http://referentiel.nouvelobs.com/file/1957881.jpg

 

 

Du Copé collé

Par : IRIS  SAMY . On n’est pas sorti de “l’axe” tourner la page, les choses étant essentiellement vues sous l’angle de l’intérêt des entreprises françaises qui ont eu droit à un traitement bien plus éloigné des IDE ; Paris et Alger leur ayant réservé spécialement deux pointures pour les tirer du bord du gouffre.

Le patron de l’UMP et proche du président français vient de boucler un cycle de visites en Algérie. Le défilé a été éminemment économique, mais une belle marge politique a donné à Alger l’air d’une incontournable place dans l’échiquier parisien. Cette impression a été accentuée par les allers-retours de M. Raffarin qui a mis en tête des priorités le sauvetage des compagnies françaises à la veille d’une présidentielle à risque pour Sarkozy. Occupée à réanimer son économie encore sous “le choc psychologique”, la droite a laissé agir la gauche venue afficher ses ambitions politiques. Sur ce plan, gauche et droite se confondent et se rejoignent dans le pur style de la politique étrangère américaine.
Cet esprit n’est pas loin. Il transparaît dans les propos de M. Copé, poli et arrondi, qui a évité avec finesse les sujets qui fâchent, prêchant “l’intérêt commun” et l’ouverture “d’une nouvelle page de développement partagé”. Vieille rengaine qui semble résister aux effets du temps et de l’évolution du côté de l’Hexagone.
En définitive, on n’est pas sorti de “l’axe” tourner la page, les choses étant essentiellement vues sous l’angle de l’intérêt des entreprises françaises qui ont eu droit à un traitement bien plus éloigné des IDE ; Paris et Alger leur ayant réservé spécialement deux pointures pour les tirer du bord du gouffre.
Comme si, politiquement, véritablement une page était tournée. Quid des débats, commissions et conférences initiés par la majorité UMP, pilotés par ses ministres. Copé, en émissaire à Alger, joue la prudence et clame ouvertement son opposition à certains projets de “sa” majorité.
Il sait qu’il opère en terrain miné. Miné par la politique adoptée par son propre parti depuis l’élection de Sarkozy.
Incapable d’assumer son passé colonial, la France a trouvé en la droite, ces dernières années, la classe qui assume son rôle de “gomme” assortie d’une dérive lexicale qui a affecté même le repêché Juppé.
Et Copé aura fort à faire pour convaincre et faire passer son 2 en 1. Surtout s’il continue à considérer la proximité exclusivement du point de vue géographique. Les proximités politiques sont beaucoup plus difficiles à apprécier. M. Copé le sait !

Il n’empêche que de l’avis des observateurs, le déplacement du SG de l’UMP dans notre pays est intimement lié avec les présidentielles de 2012 en France. Paris souhaiterait donc s’assurer du soutien d’Alger pour la réélection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Elysée. Les autorités algériennes seraient elles à même de cautionner ce choix? Rien n’est moins sûr et cela au moins pour une raison  bien évidente.

Il s’agit de la différence d’approche  des deux capitales (Algérie et Paris)  de la question libyenne qui occupe présentement  le devant de  l’actualité internationale. Les autorités françaises n’ont pas hésité  à opérer une intervention militaire en Libye, en application d’une résolution adoptée en ce sens par le Conseil de sécurité de l’ONU. Cette manière d’agir n’est pas, pour le moins que l’on puisse dire, du  goût  des dirigeants algériens.

Copé rêve d’une nouvelle page de partenariat
Dans la matinée d’hier, Jean François Copé a animé une conférence intitulée «la France et les valeurs de la République face à la mondialisation» abritée par le siège de l’Ecole nationale des Sciences politique d’Alger.  Au cours de son intervention, il fera  part de sa volonté d’ouvrir une nouvelle page de partenariat avec l’Algérie. «Je rêve d’une nouvelle page de partenariat entre l’Algérie et la France», a-t-il déclaré.
Il mettra l’accent sur «les nouvelles  perspectives» que font siennes les dirigeants de l’UMP dont est issu le président français Nicolas Sarkozy.
Des perspectives basées essentiellement sur la conquête de nouveaux marchés à travers le monde à même de faire face, dira-t-il, au nouveau défi de la mondialisation. Celle-ci a provoqué selon l’orateur «un choc terrible au sein de la société française». Et pour cause, il se trouve que la mondialisation n’a pas épargné les français et leur gouvernement d’une série de crises multiformes aux conséquences économiques plus ou moins graves.

Parmi ces moments de crises, le SG de l’UMP citera, entre autres, la crise monétaire qui a secoué son pays en 2007. Ajouté à cela les différentes mutations enregistrées au plan international et dans les sillages desquelles Paris n’a pu s’empêcher de s’impliquer comme tel est le cas actuellement avec la situation en Libye.
C’est une cagnotte de 160 millions d’euros qui, a titre de rappel, a été dépensée  jusque là par Paris dans le cadre de son intervention en Libye. Du coup, et pour renflouer les caisses de l’Etat français, l’alternative de dénicher et de surcroît de nouer des partenariats économiques avec d’autres pays, en particulier avec l’Algérie a valeur, non seulement «de perspective solide mais il s’agit aussi d’un choix stratégique» pour paraphraser Jean-François Copé.

 

Laisser un commentaire