Enfumades des grottes de la Dahra à

Mostaganem : découverte des ossements d’algériens asphyxiés par le colonel français Pélissier

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Cent soixante six ans après la sombre des grottes du Dahra dans une région située dans l’extrême est de la wilaya de Mostaganem (à 80 km du chef-lieu de wilaya), des ossements des algériens asphyxiés dans ces grottes ont été découverts.

 

Le colonel Pélissier n’hésite pas à asphyxier le 20 juin 1845, plus de 1200 personnes, hommes, femmes et enfants et vieillards  des Ouled Riah, qui s’étaient réfugiées dans les grottes de Ghar-el-Frechih dans le Dahra (triangle Ténès, Cherchell, Miliana).

 

Le 20 juin au matin, la grotte est cernée. Mais les Français ne pouvaient avancer davantage. Ils étaient accueillis à coups de fusils. On donna de l’artillerie, avec des obusiers de montagne, en vain. Vers 10 heures, le colonel Pélissier, ordonna à la troupe de couper du bois et de ramasser de la paille dans les champs alentours où murissaient les moissons. Par paquets, ces combustibles étaient entassés aux deux entrées de la grotte et l’ordre fut donné d’y mettre le feu. Un officier espagnol qui fut témoin des faits rapporte dans les colonnes d’un journal madrilène, l’Heraldo, que le feu eut d’abord du mal à prendre « à cause d’un grand amas d’eau que l’on supposait exister à l’entrée des grottes ». Le témoin poursuit : « Vers une heure, on commença à jeter à l’ouverture de l’Orient des fagots qui, cette fois, prirent feu devant les deux ouvertures, et par une circonstance singulière, le vent chassait les flammes et la fumée à l’intérieur… de sorte que les soldats purent pousser les fagots dans les ouvertures de la caverne, comme dans un four ».Comme dans un four !

Un soldat rapporte dans une lettre à sa famille : « …Le feu fut alimenté toute la nuit…Voir, au milieu de la nuit, à la faveur de la lune, un corps de troupes françaises occupé à entretenir un feu infernal ! Entendre le sourd gémissement des hommes, des femmes et des animaux ; le craquement des rochers calcinés s’écroulant !… »

Le lendemain, après être entré dans la grotte, il rapporte les scènes suivantes : « A l’entrée gisaient des boeufs, des ânes, des moutons ; leur instinct les avaient conduits à l’ouverture pour respirer l’air qui manquait à l’intérieur. J’ai vu un homme mort, le genou à terre, la main crispée sur la corne d’un boeuf. Devant lui était une femme tenant un enfant dans ses bras. Cet homme avait été asphyxié, ainsi que la femme, l’enfant et le boeuf, au moment où il cherchait à préserver sa famille de la rage de cet animal(…) On a compté 760 cadavres »

Témoignage confirmé par l’officier espagnol: « Le nombre des cadavres s’élevait de 800 à 1000. On en sortit de la grotte environ 600, sans compter tous ceux qui étaient entassés les uns sur les autres, comme une sorte de bouillie humaine, et les enfants à la mamelle presque tous cachés dans les vêtements de leurs mères.»

 

Cette année, des chercheurs à  l’Université de Mostaganem ont découvert lors de leur visite dans la région où le colonisateur français a perpétré l’un de ses ignobles crimes contre l’humanité,  des os, des crânes et des ustensiles des algériens qui ont été cruellement tués par asphyxie dans les grottes de Ghar-el-Frechich.

Cette visite conduite par des chercheurs de l’université de Mostaganem entre dans le cadre des préparatifs du colloque national sur les carnages commis par le colonisateur français en Algérie. Cette occasion se veut être un projet ambitieux visant à restaurer la mémoire algérienne en faisant la lumière sur la page « noire » marquée par la brutalité du colonisateur français et ses crimes et carnages commis  en Algérie.

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