Archive pour septembre, 2013

Le pouvoir réveille ses pions en Kabylie

26 septembre, 2013
Le pouvoir réveille ses pions en Kabylie dans politique Sous-la-Houlette1-600x360

les pions tenue une autre réunion au bureau de Khalida Toumi qui a regroupé Abdelmajid Sidi Said, Amara Benyounes, Ould Ali Lhadi sous la bienveillante attention du colonel Alili, ancien du DRS qui s’était illustré par de scabreuses manipulations lors des évènements tragiques de 2001 qui avaient mené à l’émergence du mouvement des arouchs.

Son activisme avait été durement dénoncé à l’époque dans divers canaux de communication proches des milieux de l’opposition. Peu habitué à affronter les interpellations, surtout quand elles sont publiques, l’homme en avait conçu un lourd dépit et envoya force messages aux opposants, leur jurant qu’ils se méprenaient sur ses véritables intentions. C’est la première fois qu’il réapparait dans une opération politique « chaude ».

 

L’ordre du jour de la réunion portait sur la manière de contrer les dénonciations dont sont l’objet en Kabylie ceux que l’opinion régionale appelle malicieusement la Bande des Quatre et, surtout, de contenir le réveil soudain de certains membres des arouchs qui affichent une hostilité inattendue contre Bouteflika.

 

Avant la réunion, Benyounes avait préconisé de soudoyer les éléments les plus virulents, Toumi a proposé les moyens des réseaux de son relais local Ould Ali et Abdelmadjid Sidi Said avait garanti la mise à disposition de certains « syndicalistes ». Pour des raisons inexpliquées, la corruption qui avait servi à gérer et à manipuler le providentiel mouvement qui avait permis de perturber la Kabylie pendant deux ans n’a pas été à la mesure des attentes des 4 compères. Ils ont donc décidé d’alerter les hauts responsables du DRS qui n’ont pas montré, pour l’instant, une grande précipitation à désamorcer les invectives ciblant le chef de l’Etat.

 

L’atmosphère était tendue car les 4 partenaires se surveillent comme chien et chat. Toumi n’a jamais apprécié Benyounes qui le lui rend bien, pour des questions vénales, Ould Ali est resté en froid pendant des mois avec le clan des Benyounes et Sidi Said a toujours veillé à maintenir une certaine distance avec des individus dont il connait le rejet en Kabylie. Pour rassurer le groupe, le colonel Alili, cherchant probablement à se remettre dans les circuits des services, s’est prévalu de sa capacité à maitriser les acteurs à l’origine de la campagne lancée contre le clan présidentiel. Ces derniers jours, la maison de la culture de Tizi Ouzou, centre névralgique de l’entrisme bouteflikien en Kabylie, accueille de frénétiques réunions et visites. Dans cette agitation un peu désordonnée, la remarque de ce chef de Daira qui a longtemps servi dans la région et qui y a gardé un pied à terre mérite d’être entendue: « quand le pouvoir réveille ses pions en Kabylie, c’est qu’en général, ça va bouger à Alger ».

samy iris

La guerre en Syrie est un plan de recolonisation dont fait partie l’Algérie»

26 septembre, 2013

Michel Collon : «On a perdu le réflexe de se méfier du colonialisme.» D. R.

 25. SEPTEMBRE 2013
Michel Collon : «On a perdu le réflexe de se méfier du colonialisme.» D. R.

SAMY IRIS : Comment évaluez-vous le développement de la situation en Syrie en ce moment ?
Michel Collon : Je crois que l’on assiste à un tournant historique. On voit que les Etats-Unis, qui ont été, jusqu’à présent, très arrogants et se permettaient de déclencher des guerres assez facilement, sont maintenant face à une résistance très forte en Syrie, face aussi à un refus de la Russie et face à la résistance croissante des pays du Sud. Le sentiment qui se développe en Amérique latine, en Afrique, dans le monde arabe aussi et en Asie bien entendu, est que les Etats-Unis sont une puissance déclinante, qu’ils mènent une politique égoïste visant seulement à voler les richesses pendant que les peuples restent dans la pauvreté, et qu’il est donc temps de résister à ces guerres qui sont purement économiques, des guerres du fric, et qu’il faut construire un front par rapport aux Etats-Unis et à leurs alliés européens, puisque l’Europe suit les Etats-Unis de manière très docile et hypocrite et est impliquée dans ce système.
Nous avons réalisé une série d’entretiens avec des personnalités aussi divergentes les unes que les autres, notamment Paul Craig Roberts qui fut conseiller de Reagan. Un point revient souvent : dans le monde occidental, aujourd’hui, les anti-guerre par rapport à ceux qui dénonçaient la guerre du Vietnam, par exemple, sont à droite. Pourriez-vous nous faire un commentaire à ce sujet ?
Nous avions, en Europe, un mouvement anti-guerre extrêmement puissant qui s’était développé justement pendant la guerre du Vietnam. Ce mouvement a été très affaibli. On en a vu encore une pointe en 2003 au moment où Bush a attaqué l’Irak et où nous étions des millions dans la rue, mais il faut bien constater que quand les Etats-Unis ont attaqué la Libye, quand ils sont intervenus en Yougoslavie et en Afghanistan, il n’y a pas eu de forte résistance. Je pense qu’il faut analyser le problème en se demandant comment la Gauche européenne qui avait toujours été en principe anti-guerre, anti-coloniale, anti-injustices sociales, se retrouve maintenant, à de très rares exceptions, aux côtés des Etats-Unis et de l’Otan, dans une grande alliance qui englobe Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar et toutes ces dictatures épouvantables qui prétendent qu’elles vont apporter la démocratie en Syrie. Et la gauche européenne marche avec ça ? C’est une comédie et il est très important d’expliquer d’où cela provient. Je pense qu’on a perdu le réflexe de se méfier du colonialisme, de refuser la guerre et de rechercher des solutions politiques aux problèmes. On a perdu cette idée que les nations ont le droit de décider de leur système social, de leur avenir, de leurs dirigeants et que ce n’est pas à l’Occident colonial de dire qui doit diriger tel ou tel pays. Nous avons un grand examen de conscience et une analyse à faire : comment se fait-il que ceux qui devraient être à gauche se retrouvent avec ceux que je considère, moi, comme l’extrême droite, à savoir Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar ?
D’après les informations que nous avons récoltées à travers nos entretiens et qui se confirment, Barack Obama serait otage du lobby israélien, notamment via l’Aipac et ses partisans, comme Susan Rice, Lindsay Graham, etc., et les néo-conservateurs pro-israéliens. Qu’en pensez-vous ?
C’est une thèse très répandue que les Etats-Unis sont dirigés par Israël et je ne suis pas d’accord avec cette position. Je pense, en fait, que c’est le contraire. Ce n’est pas le chien qui commande à son maître, c’est le maître. Quand vous regardez l’économie israélienne et son budget, vous voyez bien que la force est aux Etats-Unis et qu’Israël est ce que j’appelle le «porte-avions» des Etats-Unis au Moyen-Orient. Bien sûr, le lobby est un phénomène qui joue, mais le jour où l’élite des Etats-Unis décidera qu’Israël ne nous est plus utile ou qu’il nous fait du tort parce que tout le monde arabe est en train de résister et nous allons perdre notre crédit et notre marge de manœuvre au Moyen-Orient, ce jour-là, les Etats-Unis lâcheront Israël. Il y a des fantasmes sur le lobby juif qui dirigerait le monde, mais je ne crois pas à cette théorie.
L’Aipac n’est pas une vue de l’esprit…
Nous sommes dans un monde dirigé par les multinationales. Quand vous voyez qui a le pouvoir de contrôler les richesses, de décider l’économie, de contrôler Wall Street, la City, Frankfurt, etc., ce sont des multinationales. Et le fait qu’il y ait quelques patrons juifs n’est pas le problème. Je pense vraiment que l’on doit s’en prendre au système des multinationales et ne pas prendre la conséquence pour la cause.
Vous avez dit dans l’émission de Taddéï : «Vous m’inviterez un jour car ce sera au tour de l’Algérie d’être ciblée par une frappe ou une guerre.» Le pensez-vous toujours ?
Oui, je pense que ce qu’il se passe en Tunisie et au Mali et l’attaque contre la Syrie annoncent qu’effectivement les Etats-Unis sont en train d’exécuter un plan de recolonisation de l’ensemble du monde arabe et des pays musulmans – puisqu’il y a l’Iran aussi – qui ont échappé au colonialisme classique. Clairement, l’Algérie fait partie des cibles, comme l’Iran, et donc il est très important de voir qu’en défendant l’autodétermination du peuple syrien, on empêche les Etats-Unis d’attaquer les cibles suivantes. Ce que je dis dans ce cas, c’est que, en fait, il s’agit toujours de la même guerre. Nous sommes dans les différents chapitres d’une même guerre de recolonisation.
Entretien réalisé par SAMY.IRIS

Le front social en constante ébullition à Tizi-ouzou !!!

9 septembre, 2013

Tizi-Ouzou : La vie sociale assombrie

JEUDI 5 SEPTEMBRE 2013

Protestation à Timizar Loghbar
Timizar Loghbar est une sorte de « gros village » qui dépend administrativement de la Commune de Tizi-Ouzou, comme celle-ci est presque exclusivement concentrée sur « l’entretien » du Chef-lieu de la commune, les régions limitrophes qui ont le malheur de dépendre d’elle sont des plus démunies.

Ainsi et « pour réclamer la remise en état des routes et la mise en place d’un système d’assainissement des eaux usées », la population de la région fut « obligée » de couper la circulation automobile « pour se faire entendre », mais c’était sans compter le réponse des « pouvoirs publics » qui ont envoyé les forces anti-émeutes afin de mettre fin à cette action.
Tizi-Ouzou : Les « jeunes » réclament des locaux

Et comment il peut en être autrement dans un pays où le Gouvernement vote une loi dite « 100 locaux pour jeunes par commune » ? Celui-ci aurait-il oublié qu’une commune moyenne compte des dizaines de milliers de « jeunes » ? Sur quels critères ces locaux sont-ils distribués, il n’y en a que deux : « Au grès des concomitances et du rapport de force (entendre : voyous). »

Au quartier des Genêts, car c’est de là que le malheur est parti, une dizaine de locaux ont été distribués et équipés par l’ANSEJ (comment ça se fait alors que pour d’autres un dossier lourd est demandé ?!?), dans le sillage des manipulations qui visaient à ternir la protestation kabyle vers 2004.

Peu de temps après, il s’est installé tout au long de la rue « Lamali Ahmed » (du rond-point des Martyrs du Printemps Noir jusqu’au stade du 1er novembre 1954) une sorte de « marché sauvage ». Moyennant 100 dinars algériens par jour, « impôt » versé à une bande de jeunes du quartier les Genêts, des « vendeurs à la sauvette » sont « autorisés », grâce sûrement à une sorte de « trêve » négociée et/ou monnayée pour et avec les « représentants de l’Ordre public » à s’installer, à même le trottoir, afin de vendre toute sorte de produits, au fil du temps, de véritables boutiques ambulantes s’y sont installées avec tout ce que cela suppose comme gêne à la circulation piétonne et automobile ainsi que son lot de détritus laissés à même le sol par ces derniers.

Mais de temps en temps, histoire de faire croire que la situation lui échappe complètement, la police intervient pour chasser ces « indus occupants d’un jour » alors qu’ils sont « tolérés » voire même « encouragés » les autres jours. Par bonté envers ces « jeunes chômeurs » diriez-vous, il n’en est rien, il s’agit ni plus ni moins d’une « situation de pourrissement voulue et recherchée et où l’entrisme de certains groupes et la corruption qui gangrène les appareils de l’État est poussée à l’extrême », car au demeurant, ce genre d’activités clandestines atténuera la précarité de ces jeunes, mais ne les protègera pas du « chômage endémique qui les guette » sans situation socioprofessionnelle claire.

Voilà pourquoi, hier (19/01), des émeutes ont éclaté entre les « vendeurs » suscités et les forces de police venues les déloger, histoire d’une journée, car ceux-ci ont repris leurs activités dès aujourd’hui, et ce, jusqu’au prochain soubresaut de la police locale.

Un fait similaire a eu lieu la veille à la Nouvelle-Ville de Tizi-Ouzou, un groupe de jeunes du quartier Mohamed Boudiaf a voulu s’auto affecter le lot de terrain sur lequel était bâti l’ancienne « Galerie algérienne » (communément appelé « Souq El Fellah ») afin d’en faire des « commerces » encore une fois.

Pour eux, rien n’était plus évident et l’opération de « partage » du lot de terrain a bien commencé (histoire d’en faire un autre « marché bidonville sauvage » comme celui qui jouxte le stade du 1er novembre 1954 qu’on avait dit « provisoire » à l’époque, il est là depuis au moins 20 ans). L’intervention des forces anti-émeutes afin de récupérer l’endroit mettra le feu aux poudres, une bataille rangée s’en suivra (pierres contre gaz lacrymogènes) celle-ci se soldera par des arrestations et la fin des hostilités en début d’après-midi.

En pleine anarchie, comment expliquer à ces jeunes qu’ils n’ouvrent pas droit à squatter cet espace alors que d’autres l’ont fait au vu et au su de tout le monde ? C’est bien là le problème et la répression n’apportera qu’un durcissement dans les positions et le renforcement du sentiment de « mise à l’écart » qui fait des ravages dans le milieu de la jeunesse locale.

Les enseignants descendent dans la rue
Après des tentatives d’organisation d’actions au niveau national et vu le noyautage dont le mouvement syndicaliste fait l’objet, les enseignants des établissements d’enseignement moyen et secondaire de Tizi-Ouzou affiliés aux deux syndicats (CNAPEST et l’UNPEF) sont descendus dans la rue aujourd’hui (20/01) afin de réclamer une « revalorisation de leur situation financière » (mais jamais de meilleurs programmes pédagogiques !?!), parmi eux, certains parlaient d’arriérés de salaire et de primes qui datent du milieu des années 90 (il faut le faire !).

Il y va sans dire que cette « sortie » était accompagnée par une grève au niveau des établissements majoritairement affiliés à ces deux syndicats. La marche du jour a eu lieu à partir du siège de la direction de l’Éducation pour aboutir au siège de la Wilaya où une délégation a été reçue et à laquelle on aurait affirmé « qu’il sera répondu aux doléances exprimées dans les plus brefs délais ! ».

Samy.Iris