Archive pour avril, 2011

11 avril, 2011

Trop de musulmans ?

 

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On peut l’espérer, le ministre de l’intérieur Claude Guéant sera condamné, comme son prédécesseur, pour racisme. En déplacement à Nantes, lundi 4 avril, le ministre chargé des cultes a déclaré :

« En 1905, il y avait très peu de musulmans en France, aujourd’hui il y en a entre 5 et 10 millions. Cet accroissement du nombre de fidèles et un certain nombre de comportements posent problème », a-t-il fait savoir, en faisant référence notamment aux prières de rue, qui « choquent un certain nombre de concitoyens ». « Les responsables des grandes religions ont bien conscience que ce type de pratiques leur porte préjudice », a poursuivi le ministre (« Guéant : la loi de 1905 “ne sera pas modifiée”, LeMonde.fr, 4 avril 2011).

Au moment où se tient la journée de l’UMP sur l’islam (pardon, sur la laïcité), il serait vain de croire à des dérapages. Sur tous les fronts, le pouvoir pense qu’il faut relancer les polémiques sur l’islam, histoire de détourner l’opinion des problèmes réels de la société. Il est regrettable de voir souvent des responsables de gauche contribuer à cette stratégie en faisant de chaque incident dans une école ou une banlieue l’élément d’une stratégie islamiste de conquête de notre beau pays. Faut-il s’étonner alors que des administratifs et des enseignants décident de contrôler la longueur des jupes de leurs élèves ? Ou que le ministre de l’éducation prétende interdire à des femmes portant le foulard d’accompagner des sorties scolaires ?

Comment Guéant sait-il qu’il existe entre 5 et 10 millions de musulmans ? A-t-il fait une étude des prénoms qui transforment automatiquement tout Mohammed ou Fatma en un ou une musulmane ? Comme tout David ou Sarah serait un ou une juive ? Cette assignation à une identité (qui fait dire à un ami « musulman » n’ayant aucun rapport avec la religion qu’il se définit comme « musulman athée ») rappelle de plus en plus l’antisémitisme des années 1930. A l’époque aussi la crise économique et sociale permettait de dénoncer un bouc émissaire bien commode ; on sait ce qu’il en est advenu.

Mais revenons sur ce nombre agité comme une menace. Le site SaphirNews publie un intéressant dialogue avec le sociologue Patrick Simon (Hanan Ben Rhouma, « Mosquées : à 2,1 ou 5 millions, les musulmans manquent toujours de places », 21 mars 2011).

« La France aurait-elle perdu la moitié de ses habitants musulmans ? Selon l’étude “Trajectoires et Origines” réalisée par l’Institut national des études démographiques (INED) et l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en 2008-2009, le nombre de musulmans en France est estimé à 2,1 millions et non plus 5 à 6 millions, souvent avancés par la classe politique, les économistes et les médias. Ces chiffres, passés inaperçus en octobre dernier, font désormais l’objet de discussions, en plein débat sur l’islam. Pour Patrick Simon, socio-démographe à l’INED et un des contributeurs de l’étude, le chiffre des musulmans en France ne change rien à la nature du débat politicien. »

11 avril, 2011

Egypte: Moubarak convoqué pour l’enquête

sur la violence contre la révolte

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LE CAIRE – L’ancien président égyptien Hosni Moubarak et ses deux fils sont convoqués par la justice dans le cadre d’une enquête sur les violences contre les manifestants lors de la révolte et pour des accusations de corruption.   M. Moubarak et ses fils Alaa et Gamal sont convoqués « pour être interrogés sur des accusations contre eux concernant les attaques contre des manifestants pacifiques qui ont provoqué des morts et des blessés », a déclaré le procureur général Abdel Méguid Mahmoud dans un communiqué.   Les manifestations qui se sont déroulées entre le 25 janvier et le 11 février, date de la démission de M. Moubarak, ont fait quelque 800 morts et des milliers de blessées selon les autorités.   L’ancien chef d’Etat et ses fils vont devoir aussi s’expliquer sur des accusations concernant « l’utilisation d’argent public », poursuit le communiqué de la justice.   Aucune date n’est donnée pour leur audition.   L’ex-président égyptien a refait pour la première fois surface publiquement dimanche depuis sa démission avec un message sonore télévisé dans lequel il se dit victime de « campagnes de diffamation » et dément cacher une fortune à l’étranger.

poste_iris samy

10 avril, 2011

Que veut Guéant ?

Réponse à Guéant

Que veut Guéant ?

Le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, explique que «l’accroissement du nombre de fidèles (musulmans) en France pose problème». Quelle est la prochaine étape, leur demander d’abjurer leur foi?, s’interroge Akram Belkaïd.

Il fallait s’y attendre. Impossible pour le gouvernement français et l’UMP de ne pas débiter au moins une bêtise par semaine à propos de l’islam et des musulmans de France. Cette fois encore, c’est le serial-provocateur Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de ce qui reste de la République française, qui fait parler de lui en affirmant que «l’accroissement du nombre de fidèles (musulmans) et un certain nombre de comportements posent problème». Et d’ajouter, alors qu’il était en déplacement à Nantes, qu’en 1905 —date à laquelle fut votée la loi de séparation entre l’église et l’Etat— «il y avait très peu de musulmans en France» alors qu’il y en aurait «entre 5 et 10 millions» aujourd’hui.

On ne peut être plus clair: l’augmentation du nombre de musulmans en France est donc un problème pour Claude Guéant. Une dénonciation qui fait écho à celle du président Nicolas Sarkozy qui s’était élevé en novembre 2007 contre «le trop grand nombre de musulmans en Europe». Une sortie que le journaliste Jean Quatremer avait rapportée sur son blog sans que, d’ailleurs, cela n’émeuve paersonne dans l’Hexagone.

Commençons d’abord par relever qu’en 1905, l’Algérie faisant partie intégrante de la France, il y avait donc déjà un nombre important de fidèles musulmans sur le sol français —mais soit, passons… Cette sortie du ministre de l’Intérieur prouve d’abord une chose: en France, on peut désormais dire tout et n’importe quoi sur les musulmans. Terminé le temps des faux semblants, de la prudence oratoire et des circonvolutions sournoises; il suffit de dire les choses comme on pense. Il y a trop de musulmans: point à la ligne. Mais qu’en pensent les fidèles musulmans encartés à l’UMP? Jusqu’à quand vont-ils continuer d’avaler des couleuvres au sein d’une formation politique qui semble décidée à braconner à l’excès sur les terres du Front national?

 

Un acte hostile : Trop c’est trop!


Les ministres français et italien de l’intérieur, Guéant et Moroni, ont annoncé ce vendredi 8 avril avoir conclu un accord pour envoyer des patrouilles aériennes et navales « au large des côtes tunisiennes » afin d’ empêcher l’arrivée en Europe d’émigrés tunisiens ou d’autres pays africains.

Outre leur participation à l’intervention militaire en Libye, les gouvernements de Sarkozy et de Berlusconi, confrontés à des difficultés intérieures, affichent leur penchant pour la politique de la canonnière et leur nouveau rôle de  « gendarme » ou de « cow- boy » de la Méditerranée , en dehors de tout mandat ou de feu vert des opinions publiques des pays concernés et en contradiction totale avec leurs déclarations grandiloquentes sur les droits de l’Homme.

Pourtant, il existe des voies autres que celle du bellicisme pour endiguer les tentatives de départ des jeunes Tunisiens vers l’Europe:

-  Sarkozy et Berlusconi ne pourraient-ils pas agir auprès des banques européennes pour qu’elles remettent au Trésor Public tunisien les milliards de dollars que Ben Ali et consorts ont placés en Suisse, en France, en Belgique et ailleurs?

- Sarkozy et Berlusconi ne pourraient-ils pas acceder à la demande de moratoire sur la dette tunisienne formulée par les euro-députés Marie-Christine Vergiat et Gabi Zimmer? Ceci sans parler de l’annulation pure et simple de la dette tunisienne (en grande partie remboursée)  qui, mise au service du pillage, n’a servi en rien le développement des zones enclavées d’où est partie la Révolution de la Liberté et de la Dignité.

La Tunisie révolutionnaire veut maintenir des relations amicales  avec les peuples d’Europe dans l’intérêt partagé des deux parties, mais on doit savoir qu’ elle veillera jalousement sur la souveraineté du pays.

par_LMT

 

9 avril, 2011

Igrek, rappeur et fils d’Ali Mécili

« Le combat d’Ali Mécili n’a pas été oublié par le peuple algérien »

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C’est par l’écriture qu’il vient à la musique. Yalhane Mécili, le fils d’Ali Mécili, assassiné à Paris le 7 avril 1987, emprunte aujourd’hui le rap pour dire sa colère, sa perception du monde, sa douleur et ses espoirs. Sous le nom d’artiste d’Igrek, il compose des musiques et des textes qui savent trouver l’essentiel. L’une de ses chansons, « 90 % », en référence aux scores électoraux des dictatures, comme celui d’Abdelaziz Bouteflika, a été regardée par un nombre impressionnant d’internautes aux quatre coins du monde.Pour TSA, Yalhane a accepté de parler de son parcours artistique. Il nous dit aussi que la démocratie est indispensable en Algérie pour qu’enfin la lumière soit faite sur l’assassinat de son père, au moment où on commémore le 24e anniversaire de la perte cruelle de ce grand militant de la démocratie qu’était Ali Mécili.Votre père a consacré sa vie pour la démocratisation de l’Algérie avant d’être assassiné. Pensez‑vous qu’un jour la lumière sera faite sur cette élimination physique que la raison d’État ici et là tente d’occulter ?Pour que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de mon père et que la justice lui soit enfin rendue, il faudrait tout d’abord que le pouvoir algérien change fondamentalement de nature et devienne une vraie démocratie. Il faudrait également que la France réaffirme ses propres valeurs et cesse de soutenir un régime qui assassine ses opposants. Je rappelle qu’en 1987, l’assassin présumé de mon père très vite interpellé et mis en garde à vue, a été aussitôt expulsé en Algérie et ainsi durablement soustrait à la justice française. Aujourd’hui encore, à l’heure du « printemps arabe », la France, à travers la visite de l’ancien 1er ministre Jean‑Pierre Raffarin, vient de réaffirmer son soutien à un régime algérien de plus en plus menacé par un mouvement de révolte légitime. Cependant, je dois dire que même si tout a été fait politiquement pour étouffer cette affaire, j’ai quand même le sentiment d’une victoire. Grâce au travail de mémoire accompli par ma mère depuis plus de vingt ans avec le soutien de militants et d’amis fidèles, le nom d’Ali Mécili, et le combat qui fut le sien, n’ont pas été oubliés par le peuple algérien et résonnent aussi en France aujourd’hui.

Comment voyez-vous aujourd’hui le combat de votre père ?Le combat de mon père était un combat pacifiste placé sous le signe de l’universalisme, pour la défense des droits de l’homme, pour la démocratie, la liberté et aussi pour l’identité amazighe. C’était un combat pour la libération de tout le peuple sous le joug d’une domination et mon père s’était par exemple beaucoup investi pour soutenir la lutte du peuple palestinien. Ce combat est toujours d’actualité aux quatre coins du monde, partout où sont encore en place des régimes autoritaires et, évidemment en Algérie, où 50 ans après l’indépendance, le peuple n’est toujours pas maître de sa destinée, demeurant soumis à un pouvoir qui le méprise. J’ajouterai que ce combat demeure aussi d’actualité dans nos démocraties occidentales qui, même si elles passent leur temps à donner des leçons au monde entier, ne sont pas toujours à la hauteur des principes qu’elles prétendent incarner.Comment êtes-vous venu à la musique ?Je suis venu à la musique par l’écriture. Enfant timide et réservé, l’écriture m’a servi très tôt d’exutoire et m’a permis d’exprimer tout ce que je ne disais pas. J’écrivais des poèmes dans ma chambre avant de découvrir le rap au début des années 1990. J’ai tout de suite accroché à ce genre musical et surtout au contenu des textes qui, en plus de délivrer un message social, politique et contestataire, avaient une dimension poétique. On sentait qu’une génération était en train de se lever et, avec elle, une très grande énergie créatrice, toute cette génération que l’on retrouve sur la compilation mythique « Rapattitude ». J’ai monté mon groupe « Reflet » en 1995, on a fait des maquettes à n’en plus finir, des concerts et puis on a sorti un album « Asile poétique » en 2009 sur Internet. Je me suis lancé en solo il y a 2 ans environ, j’ai commencé à écrire des textes plus intimes, à développer des thèmes plus personnels et ça a débouché sur mon album intitulé « Le meilleur des mondes », sorti en janvier 2011. Je me suis fait connaître avec le morceau « 90 % », en référence au dernier score de Bouteflika aux présidentielles. Ce morceau, qui critique sévèrement le pouvoir algérien dont le président n’est que l’incarnation, a fait un petit buzz. Mais j’aborde aussi beaucoup d’autres thèmes dans cet album, comme l’individualisme, le consumérisme, l’indifférence, la guerre du tous contre tous, le capitalisme mondialisé et ses conséquences, l’immigration, l’exil… J’essaie de poser un regard critique sur le monde contemporain et d’en faire une sorte de synthèse en chanson, parfois avec gravité, parfois avec humour. J’essaie de prendre du recul par rapport à la société dans laquelle je vis. Toutefois, je ne prétends pas me situer au‑dessus de ce que je critique, sachant trop bien que j’en fais également partie.

poste_iris samy

8 avril, 2011

 

 

7 avril, 2011

 

Bouteflika : Le mandat de trop!!!

http://www.elwatan.com/images/2011/04/06/bout-une_411097_465x348.jpgLe président Bouteflika est apparu en forme à Tamanrasset, marchant à pas vifs dans les rues de la capitale de l’Ahaggar. Tout semble avoir été fait pour que cette image soit parfaitement visible à la télévision officielle qui a expédié des équipes entières au Sud pour «couvrir» l’événement.

L’ENTV a diffusé, mardi 5 avril au soir, de longues minutes de ce qui est appelé « le bain de foule», exercice préféré du locataire d’El Mouradia. Pourtant, cela fait plus de sept mois que Bouteflika n’a pas fait de déplacement à l’intérieur du pays. A Tamanrasset, il n’est resté que deux heures. Cela tranche avec ses  longues visites qui duraient deux jours à l’intérieur du pays avec une cinquantaine de points à «inspecter». Durant ces sept mois, le chef de l’Etat a limité ses activités aux audiences réservées aux visiteurs étrangers et aux Conseils des ministres. Pas plus.
Bouteflika, qui adore les discours fleuves à l’ancienne, ne parle presque plus. A Tamanrasset, sa voix était à peine audible lorsqu’il a évoqué la possibilité de créer «une mégapole» dans l’Ahaggar. Il était assis lors des explications sur le projet du transfert d’eau In Salah-Tam. Ce n’est pas dans ses habitudes. Le président de la République délègue ses représentants pour lire des textes en son nom dans les conférences et les rencontres depuis plus d’une année.
Des rumeurs ont couru ces dernières semaines sur un état de santé en détérioration. Les éclipses de cet homme de 74 ans ont renforcé l’idée que Bouteflika n’est plus en mesure d’avoir le même dynamisme qu’en 1999, année de son arrivée au pouvoir.

A l’époque, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Houari Boumediène donnait l’impression de pouvoir surmonter montagnes, plaines et mers pour être un Président «à part entière».  Il se plaignait d’avoir laissé «les pouvoirs de Franco (dictateur espagnol)» en quittant les palais d’Alger en 1979, après la mort mystérieuse du colonel Boumediène, pour retrouver «les prérogatives de la reine d’Angleterre». Le temps a passé et Bouteflika, qui a déjà consommé deux mandats de cinq ans, a confié à Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français, qu’il avait plus de convictions que de forces.
L’état de santé de Bouteflika, entouré d’un silence opaque, a alimenté les discussions des dîners des ambassadeurs et des hommes d’affaires ces trois dernières années. La maladie, toujours inconnue, de Bouteflika a même occupé un petit espace dans les câbles diplomatiques américains partiellement révélés par WikiLeaks. Les médecins français, qui suivaient le dossier de Bouteflika, ont bien gardé le silence. Malgré cela, Bouteflika, qui ne semble pas faire confiance au système de santé algérien, s’en est séparé. En juin 2009, les autorités algériennes avaient montré un certain «agacement» devant l’intérêt des partenaires étrangers pour l’état physique du chef de l’Etat. Presque une année après, Ahmed Ouyahia, Premier ministre, s’était trouvé obligé également de démentir «les rumeurs» sur la maladie présidentielle. Des rumeurs qualifiées «d’abjectes» visant à «déstabiliser le moral de la population».

Pas moins ! Bouteflika, le premier concerné, ne disait rien. Pas même son frère, Saïd, ou son entourage. Les Algériens n’ont pas le droit de savoir. Tout se gère en milieu fermé. Et les rumeurs continuent de meubler les vides politiques algérois : atrophie musculaire, cardiopathie, insuffisance rénale, ulcère, aphonie… seraient à l’origine de l’affaiblissement de Abdelaziz Bouteflika. Mais rien n’indique que l’homme souffre d’une de ces maladies en l’absence de bilan médical crédible. Un câble de l’ambassade US datant de 2007, révélé par WiliLeaks et repris par l’agence Reuters, a évoqué «un cancer» «actuellement en rémission» qui fait souffrir le premier magistrat du pays.

Un autre câble, datant de janvier 2008, rapportant une discussion entre l’ancien ambassadeur américain à Alger, Robert Ford (actuellement en poste en Syrie) et son homologue Bernard Bajolet, revenait aussi sur la situation médicale du chef d’Etat algérien. Bernard Bajolet, visiblement bien informé, avait tenu ces propos : «La santé de Bouteflika est meilleure et il pourrait vivre encore plusieurs années. Son rétablissement et son regain d’activité lui donnent plus de marge de manœuvre sur l’armée.» Autrement dit, si l’état de santé de Bouteflika se détériore, «la marge de manœuvre» se rétrécit ! Une maladie-enjeu ? 

En 2006, Bouteflika disait : «Je suis un homme comme les autres. C’est évident que si j’avais des problèmes de santé, je devrais rentrer chez moi définitivement.» Cinq ans après, Bouteflika, qui entame l’an III de son troisième mandat, n’est pas rentré chez lui «définitivement» ; est-ce à dire qu’il «pétille» de santé ? «Tout le monde sait que j’ai été malade et que j’ai dû subir une sérieuse convalescence. Mais maintenant, j’ai repris mes activités normalement et je ne pense pas que cette question devrait engendrer des commentaires ou des calculs qui sont plus ou moins imaginaires», déclarait encore Bouteflika à l’agence Reuters en mars 2008. Toutes ces déclarations ont été faites avant les révoltes en Tunisie, en Egypte et le départ de Zine Al Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak. Des dictateurs «délogés» malgré leur bonne santé…

par_ el watan

7 avril, 2011

Islam : l’opération UMP continue

 

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Dilem du Jeudi 07 Avril 2011 
 

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Alors que l’instrumentalisation de la laïcité était boudée par une partie de la droite, Claude Guéant a assuré le service après-vente par une provocation façon Hortefeux. Après le débat ? L’opération continue. Alors que la convention de l’UMP s’acheminait, mardi, vers un flop, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, s’était, la veille, livré à une nouvelle provocation style Hortefeux : l’islam serait devenu un problème en raison du nombre de musulmans. De quoi rassurer les électeurs lepénistes : le parti présidentiel, en plein accord avec l’Élysée, poursuivra l’inoculation des idées de divisions et de peurs dans l’opinion publique. Hier, en début d’aprèsmidi, à l’Assemblée nationale, François Fillon assurera Claude Guéant de « son soutien », et posera des traits d’égalité entre ces déclarations qui tombent sous le coup de la loi pour incitation à la haine, et les malversations supposées au sein du PS dans les Bouches-du-Rhône. Les députés socialistes devaient protester en quittant la séance. Quelques minutes plus tard, Jean- François Copé, patron de l’UMP et co-initiateur du débat, ouvrait les travaux de la convention dans un palace parisien. Il ne lésinera pas sur les amalgames, associant en particulier la peur de la mondialisation à celle censée être engendrée par l’islam, devenu, dit-il à son tour, « un problème ». Pour lever les ambiguïtés, à la convention, dont l’intitulé initial sur la place de l’islam a été recentré sur la « laïcité », il lira sa « lettre à un ami musulman » publiée la semaine dernière dans un hebdomadaire, sur un principe emprunté au penseur Edmond Fleg – mais dévoyé – dans ses échanges épistolaires avec Ernest Bloch, en 1908. Il y évoque la propagande associant les juifs au « facteur de division des forces vives de la nation ». Jean-François Copé parlera aussi de « sa volonté de paix », comme si les Français étaient en guerre contre les musulmans ! Marie-Anne Montchamp expliquera que le sens de l’initiative de l’UMP est de permettre « l’expression des impensées et des impensables ». L’opinion publique n’est pourtant pas dupe de l’opération politicienne et idéologique du parti présidentiel. Selon un sondage Harris Interactive pour la chaîne parlementaire LCP, seulement 23 % d’entre eux estiment que le débat est une bonne chose, 37 % étant d’un avis radicalement contraire, 36 % considérant que l’initiative « n’est ni bonne ni mauvaise », et donc sans intérêt. En revanche 83 % accordent à la laïcité « une importance essentielle ». Un plébiscite qui sonne le glas des velléités de remise en cause des équilibres de la loi de 1905.

par_Dilem

7 avril, 2011

En Egypte, une nouvelle garde
Stephen Gowan

Les Etats-Unis parviendront-ils à garder le contrôle du pays des pharaons grâce à l’armée égyptienne, largement subventionnée par le Pentagone ? Quel gouvernement civil oserait s’opposer aux intérêts de Washington si c’est pour se mettre l’armée sur le dos ? Faut-il parler de révolution en Egypte ou de simple lifiting cosmétique du moubarakisme ? (IGA)

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Le larbin du Pentagone en Egypte, Lt. Général Sami Hafez Enan (gauche) avec l’Amiral Mike Mullen, chef d’état-major des armées des Etats-Unis Le maréchal Mohamed Hussein Tantawi, connu des Égyptiens comme le « larbin de Moubarak » a peut-être tout à dire au Caire en tant que chef du gouvernement dirigé par les militaires. Mais, quoi qu’il en soit, son bras droit, lui, est le larbin du Pentagone et il y a gros à parier qu’il continuera à jouer un rôle clé en Égypte, même après qu’un gouvernement civil aura succédé à l’actuelle direction militaire.Le général de corps d’armée Sami Hafez Enan, « l’un des favoris des militaires US », s’il faut en croire l’article d’Elisabeth Bumiller dans le New York Times d’aujourd’hui [11 mars 2011], est le second de Tantawi, un homme honni en Égypte pour avoir été un lèche-bottes du président déchu Hosni Moubarak.Madame Bumiller prétend qu’Enan – qui « reste en contact téléphonique étroit avec les responsables du Pentagone » et « est un lien crucial pour les États-Unis » – est considéré comme le successeur probable de Tantawi à la tête des forces armées égyptiennes.Et, puisque l’armée joue un rôle dominant en Égypte, il faut s’attendre à ce qu’Enan continue à exercer une influence considérable. C’est un point avec lequel Madame Bumiller est d’accord. « Personne ne conteste », fait-elle remarquer, « que le général Enan puisse jouer un rôle important au sein du futur gouvernement égyptien, plus vraisemblablement en coulisses, là où les puissantes forces armées, traditionnellement peu enclines à la publicité, se sentent plus à l’aise. »Chaque année, Washington déverse sur l’Égypte 1,3 milliard de dollars en aide militaire. L’armée égyptienne s’est sert pour acheter des « armes et des équipements de fabrication américaine, et plus particulièrement des avions de combat F-16 et des chars M1A1 Abrams ». Pas un cent de cet argent ne quitte donc les États-Unis. En lieu et place, Enan et d’autres gros pontes de l’armée égyptienne présentent leur liste de desiderata au Pentagone, qui transfère alors l’argent du contribuable américain sur les comptes des marchands d’armes américains, lesquels livrent alors la marchandise.Il s’agit en quelque sorte d’un don annuel à General Dynamics. Et à l’Egypte. Avec la gracieuse permission du contribuable américain.Depuis, l’Égypte a accepté de devenir un pilier de l’impérialisme US en Afrique du Nord et en Asie occidentale. Et pour permettre à Israël de traiter cavalièrement les Arabes en Palestine et au Liban, Washington a transféré 35 milliards de dollars de l’argent du contribuable américain sur les comptes des fabricants d’armes américains, et ce, pour le compte des forces armées égyptiennes.Madame Bumiller écrit que les réformes du général Enan et du gouvernement militaire « ont été surtout cosmétiques, jusqu’à présent ».« Cosmétiques » est bien le terme qui convient. La révolution en Égypte n’a guère été plus qu’un changement de trombines à la tête de l’État. Moubarak est parti parce que le peuple l’exigeait et, aujourd’hui, il en va de même pour l’ancien Premier ministre de Moubarak, lui aussi évincé à la demande du peuple. Mais le « moubarakisme » – la domination US sur l’Égypte par l’entremise d’une élite militaire locale – demeure.Cela ne changera pas, même quand l’actuel gouvernement militaire sera remplacé par un gouvernement civil élu, en admettant que cela arrive.Qu’arriverait-il si un futur gouvernement décidait de suivre une politique allant à l’encontre des choix de la politique étrangère US, tout spécialement en ce qui concerne Israël ? Puisqu’une rupture avec Washington sur les points-clé de la politique étrangère mettrait sans doute un terme au flux de matériel et de sessions d’entraînement destiné à l’armée égyptienne, le résultat probable serait que le gouvernement perdrait la confiance de l’armée et que les militaires reprendraient les rênes pour ramener l’Égypte sur la voie prescrite par la politique étrangère US. Sachant cela, il est peu probable qu’un gouvernement civil ne sorte des limites tolérées par le bienfaiteur de son armée.Et jusqu’où un futur gouvernement civil égyptien sera-t-il indépendant de la Maison-Blanche et de son ministère des Affaires étrangères ? Déjà, les responsables de Washington « discutent le déblocage de fonds nouveaux pour épauler la montée de partis politiques laïques ». Bien sûr, les Égyptiens sont libres d’élire qui ils veulent, mais les élections modernes sont avant tout d’importantes campagnes de marketing. Sans un solide appui financier, vous n’avez pas l’ombre d’une chance. Dès lors, en vue du maintien sans anicroche du moubarakisme, les promoteurs de la démocratie installés à Washington soutiendront de façon adéquate des hommes et des partis politiques « acceptables » à l’aide de fonds, de conseils stratégiques, de sondages. Bref, tout ce qui sera nécessaire pour évincer des alternatives jugées incompatibles avec les « intérêts US », mais qui pourraient, par ailleurs, représenter également les intérêts de la masse des Égyptiens. Les Occidentaux ne toléreraient jamais que des puissances étrangères soutiennent des partis politiques occidentaux, quand bien même ce serait au nom de la promotion de la démocratie. Il est étrange que tant d’Occidentaux estiment de bon ton que leurs propres gouvernements se mêlent des élections dans d’autres pays. Ainsi, les citoyens occidentaux se font berner en croyant que la pratique impérialiste consistant à exercer une influence à l’étranger par l’achat d’hommes politiques constitue réellement un exercice louable de promotion de la démocratie. Si le fait de voir des gouvernements étrangers se mêler de nos élections signifie qu’une puissance extérieure tente de s’approprier un avantage à nos dépens, le fait que Washington débloque des fonds nouveaux pour s’immiscer dans les élections égyptiennes ne signifie-t-il pas que les Etats-Unis tentent de s’approprier un avantage aux dépens des Égyptiens ?À moins que les motivations de Washington et de l’Union européennes ne soient plus pures, en quelque sorte ? Mais, au vu de leurs pratiques – tant passées qu’actuelles – de soutien à Moubarak, à d’autres dictatures, à des monarchies absolues dans le but de protéger les « intérêts » occidentaux, on aurait vraiment du mal à le croire.Comment, dans ce cas, avec des forces armées égyptiennes qui sont une extension virtuelle des promoteurs de la démocratie du Pentagone et de Washington disposés à accroître les subventions aux partis politique proaméricains, comment pourrions-nous croire que l’insurrection égyptienne puisse apporter quelque chose de plus qu’un léger lifting cosmétique du moubarakisme ?Une véritable révolution requiert bien davantage que de remplacer Moubarak par Tantawi, Tantawi par Enan, et Enan par un gouvernement civil qui sera bien obligé de satisfaire Enan en personne – et les responsables du Pentagone avec qui Enan entretient des contacts étroits. Une révolution, ce n’est pas qu’une simple relève de la garde !Source originale : Stephen Gowans Traduit de l’anglais par Jean-Marie Flémal pour Investig’Action

Source : www.michelcollon.info

7 avril, 2011

Identité Nationale – une discrimination dès la conception

Naître ou ne pas n’être français ?

Identité Nationale - une discrimination dès la conception

Le débat sur l’identité nationale a coïncidé avec les difficultés rencontrées par les Français nés à l’étranger ou nés en France d’un parent étranger qui se voient opposés un nombre incalculable d’exigences administratives lors du renouvellement de leur carte d’identité ou de leur passeport.
Ce débat constitue un regrettable rendez-vous manqué et les dérapages qui l’ont émaillé ne seront pas sans conséquences.

Dessins de presseUne oreille collée à la radio, un oeil sur les images télévisées, l’autre plongé dans les journaux, la presse quotidienne ou les magazines, et un troisième flanant sur la vie qui l’entoure… c’est sans doute ce qui donne ce drôle de regard et cette drôle de tête au dessinateur de presse !

par-haf

7 avril, 2011

 

Vidéosurveillance et vie privée.

 

 

Vidéosurveillance et vie privée.

   
 

Il faut « être à l’écoute de tout et, si possible, savoir tout ». C’est ainsi que le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a expliqué les enjeux de l’avant-projet de loi antiterroriste.
Son premier chapitre est consacré entièrement au renforcement de la vidéosurveillance. Les pouvoirs publics pourront désormais enregistrer des images sur la voie publique à des fins de « prévention du terrorisme ».
Autre innovation majeure : les « personnes morales », c’est-à-dire des opérateurs privés, pourront filmer les abords de leurs bâtiments.
Pour un Ministre « qui ne désire plus communiquer sur sa vie privée », la nôtre semble plutôt menacée !

Dessins de presse

Une oreille collée à la radio, un oeil sur les images télévisées, l’autre plongé dans les journaux, la presse quotidienne ou les magazines, et un troisième flanant sur la vie qui l’entoure… c’est sans doute ce qui donne ce drôle de regard et cette drôle de tête au dessinateur de presse !

par-haf

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