Archive pour août, 2011

30 août, 2011
 
 
 

 

ELLE PROMET DE BANNIR LE 19 MARS!Marine Le Pen à la conquête des harkis

Marine sur les traces de son père

Marine sur les traces de son père

La présidente du Front national place l’Algérie au coeur de la course à l’Elysée en 2012.La date du 19 mars 1962 qui marque l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie est aussi celle de la fête de la Victoire. Y attenter revient à toucher à un des symboles de la Révolution algérienne. La présidente du FN semble vouloir s’y atteler. Quitte à compliquer davantage sa position par rapport à l’Algérie. C’est à se demander de quoi seront faites les relations algéro-françaises, déjà bien tourmentées, si un jour Marine Le Pen était élue à la tête de la République française. Cela doit être apparemment, le dernier de ses soucis. Elle affiche délibérement, sa volonté à remettre en cause les accords passés et ratifiés entre l’Algérie et la France, particulièrement en ce qui concerne l’immigration. Candidate à la prochaine élection présidentielle et n’ayant plus les faveurs des sondages Marine Le Pen part à la conquête des voix des pieds-noirs et des harkis. Elle montre qu’elle est disposée à franchir un pas supplémentaire: réécrire l’Histoire en leur faveur. Effacer de la mémoire collective des dates qui constituent un repère dans l’édification de l’Etat algérien moderne. Elles marquent surtout la fin d’un empire français dont le déclin s’est amorcé par la débâcle de Diên Biên Phu, pour subir un enterrement de première classe dans les massifs du Nord Constantinois et de Kabylie: Marine Le Pen ne l’avouera pas. Elle préfère jouer sur les cordes sensibles. Celles qui ont contribué à tisser le lit de la haine, de l’intolérance et du racisme. La loi du 23 février 2005 qui glorifie la colonisation se tient en embuscade. Entre les mains de Marine Le Pen, elle deviendrait une arme de destruction massive. La dirigeante du Front national a cependant, une priorité: «J’exigerai en tout premier lieu le respect de vos morts et des cimetières que vous avez laissés là-bas. Je bannirai la date du 19 mars 1962 de l’histoire de France», a promis la pasionaria d’extrême-droite, samedi, à l’occasion d’un déplacement qui l’a conduite à Barcarès, près de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales. «Une date honteuse de l’histoire de France» pour une majorité de rapatriés et de harkis. Ces supplétifs de l’armée française laissés-pour-compte en 1962. Marine Le Pen leur promet d’en effacer la trace et de les rétribuer pour les services rendus à la France. Prix de la trahison envers leur patrie d’origine: l’Algérie. «Si je suis élue présidente de la République, il est bien entendu que je réglerai d’une manière définitive tous les problèmes liés à votre exode forcé, tant d’un point de vue juridique que pécuniaire ou moral», affirme t-elle à une assistance réceptive à ce type de promesses. Une générosité bien calculée: donnant-donnant. Quoi de plus naturel pour la patronne du parti d’extrême droite que de remuer le couteau dans la plaie pour séduire un électorat encore fortement sensible aux thèses de l’Algérie française. En ce sens, elle confirme qu’elle est bien la fille de son père. Si Jean-Marie Le Pen s’est illustré par ses thèses négationnistes en ce qui concerne l’Holocauste, son héritière ne fait pas non plus dans la dentelle et promet de réécrire l’Histoire de la guerre d’Algérie. Pour sans aucun doute pérenniser la tradition et suivre pas à pas le sillon tracé par son géniteur. Tel père, telle fille. Une affaire de famille vraisemblablement. Une haine de l’étranger. De l’Algérien surtout et une nostalgie d’une Algérie sous domination française dont l’occupation s’est arrêtée un jour de mars 1962. Une date qui a marqué un des plus cuisants revers infligé à une expédition militaire autant féroce que redoutable. La torture, les enfumades, les bombardements au napalm, les exécutions sommaires…ont constitué ses fers de lance. Un arsenal militaire et psychologique, qui avait pour but de réduire les Algériens au rang de sous-hommes. La dialectique s’en est emparée et a produit tout à fait le contraire de l’effet escompté. Ces méthodes ont semé les graines de la révolte qui ont conduit à l’indépendance un peuple algérien qui s’est avéré indomptable. C’est certainement ce qui est surtout resté en travers de la gorge de Marine Le Pen.

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12 août, 2011
 
 

Les multi-milliards de la chasse aux terroristes et l’évaporation de la classe moyenne

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Les think-tanks américains lourdementt influencés par Israël, les experts et conseillers qui dépeignaient les adversaires islamistes comme étant ineptes, inefficaces et lâches, se sont totalement trompés sur le compte de la résistance afghane. Aveuglés par leur antipathie idéologique, ces conseillers civils de haut-niveau de la Maison Blanche et du pentagone ont été incapables de reconnaître la finesse politique, militaire, stratégique et tactique des leaders islamistes de moyen et haut niveaux ainsi que leur potentiel de soutien dans le voisinage, au Pakistan et ailleurs.

 

La Maison blanche d’Obama, trop dépendante des experts pro-Israël islamophobes, a isolé plus avant les troupes américaines et s’est aliénée la population afghane en triplant le nombre de troupes, ainsi renforçant le crédit des Talibans aux yeux de l’opinion publique afghane comme étant l’authentique alternative à l’occupation étrangère.

 

En ce qui concerne les rêves néo-conservateurs de voir des guerres séquentielles victorieuses, concoctées par les Paul Wolfowitz, Feith, Abrams, Libby et consorts, éliminer les adversaires d’Israël et faire du golfe persique un lac hébreu, les guerres qui se prolongent en Irak, Afghanistan et au Pakistan, de fait, ont renforcé l’influence régionale de l’Iran, retourné le peuple pakistanais contre les Etats-Unis et renforcé les mouvements contre les états clients des Etats-Unis à travers le Moyen-Orient.

 

Les défaites impérialistes séquentielles ont eu pour résultat une hémorragie massive des finances de l’état américain, bien plus que l’afflux des richesses pétrolières promis dans le package des guerres provenant des pays tributaires.

 

D’après une étude universitaire récente, le coût militaire des guerres d’Irak, d’Afghanistan et du Pakistan a excédé les 3 200 milliards de dollars (dans “Les coûts de la guerre depuis 2001”, Eisenhower Study Group, Juin 2011) et augmente de plus de 10 milliards de dollars par mois. Dans le même temps, les Talibans “resserrent leur main mise psychologique” sur l’Afghanistan ( du 30 Juin 2011). D’Après les derniers rapport en provenance d’Afghanistan, même le mieux gardé et protégé des hôtels cinq étoiles de Kaboul, l’hôtel Intercontinental, a été vulnérable à un assaut répété et a été pris par des militants, parce que les “forces de haute sécurité afghanes” sont inflitrées et que les Talibans sont capables d’opérer partout, ayant établi des “gouvernements de l’ombre” dans la plupart des villes et villages ( du 30 Juin 2011)

 


Le déclin impérial, les finances en déconfiture et le spectre de l’écrasement

 

L’empire qui s’effondre a épuisé le trésor public US. Alors que le congrès et la Maison Blanche luttent pour augmenter le plafond de la dette, le coût de la guerre érode de manière agressive toute possibilité de maintenir des standards de vie raisonnables et stables pour la classe moyenne et celle des travailleurs et augmente les disparités sociales entre les 1% du top et le reste de la population américaine.

 

Les guerres impérialistes ont pour fondement le pillage de la trésorerie des Etats-Unis. L’état impérialiste a, par des exemptions d’impôts massives et extraordinaires, concentré la richesse dans les mains des super-riches alors que les classes laborieuses ont été coulées surtout dans la mesure où maintenant seuls les boulots à bas salaires sont disponibles.

 

En 1974, le top 1% de la population américaine à titre individuel comptait pour 8% du revenu national; en 2008 ce 1% comptait pour 18% du revenu national, et la plupart de ces 18% de richesse est concentré dans les mains d’un tout petit 1% de ces 1% ou 0,01% de la population américaine ( du 28 Juin 2011,  et du 30 Juin 2011

 

Alors que la classe des super-riches pille le trésor public et intensifie l’exploitation du travail, le nombre des boulots à salaires moyens a plongé. De 1993 à 2006 (NdT: avant le début de la crise donc…c’est pire maintenant…), plus de 7% des boulots à moyens salaires ont disparu(du 30 Juin 2001,).Alors que les inégalités sociales croissent dans le monde entier, les Etats-Unis ont maintenant la plus grosse inégalité sociale répertoriée dans les pays capitalistes dominants.

 
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5 août, 2011

Algérie-Affaire bois-des-Pins:Un crime écologique pour satisfaire un beggar du système !

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2 août 2011. Bois des Pins, à Hydra. Il est 10h. Les 120 arbres dont cinq centenaires ont disparu, laissant place à des eaux usées qui jaillissent de partout, attirant de jour les moustiques alors que de nuit, les habitants ont droit aux odeurs les plus nauséabondes. Des engins assurent sans arrêt le transport du tuf de la colline où le fameux projet de construction d’un parking sera réceptionné. Le tout encerclé par un impressionnant dispositif policier mobilisé sur les lieux pour assurer la poursuite des travaux.
Tout a commencé hier, à 8h du matin, lorsque de jeunes de la cité Bois des Pins s’en sont pris aux ouvriers assurant les travaux de construction du parking qui a pris la place de l’un des rares poumons de la capitale qui demeurait encore debout. Les protestataires qui n’ont pas fait preuve de violence à l’égard des ouvriers les ont tout simplement priés d’arrêter les travaux et quitter les lieux. La police qui a, depuis le début du conflit, installé un dispositif H24 sur place n’a pas tardé à intervenir et les affrontements ont repris de plus beau, même si la situation n’a duré qu’un bref instant. Le comité des sages du quartier a fini par raisonner tous ces jeunes qui juraient de mettre le feu partout.
A 10h, le calme était déjà de retour, mais les agents de la police antiémeutes continuaient d’arriver en force. Pour cette fois-ci, la police de Hydra a dû faire appel aux renforts du 6e arrondissement. Les agents du rétablissement de l’ordre public ont aussitôt encerclé les lieux avant de prendre position sur les terrasses des six immeubles que compte la cité. Les habitants qui attendaient l’arrivée des deux moudjahidate, en l’occurrence Djamila Bouhired et Fettouma Ouzegane, assistaient au spectacle à partir des cages d’escalier des immeubles. Il est 13h. La chaleur de plomb qui s’impose sur les hauteurs de la capitale ne fait qu’accentuer l’odeur des eaux usées qui jaillissent de partout. Les engins ont, selon les habitants, agi sans prendre acte des plans du quartier et c’est pratiquement toutes les conduites d’égouts, endommagées, qui refoulent aujourd’hui au pied des immeubles. «Nous vivons dans un climat insupportable. Alors qu’avant, on respirait l’air pur des 120 arbres qui ont été massacrés, aujourd’hui nous respirons les odeurs les plus nauséabondes et la présence des cafards et des moustiques s’est considérablement accrue. Pour l’abattement d’un arbre, la loi prévoit 10 ans de prison, 120 arbres ont été déracinés au su et au vu de tout le monde et personne n’a réagi», lance un habitant. Les deux moudjahidate n’ont pas, en effet, tardé à arriver, Fettouma Ouzegane en premier et ensuite Djamila Bouhired. «Il est inadmissible que les travaux se poursuivent alors que l’affaire est actuellement en justice. Mais lorsque des gens aux épaules larges sont derrière, on peut toujours enfreindre la loi», ont-t-elles clamé dès leur arrivée.
M. M.

3 août, 2011

Les dessous de l’affaire Mouhib Khatir

 dans l’affaire Mouhib Khatir Affaire-Mouhib

La chambre d’accusation de Blida doit statuer ce matin

Les dessous de l’affaire Mouhib Khatir

Depuis l’arrestation inattendue du maire de Zéralda, Mouhib Khatir, le 6 juillet, une véritable boîte de Pandore s’est ouverte : accusations croisées, corruption, affaires de mœurs et stratégies politiques.

Un sentier à quelques mètres du village des Artistes, à Zéralda. Près d’une benne à ordures, trois voitures banalisées sont postées sur la route menant au complexe touristique. Un 4×4 noir passe, les policiers en civil l’arrêtent brusquement et réclament la pièce d’identité du conducteur. Ces officiers dépendant du commissariat de Châteauneuf (Alger) ne connaissent pas les gens de la région. Ils ont fait erreur sur la personne ; le conducteur, un habitant de Zéralda, est invité à poursuivre son chemin. Le maire de Zéralda quitte au même moment le siège de l’APC et se dirige vers son domicile, en ce
6 juillet 2011, sans se douter que sa vie est sur le point de basculer. A 18h, sur cette même route menant au complexe touristique de Zéralda où habite le président de l’APC, un 4×4 noir est encore une fois bloqué. Cette fois, c’est la bonne.
Le maire résiste et se débat, ne comprenant pas qu’il a affaire à la police. L’arrestation sera musclée.

Les habitués des lieux qui ont assisté à la scène sont sous le choc. Les proches du maire parlent d’un vice de procédure dans l’arrestation, étant donné que le mandat n’a été signé que le 11 juillet et que la perquisition de la maison, le lendemain, n’a pas été faite dans les normes. Le chargeur de son arme a été réquisitionné sans qu’aucune décharge n’ait été remise à sa femme, sur place. La famille et la presse sont aussitôt informées : on parle d’une affaire d’escroquerie et de corruption.
600 000 DA de cafés impayés et un achat non honoré de 15 portables destinés au personnel de l’APC. Rien que cela ? Bien sûr que non.
Avec cette arrestation inattendue, c’est une véritable boîte de Pandore qui s’ouvre ; s’y mêlent accusations croisées, corruption, affaires de mœurs et stratégies politiques. Depuis le
6 juillet, Mouhib Khatir, maire de Zéralda, est en détention. Il comparaît aujourd’hui devant la chambre d’accusation de Blida. Ses proches crient à l’acharnement judiciaire sans fondement. Ses détracteurs, eux, l’accusent de corruption et d’escroquerie. Retour en arrière.
à l’origine, le centre des affaires
A son arrivée à la tête de l’APC, le 15 décembre 2007, ce maire indépendant n’a pas perdu de temps pour rendre public «l’état alarmant des finances de la commune». Vidéos sur YouTube et sur facebook, conférences de presse se succèdent pour dénoncer toutes les anomalies rencontrées, dont spécialement le refus de l’ancien maire de faire la passation de consignes. L’hostilité entre Mouhib Khatir et ses prédécesseurs prend forme. La situation devient encore plus tendue entre les anciens élus et le nouveau premier responsable de la commune, lorsqu’il découvre que les comptes de l’APC sont bloqués par la CNEP. La cause ? Un crédit de 26 milliards de dinars accordé à l’APC en 1994 pour la construction d’un centre d’affaires censé apporter développement et prospérité. Mouhib Khatir ouvre alors une enquête pour comprendre les raisons pour lesquelles ce centre d’affaires, qui était censé rapporter de l’argent à la commune, lui a fait perdre quelque 3 milliards de dinars. Le résultat de l’enquête n’est pas réjouissant : le centre d’affaires, qui comprend un hôtel, un cabaret, un bar, un grand parking et plusieurs commerces, pose problème. L’hôtel, le cabaret et le parking sont gérés en concession par la SARL Prestotel, managée par Issad Lylia, dont l’entreprise est en location sur les lieux depuis 1994. «Derrière cette Lylia Issad se cache un actionnaire de l’entreprise qui n’est autre qu’un élu RND de l’APC, Matari, qui travaille par ailleurs avec d’autres élus contre lesquels Mouhib Khatir a déposé des plaintes», révèle, documents à l’appui, Sabrina Khatir, épouse du maire emprisonné. Elle explique : «Mon mari se bat depuis des années contre un réseau mafieux qu’il voulait démanteler. Ils ont accaparé le centre des affaires sans payer de loyer depuis des années. Mon mari n’a pas voulu jouer leur jeu. Ce sont eux qui sont derrière cette arrestation arbitraire qui ne répond à aucune logique juridique étant donné qu’un litige commercial relève du civil et non du pénal.» Près d’une vingtaine de plaintes ont justement été déposées par Mouhib Khatir depuis 2007. Aucune n’a abouti. Parmi celles-ci, une sort du lot : celle qu’il a déposée contre le procureur général de Blida, Abdeli Mohamed, que le maire accuse «de couvrir le réseau mafieux qui sévit à Zéralda en bloquant toutes les plaintes du P/APC».
Premier maire à s’attaquer à un procureur général
«Cet homme a tenté de me corrompre parce que j’ai refusé que son frère devienne mon associé, alors il s’acharne contre mon établissement hôtelier qu’il veut revendre», assène Lylia Issad, gérante de l’hôtel Nour, qui précise que l’arrestation du maire n’a rien à voir avec l’affaire qui l’oppose à lui : «Il a escroqué des gens, il paye pour ça aujourd’hui.» Un conflit connu de tous oppose justement Issad Lylia à Mouhib Khatir depuis 2008, date à laquelle le maire a ordonné «la fermeture de la salle des fêtes du centre des affaires transformée en cabaret», selon plusieurs habitants de Zéralda. Toutes les plaintes que Mouhib Khatir a déposées à la cour de Blida contre elle et ses «associés» se sont vues bloquées. Le maire décide alors d’aller plus loin en prouvant les alliances qui existent entre le procureur de la cour de Blida, Mohamed Abdeli, et les «associés» de Lylia Issad.
Dans une vidéo postée sur YouTube, Mouhib Khatir cite nommément ces personnes «associées» à l’affaire de l’hôtel Nour, dont quatre élus actuellement en poste : Matari (actionnaire de la Sarl qui gère l’hôtel Nour), Mohamed Mezhoud (vice-président de l’APC), Mohamed Bensalah (ancien maire et actuellement second vice-président de l’APC), Tifaghi Malika (élue FLN, ancienne directrice du centre des affaires). L’histoire se complique lorsque le maire rend publics des documents qui prouvent que Bensalah et Mezhoud ont établi une fausse résidence au nom du jeune frère de Mohamed Abdeli, Lounès, qui lui a permis de bénéficier d’un logement participatif à Zéralda. Les faits remontent à 2005. La plainte de Mouhib Khatir concernant cette affaire de logement a été déposée le 13 février 2011 au président de la cour de Blida contre les deux vice-présidents de l’APC et le procureur général de Blida.
Quelques coups de téléphone autour d’un café
«Lylia Issad (qui gère un réseau de prostitution) et ses associés ont invité l’employée que j’ai placée à la tête du centre des affaires à mon arrivée à l’APC à prendre un café. Je lui ai demandé d’y aller pour les prendre au piège. Ils lui ont proposé 2 millions de dinars contre mon silence. Le mari de Lylia Issad, qui s’appelle Amara, a appelé le procureur général en présence de cette employée pour lui garantir qu’elle serait couverte.» Ce sont là les déclarations incendiaires qu’a faites Mouhib Khatir lors d’une conférence de presse suite à son dépôt de plainte pour tentative de corruption, le 12 octobre 2008. Une plainte restée sans suite.
Une autre finira cependant par aboutir : après insistance du maire, le wali d’Alger finit par ordonner la fermeture de l’hôtel Nour pour une durée de 6 mois à compter du 13 juin 2011, soit près d’un mois avant son arrestation. «Ces gens-là ont organisé une cabale judiciaire contre Mouhib Khatir pour l’écarter parce qu’il devenait trop gênant pour leurs affaires», soutient Sabrina Khatir. Des dizaines de documents en main, l’épouse du P/APC fait le tri et tend toutes les lettres administratives relatives à l’affaire d’escroquerie sur les téléphones portables. Mouhib Khatir a déposé plainte le 5 mai 2010 contre le propriétaire du magasin de téléphones pour surfacturation.

«Le magasinier de l’APC et d’autres employés l’ont vu distribuer ces 15 portables aux élus de la commune de façon complètement informelle. Il n’y a aucun bon de livraison et cet homme n’a même pas porté plainte contre mon mari, rien ne justifie son arrestation pour cette affaire», explique l’épouse du maire. Qu’en est-il de l’affaire des 600 000 DA de cafés impayés ? «Il s’agit du café situé juste en face du siège de l’APC et cette plainte a été retirée.»
Qu’est-ce qui retient Mouhib Khatir encore en prison ? «Un dépôt de plainte de la police pour coups et blessures survenus lors de son arrestation, sur lequel la justice doit statuer dans quelques jours, et l’affaire des portable dont le sort sera connu ce lundi (aujourd’hui, ndlr)», explique-t-elle en qualifiant cette affaire de «comique cabale judiciaire». Elle menace d’ailleurs de saisir la Cour internationale au plus vite pour faire la lumière sur ce qu’elle qualifie de «dérives graves pour ce pays».
En attendant, le centre des affaires de Zéralda, situé à la cité Frères Boussalem, continue à recevoir les estivants, notamment pour son centre commercial. L’hôtel est fermé, mais des sources affirment que cette «fermeture provisoire» est exploitée pour travaux…
Le comité de soutien du maire continue, pour sa part, à se poster tous les soirs à partir de 19h en face du siège de l’APC pour réclamer la libération de Mouhib Khatir.

 

Bio express :

Qui est Khatir Mouhib ?
Agé de 48 ans, Mouhib Khatir, président du Forum des maires, est un élu indépendant à la tête de l’APC de Zéralda depuis le
15 décembre 2007. Avant cette date, il était commerçant, patron d’une entreprise de décoration gérée avec sa femme depuis 1993.
C’est ainsi qu’il a eu à s’occuper de la décoration de sites connus, tels que les salles de cinéma ABC et Algeria, des théâtres de Constantine et d’Alger ainsi que de la résidence Djenane El Mithak et l’hôtel Hilton, entre autres. La décision de son engagement politique, en 2007, répondait à «sa frustration de voir la commune de Zéralda s’enliser dans la dégradation», expliquent ses proches.
En créant le Forum des maires en 2008, il a formulé plusieurs revendications portant
sur la revalorisation du salaire des maires fixé à 15 000 DA, sur l’accès à l’immunité pour justement échapper à toute cabale judiciaire susceptible d’amoindrir les capacités d’action de l’élu, mais aussi sur un statut particulier censé réglementer les devoirs et les droits des 1541 présidents d’APC que compte le pays.

Pour faire aboutir ces revendications, les 1000 élus qu’il a réussi à fédérer ont même menacé d’une démission collective en mars dernier et se sont accordé sur la date du 1er septembre pour mener une marche des maires sur Alger pour demander que leurs revendications soient prises en charge. Fella

Bouredji  El Watan le 25.07.11