aussi un élément de construction intellectuelle chez une jeunesse installée. Il y a donc l’émergence de consciences françaises de confession musulmane équipées intellectuellement pour faire face au débat. Je ne suis, en ce sens, que l’arbre qui cache la forêt poussant un peu partout en France et en Europe.

 

«Déplacer le centre de gravité de l’autorité en islam»

À cette émergence au nord de la Méditerranée répond, au sud, des révolutions arabes aux mots d’ordre résolument universels, sinon désislamisés…

Nous assistons tous aux vendredis de la liberté. Il ne s’agit pas simplement d’un fait religieux, mais le fait religieux mobilise et galvanise la possibilité de porter un discours qui va dépasser l’appartenance religieuse et donc inclure, par exemple, les coptes en Égypte. Ce ne sont pas les islamistes qui ont porté les révolutions, mais celles-ci ne sont pas dirigées contre l’islam. Voilà pourquoi je dis en Europe: appuyez-vous sur ce qui est en train de se passer dans le monde majoritairement musulman, pour montrer aux islamophobes qu’ils se trompent, dans la mesure où, vous aussi, vous avez des mots d’ordre universalistes.

Cependant, bien des jeunes Français musulmans me racontent comment ils se tournent vers le parti socialiste voire vers l’UMP, avec une idée ouverte de citoyenneté en tête, pour se retrouver sciés à la base : ils sont uniquement perçus comme des musulmans et des Arabes… La prégnance de l’appartenance à l’islam apparaît plus importante que les valeurs universalistes pourtant partagées : voilà tout le problème de la France.

Vous ne visez donc pas à islamiser la modernité?

J’ai déjà répondu dans L’Islam radical. Je veux être à la fois complètement musulman et complètement moderne. Pourquoi aurais-je un problème avec la modernité et sa définition ? Serait-elle étrangère à mes références ? Je ne suis pas moins musulman parce que je relève les défis de la modernité, qui n’est pas pour moi un champ clos strictement occidental, mais qui représente la capacité de vivre avec son temps, à tous les niveaux: économiques, politiques, intellectuels, ethnologiques et culturels.

La modernité peut de toute façon favoriser des contre-feux archaïques, comme chez cet ingénieur pieux saoudien ayant inventé une voiture diffusant, dès qu’on ferme la portière, non pas des consignes de sécurité mais des sourates du Coran…

Ce que vous appelez archaïsme recoupe aussi des principes fondamentaux, ou des questionnements sur ces principes. Dans La Réforme radicale, éthique et libération, que j’ai publié en 2009, j’explique qu’il faut mettre un terme à l’obsession musulmane de la norme et revenir aux finalités. Cela consiste donc à déplacer le centre de gravité de l’autorité en islam. Il faut ouvrir des chantiers de façon que des spécialistes musulmans et non musulmans développent, ensemble, une éthique sur les questions de médecine, de culture, liées à la place des femmes, ou à l’économie. Je suis contre l’idée qu’il y ait une économie islamique. Je suis pour une éthique islamique en économie. Nous rejoindrons alors les éthiques chrétiennes, athées, ou marxistes. Personne ne m’interroge jamais sur ces points en France, alors que j’ai effectué une tournée des universités américaines sur ces questions, qui m’a permis de constituer un réseau d’étudiants capables aujourd’hui de travailler sur de telles problématiques.

Quand les musulmans, au XIIIe siècle, se sont sentis dominés, en minorité, leur premier réflexe, intellectuellement compréhensif mais alarmant, fut de se bloquer sur la norme, moyen classique de protection des cultures et des religions. Du coup la confiance, qui avait fait de l’islam une civilisation du savoir et de l’art, s’est effacée au profit d’une civilisation de la résistance par la norme. Il faut enfin en sortir!

Une religion peut-elle se contenter d’une condition de minoritaire, en particulier l’islam, fondé sur l’expansion ?

Il y a d’une part le problème, international et historique, de se sentir dominé par l’Occident. Il y a d’autre part la situation des musulmans dans les sociétés occidentales ayant développé une intelligence de minoritaires. Nous devons donc échapper à deux dispositions intellectuelles aggravantes. La première est celle de la victime: comment les citoyens européens de confession musulmane vont-ils cesser d’être simplement objets de la perception d’autrui pour devenir sujets de leur histoire? Ils doivent se réconcilier avec la posture de sujet, individuellement – parce qu’il y a un individu musulman, que je ne mélange pas avec le collectif. Il existe un primat de l’individu, même dans la tradition religieuse: «Un jour vous serez seuls», nous est-il dit dans le Coran…

En plus de sortir de la condition de victime pour devenir des sujets de droit, d’intelligence et d’autonomie, il faut effectivement sortir du statut minoritaire. Si vous avez compris la laïcité et la sécularisation, vous n’entrez pas dans le débat d’un point de vue minoritaire: il n’y a pas de citoyenneté minoritaire, chacun parle d’égal à égal. La question du fait religieux doit aussi être abordée d’égal à égal, en tant que citoyens. Or les politiques mélangent les genres. Ils appréhendent une notion qui nous met théoriquement tous sur un pied d’égalité, la laïcité, en se drapant dans leur condition de représentants d’un fait culturel ou religieux majoritaire. Il faut casser cela.

Approuvez-vous l’intervention en Libye?

J’ai condamné l’invasion de l’Irak. Mais j’ai aussi blâmé la non-intervention à Gaza. Face au massacre qui se préparait à Benghazi, je pensais qu’il fallait trouver une solution. Une zone d’exclusion aérienne à tout le moins. Il fallait fixer les limites, les conditions et les perspectives d’une intervention. Or je crains que certains soient allés jusqu’au bout de l’attentisme pour intervenir au dernier moment. Alors ils ont eu les mains libres. La manipulation fut patente. Toute discussion pour encadrer leur entremise s’avérait impossible, tellement le temps pressait. La nécessité de s’interposer ne fait aucun doute pour moi, mais la façon dont ce fut enclenché n’est pas due au hasard…

par-iris samy