Le front social en constante ébullition à Tizi-ouzou !!!

Tizi-Ouzou : La vie sociale assombrie

JEUDI 5 SEPTEMBRE 2013

Protestation à Timizar Loghbar
Timizar Loghbar est une sorte de « gros village » qui dépend administrativement de la Commune de Tizi-Ouzou, comme celle-ci est presque exclusivement concentrée sur « l’entretien » du Chef-lieu de la commune, les régions limitrophes qui ont le malheur de dépendre d’elle sont des plus démunies.

Ainsi et « pour réclamer la remise en état des routes et la mise en place d’un système d’assainissement des eaux usées », la population de la région fut « obligée » de couper la circulation automobile « pour se faire entendre », mais c’était sans compter le réponse des « pouvoirs publics » qui ont envoyé les forces anti-émeutes afin de mettre fin à cette action.
Tizi-Ouzou : Les « jeunes » réclament des locaux

Et comment il peut en être autrement dans un pays où le Gouvernement vote une loi dite « 100 locaux pour jeunes par commune » ? Celui-ci aurait-il oublié qu’une commune moyenne compte des dizaines de milliers de « jeunes » ? Sur quels critères ces locaux sont-ils distribués, il n’y en a que deux : « Au grès des concomitances et du rapport de force (entendre : voyous). »

Au quartier des Genêts, car c’est de là que le malheur est parti, une dizaine de locaux ont été distribués et équipés par l’ANSEJ (comment ça se fait alors que pour d’autres un dossier lourd est demandé ?!?), dans le sillage des manipulations qui visaient à ternir la protestation kabyle vers 2004.

Peu de temps après, il s’est installé tout au long de la rue « Lamali Ahmed » (du rond-point des Martyrs du Printemps Noir jusqu’au stade du 1er novembre 1954) une sorte de « marché sauvage ». Moyennant 100 dinars algériens par jour, « impôt » versé à une bande de jeunes du quartier les Genêts, des « vendeurs à la sauvette » sont « autorisés », grâce sûrement à une sorte de « trêve » négociée et/ou monnayée pour et avec les « représentants de l’Ordre public » à s’installer, à même le trottoir, afin de vendre toute sorte de produits, au fil du temps, de véritables boutiques ambulantes s’y sont installées avec tout ce que cela suppose comme gêne à la circulation piétonne et automobile ainsi que son lot de détritus laissés à même le sol par ces derniers.

Mais de temps en temps, histoire de faire croire que la situation lui échappe complètement, la police intervient pour chasser ces « indus occupants d’un jour » alors qu’ils sont « tolérés » voire même « encouragés » les autres jours. Par bonté envers ces « jeunes chômeurs » diriez-vous, il n’en est rien, il s’agit ni plus ni moins d’une « situation de pourrissement voulue et recherchée et où l’entrisme de certains groupes et la corruption qui gangrène les appareils de l’État est poussée à l’extrême », car au demeurant, ce genre d’activités clandestines atténuera la précarité de ces jeunes, mais ne les protègera pas du « chômage endémique qui les guette » sans situation socioprofessionnelle claire.

Voilà pourquoi, hier (19/01), des émeutes ont éclaté entre les « vendeurs » suscités et les forces de police venues les déloger, histoire d’une journée, car ceux-ci ont repris leurs activités dès aujourd’hui, et ce, jusqu’au prochain soubresaut de la police locale.

Un fait similaire a eu lieu la veille à la Nouvelle-Ville de Tizi-Ouzou, un groupe de jeunes du quartier Mohamed Boudiaf a voulu s’auto affecter le lot de terrain sur lequel était bâti l’ancienne « Galerie algérienne » (communément appelé « Souq El Fellah ») afin d’en faire des « commerces » encore une fois.

Pour eux, rien n’était plus évident et l’opération de « partage » du lot de terrain a bien commencé (histoire d’en faire un autre « marché bidonville sauvage » comme celui qui jouxte le stade du 1er novembre 1954 qu’on avait dit « provisoire » à l’époque, il est là depuis au moins 20 ans). L’intervention des forces anti-émeutes afin de récupérer l’endroit mettra le feu aux poudres, une bataille rangée s’en suivra (pierres contre gaz lacrymogènes) celle-ci se soldera par des arrestations et la fin des hostilités en début d’après-midi.

En pleine anarchie, comment expliquer à ces jeunes qu’ils n’ouvrent pas droit à squatter cet espace alors que d’autres l’ont fait au vu et au su de tout le monde ? C’est bien là le problème et la répression n’apportera qu’un durcissement dans les positions et le renforcement du sentiment de « mise à l’écart » qui fait des ravages dans le milieu de la jeunesse locale.

Les enseignants descendent dans la rue
Après des tentatives d’organisation d’actions au niveau national et vu le noyautage dont le mouvement syndicaliste fait l’objet, les enseignants des établissements d’enseignement moyen et secondaire de Tizi-Ouzou affiliés aux deux syndicats (CNAPEST et l’UNPEF) sont descendus dans la rue aujourd’hui (20/01) afin de réclamer une « revalorisation de leur situation financière » (mais jamais de meilleurs programmes pédagogiques !?!), parmi eux, certains parlaient d’arriérés de salaire et de primes qui datent du milieu des années 90 (il faut le faire !).

Il y va sans dire que cette « sortie » était accompagnée par une grève au niveau des établissements majoritairement affiliés à ces deux syndicats. La marche du jour a eu lieu à partir du siège de la direction de l’Éducation pour aboutir au siège de la Wilaya où une délégation a été reçue et à laquelle on aurait affirmé « qu’il sera répondu aux doléances exprimées dans les plus brefs délais ! ».

Samy.Iris

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