Archive pour la catégorie 'Claude Guéant'

 » …Nous sommes tous d’origine étrangère » Christine Boutin, ancienne ministre de Sarkozy , Présidente du Parti Chrétien Démocrate.

26 mars, 2012


Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur français, qui commentait en direct l’opération.
On l’aura remarqué, les médias lourds français, télévisions en tête, ont rappelé des dizaines voir des centaines de fois les origines algériennes du terroriste Mohamed Merah alors que ce dernier est Français né en France de parents Français. Mais en quoi sa prétendue algérianité serait-elle explicative, justificative ou responsable de son comportement criminel ? En rien. Sens suggéré  de cet ultra et violent racisme non dit : un Français pur beurre, c’est-à-dire un Français normal ou, comme il se dit sous cape, un « vrai » Français,   ne saurait être criminel, terroriste ou même délinquant (dixit, Zemmour dans une grande émission télé :  « … la délinquance est le propre des arabes et des noirs… » Notons au passage que le sieur Zemmour au patronyme si peu Français, oublie ses grandes origines étrangères et berbères en particulier. Autre sens suggéré et non dit puisque évident (c’est cela le racisme naturel) un « vrai Français » est incapable de commettre des crimes aussi odieux! Tiens donc! Et ces dizaines d’assassinats sales et odieux commis en France  par « des vrais Français de souche » ? Et ces milliers et millions de Maghrébins, d’Africains, de Kanaks de vietnamiens torturés, massacrés, vendus en bétail humain par ces « vrais Français de souche » ? Et ce poignard de Jean-Marie Le Pen à quoi servait-il sinon à lézarder à vif ses victimes vietnamiennes et algériennes, jusqu’à la mort. Oui, M. Jean Marie Le Pen a été un criminel de guerre comme l’ont été avant lui des milliers d’autres « vrais Français de souche » exécutant pour les nazis les sales corvées en massacrant ce que la haute France avait de plus beau : ses patriotes et résistants à la barbarie nazie.

Trouvez autre chose messieurs, trouvez une autre explication que l’origine algérienne de Mohamed Merah pour justifier sa sortie de la normalité humaine. Cherchez plutôt du côté de son cursus social, professionnel et familial dans lesquels l’Algérie ou l’Islam n’ont rien à voir. Dans son vécu comme dans histoire, Merah est entièrement et totalement Français. Son formatage et son façonnage il les doit exclusivement à la société française dans le bien comme dans le mal. Il faut assumer cela et comprendre définitivement que les exclusions mènent toujours aux mêmes catastrophes extrêmes, aux mêmes horreurs. Il faut vite prévenir ces journalistes français, peut-être inconscients – c’est la moindre des hypothèses – que le racisme le plus violent n’est pas celui qui se décline en stupides insultes de caniveaux du genre « Y a trop d’arabes, de noirs etc… » ou cet autre racisme ordurier  » …sale bougnoul, sale négro, sale feuj … » Ces racismes là ne me dérangent pas. Ils sont immédiatement repérables et identifiables. La France et les Français sont bien dotés pour combattre et contenir ce racisme simplet et ordurier. C’est l’autre racisme qui m’inquiète. Ce racisme permissif et pernicieux qui se cache dans le naturel et l’ordinaire du langage quotidien. Qui se cache aussi et surtout dans le langage des médias dits lourds qui façonnent et orientent les opinions.

A l’adresse de mes confrères Français, je pose tranquillement cette question : pourquoi dans le traitement de l’actualité liée à la délinquance, la petite comme la grande, rappelle-t-on systématiquement l’origine étrangères et exclusivement quand il s’agit de Maghrébins, de noirs et de musulmans en général ? Jamais quand il s’agit de délinquants français d’origine portugaise, espagnole, italienne ou tout autre origine européenne ?

Expliquez-moi pourquoi dans le dire et parler quotidien des journalistes français on dit toujours le Français Zidane en oubliant systématiquement ses origines algériennes, en oubliant ses cinq mille ans d’Histoire berbère qu’il porte, en ignorant ses milliards de musulmans et de non musulmans qui l’adorent, expliquez-moi pourquoi vous lui tricotez toujours et seulement un utérus hexagonal chantant et élevant la seule France qui gagne à chacune de ses apparitions. La seule fois où il redeviendra pour vous enfin algérien c’est quand il perdra la boule en en donnant une plus grosse au grand et minable Materazi. C’était bien la seule fois, Chirac en tête, qu’on rappelât le sang bouillonnant de son algérianité avec cette attention toute française d’ajouter et de corriger aussi qu’il était seulement Kabyle. Comme si sa kabylité devait taire ou amoindrir son algérianité ou son arabité. Sachez amis Français, vous qui aimez diviser les Algériens en Kabyles et Arabes, sachez que depuis Tarek Ibn Ziyad et ses lieutenants Ifrane et Yezdia, les deux seuls enfants de la reine juive algérienne et berbère, El-Kahina, les berbères algériens, unis dans l’honneur et la bravoure, comme Zidane, ont conquis et séduit reines et princesses de l’Europe, par le cœur, par le talent par la beauté et l’amour. Ce sont bien des Berbères, comme Zidane, qui ont conquis et séduit l’Europe, France en tête, par le talent, la foi, la science et le don de soi. Ce sont bien des Berbères qui ont christianisé et évangélisé la France par ses missionnaires anonymes d’abord, ces religieux venus du Sud, par ses trois papes berbères – Victor 1er, Miltiade et Saint Gelasse 1er – et par ses deux cents évêques et cardinaux berbères qui ont donné à la Gaulle païenne sa première religion monothéiste. Qui ont transformé les fêtes païennes de Rome et de la Gaulle des Lupercales en Saint Valentin, la première fête de l’amour et du cœur ? C’est un pape Berbère ; Saint Gelasse 1er. Qui a traduit et latinisé l’évangile et la messe ? C’est un pape Berbère, Victor 1er.

Qui a appris au Gaulois et aux celtes à se chausser, à se tenir droit, à tenir une arme, à ne plus fuir devant un Romain, à se battre, à traverser les Alpes, à se battre et à vaincre ? C’est un Berbère, Hannibal, qui a mis Rome, ses empereurs, ses généraux et ses consuls à ses pieds dans les batailles de Trebbia, de Trasimène et de Cannes.

Qui a apporté à la Gaulle  les premières paroles du Christ, ses premières messes et ses premières prêches en latin ? Des Berbères bien sûr. Des siècles durant après avoir porté auparavant, en Europe, le saint message de Sidna Moussa, Moïse, et fait porter aussi, par leurs descendance, quatorze siècles plus tard le message humaniste, fraternel et divin de Sidna Mohammed par vous appelé Mahomet.

Alors de grâce mes amis et frères Français, cessez de dire systématiquement le Français Zidane, le Français Benzema quand il marque un but, le Français Bourras quand il gagne, sinon dites aussi le Français Platini, le Français Ribéry ou le Français Laurent Blanc, ce qui ne se dit jamais. Comme il se dit couramment le Franco-musulman, le franco-algérien, le franco-marocain, le franco-tunisien. Pourquoi ne dit-on jamais le franco-juif ? Le franco-chrétien ? Le franco-athée ? Le Franco-communiste ? Le franco-facho ? Le franco-catho ? Comme on dit et écrit couramment, le sens commun l’ayant banalisé depuis longtemps en CQFD la forme et le style, le français-musulmans et plus couramment encore, en style allusif et codé que tout le monde comprend à la première syllabe, le quartier, la banlieue, les jeunes ; comprendre par ces codes les arabes et les noirs sans que les qualités furent prononcées ; c’eut été un pléonasme. On n’écrit plus les arabes et les noirs de banlieues déshéritées. Non, c’est trop long. Les seuls mots de jeunes ou de banlieues ou de quartiers suffisent pour situer le groupe social dont il s’agit. Des délinquants de toue évidence. C’est ainsi que fonctionne généralement le discours de la presse grand public.

Pour illustrer un peu le propos fort juste de Yannick Noah, le plus aimé des Français « Quand je gagne, je suis le Français Yannick, quand je perds, je redeviens le Camerounais Noah », je voudrais juste rappeler une observation faite sur une télé française d’information en continu, BFMTV, pour ne pas la citer. Durant une semaine, cette télé a bassiné ses auditeurs sur l’imminente victoire du Français Jean Marc Mormeck  au dernier championnat du monde de Boxe. J’ai noté 47 fois le rappel de la nationalité française du boxeur noir. Mais, dans la seconde, oui dans la seconde où le boxeur français fut terrassé par le boxeur ukrainien, la même commentatrice sportive de BFMTV se mit à parler de la cuisante et lamentable défaite du Guadeloupéen Mormeck. Lamentable !

Et si Mohamed Merah avait viré vers un talentueux destin de grand footballeur, d’artiste ou d’acteur comme Dany Boon (Daniel Hamidou  pour ceux qui ne savent pas) ou Kad Merad (Kaddour pour ceux qui ne savent pas) ou d’homme politique du talent de Montebourg, aurait-on rappelé ses origines algériennes ? Pas sûr.

Je ne finirai pas mon intervention sans étayer et illustrer le propos de Mme Christine Boutin, ancienne ministre du logement de M. Sarkozy que je cite en exergue et dont je partage totalement la droiture morale sans appartenir aucunement à ses inclinations politiques.

La cinquième république française de De Gaulle à Sarkozy en passant par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac a employé plus de 70 ministres dont 26 étaient d’origine étrangère. Ce qui fait la grandeur et la richesse de la France. Mais quels sont les ministres d’origine étrangère que la grande presse française, télévisions en tête, a évoqués ou présentés en tant que ministres français d’origine étrangère ? Aucun !

Racisme latent

A-t-on une seule fois entendu parler en France des origines irlandaise, polonaises, roumaines, arméniennes, israéliennes, hongroises, espagnoles, italiennes, russes, lettonienne de certains hauts responsables politiques français ? Les seuls ministres français dont on évoque souvent, un peu trop souvent, les origines étrangères sont les ministres arabes ou apparentés. Dati en tête, en rappelant des dix et des cents, tantôt sa marocanité ou son algérianité, tantôt sa famille des quartiers, Fadhéla Amara dont on ne dira que son Algérie des voyous ou ses frères alors que c’est une femme talentueuse et brillante, Jeannette (Djennate) dont rappellera le seul mérite d’être fille de harki alors qu’il s’agit d’une femme d’honneur et de classe, de Azouz Begag qu’on présente toujours comme l’égorgeur de mouton dans les baignoires alors qu’il est dans la vraie vie un fin sociologue, un écrivain affirmé et un très bon cinéaste. Il y en a bien d’autres, par dix, par cent et par mille que je n’ai pas cités ici et dont la grande presse française a souligné l’originalité, c’est-à-dire l’anormalité suggéré d’être cadre supérieur d’appartenir anormalement à la société française.

Exactement comme on le fait aujourd’hui pour dire que Mohamed Merah n’est pas Français, n’est pas tout à fait ou complètement français, donc n’est pas des nôtres. Il est nuisible, mauvais et dangereux parce qu’il contient des gênes algériens ; la pire des horreurs et des tares héréditaires. Voilà en gros ce que dit la presse française dans ce cas précis de racisme latent et dormant. Disons tranquillement et simplement à nos frères et amis Français : Mohamed Merah est né Français, il a vécu Français et il est mort Français. Son destin et son parcours misérables n’ont rien à voir avec son algérianité que vous lui attribuez et qu’il n’a jamais eue. Sauf à penser comme Marine Le Pen qui tient si bien de son père ou comme Zemmour, que la criminalité est une affaire de gêne et d’hérédité raciale. Quelle horreur ! Alors Messieurs les journalistes français, vous qui êtes comme toujours les premiers à tirer et les derniers gagner, commencez par vous corriger un peu. Apprenez à écrire le « Le Français Merah, l’Algérien Zidane et la sublime constantinoise Adjani » SVP n’oubliez pas d’écrire l’immortel et immense Algérien ; le petit Pierre, Ghenaïssia de son nom, juif algérien de Ténes, mort les armes à la main pour la libération de son pays ; l’Algérie. J’assume et revendique totalement l’algérianité de Pierre Ghenaïssia comme vous devriez assumer la francité, même exécrable, de Mohamed Merah ; un Français odieux. Un Français odieux. Ça existe, non ? C’est cela le seul destin des hommes braves et ordinaires. Est-ce trop vous demander ?

M. Abassa

France : un ministre du gouvernement Sarkozy emploie une sans papier

19 mars, 2012

France : un ministre du gouvernement Sarkozy emploie une sans papier dans Claude Guéant

Une dizaine d’heures de ménage par semaine, une rémunération en grande partie en liquide et une seule feuille de salaire en quelques mois.

 Pierre Lellouche Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, est soupçonné d’avoir employé une jeune femme mauricienne sans papiers sans la déclarer. C’est Libération qui porte l’accusation ce lundi. Le ministre s’est reconnu dans le documentaire Les sans-papiers de la République diffusé sur Canal + le 2 avril, et dont Libération s’était fait l’écho dans ses colonnes. Pierre Lellouche, qui n’était pas cité dans le documentaire, a choisi de riposter en se dévoilant, pour mieux essayé de se dédouaner. « Elle travaille chez moi depuis quelques mois, et je l’ai toujours déclarée. J’ignorais qu’elle était en situation irrégulière », soutient-il auprès du journal. Mensonge du secrétaire d’Etat cher à Sarkozy. La Mauricienne a été déclarée… le lendemain de la diffusion du documentaire de Canal+, comme en attestent cinq bulletins de salaire, d’octobre 2011 à février 2012, tous datés du 3 avril.

Un membre du cabinet de Pierre Lellouche s’attribue alors l’erreur: « Tout est de ma faute », indique-t-elle à Libération, « j’ai été négligente. J’ai envoyé les déclarations Urssaf en retard ». Cependant, d’après la CGT Paris, la jeune femme n’est pas employée depuis « quelques mois » comme le prétend le secrétaire d’Etat, mais depuis 2009 et « sous alias ». Cette « technique très répandue chez les sans-papiers » consiste à « déclarer une personne en règle, celle-ci reversant ensuite la somme en liquide à celle qui a effectivement travaillé », explique Libération.

Pierre Lelouche dément formellement ces allégations. « Toute cette histoire n’est qu’une manipulation grossière dont on voit bien la finalité à une semaine de l’élection présidentielle », proteste-t-il. « Comment pourrait-on imaginer qu’un homme public comme moi prendrait le risque de ne pas déclarer sa femme de ménage, tout ça pour 160 euros par mois ? »

La CGT n’entend pas en rester là, et envisage d’intenter une action devant les prud’hommes pour « non-versement des cotisations salariales lié au travail dissimulé ». Quant à la jeune femme, sa demande de régularisation est en cours d’examen. Et après dix ans de présence de présence sur le territoire, sa requête pourrait bien être validée.

Iris Samy

 

6 décembre, 2011

Claude Guéant aujourd’hui à Alger

Dérapages fachos pour racoler du vote Fhaine Un facho-xénophobe-raciste

Publié par IRIS SAMY : Rise des Fachos

 dans Claude Guéant sarkozy  gueant dans Claude Guéant fillon brunel ollier 

En France, le parti de Nicolas Sarkozy tient aujourd’hui une convention baptisée « Défense nationale ». Au siège de l’UMP, des parlementaires, des industriels et des militants vont débattre des questions de défense et des moyens d’assurer la pérennité du modèle militaire français.

Le quotidien gratuit français « 20 minutes » s’est procuré les propositions qui seront débattues aujourd’hui par le parti majoritaire. Parmi elles, la demande faite aux personnes qui acquièrent la nationalité française de faire « allégeance aux armes » de la France.

Une proposition qui interpelle, le service militaire obligatoire ayant été supprimé depuis maintenant dix ans en France. Cela peut donc paraître étrange d’évaluer la volonté d’un individu d’adhérer au projet français par sa capacité à s’abandonner à la nation. Combien de Français de naissance seraient prêts, aujourd’hui, à prendre les armes pour la patrie ?

il_serait_temps_de_reflechir

La semaine dernière, l’avocat franco-israélien Arno Klarsfeld, qui a servi au sein de l’armée israélienne en Cisjordanie, a été nommé par Nicolas Sarkozy lui-même, président du Conseil d’administration de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Son engagement militaire pour un autre pays n’a pas été un obstacle quand le président Sarkozy a jugé de sa capacité à servir les intérêts de la France à la tête d’un organisme d’Etat.

La France approche d’un scrutin électoral crucial, la, présidentielle de 2012, et comme le déclare le député UMP de Haute-Marne, François Cornut-Gentille, « les questions de défense doivent et vont trouver une place dans le projet politique ».

Certes, mais la question de l’ »allégeance aux armes » de la France par ceux qui souhaitent obtenir la nationalité française, se pose dans un contexte bien particulier marqué par une certaine « libération » de la parole politique de certains tabous, notamment sur les questions de sécurité et d’immigration. Une « libération » qui s’est traduite, depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy, par une multiplication des dérapages verbaux aux relents racistes, de la part de politiciens et d’élus de la nation.


DÉRAPAGES EN SÉRIE

Nicolas Sarkozy, le 26 juillet 2007. Discours à l’université de Dakar :

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. […] Le paysan africain […] ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. […] Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé. »

 



Patrick Ollier, députe des Hauts-de-Seine, le 10 novembre 2008. Interrogé par France 2 sur l’absence d’élus de couleur dans les instances républicaines :

« Les candidats de couleur n’ont pas été élus, je le répète, parce qu’ils n’avaient pas le niveau de l’élection. »

 



Brice Hortefeux, ministre du Travail, le 15 janvier 2009. A propos de la chargée de la politique de la Ville, Fadela Amara :

« C’est une compatriote. Comme ce n’est pas forcément évident, je le précise. »



Alain Destrem, conseiller UMP du 15e arrondissement de Paris, le 7 avril 2009. Invité du Grand journal de Canal+, il est interrogé sur une photographie de Ségolène Royale en boubou, au Sénégal :

« À travers cette image, je vois ma femme de ménage. »

destrem 


Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, le 5 septembre 2009.

A Seignosses, dans les Landes, lors de l’université d’été de l’UMP, en référence à l’origine arabe d’un jeune militant :

« Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

Alfred Trassy-Paillogues, député UMP de Seine-Maritime, le 21 octobre 2009. A propos des « gens du voyage » :

Ils « nous envahissent assez régulièrement de manière brutale à 20, 30, 40 ou 50 caravanes » et « débarquent en faisant fi de toutes les règles ». « Bien sûr », ils « récupèrent l’électricité sur le réseau d’éclairage public, de l’eau sur les poteaux d’incendie ». Plus scandaleux encore, « ils bénéficient assez souvent d’aide sociale de notre pays » et « font tout cela en roulant dans des véhicules de luxe, des Porsche, des BMW, des Jaguar haut de gamme alors je trouve que c’est un petit peu fort de café ».

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André Valentin, maire UMP de Goussainville (Meuse), le 1er décembre 2009. Débat sur l’identité nationale à Verdun :

« Il est temps qu’on réagisse, parce qu’on va se faire bouffer ». « Par qui ? « , lui demande un journaliste. « Y’en a déjà dix millions [d’immigrés], dix millions que l’on paye à rien foutre ».

 


Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de la famille, le 14 décembre 2009. A propos « du » jeune musulman lors d’un débat sur l’identité nationale dans les Vosges :

« Ce que je veux, c’est qu’il travaille, qu’il ne parle pas verlan et qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers ».

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Georges Frêche (PS), président du Conseil général du Languedoc-Roussillon, janvier 2010. A propos de Laurent Fabius, député socialiste:

« Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique. »

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Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, le 9 mars 2010. A propos de la possible nomination de Malek Boutih, secrétaire national du Parti Socialiste, à la tête de la Halde (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) :

« C’est pas le bon personnage. [...] Il vaut mieux que ce soit [quelqu’un issus du] corps français traditionnel » qui prenne la présidence de la Halde.


longuet 


François Lebel , maire du 8e arrondissement de Paris, le 30 Novembre 2010. A propos du marché de Noël des Champs-Elysées, qui perdrait selon lui de ce qu’il appelle « son côté traditionnel » :

« J’ai d’ailleurs reçu à ce sujet une lettre anonyme. C’est dommage, les gens n’ont aucun courage. On trouve même, rendez-vous compte, des sandwiches Halals, comment appelle-t-on ça, des Kebab, et une femme voilée, sur le marché de Noël des Champs-Elysées! Une femme voilée ! Comme si les musulmans en avaient quelque chose à faire de fêter Noël ! »

lebel 

Josaine Plataret, suppléante d’un candidat UMP aux cantonales (Ardèche), exclue depuis du parti. Sur sa page Facebook publique elle poste des blagues. Compilation :

- 15 Janvier : « Comment appelle-t-on un arabe dans une bassine d’eau bouillante ? Un gris bouilli ».

-Le 14 février : Une amie : - »Quelle est la différence entre un arabe écrasé par une voiture et un chien écrasé par une voiture ?  »

Josaine Plataret : - »Devant le chien, il y a des traces de freinage. »

blagueuse 

Chantal Brunel, député UMP (Seine-et-Marne), le 8 mars 2011, lors d’un point presse à l’Assemblée nationale:

« Il faut rassurer les Français sur toutes les migrations de populations qui viendraient de la Méditerranée. Après tout remettons-les dans les bateaux! »

brunel 


Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, le 17 mars 2011. Sur la radio Europe1 :

« Les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux (…) de voir des pratiques qui s’imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale ».

 

Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, le 22 mai 2011. Invité du Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Parisien:

« Contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça : le quart des étrangers qui ne sont pas d’origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés. »

Il ajoutait également que la France « n’a pas besoin de maçons, de serveurs de restaurants » issus de l’immigration, car elle dispose « de la ressource nécessaire. »

François Fillon, Premier ministre, le 15 juillet 2011. Au lendemain d’une proposition d’Eva Joly de remplacer le défilé militaire du 14 juillet par un « défilé citoyen »:

« Je réagis avec tristesse. Je pense que cette dame n’a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française. »

 

DÉCRYPTAGE

Les médias français laissent entendre que depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la parole des politiques s’est libérée de certains tabous, notamment sur les questions de sécurité et d’immigration. Nous avons questionné Jean-Yves Camus, politologue français et spécialiste de l’extrême-droite, sur le phénomène.

Q-Réalité ou effet médiatique ?

R – « J’ai conduit en 2007 une étude pour l’Agence Européenne des droits Fondamentaux, sur la représentation des minorités dans les médias français. L’échantillon de journaux étudié concernait la période suivant immédiatement l’élection de Nicolas Sarkozy. J’avais alors constaté une situation paradoxale : d’une part la diversité de la population française devenait plus visible dans la presse, d’autre part les représentations de l’islam et des musulmans comportaient toujours une charge de méfiance, dans le climat spécifique créé par les attentats du 11 septembre 2001. 

Aujourd’hui, c’est le discours politique qui a évolué et les médias ne font que répercuter ce changement. Il faut toutefois garder en tête le fait que cette crainte de l’islam s’inscrit dans une tradition française de méfiance à l’égard des religions en général, de laïcité intransigeante en quelque sorte, qui voit un archaïsme dans toutes les affirmations cultuelles. 

Il faut également se souvenir que dans les années 70 et 80, le Figaro Magazine était plus idéologique que de nos jours, que Minute (hebdomadaire d’extrême-droite) était encore vendu à plus de cent mille exemplaires et qu’un très grand quotidien régional, le Méridional, avait à sa tête un député du Front national. En outre, l’offre de télévisions et radios était nettement plus limitée. Le refus de l’immigration et du multiculturalisme est exprimé dans des termes plus tranchés qu’avant. C’est une évolution antérieure à l’élection du président Sarkozy. Il l’a accentuée mais il ne l’a pas engagée ».

-Si c’est une réalité, comment l’expliquez-vous?

« La réalité de ce constat provient de la perte d’hégémonie culturelle de la gauche qui, pendant 20 ans, sur les questions d’identité et d’immigration, n’a pas été audible, soit qu’elle soit demeurée angélique, soit qu’elle ait été tétanisée par le poids politique du Front National (FN) : sitôt que celui-ci s’emparait d’un thème, le traiter de manière réaliste devenait synonyme de complaisance. Cette perte d’influence culturelle au profit de la droite a été accompagnée par une évolution importante au sein de celle-ci, intervenue au seuil des années 2000 : c’est alors que le gaullisme disparaît véritablement et que s’opère l’intégration au sein de l’UMP (Union pour la Majorité) des sous-familles centriste, libérale et conservatrice. 

Au sein de l’UMP, sous l’effet du poids du FN, le balancier penche actuellement à droite. C’est ce qui incite un observateur comme Jean-Louis Bourlanges (essayiste et homme politique) à penser que le centre dispose d’un espace réel ».

-S’agit-il d’une stratégie politicienne ? Si oui, peut-elle être efficace?

« Lors de la présidentielle de 2007, il s’agissait d’une stratégie assumée, qui a permis au président Sarkozy de réduire le FN à 5%. Ensuite, deux pôles de l’entourage présidentiel ont proposé deux stratégies différentes incarnées par deux conseillers de Nicolas Sarkozy : Henri Guaino mise sur une action présidentielle centrée sur les questions économiques et sociales, là où Patrick Buisson privilégie les questions identitaires et sécuritaires, dans l’esprit de la constitution d’une « grande droite » pouvant peut être inclure un jour un FN « modernisé ». 

Le même clivage prévaut à l’UMP entre républicains sociaux d’un côté (François Fillon; Roselyne Bachelot; Nathalie Kosciusko-Morizet, de filiation gaulliste) et nationaux-conservateurs. Cet exercice d’équilibre politique est périlleux pour l’UMP. Il génère des mécontentements au centre comme dans la frange la plus droitière, sans parvenir, on l’a vu aux cantonales de 2011, à éliminer un FN qui apparaît revigoré ».

-Ce phénomène est-il la conséquence d’une surenchère politique ou le reflet d’une évolution de la société?

« C’est la conséquence avant tout d’un rapport de force politique : l’UMP fait face à une Marine Le Pen qui rassemble 18% des intentions de vote en 2012, le FN dépassant les 20% dans certaines régions. C’est ensuite l’illusion qu’on peut tuer le FN en faisant de la surenchère sur ses thèmes de prédilection. 

C’est enfin une mauvaise interprétation par la droite des attentes de la société française. En effet, le rapport annuel de la commission nationale consultative des droits de l’homme fait apparaître à la fois une augmentation préoccupante du nombre d’actes racistes et un recul de l’intolérance, sauf parmi les couches de population les plus vulnérables à la crise économique et sociale. 

Tout un secteur de la droite oublie que les préoccupations économiques et sociales sont bien les principales préoccupations des Français ».

-Constate-t-on la même évolution dans les autres pays européens?

« Oui, mais il faut tenir compte également des contextes historiques nationaux. Une ancienne puissance coloniale comme la France ne réagit pas à l’immigration venue d’Afrique du nord ou d’Afrique de l’ouest comme un pays de l’ancien bloc de l’est où l’immigration est encore très faible. On discerne toutefois des constantes : l’irruption sur la scène politique d’une droite populiste xénophobe mue par la crainte de l’islamisation; une remise en cause du relativisme culturel et du multiculturalisme; une diminution importante, en Europe de l’ouest, de l’impact politique de l’antisémitisme ».