Archive pour la catégorie 'Affaire Khalifa'

12 avril, 2011

Les chameaux et les dromadaires

Affaire Khalifa en France: non-lieu et incompétence territoriale requisCorruption Algerie, Affaires en justice en Algérie

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Six ans après le début de l’instruction sur la déconfiture des sociétés du groupe Khalifa en France, le parquet de Nanterre a requis un non-lieu partiel et soulevé l’incompétence territoriale du tribunal pour juger cette affaire. En novembre 2003, l’information judiciaire confiée à une juge d’instruction avait été ouverte par le parquet notamment pour

Au-delà de la catharsis collective qu’il offre, en ces temps de sécheresse politique durable, le « procès du siècle » dégage une forte impression de déjà vu, qui ne rassure ni sur son impartialité ni sur sa crédibilité, contrairement à ce qui se murmure ici et là.

C’est vrai, les différents protagonistes de cette « affaire » et notamment les plus proches collaborateurs de Rafik Abdelmoumène Khalifa, ont dénoncé, pèle mêle, la majorité de ceux et de celles qui ont profité outrageusement de sa générosité criminelle en contrepartie de services activement ou passivement rendus.

C’est vrai, plus de 4 000 personnes ont été auditionnées en trois ans d’instruction laborieuse, 104 ont été formellement accusées, à un titre ou à un autre et 150 avocats algériens et étrangers mobilisés pour défendre ceux, qui avec leurs complices, ont dilapidé des milliards en dinars et en devises étrangères.

C’est vrai, de hauts et petits fonctionnaires, des ministres en fonctions, d’anciens ministres et probablement même un ancien premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, en l’occurrence, ont été ou seront appelés à la barre pour témoigner ou s’expliquer sur les accusations graves dont ils ont clairement fait l’objet de la part de certains inculpés.

C’est vrai, Transparency International et l’Association algérienne de lutte contre la corruption se sont félicitées de l’atmosphère dans laquelle le procès s’est déroulé jusqu’à présent.

Mais les médias, les opinions publiques nationale et internationale ne semblent pas se contenter du coté apparent de l’iceberg et donnent déjà libre cours à leur imagination fertile pour élaborer toutes les supputations et les conjectures possibles sur le coté immergé de « l’iceberg Khalifa ».

Les peines, forcément différenciées, qui seront prononcés à l’encontre des uns, ne feront certainement pas taire les cris et chuchotements concernant les autres, c’est-à-dire, ceux que le procès actuel aura épargnés ou laissés en filigrane car ils se trouvent, pour l’instant, « du bon coté de la barrière » et escomptent tirer, à court terme, quelques dividendes de ce procès, qui finira par éclabousser toute la classe politique algérienne et par ternir davantage l’image du pays, hélas régulièrement cité, ces dernières années, parmi les pays les plus corrompus au monde.

Le pire n’excuse pas le mauvais, comme dirait Nourredine Boukrouh, dont les analyses « pointues » commencent à manquer au paysage médiatique algérien, de même que la fausse modestie a souvent servi d’alibi grossier à l’incompétence.
A chacun son jour.
Comme les frères Kéramane, aujourd’hui ; dans 10 ans, tout au plus, les frères A, B ou C seront, à leur tour, livrés en pâture aux médias et à la même Justice, impassiblement au service des plus forts du moment et les « affaires », à peine évoquées aujourd’hui, dont on a un avant-goût révélateur de temps à autre, deviendront, sans état d’âme, les nouveaux « scandales du siècle ». Ainsi tourne la roue de l’Histoire implacable.

La logique, voire même la sagesse aurait voulu que le « courage » politique qui a présidé à la conception et à l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, très clémente à l’égard des terroristes et leurs comparses, fût accompagné d‘une amnistie économique et fiscale, au profit de ceux et celles qui, à tort ou à raison, ont été condamnés pour crimes économiques.

Contrairement à ce qu’avancent les démagogues et les opportunistes de tous bords, l’aisance financière de notre pays pourrait permettre au gouvernement algérien d’effectuer ce geste audacieux, aux retombées hautement positives, à moyen et long terme, pour la cohésion sociale et la stabilité politique du pays, également vitales à la poursuite de sa croissance économique et de son développement, d’autant plus que la montée en puissance régionale de notre pays suscite chez certains de nos voisins du Nord et du Sud de la Méditerranée, qui constituaient des sanctuaires pour les terroristes, des inimitiés à peine voilées.Des fléaux sociaux comme la drogue et l’immigration clandestine, dont l’Algérie devient un pays de transit et de destination finale, constituent des menaces aussi sérieuses que la corruption sur la société et l’économie algériennes, fragilisées par des décennies de bureaucratie et de terrorisme.Une amnistie générale permettra à notre pays d’aller irréversiblement de l’avant et de na pas replonger, dans quelques années, dans des querelles byzantines dues à l’interprétation de certains aspects de son passé, qui n’ont jamais été abordés et définitivement assumés. En effet, il n’y a rien de plus dangereux que ce jeu de pendule permanent, entre le passé et le présent ou le recours systématique au passé pour justifier le présent ou l’avenir.Une véritable réconciliation nationale doit être globale sinon elle sera partielle, partiale et boiteuse, c’est-à-dire inopérante.La rancune aveugle et le populisme rend ridicule.L’histoire du chameau qui se moquait de la bosse du dromadaire qu’il avait croisé sur son chemin est au moins aussi connue que celle de l’arroseur arrosé ou du pompier pyromane. poste par.iris samy