Libye: le colonel Kadhafi, 42 ans de pouvoir, inflexible face aux raids


 
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Libye: le colonel Kadhafi, 42 ans de pouvoir, inflexible face aux raids
TRIPOLI – Mouammar Kadhafi gouverne la Libye d’une
main de fer depuis bientôt 42 ans et pourrait devenir lundi le deuxième
chef d’Etat poursuivi par la Cour pénale internationale après le
Soudanais Omar el-Béchir, plus de 3 mois après le début des raids menés
par une coalition internationale.
Faisant face à une
insurrection sans précédent qui dure depuis plus de
quatre mois, le colonel Kadhafi, 69 ans, plus ancien dirigeant arabe et
africain, s’accroche toujours au pouvoir, malgré la pression
internationale et les bombardements de l’Otan.Né,
selon sa propre légende, sous une tente bédouine dans le désert de
Syrte le 7 juin 1942, Mouammar Kadhafi, fils de berger de la tribu des
Gaddafa, reçoit une éducation religieuse rigoureuse avant d’entrer dans
l’armée en 1965. Il a 27 ans quand il renverse le vieux roi Idriss le
1er septembre 1969, sans qu’une goutte de sang ne soit versée. En 1977,
il proclame la « Jamahiriya », qu’il définit comme un « Etat des
masses » qui gouvernent par le biais de comités populaires élus, et
s’attribue le seul titre de « Guide de la révolution ». Son pouvoir reste
intact.  Son style de vie, ses tenues
traditionnelles, sa façon fantasque d’exercer le pouvoir sur cet immense
et riche pays pétrolier peu peuplé, apparaissent incongrus et
imprévisibles pour les Occidentaux, mais aussi pour les Arabes. 
En saharienne kaki, en uniforme militaire chamarré d’or ou en gandoura,
la robe des Bédouins, Kadhafi aime recevoir sous la tente, à Syrte ou
dans la cour de la caserne Bab El Azizia, à Tripoli.  
Séducteur, il apprécie la compagnie féminine. Entouré souvent par des
femmes en tenue de soldat, ses « amazones », il se nourrit frugalement,
notamment de lait de chamelle.   Personnage
théâtral, il se singularise par des actes et des propos qui ont amusé le
monde, distribuant les affronts à ses pairs arabes ou émettant des
théories très personnelles sur l’histoire et les hommes.  
Lors d’un sommet arabe en 1988, on le voit la seule main droite gantée
de blanc. Il explique qu’il veut ainsi éviter de serrer des « mains
tachées de sang ». Au sommet suivant, il se trouve à côté de l’ex-roi
saoudien Fahd. Fumant un gros cigare, il se tourne ostensiblement vers
son voisin chaque fois qu’il exhale la fumée.   Son
Livre vert, instituant la « Jamahiriya », affirme que la démocratie ne
peut être établie par les urnes. « Les élections, c’est une mascarade »,
dit-il.   Dans les années 1990, Kadhafi, affaibli
sur la scène mondiale, déçu par ses partenaires arabes, se tourne vers
le continent noir.   Elu à la tête de l’Union
africaine début 2009, il donne le ton de sa présidence en demandant à
ses pairs de l’appeler désormais « Roi des rois traditionnels d’Afrique ».
Après une année chaotique où ses prises de position dissonantes
brouillent l’image de l’institution, il cède la place au président du
Malawi.   Traité pendant des décennies de chef d’un Etat « terroriste »,
il décide de se réconcilier avec l’Occident.  
En 2003, à la surprise du monde entier, il annonce le démantèlement de
ses programmes secrets d’armement. Il reconnaît ensuite la
responsabilité de son pays dans les attentats contre un avion américain
au-dessus de Lockerbie, en Ecosse (270 morts en 1988) et un avion
français au Niger (170 morts en 1989), et verse des indemnisations aux
familles des victimes.   L’ex-paria s’ouvre enfin à
l’Occident. Kadhafi reçoit les dirigeants occidentaux, tandis qu’à
l’étranger on lui déroule le tapis rouge, comme à Paris et plus
récemment à Rome, suscitant des polémiques.   Fort
de son pétrole, il réussit en 2008 à solder son passé avec l’Italie en
obtenant des excuses et des dédommagements de Rome pour la période
coloniale.   Plus récemment, il fait plier la Suisse
qui lui présente ses excuses, un an après l’arrestation de son fils
Hannibal pour des violences sur ses domestiques.   Et il accueille
triomphalement Abdelbasset al-Megrahi, condamné pour l’attentat de
Lockerbie, libéré pour raison de santé.

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