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Le «commandant Z», les parachutes français et Sarkozy

Les terroristes du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, ou AQMI) et les talibans en Afghanistan sont-ils favorables à une réélection du prédisent français Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat ? «Sarko» a-t-il participé de façon efficace aux efforts consentis dans le cadre de la lutte internationale contre le terrorisme, ou bien a-t-il donné (malgré lui ?) un nouveau souffle aux nébuleuses ?

Ce sont des questions auxquelles des observateurs avertis de la scène sécuritaire cherchent des réponses, notamment après les «révélations» faites hier par un journaliste

de Paris Match sur le versement d’une rançon et la libération de deux talibans par la France, en contrepartie de la libération d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, journalistes français détenus en Afghanistan par les partisans du mollah Omar. Michel Peyrard,

journaliste à Paris Match, qui a lui-même été détenu pendant 25 jours par les talibans en 2001, relate, dans le site internet de l’hebdomadaire, des détails sur les négociations engagées entre les autorités françaises en charge du dossier et les talibans.

Le journaliste qui a mené son enquête en Afghanistan et rencontré des chefs talibans, a ainsi a rapporté que la France a versé une rançon aux talibans et est intervenue pour obtenir la libération de deux des partisans du mollah Omar arrêtés.

Michel Peyrard qui a rencontré à Kaboul un émissaire de Qari Baryal, le commandant en charge de la captivité des deux journalistes français, raconte les coulisses de la négociation côté talibans, évoquant le versement d’une rançon et la libération de deux combattants talibans. Le journaliste de Paris Match évoque trois prises de contacts à Kaboul les 21, 24 et 25 juin, avec un émissaire, nommé le «commandant Z», un homme recherché par la coalition internationale.

Qari Baryal est, de son côté, traqué par les forces de l’Isaf (Force internationale d’assistance et de sécurité).

Michel Peyrard note, cependant, que le montant de la rançon a été revue à la baisse de moitié, et que les talibans, qui avaient exigé, au départ la libération de quatre des leurs, ont finalement réussi à obtenir la libération de deux de leurs combattants sur intervention de la France.

Cette «révélation» succède à celle faite par Le Figaro, informant du parachutage d’armes et de munitions par la France aux «insurgés» libyens, non loin des frontières algériennes. Ce qui a suscité le désaccord exprimé par la Russie et de la Chine,

ainsi que la désapprobation annoncée par l’Angleterre, pourtant un des pays engagés dans les opérations militaires contre le régime de Mouammar Al Kadhafi dans le cadre de l’Otan. Certains se sont interrogés sur la «légalité» de cette action française.

Cependant, et pour ce qui est du paiement de rançons, les principes accompagnant la lutte contre le terrorisme sont clairement bafoués en dehors du caractère humanitaire consistant à sauver des vies humains ou de considérations électoralistes liées à l’arrivée à grands pas de la date des élections présidentielles françaises.

La sécurité en Algérie, première victime
L’Algérie, qui a mené une campagne pour l’interdiction de paiement de rançons aux organisations terroristes, soutenue par les Etats-Unis d’Amérique, l’Angleterre et d’autres pays est, note-t-on, elle-même victime du piétinement de ces principes puisque des sources médiatiques avaient annoncé, il y a quelque temps, le versement, par la France, d’une rançon en contrepartie de la libération

de Pierre Camatte, otage français détenu par l’organisation de Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaab Abdelouadoud, actuel «émir» national du GSPC ou «AQMI. L’organisation terroriste avait exigé le versement d’une rançon et la libération de quatre de ses éléments détenus au Mali, en contrepartie de la libération de Piere Camatte,

présenté par des médias français comme étant «un agent secret français» kidnappé par le GSPC au Sahel. Ce qui ressemble fort à l’affaire de l’enlèvement et des conditions dans lesquelles a eu lieu la libération des deux journalistes détenus en Afghanistan. Paiement de rançon et libération de combattants terroristes. Comme pour les talibans, le GSPC ou AQMI avait obtenu la satisfaction de ses exigences.

Un accord secret entre Sarkozy et l’«émir national d’AQMI?
Le largage d’armes et de munitions par l’armée française aux «insurgés» libyens non loin des frontières algériennes pose par ailleurs certaines questions à des observateurs avertis de la scène sécuritaire, surtout après la reconnaissance par le ministre français Claude Guéant qu’une partie des armes volées de casernes militaires libyennes avaient été récupérées par AQMI et transportées au Sahel, notent-ils.

Les observateurs en question rappellent que AQMI a exigé le paiement de 90 millions d’euros en contrepartie de la libération des otages français toujours détenus par par le GSPC ou AQMI.

«Il est connu qu’une partie de cet argent, s’il venait à être versé aux terroristes, servirait à l’achat d’armes et de munitions», expliquent ces sources qui se demandent si un accord n’aurait pas été conclu au Sahel comme cela a eu lieu en Afghanistan entre la France officielle et les terroristes via le largage de ces armes et munitions.

«Les terroristes d’AQMI pourraient obtenir des armes et munitions avec ces largages d’armes, au lieu de les acheter avec l’argent de la rançon.

Ce qui arrangerait les choses pour les terroristes et le président Sarkozy qui pourrait, pour les prochaines élections présidentielles françaises, se targuer d’avoir réussi à libérer ses concitoyens détenus par des terroristes. Mais à quel prix ? Celui de la stabilité dans la région du Sahel et de l’Afrique du Nord, t-on.craigne-t-on.  Par Mounir Abi
 

 

 

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