Réformes politiques de Bouteflika : une reproduction des expériences du passé

 dans Bouteflika

Manifestation pour le changement, le 12 février 2011

Les choses sérieuses vont commencer bientôt pour le pouvoir. Ayant lancé, au début du mois de mai 2011, le processus « de réformes politiques », le président Abdelaziz Bouteflika passe à une étape supérieure en vue de réaliser ses promesses. Selon notre confrère « El Khabar », le chef de l’Etat a réuni, jeudi 23 juin, les présidents des institutions constitutionnelles afin d’entamer la réflexion sur la mise en œuvre des propositions de la classe politique nationale sur « les réformes politiques ».

« Cette réunion a eu lieu à la résidence d’Etat, Dar El Mefti à Alger. Le président Bouteflika a convoqué le président du conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, le président du conseil constitutionnel, Boualem Bessayah, le président de l’Assemblée populaire nationale, Abdelaziz Ziari, le premier ministre, Ahmed Ouyahia et le représentant personnel du chef de l’Etat, Abdelaziz Belkhadem », précise El Khabar dans son édition du lundi 27 juin. La réunion aurait duré plusieurs heures et elle a été consacrée spécialement à l’examen des dossiers relatifs aux « réformes politiques ».

Mais le pouvoir a-t-il la volonté d’aller plus loin dans sa démarche d’introduire « des réformes politiques » ? La question demeure posée, d’autant que la manière de faire jusque là est décriée par l’opposition. La révision des textes législatifs régissant la vie politique en Algérie, à savoir la constitution, la loi sur les partis, la loi électorale et la loi sur les associations proposées par Abdelaziz Bouteflika ne suscite pas trop d’intérêt.

Un changement du système

« Le problème n’est pas dans les textes, mais dans leur application », rappelle la plupart des représentants de la classe politique ayant été reçus par l’instance de consultations sur les réformes politiques. Certains d’entre eux ont même cloué au pilori le système en le qualifiant « de défaillant ».

Ces derniers s’alignent carrément sur les positions des partis (RCD, FFS) et des personnalités nationales ayant rejeté la démarche du pouvoir dès son annonce. « Le changement à l’intérieur du système ne résout pas la crise nationale. Seul un changement de système est capable de mettre l’Algérie sur les rails de la démocratie », tranche l’opposition.

Elle plaide, dans ce sens, pour une Assemblée constituante et l’ouverture d’un débat général sans exclusive en vue de mettre en place les bases d’une véritable démocratie. Cette demande ne semble pas tomber dans l’oreille des tenants du pouvoir pour le moment. Ceux-ci s’obstinent à appliquer les mêmes recettes qui ont prouvé leurs limites par le passé.

Les expériences de 1989 (révision de la constitution qui a consacré l’ouverture politique) et de 1994 (dialogue national) ont permis au régime politique de se maintenir, sans donner l’occasion aux partis politiques de s’épanouir. La démarche d’aujourd’hui risque d’aboutir au même résultat.

Qu’en pensez-vous ?

IRIS/SAMY

Laisser un commentaire