Archive pour mai, 2011

31 mai, 2011

NORDINE AÏT HAMOUDA DÉNONCE : «Ben Bella : l’homme des Français et des Égyptiens»

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2011/05/31/31052011.jpg


Par Nordine Aït Hamouda député RCD


La dernière
sortie de Ben Bella pose, une fois de plus, la place de l’Histoire dans la vie politique nationale. «Un âne bâté», c’est le qualificatif qu’use l’épouse d’Abane pour qualifier Ahmed Ben Bella. Cette réaction a suivi les ignominies qu’il a déversées contre Abane Ramdane et les acteurs du Congrès de la Soummam. Signalons au passage que dans le procès que la veuve de l’artisan de la révolution avait intenté à Ali Kafi pour diffamation d’Abane, elle s’était retrouvée seule au tribunal. Les incohérences et les outrances de Ben Bella sont des constantes dans un parcours marqué par une indigence intellectuelle que n’ont suppléée ni les années passées en prison ni l’aisance matérielle dans laquelle il a toujours baigné dans le mouvement national et la vie politique algérienne en général quand il était libre.

 
Une instabilité originelle

La lecture de sa déposition, le 12 mai 1950, dans l’affaire de l’attaque de la poste d’Oran, devant l’officier de police judiciaire, Havard Jean, aujourd’hui sur le net, est stupéfiante. Sans subir la moindre violence, il s’efforce, avec une précision d’horloger, de donner et d’enfoncer tous ses camarades et de faire valoir ses états de service pour la France.

«J’ai fait la campagne de France 1939-1940, puis la campagne d’Italie. J’ai été démobilisé avec le grade d’adjudant en juillet 1945. Je suis titulaire de la médaille militaire avec 4 citations. Je n’ai jamais été condamné, je suis lettré en français.» Bien évidemment, Ben Bella souligne son intégration française pour mieux se démarquer de ses co-accusés qui, eux, n’ont pas eu «la chance» d’avoir servi le drapeau français avec tant d’enthousiasme.

 

Ce qui l’amène à expliquer aux renseignements généraux que : «Comme dans tous les partis politiques, il y a les réfléchis, les pondérés, les exaltés, les violents qui trouvent qu’on n’en fait pas assez… et c’est toujours sous la pression des perturbateurs et pour céder à leurs exigences que certains actes de violence sont commis. Parmi eux, je citerai le cas de l’attaque de la poste d’Oran. Je vais dans le détail vous dire tout ce que je sais. Je ne peux pas vous dire si c’est Madjid (Aït Ahmed) qui était à ce moment-là le chef de l’OS ou bien le député Khider, qui a imaginé ou conçu ce coup de force. En tout cas, cette affaire n’a pas pu se réaliser, à condition que ce soit Madjid qui l’ait conçue sans en référer à Khider.» Tous les militants de l’OS, y compris les plus clandestins, y passent : avec leurs fonctions, les réunions, leurs dates et lieux, les sources d’argent de l’organisation pour conclure sur : «J’ai appris par Madjid lui-même que l’argent (de la poste d’Oran) avait été transporté chez Boutlelis où le député Khider devait prendre livraison. Le produit du vol (la poste d’Oran) a été entièrement versé au MTLD par Khider, la somme d’argent découverte chez Kheder, le chauffeur, représentait un prêt consenti par l’OS pour lui permettre de monter un garage personnel. Si par la suite il me revenait certains détails, je ne manquerais pas de vous en faire part ou de les dire au juge d’instruction. »

 

C’est un document qui s’apparente plus à un rapport de mission qu’à des informations arrachées ou glanées sur un ennemi. Comment un homme aussi fragile a-t-il pu rebondir dans le mouvement national et, pire, s’imposer à tous ses acteurs ? Sans verser dans la paranoïa ambiante, nous verrons dans la suite de cette intervention que c’est parce que les grands choix d’après-guerre ont échappé très tôt aux Algériens. Ben Bella, qui n’entreprit aucune action significative pendant son passage à l’OS, a, par contre, eu le temps de connaître tous les rouages de l’organisation. Le résultat de sa collaboration avec l’administration française se chiffre par des centaines d’arrestations en chaîne (363 dont 251 présentés devant la justice), le démantèlement total de l’OS (hommes, armes, explosifs, caches, complicités…) et la reconstitution des liens de la structure clandestine avec le MTLD qui activait encore dans la légalité. Le désarroi semé par cette «coopération» parmi ses codétenus à la prison de Blida avait poussé Amar Ould Hamouda (1) à tancer vertement Ben Bella pour avoir donné tous les militants de l’OS de l’Oranie dont il connaissait la plus grande partie.

 

Vu sous l’angle des dégâts qu’il n’aura de cesse d’assener à l’Algérie ; on peut croire Ben Bella quand il déclare que son plus haut fait d’armes est l’attaque de la poste d’Oran. Le personnage se plaçait déjà sur une démarche qu’il n’a jamais abandonnée : étranger aux souffrances et aspirations du peuple algérien, il sera rapidement repéré et sponsorisé par la France et plus tard par Gamal Abdennacer. Il s’est ainsi, très tôt, ouvert la voie pour se faire introniser à la tête du premier gouvernement de l’Algérie indépendante par la force de deux puissances étrangères contre la direction légale de la révolution. Ceci étant dit, et toujours sur le registre anti-algérien, il passe sous silence dans ses sorties un autre exploit, il est vrai obtenu après l’indépendance. L’élimination de 450 moudjahidine de Kabylie dans la crise de 1963, avec le concours de Boumediène. Pour l’Histoire, il faut dire que cette fois-ci, il a été grandement aidé par la politique d’exclusion de son ex-compère de la délégation extérieure du Caire, Hocine Aït Ahmed, qui a semé doute et désespoir en voulant rester le seul opposant et en condamnant, dès le départ, une insurrection qu’il avait chevauchée en cours de route. On remarque, cette fois encore, que la relation des deux compères est à la fois singulière et complexe. En effet, Aït Ahmed qui entretient des rapports en dents de scie avec Ben Bella s’est bien gardé de répondre à l’attaque de ce dernier. Mais ceci est une autre histoire.


L’histoire à contre-courant
Revenons au parcours de Ben Bella dans les années 50, à commencer par son évasion de la prison de Blida. Cette étrange évasion, de l’avis de plusieurs acteurs de l’époque et même de ceux qui connaissent cette prison, le mène directement au Caire, où c’est désormais établi, il est aussitôt pris en charge par le chef des moukhabarate égyptiens, Fethi Dib, qui se chargera de le présenter à Nasser. Membre de la délégation extérieure du MTLD, les services égyptiens et français mettent tout leur poids pour le présenter comme le chef de l’insurrection algérienne allant jusqu’à lui attribuer la paternité de l’appel du Premier Novembre alors que le rôle mineur des membres de la délégation extérieure est de notoriété publique. Mais comme dans de nombreuses batailles, il y a ceux qui les préparent, ceux qui les font, ceux qui les subissent et ceux qui, tapis dans l’ombre, en guettent les dividendes en cas de succès : Ben Bella a toujours appartenu à cette dernière catégorie. Il le démontre encore aujourd’hui. Pour l’enfant gâté, la détermination, la conviction et l’énergie de Boudiaf déployées pour ouvrir une issue à la crise du mouvement national et remobiliser ses camarades ne sont qu’une agitation d’activiste. C’est monsieur Ben Bella qui aurait tout commandé à partir des résidences cossues des moukhabarate égyptiennes.

 

L’imposture ne fait que commencer. Sans légitimité politique et se cachant derrière les blindés de Boumediène, il se distingue, le 5 juin 1962, lors de la réunion du CNRA à Tripoli en menaçant le président Ben Khedda de lui «enlever publiquement le pantalon». Au diable la légitimité de toutes institutions et la légalité du pouvoir. La culture du pouvoir officiel venait de naître. Elle dure toujours. Auparavant, chargé d’acheminer des armes pour les maquis de l’intérieur, il les détourne, sur ordre de Nasser, au profit des opposants au président Bourguiba qui était en désaccord avec les prétentions du Raïs égyptien à régenter l’ensemble des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Il est inutile de dire que ces armes ont été achetées grâce aux sacrifices des travailleurs algériens, en particulier ceux de l’émigration. Le voyage de Ben M’hidi, au Caire, fait au risque de sa vie, ne changera rien à la conduite de l’agent de Fethi Dib. Après une discussion houleuse avec Ben Bella, Ben M’hidi décide de rentrer au pays pour rejoindre, une nouvelle fois, la résistance. Lui aussi rejette catégoriquement le fait que les Egyptiens s’immiscent dans les affaires de la délégation extérieure du FLN et dénonce particulièrement le choix fait par Fethi Dib sur Ben Bella pour en faire l’interlocuteur exclusif du FLN auprès du maître du Caire. Pour le reste et avant d’être intercepté par les Français, en octobre 1956, alors qu’il n’a eu comme seule conduite que de se tenir loin du front de la lutte armée, Ben Bella s’est acharné à semer la division et la démoralisation par le biais de son acolyte Ahmed Mahsas, envoyé en Tunisie pour détruire la Wilaya I, casser du Kabyle et jeter l’anathème sur les résolutions du Congrès de la Soummam. Il a fallu l’intervention radicale du CCE, qui a emprisonné Mahsas, pour arrêter le travail de sape commandité par Ben Bella. Il est vrai que pour quelqu’un que les services égyptiens et français destinent à gouverner l’Algérie, la stratégie de la division était normale. Il fallait se préserver et détruire toute autre alternative. C’est ce à quoi Ahmed Ben Bella s’attelle pendant que d’autres combattent et exposent leur vie. Il veut même délocaliser le Congrès de la Soummam pour que les militants de l’intérieur viennent vers lui à San Remo, en Italie. Après cela, il accusera Abane de l’avoir écarté de la réunion. Le monde à l’envers !


Les séquelles de la falsification
Aujourd’hui, à l’heure d’internet et de la globalisation, les médias éclairent d’un jour nouveau des faits et des pseudo-légitimités, traités jusque-là par les seules officines du système. L’épisode du détournement, par le gouvernement français, de l’avion menant Boudiaf, Khider, Aït Ahmed, Lacheraf, Ben Bella, du Maroc vers Tunis est à méditer. La photographie des cinq insurgés diffusée dans la presse est le produit d’un montage exécuté par un gendarme français à l’aéroport d’Alger qui intima l’ordre à Boudiaf, qui tenait un classeur, de le remettre à… Ben Bella.

 

La surmédiatisation du rôle de ce dernier (on parlait de l’avion de Ben Bella) symbolisée aussi par la question de De Gaule : «Je crois que quelqu’un m’a posé une question sur Ben Bella» alors que personne ne l’avait cité en dit long sur le marketing français mené en faveur de l’homme d’Oujda. Plus tard, porté par l’ivresse du parvenu et, sans doute briffé par Pablo (Michel Rabtis dirigeant trotskyste français et conseiller de Ben Bella), il se hasarde même à disserter sur la théorie de «l’Etat et la Révolution» pour assener au milieu d’un discours prononcé à l’occasion du congrès du FLN (16-21 avril 1964) qu’«il faut combattre sans répit ceux qui affirment que la construction d’un Etat est un préalable à la révolution. Un telle voie aboutirait, si on la prenait, à remettre le pouvoir entre les mains de ceux qui possèdent la culture et l’expérience politique»!! Sans commentaire. Sans états d’âme, le protégé des services français et néanmoins agent direct de Fethi Dib était, tour à tour, respectueux de l’ordre de la France coloniale pour sauver sa peau en enfonçant ses camarades, arabiste contre les Kabyles pour éliminer de dangereux rivaux politiques, islamiste contre la liberté et l’islam populaire des Algériens et contre «ceux qui possèdent la culture » dans l’Algérie indépendante.

 

Pour compléter ce slalom, il arborera longtemps le col Mao avant de replonger dans l’exhibition islamiste. Si le coup d’Etat de juin 1965 a eu raison de la mégalomanie du personnage, le système est toujours dominé par une mémoire de l’indigénat et sur ce point précis, Ben Bella n’est que l’acteur le plus emblématique d’une tendance générale où chacun fait évoluer l’Histoire, non pas en fonction de l’apport de nouveaux documents ou témoignages, mais selon les positionnements politiques de l’heure. Des hommes comme Mohamed Harbi n’échappent pas à ces tentations. Cela fait deux fois qu’il s’en prend au livre écrit par Saïd Sadi sur le colonel Amirouche. A deux reprises, il décoche ses fléchettes par le recours au jugement moral (Saïd Sadi, démocrate, n’aurait pas montré de la compassion avec les victimes du FLN) au lieu de traiter, en tant qu’historien, des faits, des témoignages et des documents constitutifs d’un ouvrage qui déconstruisent certaines de ses analyses. Sujets sur lesquels il était attendu en tant qu’historien : (fausse allégation d’un conflit entre Amirouche islamiste et sanguinaire, et Zighout à propos du contrôle de la ville de Sétif, rôle d’Ali Kafi…). Son annonce de la menace de mort contre Bentobal par Krim est, même nuancée dans une mise au point, une surprise pour quelqu’un qui a tant écrit sur le mouvement national. M. Harbi dit avoir fait cette révélation après avoir pris connaissance du livre testament de Bentobbal auquel il avait eu accès. Ni Omar Boudaoud, ni Ali Haroun (responsables de la Fédération de France du FLN) qui étaient en contact direct avec Bentobal pendant la guerre et qui ont gardé une relation permanente avec lui n’ont entendu l’ancien ministre de l’Intérieur du GPRA leur faire part d’un tel projet. Mieux, dans son ouvrage sur les Accords d’Evian (2), préfacé par M. Harbi, Haya Djelloul rapporte que Bentobal dément toutes les accusations qui ont été portées contre Krim. Se pose alors la question de la fidélité des mémoires de Bentobal qui a été «persuadé», dans une situation d’extrême fragilité morale, de ne publier son témoignage… qu’après sa mort !! Dans le même registre, et sur un autre personnage, monsieur Harbi, «reliftant» le profil de Abdelhafid Boussouf, en donne une image exactement contraire à celle qu’il a décrite auparavant (3). Autre sujet abordé dans la dernière interview accordée à El Watan, ses propres écrits dans Révolution Africaine, au lendemain de l’indépendance. Il se trouve que j’ai pu consulter les archives de cette revue où monsieur Harbi officiait. Ses positions n’ont rien à envier à tous les idéologues de l’époque. Cela d’ailleurs peut se comprendre dans un climat dominé par la violence générale ; mais de là à faire croire que l’organe central du FLN de l’époque était une tribune où s’écrivait librement l’histoire de la guerre, c’est prendre de grandes libertés avec la réalité.

 

Il serait temps que les acteurs de la guerre parlent librement et déposent leurs documents ou témoignages pour un traitement serein et méthodique le moment venu. Faute de quoi, la guerre de Libération continuera d’être la source de nouveaux abcès et drames. Cette tradition qui consiste à accommoder l’Histoire aux conjonctures politiques est dangereuse et contagieuse… Le révisionnisme qui commence à polluer Avril 80 témoigne de la profondeur du mal. La régression générale, produit d’une école squattée par l’idéologie et la diffusion d’une culture d’aliénation, ne pouvait que faire émerger le «leadership» d’un Belkhadem, d’un Mazrag ou d’un Benaïcha avec des faire-valoir kabyle, féministe ou technocrate pour les besoins d’un scénario négateur de l’Histoire et dangereux pour l’avenir. Louisa Hanoune, avec laquelle j’ai eu récemment quelques échanges – aujourd’hui intégrée dans les manœuvres du système et qui garde ses verbiages aux relents gauchistes – résume bien les risques de ces confusions et dérives en déclarant : «Il faut des réformes et pas un changement» !! Tout est dit. Avant de terminer, je tenais aussi à interpeller Saïd Barkat (un délinquant en sursis) prompt à investir la surenchère nationaliste pour lui demander de réclamer que Ben Bella, qui revendique sa filiation marocaine, soit déchu de sa nationalité, dès lors qu’il a dénié à Saïd Sadi et à ses camarades leur qualité d’Algériens. Je ne peux m’empêcher aussi de penser à Monsieur Lahouari Addi qui s’empressera, cette fois encore, de me répondre au motif que je m’attaque à «des symboles qu’on ne traite pas comme des moins que rien». Cette sensibilité à la carte manque de crédibilité car elle ne se réveille que dans des cas bien répertoriés et précis. Son silence devant la haine récurrente de Ben Bella à l’endroit des martyrs de la révolution illustre cette indignation sélective. La trahison des clercs, avait récemment déploré Maître Ali Yahia. Ce n’est pas la première fois que j’interviens à propos des manœuvres politiques qui prennent appui sur le détournement ou la falsification de l’Histoire. Je le sais, il y a, pour moi aussi, une part de subjectivité dans mes interventions. Je me suis néanmoins toujours interdit de manipuler des événements, des témoignages ou des documents. C’est sur ce minimum concret que j’appelle les acteurs, anciens ou nouveaux, à se fédérer. Pour le reste, laissons le jugement à l’Histoire.
N. A. H.
1*Amar Ould Hamouda, membre du BP du PPA/MTLD Responsable régional de l’OS
2*Le dernier combat, Haya Djelloul Casbah éditions 2008 Préface de M. Harbi
3*Le FLN, documents et histoire 54-62 M. Harbi G. Meynier Casbah Editions 2004

31 mai, 2011

Bouteflika-DRS, la guerre!

 

boutef.jpg

La guerre qui se livrent, depuis un certain moment, la présidence de la République et les services secrets, DRS, a mis en émoi toute la classe politique. Elle dénote aussi de la réélle nature du régime algérien. Nous avons jugé utile de reprendre ces révélations publiées sur le matindz.net.
Bonne lecture 

Révélations d’un ancien agent du DRS : le général Nezzar entendu par Saïd Bouteflika

C’est fait. Le général Khaled Nezzar, mis en cause par ancien agent du DRS dans une affaire de pressions et de chantage, a rencontré lundi dernier, Saïd Bouteflika, le frère du président, à la villa Djennan el Mufti afin de « témoigner » sur cette « unité secrète », apprend-on de source proche de la présidence de la République.

Le général Khaled Nezzar a été désigné par un ancien agent du Département de renseignement et de la sécurité (DRS) exilé au Qatar depuis des années comme étant l’un des premiers responsables de la gestion de ces dossiers de pression qui visaient des personnalités militaires et politiques algériennes en vue de les mettre sous le contrôle total du DRS, ou de procéder le cas échéant à leur élimination physique. Bouteflika avait officiellement demandé à l’ancien secrétaire général du ministère de la Défense, le général major Khaled Nezzar d’apporter sa contribution à « l’effort de la commission d’enquête » et de témoigner sur cette « structure secrète ». Saïd Bouteflika a informé Nezzar que des personnalités ont été citées dans le cadre de cette affaire et qu’il est prévu qu’il en reçoive quelques unes d’entre-elles dans les prochains, pour des entretiens d’investigation, au siège de la Présidence ou dans l’un des sites présidentiels à Alger.

 

La Présidence de la République persiste dans son enquête sur l’assassinat de l’ancien président Boudiaf et du général Saidi Fodil. Cette enquête, rappelons-le, entre dans le cadre de la lutte des clans que se livrentla Présidence et le Département de renseignement et de la sécurité (DRS) du général Toufik. La Présidenc

l’a lancée au lendemain de la divulgation des scandales de Sonatrach et de l’autoroute est-ouest dans lesquelles sont impliqués des « hommes du président ». Le coordinateur de cette « enquête » qui a pour but de « rendre la monnaie de la pièce » au DRS n’est autre que Saïd Bouteflika, le frère du président.

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« Quand Hamrouche, Benflis, Louisa Hanoune ou Saïd Sadi travaillaient pour nous » : Révélations d’un ancien agent du DRS

La Présidence de la République persiste dans son enquête sur l’assassinat de l’ancien président Boudiaf et du général Saidi Fodil. Cette enquête, rappelons-le, entre dans le cadre de la lutte des clans que se livrent la Présidence et le Département de renseignement et de la sécurité (DRS) du général Toufik. La Présidence l’a lancée au lendemain de la divulgation des scandales de Sonatrach et de l’autoroute est-ouest dans lesquelles sont impliqués des « hommes du président ».
Le coordinateur de cette « enquête » qui a pour but de « rendre la monnaie de la pièce » au DRS n’est autre que Saïd Bouteflika, le frère du président.
La grande « révélation » à laquelle était déjà parvenue la commission d’enquête en mars, est celle faite par un l’ancien agent du Département de renseignement et de la sécurité (DRS) exilé au Qatar depuis des années et qui a mis à jour dans ses dépositions l’existence d’une structure secrète au sein des services secrets algériens à laquelle il appartenait, unité qui serait impliquée dans les assassinats des feus président Boudiaf et du général Saidi Fodil.
Le même agent vient la semaine dernière de faire de nouvelles déclarations à la commission d’enquête, des déclarations qui ont été qualifiées par la Présidence de la république de « très graves » mais « précieuses ».
Ces nouvelles dépositions révèlent que dans les années 90, le champ d’action de cette structure secrète s’étendait à des personnalités militaires et politiques algériennes qui faisaient l’objet de chantages en vue de les mettre sous le contrôle total du DRS, sous peine de procéder le cas échéant à leur élimination physique.
L’ex agent a affirmé que  l’ensemble des agents, dont lui-même, appartenant à cette structure ont eu à travailler sur ses dossiers.
Parmi  les personnalités  citées par l’ancien agent on retrouve  les noms de Mouloud Hamrouche, de l’ancien président de la république Liamine Zeroual ,  Ali Benflis, Abdelhamid  Ibrahimi ,  Ali Kafi,  Louiza Hanoune ,  Saïd Sadi, le général major Gheziel Abbas, le général Hocine Benhadid ,  du général major Abdelmalek Guenaizia…  « Ils n’avaient pas d’autres choix que de travailler pour nous… », a précisé l’ancien agent du DRS qui a mis en cause l’actuel patron du DRS (Toufik) et l’ex chef de l’armée le général major Khaled Nezzar  comme étant les premiers responsables de la gestion de ces dossiers.
Bouteflika a alors officiellement demandé à l’ancien secrétaire général du ministère de la Défense, le général major Khaled Nezzar d’apporter sa contribution à « l’effort de la commission d’enquête » et de témoigner sur cette « structure secrète »
L’unité en question procédait à l’infiltration ou au noyautage des cibles désignées pour ensuite les mettre sous d’énormes pressions en vue de les manipuler directement ou par le biais de leur entourage proche. Par ce mode opératoire, le DRS a fait main basse durant des années sur la vie politique et professionnelle de ces personnalités en s’ingérant par conséquent dans leurs choix et décisions, les concernés savaient pertinemment que s’ils déviaient de la trajectoire dessinée par le Département du renseignement et de la sécurité ils risquaient de perdre leur vie déclarera l’ancien agent du DRS. Il a affirmé que le règlement observé au sein de cette structure était des plus strictes qu’aucun agent du service action ne pouvait le transgresser au péril de sa vie. Dans sa déposition l’ex agent dira qu’il était quasiment impossible d’accéder aux données des dits dossiers, et qu’il  prenait avec d’autres agents du services action du DCE ces instruction par le biais de ces deux chefs de réseau, l’agent Benloucif Hakim  et l’agent Benseloune Hassan appartenant au contre espionnage, et tous deux originaires de Constantine.
La commission d’enquête a demandé de procéder dans les plus brefs délais aux auditions de l’ancien chef du (CPMI) le centre principal  militaire d’investigation le général Tertag Bachir, et des agents  Bensaif Yazid, Benloucif Badis, Ait ouali mounir, Habchi Nacer, Sadki Lounes, Houari Benhamou, cités dans les dossier du général Saidi Fodil, Alili Mohamed, et qui apparemment ne veulent pas se plier aux convocations de la commission d’enquête ni à celles du procureur général de la première région militaire. Des sources proches du président Bouteflika font état de sa volonté ferme d’aller jusqu’au bout de cette action judiciaire qu’il considère comme une « affaire d’Etat et du peuple », une affaire dans l’intérêt unique serait celui de « faire toute la lumière sur cette structure opaque du DRS afin d’apaiser la mémoire populaire, et que les familles des défunts puissent finalement faire leur deuil. »
En vérité, l’objectif est plutôt de neutraliser le DRS pour faire place au clan des Bouteflika.
La tension entre la présidence et le DRS aurait atteint des niveaux alarmants, et le président Bouteflika a donné des instructions à ses services de protection de renforcer la sécurité de ses frères et de leurs familles.

AF

28 mai, 2011

M. Bouteflika au Sommet Afrique-G8 : «Ce

 

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«Le plan d’action Union africaine-Nepad 2010-2014 et le Programme-cadre à long terme pour le développement des infrastructures en Afrique constituent des plates-formes crédibles et fiables pour le partenariat et l’investissement » et « l’Algérie est partie prenante à ces initiatives d’envergure », affirme le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, dans sa contribution au débat du segment Afrique du sommet du G8 où l’importance d’un partenariat « renforcé » a été soulignée. Dans une déclaration conjointe G8-Afrique, une première depuis le lancement de ce partenariat en 2001, on peut lire  que « l’Afrique est en marche et devient un nouveau pôle de la croissance mondiale, en dépit des difficultés restant à surmonter, notamment dans les pays les moins avancés ». La contribution de l’Algérie sur le terrain est illustrée, explique-t-il, par nombre d’initiatives régionales et interrégionales. Comme le projet d’autoroute maghrébine dont le tronçon Algérie est en voie d’achèvement, les réseaux de connexion électrique au Maghreb en cours d’extension, la transsaharienne Alger-Lagos, quasiment achevée sur un parcours total de plus de 4000 km, le seul chaînon manquant de 220 km en territoire nigérien ayant recueilli récemment le soutien des bailleurs de fonds, le projet de gazoduc Nigeria-Algérie, qui renforcera la sécurité énergétique régionale et celle de l’Europe et le projet de liaison par fibre optique Alger-Abuja.
Le chef de l’Etat n’a pas omis de faire cas des contraintes qui freinent l’investissement et la création d’emplois en Afrique. Au nombre des contraintes, il cite les finances qui revêtent « une acuité particulière ».
« Elles nécessitent, au plan interne, des approches plus adaptées pour une meilleure mobilisation de l’épargne et un accroissement de l’offre de crédit, avec des mécanismes de facilitation de l’accès aux financements, en priorité, aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux micro-entreprises », dit-il, soulignant la nécessité, au plan international, de traiter «le décalage » entre la perception du risque pour les investisseurs et la situation réelle en Afrique.
Dans son intervention, il a indiqué que le débat engagé ces dernières années sur le renforcement de l’efficacité de l’aide publique au développement « devrait se concentrer notamment sur les améliorations à apporter en matière de coordination et d’alignement sur les priorités des pays récipiendaires ».
Le Forum de Haut niveau prévu à l’automne prochain à Séoul permettra-t-il d’adapter les procédures et les modalités de l’aide aux principes d’appropriation qui fondent la démarche de développement de l’Afrique ? Selon M. Bouteflika, « les financements innovants intéressent particulièrement l’Afrique par leur potentiel de génération de ressources additionnelles pour répondre à l’ampleur des besoins induits par la promotion du développement durable » et « la valorisation du potentiel énergétique vaste et diversifié que recèle l’Afrique » permettra un développement « soutenu » du continent, tout en contribuant au renforcement de la sécurité énergétique dans le monde.

D. B.

21 mai, 2011

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A Alger, le retour aux affaires du général Touati après des années d’anonymat a chamboulé les rapports de force au sein du régime. Alors que celui qu’on appelait «El-Mokh» avait officiellement quitté toutes ses fonctions au sein de la présidence et de l’ANP, Bouteflika s’est retrouvé dans l’obligation de lui dérouler le tapis rouge afin de sauver un système politique plus que jamais affaibli. En effet, le général major Mohamed Touati, considéré comme une des éminences grises de l’armée algérienne, n’a jamais été un allié pour Bouteflika. Bien au contraire, dès les premières années de son règne, Bouteflika a tout fait pour écarter cet homme rusé, considéré comme une tête pensante du clan des généraux. Pour Bouteflika et ses alliés, il était important d’évincer cet homme afin de marquer la fin d’une époque au sein de l’armée algérienne. Mais la victoire de Bouteflika n’a pas duré longtemps, car le cerveau est de retour.
Selon plusieurs sources proches du palais El-Mouradia, Bouteflika à travers la nomination surprise du général Touati, a tendu une main amicale au clan militaire avec lequel il cherche désormais à conclure la paix. «Bouteflika a délégué Abdelmalek Guenaïzia qui a négocié pendant plusieurs jours avec le général Touati et d’autres anciens généraux comme Taghit et Nezzar afin de les rallier à une cause commune : celle d’unir les efforts de tous pour dépasser cette crise aiguë par laquelle passe le régime Algérien. Les militaires savent très bien que la fin de Bouteflika n’arrangera pas leurs affaires car les lobbys américains et français n’accepteront pas une nouvelle période d’instabilité dans le pays. Ils ont donc accepté de contribuer aux réformes de Bouteflika mais avec « leurs conditions », signale une source bien au fait des dessous du sérail en Algérie.
Ainsi, en échange de sa participation à la commission de Bensalah, le clan de Toufik, dont les intérêts sont défendus par Ahmed Kherfi, responsable de la Direction de la sécurité intérieure (DSI), et les anciens généraux, a exigé un engagement de Bouteflika pour ne jamais laisser une porte ouverte au retour à la politique des anciens du FIS. Par ailleurs, Bouteflika a été amené à réduire de 7.000 à 4.000 le nombre des détenus du FIS qui seront prochainement libérés. Une liste noire de prisonniers du FIS a été élaborée par les militaires. Les inscrits sur cette liste ne doivent en aucun cas quitter les prisons car ils détiennent des informations stratégiques sur les dessous de la guerre civile. Le clan présidentiel s’est aussi engagé à ménager Ouyahia et ses amis jusqu’en 2014. Les militaires tiennent toujours à leur soldat et ne veulent pas le voir éjecté du gouvernement. Une fois ces détails réglés, le choix s’est naturellement porté sur le Général Touati pour rejoindre la commission de Bensalah. De l’avis de toutes les parties prenantes, le Général Touati est connu à Bruxelles et à Washington, et il est apprécié par les partenaires étrangers. Il saura donner l’illusion que le régime algérien est uni pour guider le pays à bon port. Reste à savoir enfin si vraiment le sérail a réussi à dépasser ses clivages en Algérie pour résister à la contestation populaire dont la dimension sociale risque rapidement de s’effacer pour laisser la place à des revendications politiques dangereuses pour la survie du régime Algérien.

AHF

15 mai, 2011

 

On ne naît pas dictateur, on le devient.

 

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Il paraît que le temps est par excellence l’éternel ennemi de l’homme. Il est une espèce de parasite qui se nourrit de sa vie et de celle de tout ce qu’il touche. C’est le temps qui nous affaiblit et nous dégrade, c’est lui aussi qui nous vieillit et nous tue. Cependant, le temps n’est pas seulement que cela ; comme tous les phénomènes de la vie, le temps se présente telle une arme à double tranchant. S’il tue, il est capable en revanche de donner la vie, il permet au bébé de grandir et de se fortifier, aux plantes de pousser et de fructifier. Bien géré, le temps est un protecteur de l’homme et son ami fidèle, mal géré, il se transforme en un véritable cyclone dévastateur. Phénomène extrêmement complexe ; considéré sur le plan duratif, il devient un élément tantôt bénéfique, tantôt maléfique à l’homme. Aussi, exposé à sa merci, un corps malade est-il susceptible soit de se dégrader, soit de se fortifier, en se laissant prendre par la durée s’il réagit négativement, ou s’en dégageant s’il réagit positivement. Si le temps est par exemple bénéfique à l’étudiant chercheur, en ce sens qu’il lui permet d’accumuler le savoir au fur et à mesure du déroulement de sa durée, il peut souvent jouer un rôle tout à fait opposé dans la situation de quelqu’un qui, victime d’une maladie incurable, souffre de plus en plus, et ce au fur et à mesure de ce même déroulement. Si le temps s’accommode souvent de la ponctualité et de la précision (un voyageur risque de rater son train ou son avion s’il ne s’est pas présenté à temps à l’heure de l’embarquement), il devient plus tolérant dans d’autres circonstances. C’est bien le cas du temps qui est imparti au politicien.

En effet, le temps est pour le politicien un adjuvent d’une rare importance. Plus sa durée est considérable, plus elle lui donne la possibilité de fortifier son assise. Cela peut se démontrer avec évidence dans le cas des chefs d’États arabes dont le pouvoir se voit balloter par les vents des indépendances qui soufflent depuis quelques mois sur le monde arabe. En ne considérant que les têtes qui sont tombées ou qui sont en train de tomber, on cite en l’occurrence Ben Ali, Moubarak, Abdellah Salah et Kadhafi qui ont gouverné respectivement de vingt, trente jusqu’à quarante ans, on est en mesure de démontrer que si ces quatre chefs d’État sont devenus des potentats caractérisés, c’est probablement grâce à cette longue durée au cours de laquelle ils ont exercé le pouvoir. Tout donne à penser qu’au début de leurs mandats, ces présidents devaient être comme tous les autres, des chefs qui donnent l’impression d’être mus par des sentiments nobles qui les poussent à se mettre à la disposition de leurs peuples respectifs. Frais émoulus, ces chefs encore novices, et donc manquant encore d’expérience, ne sachant ce que peuvent leur celer les différentes institutions de l’État dont ils ignorent encore le fonctionnement, n’avaient donc qu’une seule solution : être plus ou moins au service de la nation. Au début de l’exercice de sa fonction, un chef d’État est obligé d’être relativement correct. « Nul n’est juste volontairement » ; Platon l’aura déjà souligné. C’est comme s’il était introduit dans un tunnel dont il ne connaît ni les aspérités, ni les ornières, guidé à peine de son flair dont il n’est jamais sûr. Mais plus il avance dans cette obscurité inhospitalière, plus il s’aguerrit et maîtrise cet espace auquel il finit par s’adapter et qu’il adaptera à ses multiples exigences. Forcé donc d’être juste au début de son périple politique en raison de son incapacité d’être injuste, victime de son ignorance ou de son inexpérience, il est loin d’être le dictateur auquel le temps le mène fatalement. Il faut dire que plus le temps passe, plus il subit une lente et imperceptible métamorphose qui le fait basculer progressivement de la positivité à la négativité. Cette métamorphose, le chef d’État n’en est peut-être pas responsable. Le peuple est généralement l’agent principal dans son propre asservissement. Par sa soumission volontaire, son ignorance et l’image excessivement grossie et embellie qu’il se fait de son chef, il accepte de se rapetisser comme une peau de chagrin et par voie de conséquence de gonfler outre mesure l’image de celui qu’il commence à considérer volontairement comme son dieu. Quand un chef d’État se voit de la sorte courtisé, son amour-propre aidant, il finit par succomber à la tentation. Pourquoi pas ? Puisqu’on le veut. Et parce que son peuple se sent grisé par cette lévitation qu’il a lui-même entretenue et dont il ne mesure pas la conséquence, il pousse son chef à adopter une nouvelle attitude qui sied à son nouveau statut. Celui-ci se plaît ainsi dans cette vertigineuse ascension spirituelle à tel point qu’ayant atteint une certaine altitude, il finit par considérer son peuple comme de simples punaises ou des « sauterelles », pour emprunter le mot que Kadhafi emploie pour qualifier son peuple. Grâce ou à cause du temps qui s’écoule, ces chefs d’État finissent par déclarer leur divorce d’avec leurs peuples. Les relations ne sont plus les mêmes qu’elles étaient à leurs débuts. Alors qu’à ce moment gouvernant et gouvernés étaient quasiment sur un pied d’égalité, passé un certain temps où le chef s’est installé dans sa tour d’ivoire après en avoir affermi les fondations et pris suffisamment connaissance de ses mécanismes, il ne se considère plus comme un responsable politique qui a envers son peuple desdevoirs à honorer, mais comme une entité inatteignable qui peut tout au plus distribuer des sentiments ou des appréciations en fonction du degré de servilité de chacun. Le peuple qui s’est vautré dans la passivité, qui, à son tour, a subi la même métamorphose que son chef sans rien faire pour y parer, prend l’habitude à cette servitude disons volontaire pour abandonner ses droits, se contentant de quelques charités ou quelques dons que son chef daigne bien lui distribuer. De la sorte, le temps aidant, le chef d’Etat passe facilement d’un camp à l’autre. Il n’est donc pas né dictateur, il l’est devenu, ou plus exactement, c’est le peuple, par son ignorance et sa passivité, par ses éternelles prosternations qui l’a mis dans cette posture dictatoriale, lui accordant volontairement toutes ses propres qualités, ne gardant pour lui que des défauts. Voilà pourquoi il serait injuste qu’un peuple accuse son chef de dictature ; et s’il y a quelqu’un qu’il faut à tout prix incriminer, cela ne doit être que son ignorance et son abrutissement.

À la lumière de cette lecture, il nous est aisé de comprendre l’entêtement de ces potentats qui, malgré les instantes demandes que les peuples ne finissent pas de leur adresser, restent sourds et imperméables à tout contact, considérant que ces demandes doivent être précédées d’une demande. Autrement dit, comme si un chef d’État demandait à son peuple de lui adresser une demande pour avoir l’autorisation de faire une demande, sans quoi, ce qui est souvent le cas, toute demande orpheline serait considérée comme nulle et non avenue. Pour un dictateur, comme il est d’ailleurs le cas pour un Abdellah Salah ou un Kadhafi, le peuple ne doit pas avoir de sensibilités, il n’est admis que comme des être-là, une espèce de plus-value, pour exécuter les ordres qui leur sont transmis. Dans le cas contraire, la machine punitive qui n’a pas de limites se met en branle, punissant ceux qui ont l’audace de dépasser leurs limites en essayant de s’adresser au chef, ou encore, ce qui est plus stratégique et plus important, dissuadant toute velléité inconvenante.

Dans les pays arabes, les peuples ont cultivé l’art de la soumission et de la servitude volontaire, au point de se faire plus vils qu’on le leur demandait. L’excès de zèle, le dévouement dans la bassesse, et bien d’autres qualités de mauvais relent, voilà ce qui caractérisait ces peuples arabes, et cela n’est pas surprenant, du fait que les chefs d’État étaient placés dans des conditions sociopolitiques telles qu’ils ne pouvaient pas ne pas être des dictateurs. Dans cette phase critique des Arabes, un chef d’État est dictateur ou n’est pas chef d’État, il n’a pas le choix. Quand Ben Ali a accédé au pouvoir, il devait se demander : « Pourquoi Moubarak ou Abdellah Salah ou Kadhafi sont-ils si puissants et pas moi ? Qu’est-ce qu’ils ont de plus que moi ? Sont-ils plus présidents que je ne le suis ? » Et le voilà galopant le cheval de la dictature pour être, sinon le meilleur des dictateurs, du moins leur égal. Ainsi devaient aller les choses ; Et le dictateur ne peut plus, après deux, trois ou quatre décennies se permettre d’imaginer qu’un jour puisse venir une quelconque créature, de quelque nature qu’elle soit, qui puisse remettre en question son pouvoir et son autoritarisme.

Et pourtant, un jour, pas comme les autres, fatal pour l’un ou l’autre potentat, va malheureusement poindre avec un nouvel air, celui des indépendances ; Un jour imprévisible qu’aucun signe précurseur n’avait annoncé, où d’autres vérités jusqu’alors tapies dans le tréfonds de l’inconscient collectif connaîtront le jour pour sonner le glas de la dictature arabe. Surprise, choc, folie, stupéfaction, ahurissement et tout le bataclan. Comment a-t-on osé ? La dictature dans les pays arabes, vieille d’une cinquantaine d’années, jusqu’à l’ennoblissement, comme essoufflée, s’écroule de tout son poids dans les places publiques. C’est un véritable chaos. Et ces dictateurs qui naguère étaient juchés là-haut sur des fauteuils confortables sont aimantés vers le bas, vers le sol, vers la déchéance, vers la crasse et la puanteur, ce qui va leur permettre de voir le visage du petit peuple, un visage meurtri, non par la faim ou par le manque, non par la maladie ou par l’usure naturelle, mais par le mépris et l’injustice. Quelle ironie du sort quand on se rappelle Kadhafi avec son air hautain, comme s’il débarquait d’une autre planète, s’adressant à des instances internationales pour leur exposer des idées qui ne peuvent végéter que dans un esprit taré ? Lui et ses compères, ils vont rivaliser en bassesse, offrant à qui mieux mieux à leur peuple des concessions ; acceptant des compromissions auxquelles il leur était impossible de penser quelques semaines auparavant. Que ne concéderont-ils pas pour garder ce cher pouvoir dont ils ne permettraient pas d’être sevrés ? Que ne prostitueraient-ils pas s’y maintenir ? Dans quelle puanteur n’accepteraient-ils pas de tremper si le peuple leur permettait, ne serait-ce que pour un laps, de caresser encore le sceptre du pouvoir ? Dans quel gouffre d’ignominie ne seraient-ils pas prêts de plonger pourvu qu’on continue à les appeler « excellence » ? Dans le cas contraire, quelle folie ne commettraient-ils pas pour sauvegarder ces acquis somme toute indus et immérités ? Quelle tuerie ne commettraient-ils pas ? Quel carnage massif, quelle destruction, quel incendie, quelle terre brûlée, quel contrat avec le diable, quel pandémonium, quel cataclysme ne déclencheraient-ils pas s’ils ont réalisé que les dés sont jetés et que plus jamais un jeudi ne précédera un mercredi ?

Quand les peuples arabes, comme par un véritable enchantement, ont recouvré leur esprit, ils n’avaient plus qu’à exiger de ces dictateurs les qualités qu’ils avaient comme volontairement investies en eux : tels la puissance, la force, le courage, la douceur, la générosité, la persévérance, l’acharnement. Privé de toutes ces qualités qui reviennent de droit à leur propriétaire qui est le peuple, le dictateur déchu et dépossédé subit une seconde métamorphose qui le remet dans son état d’antan, un être misérable qui aura vieilli et qui ne gardera de ses années de prestige que des remords inutiles : La Béotie aura raison de conseiller au peuple se résoudre à ne plus servir s’il a envie d’être libre. Et si donc un peuple a fait d’un homme un dictateur, il a toute latitude de faire d’un dictateur un homme.

Bouchta ESSETTE

5 mai, 2011

Ighilahriz: j’ai vu des photo prouvant que

Yacef Saadi et Drif Bitat étaient des délateurs

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Louisette Ighilahriz, 75 ans, ancienne combattante torturée durant la guerre de libération nationale, a durement répliqué ce mercredi 4 mai aux accusations portées contre elle par Yacef Saadi, responsable militaire à l’époque de la Zone autonome d’Alger

« Plus d’un demi‑siècle après, M. Yacef Saadi à travers des propos ignominieux, insupportables, insultants et diffamatoires me dénie aujourd’hui le droit de Moudjahida. A-t-il le droit, l’autorité ? », s’est-elle interrogée lors d’une rencontre avec les journalistes à la maison de la presse Tahar Djaout.Dans une conférence-débat sur un documentaire, « Fidaiyett » (combattantes), Yacef Saadi a affirmé ne pas connaître Louisette Ighilahriz. « Elle n’était pas parmi les poseuses de bombes. Et elle n’a pas milité aux côtés de Said Bakel. Said était avec moi, il me l’aurait dit. Je n’ai connu Louisette Ighilahriz qu’après l’indépendance », a-t-il soutenu. Il l’a défiée de montrer des traces de balles sur son corps en l’accusant de vouloir la célébrité.Aujourd’hui, Louisette Ighilahriz a rappelé son parcours qui a commencé avec la grève des lycéens en 1956, ensuite celle des commerçants en 1957 (son père était boulanger à Alger). « Mon père a été arrêté. Moi, j’ai adhéré au réseau de renseignement du FLN. Les réseaux de la Casbah étaient très surveillés. Il fallait transférer certains responsables tels que Said Bakel et Hassan Guendriche pour desserrer l’étau. En août 1957, ma sœur Malika a été arrêtée ainsi que Bakel, Guendriche, Rachid Ferahi et Zahia Taghlit. Le 15 août, les militaires étaient venus m’arrêter, j’ai immédiatement rejoint le maquis du côté de Hamam Elouane-Birtouta », a-t-elle dit.Louisette Ighilahriz a rejoint la zone 2 de la wilaya IV (centre du pays). Après un accrochage fin septembre 1957, Louisette Ighilahriz a été grièvement blessée. « Ils m’ont soignée sommairement et m’ont transférée à la 10e DP. J’y suis restée du 1er  octobre jusqu’au 15 décembre 1957. C’était l’enfer. J’ai subi « la question ». C’était tellement dur que je réclamais la mort. L’officier Graziani, qui parlait bien arabe, m’a dit : pourquoi tu luttes ? Il m’a montré la photo de Yacef Saadi et de Zohra Drif en train d’écrire. Il m’a dit : ils se portent bien ! », a-t-elle révélé. Selon elle, Yacef Saadi et Zohra Drif avaient dit aux officiers plus qu’il n’en fallait sur les réseaux de la guerre de libération.Louisette Ighilahriz a été ensuite emprisonnée à Barberousse, à El Harrach puis en France (Amiens, Toulouse, Ajaccio, etc.) Elle a rappelé que la plupart des membres de sa famille ont été arrêtés. « J’ai eu un parcours tumultueux. J’ai fait mon devoir », a‑t‑elle confié. Elle s’est interrogée sur les raisons qui ont poussé Yacef Saadi à tenir des propos hostiles à son égard. « Considère‑t‑il la réalisation du documentaire, « Fidaiyett » comme un empiètement sur son monopole sur la narration historique autour de la guerre de libération nationale dans la zone autonome d’Alger ? Considère‑t‑il cette zone comme son territoire privé ? N’y a-t-il pas eu des failles, des opacités et des zones d’ombre dans le parcours de certaines personnes ? », s’est-elle demandée.Elle a estimé que certaines personnes ont été prises de panique après l’engagement de procès contre des généraux tortionnaires français. Yacef Saadi doit, selon elle, aller jusqu’au bout de ses allégations. « Je n’irai pas jusqu’à me déshabiller devant l’assistance pour le confondre. Mais plus que jamais, je le somme de revenir sur son égarement, de se démettre de son statut de sénateur qui l’abrite sous le manteau de l’impunité parlementaire. S’il ne démissionne pas, il ne sera qu’un lâche ! », a-t-elle lancé avant d’ajouter : « Sois un homme ! Yacef ! Ne te cache pas, sors et viens en face de moi ».Elle a révélé avoir des documents qui seront remis à la justice lors d’un procès qu’elle envisage d’intenter contre Yacef Saadi. Intervenant lors des débats, Fettouma Ouzzegane, ancienne combattante, a accusé Yacef Saadi de n’avoir été qu’un portier durant la guerre de libération nationale. « Il a été retourné par les services suisses et français. La chance qu’il a eue est qu’il était entouré de vrais hommes, de véritables héros. On ne lui faisait pas confiance », a-t-elle accusé.Ennahar/ TSA

2 mai, 2011

 

Tunisie : Gouverneur, épousez ma fille chômeuse !

tu dans Tunisie

par AHF, dimanche 1 mai 2011, 21:11

Point de Mire

Gouverneur, épousez ma fille chômeuse !

Il y a une nouvelle mode en Tunisie : les sit-in, les manifestations, les revendications. On a l’impression que c’est devenu une raison d’être : «Je manifeste, donc je suis». Comme il faut être révolutionnaire, sinon on sera accusé d’être de «l’ancien ordre», on dira que c’est légitime. Aux autorités et aux forces politiques (qui ne se manifestent guère) d’être à l’écoute et de se mobiliser pour trouver des solutions. Mais il y a des dépassements, de la surenchère et de la violence. Restons avec ceux qui sont de bonne foi, les laissés-pour-compte, ceux qui ont été exclus, marginalisés, ignorés, ceux qui ont payé le plus lourd tribut à la révolution, qui, en définitive, est leur œuvre. Ils ont crié leur ras-le-bol et voient la révolution comme une panacée. Chacun la regarde à sa manière, et utilise ses slogans, sans trop s’attarder sur leurs significations, ni à qui ils les adressent. Les émigrants vers Lampedusa n’ont-ils pas signifié «Lampedusa est libre et les Italiens dehors» ? (Le Premier ministre dixit). Mais il ne faut pas croire que cela finit toujours dans la violence et l’incompréhension. Voici quelques cas assez significatifs. Tous réels.

 

— Un gouverneur, fraîchement nommé, était gonflé à bloc, se promettant de tout faire pour aider les citoyens de sa région. Il commença par les écouter et comprendre leurs problèmes, leurs aspirations et leurs doléances. Il recevait tous ceux qui voulaient le voir. Et il s’évertuait à leur donner satisfaction ou, tout au moins, à atténuer leurs problèmes et leurs angoisses. La plupart souffraient du chômage et il essayait de parer au plus pressé. Une dame, d’un certain âge, vint solliciter de l’emploi pour ses deux jeunes filles. Elle lui soumit des certificats de scolarité attestant qu’elles étaient d’un niveau universitaire. Le gouverneur lui promit de placer rapidement l’aînée, la priant d’attendre un peu pour la seconde, le gouvernement s’étant engagé à créer des emplois dans la région. La dame le remercia et s’en alla satisfaite. Quelques jours plus tard, elle revint chez le gouverneur et le remercia, son ainée ayant été embauchée par une entreprise de la région. Puis il aborda le cas de sa seconde fille. Le gouverneur lui rappela qu’elle devait attendre un peu. La dame s’enquit alors:

— «M. le gouverneur, j’ai appris que vous êtes veuf depuis quelques mois ; mes sincères condoléances». Le gouverneur la remercia ayant apprécié cette marque de sympathie et expliqua qu’il avait perdu son épouse, victime d’un accident. La dame compatit et lui dit :

— «Puisque vous êtes libre, épousez ma fille, cela résoudra nos problèmes !» L’histoire ne dit pas ce que fit le gouverneur mais d’aucuns assurent qu’il ferma son bureau, remit les clefs au premier délégué et quitta la région sans demander son reste.

— Un autre gouverneur, dans une autre ville, aussi déterminé à être efficace que le premier. On vint lui dire qu’il y avait un sit-in devant le siège du gouvernorat. Il en demanda la raison et on lui répondit que les manifestants voulaient obtenir des autorisations de taxis; ils avaient déposé des dossiers depuis plusieurs mois sans avoir de réponse. Le gouverneur chargea ses collaborateurs de vérifier si leurs dossiers étaient complets et satisfaisaient aux critères fixés par la loi. Dans l’affirmative, il fallait leur octroyer les autorisations requises et leur permettre de travailler. Le sit-in fut levé. Mais deux jours plus tard, un autre sit-in vint s’installer. Cette fois-ci, il était le fait des taxistes qui venaient protester contre la prolifération des taxis. Le gouverneur alla, alors, à la rencontre des manifestants avec l’intention d’écouter leurs doléances et de les tranquilliser. Sur ce, toute une foule déboucha sur la place, avec bendirs, tabbals, zokras et chants : les nouveaux taxistes venaient fêter leurs autorisations et remercier le gouverneur. Celui-ci eut des sueurs froides, craignant un affrontement entre les deux groupes. Mais, non ! Après quelques moments de discussions et de clarifications, les deux groupes s’en allèrent chantant et dansant à l’unisson.

 

Un troisième gouverneur d’une autre région eut à résoudre un sit-in. Motif : des demandes d’emplois de jeunes et de moins jeunes au chômage depuis des mois. Le gouverneur alla à leur rencontre et commença à discuter avec eux. Au bout d’un certain temps, il leur demanda s’ils avaient mangé quelque chose. La réponse fut négative, tous les manifestants ayant faim. Il envoya chercher des gâteaux qui furent distribués à tous les présents. Après s’être un peu repus et avoir sucré le bec, ils discutèrent encore un peu et levèrent le sit-in dans le calme. Probablement jusqu’au prochain.

 

Comme quoi, il faudrait chercher ailleurs les fauteurs de troubles.