Archive pour avril, 2011

23 avril, 2011

ACCUSÉE DE SOUTENIR LE RÉGIME DE KADH  ’Algérie dans le guêpier libyen

Medelci met à nu les visées du CNT libyen

Accusée par les insurgés libyens d’aider Kadhafi, l’Algérie a certes démenti, mais pas avec suffisamment de fermeté, disons avec une certaine mollesse. Vraies ou fausses, les accusationsAccusée par les insurgés libyens d’aider Kadhafi, l’Algérie a certes démenti, mais pas avec suffisamment de fermeté, disons avec une certaine mollesse. Vraies ou fausses, les accusations pleuvent. Au tout début du conflit libyen, des officiers pilotes opposés à Kadhafi ont affirmé devant les caméras de nombreux médias arabes et anglo-saxons avoir vu des avions algériens livrant des armes au régime de Khadafi. L’Algérie encaisse et ne dément pas. Ensuite, ce sont des chefs de l’opposition armée qui, à leur tour, ont réitéré ces accusations, affirmant que l’Algérie a aidé à transporter des «mercenaires» africains en Libye. D’autres se sont fait plus précis, assurant avoir tué 15 Algériens à Ajdabiya et en avoir capturé trois ! Ni l’identité de ces «morts» n’a été révélée, ni des images montrant ces prisonniers n’ont été diffusées, alors que les insurgés libyens s’étaient fait un principe d’exhiber devant des caméras occidentales des «mercenaires africains». Seules images à l’appui de leurs accusations, cette vidéo diffusée par les insurgés sur la toile, reprise par Al Jazeera, montrant un jeune gravement blessé, soigné dans un hôpital de Benghazi, comme étant un «mercenaire » algérien ! La Libyan Human Rights Solidarity (LHRS), ONG basée à Genève en Suisse, va plus loin : citant une copie du mémorandum adressé par le CNT à la Ligue arabe, documents à l’appui, elle parle de 15 vols effectués par l’Algérie ! Curieux que l’Otan, qui surveille de jour comme de nuit le ciel libyen décrété «zone d’exclusion aérienne», ne les ait pas interceptés ou abattus ! En bref, de jour en jour, la liste des accusations s’allonge, avec chaque jour de nouvelles charges contre l’Algérie, seul pays accusé publiquement par le président du CNT, Mustapha Abdeljalil, le 11 avril dernier, de soutenir Kadhafi. Et que dire de cet entretien téléphonique révélé par le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, au cours duquel Mourad Medelci lui a assuré que l’Algérie n’a pas aidé le régime de Kadhafi contre le CNT ! De fait, l’Algérie s’est retrouvée dans une position d’accusée et contrainte de démentir, voire de se justifier. Sans convaincre. Au point où le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, s’est vu obligé de monter au créneau pour opposer publiquement «un démenti catégorique à ces allégations infondées», qualifiant d’acharnement irresponsable «la campagne visant à impliquer l’Algérie dans un prétendu parrainage d’activités de mercenariat en Libye». A l’évidence, avant que la polémique n’enfle à propos de la Libye, la diplomatie algérienne, pour ne pas dire le pouvoir politique, au nom de la «non-ingérence dans les affaires internes» des pays tiers, dissimulait difficilement son embarras sur ces révolutions arabes qui ont emporté Ben Ali et Moubarak et menacent Bachar Al- Assad et Abdellah Ali Saleh. Les Tunisiens, par exemple, ne comprennent pas le peu d’empressement du pouvoir algérien à admettre que la Tunisie de Ben Ali, «c’est fini» ! S’agissant de la Libye de Kadhafi, qui n’a pourtant pas cessé de créer des problèmes à l’Algérie quand en avril 2006, le guide libyen avait lancé à partir de Tombouctou au Mali un appel aux populations du Sahara pour fonder un grand ensemble sahélo-saharien englobant le Sud algérien, le pouvoir algérien a choisi de regarder ailleurs ! Pire, des journalistes d’ Echourouk qui avaient évoqué cette affaire ont été condamnés par la justice algérienne sur plainte de Kadhafi !Au lieu de prendre la mesure des évolutions du monde arabe, voire d’anticiper les évènements, en Tunisie d’abord, puis à l’égard de la Libye, l’Algérie de Bouteflika s’est entêtée à ne pas comprendre qu’une lame de fond populaire est en train de secouer les pays arabes et maghrébins. Elle ne semble pas du tout avoir réalisé que la donne a changé, que la configuration géopolitique arabe n’est déjà plus et ne sera plus la même dans les mois à venir, que le temps des autocrates, celui de ces sommets arabes, ridicules du point de vue du fond et de la forme, appartient d’ores et déjà au passé ! De ce fait, aux yeux de nombreux libyens et de démocrates arabes, les inquiétudes algériennes concernant l’Aqmi s’approvisionnant en armes en Libye, n’ont guère convaincu. Une chose est sûre, l’image de l’Algérie dans le monde arabe en sort écornée. A terme, c’est le crédit hérité de notre guerre de libération nationale qui risque à jamais d’être compromis. Car, désormais, ce sera la révolution tunisienne qui servira de référent aux peuples arabes et non le million de martyrs algériens de la guerre de libération nationale. Ce temps-là est fini.
Hassane Zerrouky

 

 

 

 

22 avril, 2011

 

le Premier Ministre et sa bande

Algérie : L'indécent bavardage d'un gouvernement dépassé

Cette parenthèse loufoque qui fait de vous le bavard politique le plus haï d’Algérie Après Bouteflika et Belkhadem bien sûr.

Monsieur Ouyahia ci-devant, Premier Ministre et/ou Chef du gouvernement, on ne sait pas, ou, c’est selon, commis obéissant des collines dominantes de la capitale, a lâché récemment, comme il lui plaît souvent, quatre superbes affirmations et, concomitamment,  quatre belles sottises dont se seraient exonérés même les stagiaires en poste de M. Bouteflika. Et comme le sieur Ouyahia s’affirme sans déférence et sans gêne, ne pas être un stagiaire reconnu de Bouteflika, ce qui devrait l’honorer, mais bien l’honorable correspondant de qui nous savons, du général 2M se dit-il dans les chaumières de Navarre. Il a donc eu l’inconfort  de rater la seule et très belle occasion politique de se taire. Visiblement, il est pressé comme bien d’autres de ses congénères et confrères du biberon dont on aura remarqué ces derniers temps l’agitation épistolaire dans les colonnes de la presse privée sur les thèmes invariants de la succession, du socialisme de la mamelle et de la Bagra étatique consentante. Et comme il a dit lui, le très distingué Ouyahia, dans le désordre, je vous cite donc ses phrases tardives après qu’il se soit muré dans un silence de nonne éplorée pendant de longs et douloureux mois de révoltes populaires. En ces temps-là de colères populaces par lui contenues, c’est à dire réprimées par la matraque et le sang, il faisait déjà le mort joyeux de la maison brûlée, attendant sans doute le départ de sa bande ou son chemin de Capoue. Il n’en aura eu ni l’un ni l’autre. Il a préféré parler maintenant, maintenant que le peuple fait la sieste avec la semoule offerte, régler des vieux comptes et se placer dans immédiat comme présidentiable potentiel et jetable à l’envie. Ce qui ne manquera pas de gonfler la gandourah de l’autre présidentiable ; le tatoué du Front ; le très peu fréquentable et non moins jetable, Belle Khadem.  C’est le vent social du moment qui l’ordonne et, surtout, selon les ordres de la haut, des collines casquettières  algéroises. Il n’y a pas de Président à vie, jure-t-il d’entrée, à la télévision étatique. Ah bon ! Et depuis quand camarade? Depuis l’exception remarquée et remarquable de M. Zeroual, le seul à avoir jeté le tablier de président, tous les autres dirigeants algériens, arabes et africains aspirent tous au mandat à vie. Voilà plus de vingt ans que M. Ouyahia mange et se nourrit de pouvoir sans s’en rendre compte et se projette toujours comme homme de pouvoir pour les décennies à venir. Mais qui donc a voté l’amendement qui instaure la présidence à vie ? Mais qui donc a justifié ce viol de la constitution ?

Suivez mon regard ; Boutef et Belle-khadem n’ont qu’à bien se tenir. Là, Si Ahmed est chez lui et bien assis dans un  semblant de conviction de paix sociale revenue et là aussi, le bougre, semble en être comblé et il le montre bien avec bruit et jubilation soulignés. J’arrive ! dit-il ; j’arrive ! La mer rouge ouverte à ses pieds, sans bâton ni Torah. Des beaux jours politiques l’appellent, dit-il, au destin national qu’il s’offre lui même! Du vrai culot. Pire peut-être que ceux de Bouteflika et de leurs employeurs communs. Son règne arrive enfin ! Croit-il. Il peut même en exulter et s’amender des frustrations politiques antérieures, à ce qu’en montre ses baves logorrhéiques de discoureur politique prêt, suggère-t-il, à pointer et à décoller en 2014. Pas avant. Qu’en disent alors ses chefs ? Rien pour le moment parce qu’il se dit toujours et encore qu’ils sont la grande muette. La grande absente aussi ? Pas sûr. Bouteflika est toujours et encore là ; même mort ou mourant, il sera là. Ses servants et servis nous le rappellent tous les jours ; ENTV en tête qui interdit toujours les voix qui ne disent pas le plus grand bien de Bouteflika. Mais qu’importe, Ouyahia a le temps et la jeunesse devant lui. Les bus roulent bien. Son argent coule toujours  et entre bien plus que jamais.  Son pouvoir de clerc régnant et vociférant à l’excès n’est plus menacé ni même censuré, pense-t-il à la place de son chef. Pas sûr. Ses chefs, même muets, parlent, ordonnent et décident toujours. Alors, se croyant peut-être libéré et soulagé, il parle haut et fort, tirant à vue sur tout ce qui bouge, toutes bretelles tirées vers le bas. Jamais vers le haut. Mais où sont donc passés ses chefs pour calmer ses ardeurs de candidat présidentiel pressé ? Ils sont ailleurs ; ils sont là où l’herbe est plus verte, plus fraîche, là où la rente et l’argent coulent à flot. Pas intéressant donc d’écouter les états d’âme et les tartufferies amusantes de M. OU YA-YA.  Son heure arrive enfin avec, en prime, un gros soulagement annoncé qui le conforte dans son fantasme actuel de prêt-à-présider ; il y croit le bougre ! Il ne sera pas du voyage des Benali ni des Moubarek. La fin des dictatures arabes ne le concerne pas, plus dit-il. Lui n’est qu’un sous-dictateur de service relevant de la petite rapine et des petits métiers de sous-traitants. Il tient bien le cap et, bien plus, la bourse, le fric de la Ripoublique. Il menace et dénonce les opposants partisans de l’alternance démocratique, comme un vrai chef d’un vrai pouvoir alors qu’il ne tient à rien et de rien sinon des ordres sergentiers des chefs de la crête et des collines politiques qui enserrent Alger. Bien tenues à ce jour. Il faudra bien en finir un jour avec cette tutelle permanente.  D’ici là, l’honorable président du RND, parti sorti de rien et de magouilles connues, peut toujours continuer à dire et dicter ses volontés par circulaires ad hoc et par circulantes de couloirs que personne n’appliquera en fin de compte. Ceci est bien connu. Ses supposés ministres gloussant déjà et tremblant de plaisir à la première idée de lui désobéir, eux, dont chacun ne sait travailler que pour sa seule hiérarchie, pour son seul vrai employeur, fut-il militaire, Tlemcénien, mafieux ou tout simplement les trois à la fois. C’est leur Algérie à eux, sale et pourrie par le haut, par le grade et la fonction supérieurs; cette Algérie-là, n’est pas la nôtre. C’est leur Algérie par eux pourrie et corrompue. Par vous et seulement par vous souillée, polluée et corrompue jusqu’à l’os. C’est votre Algérie dont je ne revendique strictement rien. Sinon, un jour peut-être, les procès et les châtiments attendus pour tous ces voleurs et voleuses qui ont pillé l’Algérie, Khalida, et pas seulement, en tête.

21 avril, 2011
 
 
 

 

Algérie: 10 ans après son « printemps noir », la Kabylie réclame justice

 

http://www.google.com/hostednews/afp/media/ALeqM5gWSpGKzP6eGa5b-Tis8cVS4vxGVw?docId=photo_1303286443465-1-0&size=l

La mère et la grand-mère (G) de Massinissa Guermah tiennent des photos de lui, devant sa tombe, lors du 2e anniversaire de sa mort, à Beni Douala, le 18 avril 2003

ALGER — Dix ans après les émeutes du « printemps noir » en Kabylie, les familles des victimes réclament justice et menacent d’en appeler aux instances internationales pour engager des poursuites contre les responsables de la répression qui a fait 126 morts et des centaines de blessés.

« La douleur reste immense car les responsables de ces assassinats n’ont toujours pas été jugés: c’est l’impunité », a déploré auprès de l’AFP Khaled Guermah père de Massinissa, dont la mort a été l’étincelle ayant embrasé cette région de l’est d’Alger, traditionnellement frondeuse.

« Nous avons donné le temps à l’Etat pour qu’il traduise en justice les responsables de ces crimes. Mais face à son silence qui dure depuis 10 ans, nous nous voyons obligés de solliciter les instances internationales pour rendre justice aux familles des victimes » avertit le père de famille.

Comme chaque année depuis cette date, de nombreux habitants se sont recueillis lundi sur la tombe de son fils au village Agouni Arrous.

Le 18 avril 2001, Massinissa Guermah, 18 ans, était blessé grièvement par une rafale de kalachnikov dans la gendarmerie de Béni-Douala, un bourg montagneux. Le lycéen avait été interpellé après une banale altercation entre jeunes et gendarmes. Deux jours après, il décédait dans un hôpital à Alger.

La Kabylie, qui s’apprêtait à célébrer en ce 20 avril le 21e anniversaire de son soulèvement pour la reconnaissance de l’identité berbère, se révoltait une une nouvelle fois après les obsèques de Massinissa.

Un peu partout, les habitants descendaient dans les rues des bourgs et des villages pour réclamer la fermeture de toutes les brigades de gendarmerie de la région. Les manifestations tournaient à l’émeute, puis aux affrontements avec les forces de l’ordre qui ont tiré à balles réelles.

Le président Abdelaziz Bouteflika, élu deux ans auparavant avec la promesse de ramener la paix dans un pays ravagé par une insurrection islamiste, devait affronter une crise majeure de son mandat.

Il décidait de mettre en place une commission d’enquête, confiant sa présidence à l’éminent juriste Mohand Issâd, originaire de Kabylie.

« Le rapport que j’ai rédigé et remis au président de la République n’a eu aucune suite. Il est toujours dans un tiroir », regrette le professeur Isaâd.

Le document soulignait que « la violence enregistrée contre les civils est celle d?une guerre, avec usage de munitions de guerre.

Il notait que « la plupart des morts ont été touchés dans les parties vitales les plus fragiles », une localisation qui, selon lui, « paraît difficilement imputable au hasard de la dispersion des projectiles ».

« Ce n’est n’est pas les gendarmes, les responsables sont ailleurs. Moi, je cible ceux qui n’ont pas donné l’ordre de cessez-le feu, ceux qui ne sont pas partis en Kabylie calmer le jeu », a déclaré M. Issad à l’AFP.

Pour Mohamed Meziani, ex-animateur du mouvement des âarchs (tribus Kabyle), fer de lance de la contestation, « les assassinats commis dans la région restent impunis ». « Leurs auteurs doivent répondre de leurs actes », a-t-il dit.

Après les émeutes, le mouvement contestataire avait exigé et obtenu au printemps 2002 le départ de la majorité des brigades de gendarmerie de kabylie, accusées de corruption et d’abus d’autorité.

Toutefois, les gendarmes ont entamé un retour progressif à cause d’une forte explosion de la délinquance dans la région qui est, par ailleurs, un terrain d’action d’Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi).

 Publié Par Nado

21 avril, 2011

Les origines de la langue berbère

Les origines de la langue berbère
Que peut-on en dire…?

Une question qui se pose toujours : le berbère langue ou dialecte ? La langue berbère existe depuis fort longtemps, du moins aussi longtemps que le grec, le sumérien et le phénicien.

Le berbère est plus qu’une langue : c’est un patrimoine. Transmis de génération en génération, est ce depuis les premiers balbutiements des peuples primitifs et grégaires. La langue berbère est aujourd’hui parlée par les habitants des oasis égyptiennes et sahariennes, les Kabyles de l’Algérie, les montagnards du Maroc, et les insulaires des îles Canaries.
La question de l’origine de cette langue s’est posée tout au long de l’histoire. Elle a suscité, et suscite encore de grands débats. Elle est encore à l’origine d’innombrables théories. Langue, dialecte, ou patois, ce qui est sûre, c’est qu’elle fait partie des plus anciennes langues de l’humanité. « Evidemment, la langue berbère fait partie d’un ensemble des plus anciennes langues utilisées par l’humain. Cet ensemble de langues s’intitule le comito-symitrique » précise le chercheur et anthropologue au Centre national de recherche préhistorique et historique, Badi Dida.
Si tout le monde s’accorde à dire que le berbère est parlé depuis des millénaires, on n’est pas en mesure encore de déterminer avec exactitude quant il est né ? Si on veut revenir sur les traces de l’origine de cette langue, on viendra sûrement à parler du tifinard. Le “tifinard” est la plus vieille trace, la plus ancienne expression de la langue berbère. Le tifinard est le premier caractère utilisé par l’humanité pour s’exprimer. Des signes aux multiples sens, comme le triangle utilisé par les premiers hommes sur terre et qui signifie “moi”, employé aussi par nos aïeux berbères. Cet ancêtre des caractères aurait aussi servi de prototype dans la formation ultérieure des alphabets qui se sont succédé.

Le berbère serait-il donc la première langue utilisée par l’homme ?

Malgré ses origines lointaines, cette langue a survécu pendant des millénaires. une culture pourtant orale… Cela fait peut-être sa force, mais sa faiblesse aussi… dans un environnement qui ne lui a pas toujours été favorable. Comme tout autre langue, il a besoin d’être adopté par tous, pour évoluer, “chaque langue a besoin d’un environnement fiable, d’un peuple, d’un Etat… pour pouvoir persister et évoluer”, précise le linguiste et écrivain Brahim Tazaghart.
Au commencement, la langue berbère était définie dans un cadre appelé “comito-symitrique”, elle a ensuite évolué et est passée par plusieurs étapes jusqu’à ce que les hommes ce l’approprie, et qu’elle devienne tamazight.
Quand on parle de tamazight ou même de la culture berbère, il est évident de l’associer à l’anthropologue, chercheur, et écrivain Mouloud Mammeri, qui en a conçu la grammaire, “il est incontestable que si nous voulons parler de cette langue ou de la culture berbère, on parle pas du grand homme, Mouloud Mammeri, qui s’est battu pour l’évolution de cette langue jusqu’au dernier jour de sa vie”. Déclare le directeur de la Maison de la culture de Tizi-Ouzou, baptisé du nom de l’illustre personnage, en estimant la contribution de Mammeri inéluctable dans l’émergence du berbère.
Le berbère à certainement besoin d’être materné, mais encore de s’écrire. C’est à cette seule condition qu’il subsistera. La langue soufre malheureusement de l’absence de trace manuscrite, ce qui existe est dérisoire. Le premier dictionnaire n’est apparu qu’à la fin des années 90. Abdennour Abdeslam, qui a puisé ses connaissances et la grammaire dans l’œuvre de Mouloud Mammeri. “Je voulais promouvoir cette langue de tout envahissement qui lui vient des autres langues tel que l’arabe. Je voulais garder l’originalité et la pureté des termes berbères”, révèle l’auteur du Dictionnaire abrégé et redressé de la langue berbère, Abdeslam Abdennour.
“Le temps n’est plus où une culture pouvait se tuer dans l’ombre, par la violence ouverte et quelquefois avec l’acquiescement aliéné des victimes”, disait Mouloud Mammeri.Chers amis de Tamazgha.

Nul ne peut nier vos efforts dans le domaine de la sensibilisation de ce qu’on qualifie de peuple Amazigh. Des années de labeur sans que cette conscience essaime comme le font les abeilles à chaque printemps. Je pense, modestement qu’il est venu le moment de revoir tous ces concepts. Commençons par admettre qu’il y a des peuples amazighs et non un peuple Amazigh. A partir de cette prise de conscience nous pourrions, effectivement construire un projet en commun.

Ce n’est un secret pour personne en disant que la quasi totalité des associations dites berbères ont été créées par des Kabyles. Ce constat à lui seul explique la raisons de la désaffection ou de la défection de nos frères Amazighs d’ailleurs.

Si les kabyles que nous représentons sommes incapables d’unir nos rangs, comment voulez-vous que les autres Amazighs non kabyles croient en la justesse de nos initiatives.

Je sais qu’il y aura des voix qui vont crier à la division. Mais quelle division que celle que vous décrivez, à savoir que les « berbères ne sont jamais capables de fêter ensemble le printemps berbère. »

Sans vouloir vous froisser, même cette appellation de printemps berbère est mensongère. Ce printemps a eu lieu en Kabylie et résulte de la lutte des kabyles contre le pouvoir algérien. Il ne peut pas être un repère pour tous sans que les autres amazighs se l’approprient eux-mêmes.

Ce sont toutes ces contradictions qu’ils tirer au clair.

Maintenant, supposons que ce printemps est berbère. Pour travailler dans le sens d’une célébration unitaire, c’est maintenant qu’il faut commencer les préparatifs d’un tel événement. Cela passe par la constitution d’un comité de préparation représentatif de la majorité de ceux qui se trouvent dans la mouvance Amazigh et sans exclusive.

Il faut se départir de la tentation de s’arroger la paternité de ce genre d’initiative. C’est ensemble que nous ferons les choses ou ne les ferons pas.
AHF

20 avril, 2011
 

Islamophobie rampante en France : quand le gouvernement Sarkozy est muet comme une carpe!


 dans slamophobie rampante en France islamophobie

Face aux dérapages anti-musulmans, anti-islam ou islamophobes (il paraîtrait que ce mot – selon le très sioniste Bruckner – est un abus de langage !!! Nous lui donnons donc présentement le sens d’une attitude discriminatoire et malveillante à l’encontre des personnes de religion musulmane) réalisés en toute impunité, par un nombre toujours croissant de nos concitoyens, sur le territoire français, il devient clairement indispensable de mettre de toute urgence le gouvernement de Mr Sarkozy face à ses responsabilités de garant de la pérennité du vivre ensemble en France!

Après mûres réflexions, nous n’avons pas trouvé plus indispensable que de rappeler deux discours prononcés en 2009 par deux ministres clefs de la République française qui tous les deux appartiennent indiscutablement au genre de l’ELOGE et ce, en faveur d’une communauté, composante parmi tant d’autres de la société française : la communauté juive de France. Ces deux discours n’ont de cesse de montrer avec force, de quelle façon l’Etat français est engagé corps et âme, tel un père à l’égard de ses enfants, dans la protection de ses citoyens de confession juive contre toutes les agressions et les discriminations qu’ils pourraient avoir à subir au sein de la nation française.

Nous disons sans aucune ambigüité, que cela devrait être la posture normale et constante de l’Etat français vis-à-vis de l’ensemble des communautés, des citoyens et des résidents de ce pays ! Il n’y a en effet pas une communauté, pas un citoyen français qui pourrait prétendre avoir un rang supérieur au sein de la nation française; c’est l’un des principes fondateurs de la République française ! Pourtant dans ces temps fort troubles, il semble en effet indispensable de rappeler le triptyque qui est si fièrement apposé sur les frontons de toutes nos mairies et de nos bâtiments publics: Liberté-Egalité-Fraternité !!!

Il est nécessaire de dire que les citoyens de confession musulmanes que nous sommes, ne demandent en aucun cas, un traitement différent ou ce que l’on appelle communément un « traitement de faveur » par rapport à leurs concitoyens athées, chrétiens ou juifs, ou pratiquant une toute autre religion… ils demandent juste le respect, la non-ingérence politique dans leur culte et ils demandent comme n’importe quel citoyen français y a pleinement droit, sans aucune exception, la protection de l’Etat contre les agressions qu’ils ont à subir et contre l’ensemble des dérapages islamophobes abjects et croissants dont ils sont devenus chaque jour davantage les cibles sans que pourtant, jamais ces derniers, ne soient ni dénoncés avec force et vigueur par les représentants des institutions de la République ni condamnés par la justice!!!

Ce silence lourd et douteux face à des propos en tout point inacceptable, porte à croire que les plus hauts représentants de l’Etat n’éprouvent aucune nécessité de condamner par des mots justes et avec force cette libération si inquiétante de la parole islamophobe … Est-ce le fait que l’Etat a lui-même ouvert la boîte de Pandore lors des débats imposés à la société française sur le port du voile intégral et sur l’identité nationale qui explique cet intolérable et si inquiétant silence?!!! Est-ce la proximité des échéances électorales à venir qui rend muets des candidats dont on sait qu’ils cherchent tous, ceux de droite comme de gauche, à regagner les voix de la France la plus conservatrice et la plus encline à voir dans le Français musulman l’étranger dont il faudrait se débarrasser ?!…

C’est pourquoi, face à un mutisme aussi intolérable de nos représentants politiques vis-à-vis de tous les propos intolérables tenus sur des dizaines de sites identitaires à l’occasion de la tenu des Assises internationales de l’islamisation qui aurons lieu très officiellement à Paris le 18 décembre prochain, il convient de rappeler à nos concitoyens, la posture magistrale et solennelle, de l’Etat français en faveur d’une communauté, la communauté juive, lorsque celle-ci se perçoit en situation de danger !!!

20 avril, 2011
 

                           

                              HARRAGA :Algérie, tes enfants te fuient

 

43 harraga interceptés et deux autres portés...

43 harraga interceptés et deux autres portés disparus au large d’Annaba

Quarante-trois candidats à l’émigration clandestine, sur les 45 qui se trouvaient à bord de deux embarcations artisanales, ont été interceptés dans la nuit de dimanche à lundi au large d’Annaba, a indiqué lundi la protection civile. Ces émigrants clandestins âgés entre 16 et 37 ans, originaires des wilayas de Annaba, d’El Tarf et de Skikda, ont été interceptés vers une heure du matin à 10 miles au nord de la plage de Ras El Hamra lors d’une patrouille des garde-côtes. Les deux autres harraga sont portés disparus, selon la même source.

Annaba : arrestation de 25 Harragas à bord d’un esquif

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arrestation de 25 Harragas à bord d'un esquif

Annaba : arrestation de 25 Harragas à bord d’un esquif de 8 mètres

Vingt cinq (25) jeunes candidats à l’immigration clandestine dont une dizaine de récidivistes ont été interceptés et arrêtés, jeudi, à bord d’un rafiot de 8 mètres par les éléments du groupement des gardes côtes des eaux territoriales (GTGC) de Annaba, avons-nous appris de sources sûres.

Agés de 19 à 35 ans, ces jeunes infortunés ont appareillé la veille vers 21 heures à partir de la plage de Oued Bakrat, commune de Séraïdi, wilaya de Annaba.  Leur esquif naviguait à 7 miles au nord Est de Chétaïbi lorsqu’ils ont été interceptés par les unités semi-rigides du groupement territorial des gardes côtes de Annaba.

Ramenés à bon port, ils ont subi une visite médicale par le médecin de la protection civile avant d’être auditionnés par la police maritime. Pour embarquer à l’effet de rejoindre les côtes européennes notamment l’ile de la Sardaigne, ils ont dû payer à leur passeur, selon toujours les mêmes sources, entre 30 et 100 milles dinars.

Menus de leur PV d’audition, ils ont été présentés la même journée devant le procureur près le tribunal de Annaba qui les a sommés d’une citation directe où ils auront à répondre de leurs actes dont la tentative de quitter le pays clandestinement.

ALGERIE:Un enfant de 9 ans parmi les harraga

 

Un enfant de 9 ans parmi les harraga

Un enfant de 9 ans parmi les harraga

Profitant d’une mer calme et des fêtes de fin de fin d’année, un groupe d’émigrants clandestins est parvenu à rejoindre sans encombre les cotes espagnoles.

 

Partis la nuit du 31 décembre depuis la plage de Seddaoua, plage relevant de la commune de Sidi Lakhdar, à 50 km à l’est de Mostaganem, les 9 passagers ont rejoint la côte dans la région de Carthagène.

Une fois à terre et parfaitement rassurés, ils ont put joindre au téléphone leurs familles restées au pays. Leurs proches étaient très inquiets car parmi les partants il y avait un enfant d’à peine 9 ans d’âge.

L’autre particularité de cette nouvelle embardée, serait la présence parmi les partants d’une personne à la taille atypique. Une information qui, si elle était dévoilée, faciliterait l’identification de cette personne.

Par ailleurs, le même jour, une autre équipée composée de 6 personnes a également pris le large à partir du même endroit. Toutefois, à ce jour, aucune information les concernant n’est parvenue à leurs proches qui craignent que les leurs ne soient tombés dans les filets des gardes cotes espagnols.

 

50 harraga interceptés sur les côtes espagnoles

 

 

50 harraga interceptés sur les côtes espagnoles

50 harraga interceptés sur les côtes espagnoles

Cinquante candidats algériens à l’émigration clandestine qui naviguaient à bord de quatre embarcations ont été interceptés entre vendredi et samedi sur la côte de Murcie, dans le sud-est de l’Espagne, indique un communiqué du gouvernement espagnol rendu public samedi.

La première embarcation transportait 14 personnes, toutes de sexe masculin, et apparemment en bonne santé, dont quatre ont prétendu être des mineurs, ajoute la même source.

La deuxième embarcation a été repérée, vendredi avant midi, au sud de Cabo de Palos dans la direction de l’Espagne, par les Douanes espagnoles, qui ont signalé le fait aux équipes de sauvetage maritime.

Ils étaient 13 émigrants clandestins à bord, à être secourus et transférés au port de Carthagène.

Vendredi à 16 h30, la Guardia Civil a détecté au large de la côte de Murcie, une troisième felouque avec 11 personnes à bord.

Quelques heures auparavant une quatrième embarcation avait été localisée au sud-est de Cabo de Palos, avec 12 émigrants.

Les clandestins ont été pris en charge par la Croix-Rouge et mis à la disposition de la police nationale espagnole pour la vérification de la minorité présumée de certains d’entre eux.

D’autres devront subir une opération d’identification auprès de notre représentation diplomatique en Espagne avant d’être rapatriés, conclut le même communiqué.

Mohamed Fawzi Gaïdi

Arrestation de 16 harraga à Annaba

 

Arrestation de 16 harraga à Annaba

Arrestation de 16 harraga à Annaba

Les éléments du groupement des gardes-côtes des eaux territoriales de la façade maritime Est de Annaba ont intercepté et arrêté, ce mardi vers 6h, 16 jeunes candidats à l’émigration clandestine à bord d’une embarcation artisanale de 4,5 mètres, a-t-on appris de sources sûres.

Agés de 19 à 37 ans, les jeunes infortunés ont appareillé la veille vers minuit à partir de la plage Rizi Amor (ex-Chappuis). Leur embarcation naviguait à 13 miles au nord de cette dernière plage lorsqu’ils ont été interceptés par les unités des gardes-côtes de Annaba.

Ramenés à bon port vers 6h du matin, ils ont subi une visite médicale, avant d’être interrogés par la police maritime. A l’audition, les 16 harragas ont déclaré qu’ils sont originaires de Annaba et Jijel.

Pour qu’ils soient embarqués à l’effet de rejoindre les côtes italiennes, notamment la Sardaigne, ils ont dû payer à leur passeur, selon toujours les mêmes sources, entre 25 000 et 50 000 dinars. Présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Annaba pour tentative d’émigration clandestine, ils ont été sommés de comparaître en citation directe le 18 janvier prochain.

la mer Méditerranée aurait englouti 5000 « harragas »

 

la mer Méditerranée aurait englouti 5000 « harragas »

Immigration clandestine : la mer Méditerranée aurait englouti 5000 « harragas » depuis 1992 Les dernières statistiques ont révélé que près de 7 000 immigrants clandestins sont découverts chaque année à travers le territoire national. 70 000 immigrants clandestins ont été, par ailleurs, recensés durant la dernière décennie. Selon d’autres données, pas moins de 5 000 immigrants clandestins auraient perdu leurs vies en mer méditerranée depuis 1992.

Selon les chiffres rapportés par la revue « El Djaich » de son numéro 569 sur le phénomène de l’immigration clandestine, pas moins de 5 000 immigrants clandestins auraient perdu leurs vies en mer depuis l’année 1992. Ces vies humaines perdues ont péri en tentant de rejoindre la rive nord de la mer méditerranée à la recherche d’une vie meilleure.  Par ailleurs, la même source estime que quelques 7000 immigrants clandestins sont découverts chaque  à travers le territoire national, et environ 70 000 autres ont été enregistrés durant la dernière décennie. Des dizaines de milliers d’immigrants clandestins ont été extradées vers leurs pays d’origine entre l’année 2000 et 2007.

Ces « clandestins » travaillent généralement dans l’informel et la clandestinité pour gagner les sommes d’argents dont ils ont besoin pour immigrer illégalement vers le continent européen. Rappelant, par ailleurs que l’Algérie, conformément à la convention internationale portant sur la protection des droits de l’homme, prend en charge les frais d’extraditions des travailleurs étrangers ainsi que de leurs familles vers leurs pays d’origine. A titre d’exemple, l’Algérie a extradé en 2005 environ 600 immigrants vers leurs pays d’origine, à savoir le mali, le Sénégal, Guinée, le Cameroun, Le Burkina-Faso, Nigeria, et le Ghana. Les immigrants extradés étaient installés illégalement dans la région de Maghnia, dans la perspective de rejoindre le vieux continent (Europe) via le Maroc. Pour rappel, les ministres de l’Intérieur du dialogue 5 + 5 : France, Espagne, Italie, Malte et Portugal de la rive Nord ; Tunisie, Libye, Maroc, Algérie et Mauritanie de la rive Sud, ont planché le 13 décembre à Tripoli sur la problématique du franchissement illégal des frontières, et les conséquences désastreuses qui en découlent comme le « crime organisé », « la contrebande », « le terrorisme » et tous ces fléaux des temps modernes, qui font passer des nuits blanches aux dirigeants des deux rives.

 


Belgique : Des harraga en grève de la faim

 

Des harraga en grève de la faim

Belgique: Des harraga en grève de la faim par Notre Bureau De Bruxelles: M’hammedi Bouzina Med

Ils se sont partagés en deux groupes d’une trentaine de personnes chacun. L’un s’est installé dans une bâtisse, à proximité du marché des abattoirs situé dans la commune bruxelloise d’Anderlecht; l’autre a eu plus de chance: un «mécène» a mis à sa disposition son immeuble privé, situé dans le centre-ville de Bruxelles. Les deux groupes ont entamé une grève de la faim depuis plus d’une semaine. Ce sont, tous, des demandeurs d’asile. Des «sans papiers». Ils sont congolais, pakistanais, afghans, marocains, moldaves? algériens. Certains sont en Belgique depuis cinq ou dix ans, ont dépensé de petites fortunes dans les cabinets d’avocats, épuisé tous les recours légaux de leurs demandes d’asile et ne sont pas pour autant prêts à abandonner leur quête de «papiers». Ils ont annoncé leur volonté d’aller jusqu’au bout de leur grève de la faim, quitte à laisser leur vie. Devant une si grande détermination et tant de misère humaine, je me dis que les raisons qui les ont poussés à quitter leurs pays d’origine doivent être encore plus terribles à vivre. Dix ans pour certains et ils espèrent encore. Certains sont en famille, épouse et enfants en bas âge laissés dans un centre d’accueil. Comment ont-ils pu tenir une si longue période ? Par les mille et un miracles de la vie, par la force de l’espoir, par le souvenir des épreuves passées, vécues au pays d’origine.

Les jeunes, vous en trouverez qui font le pied de grue dans les environs du «Petit Château». Ils sont rassemblés en groupes de 4 ou cinq et attendent les «patrons» qui vont les emmener travailler sur les chantiers. 10, 12 heures à «manœuvrer» durement pour 40 ou 50 euros. Travail au noir, disent-ils. Le «Petit Château» est une demeure sombre, portail lourd et tours de donjon de part et d’autre. Le canal de Bruxelles, gris et triste, passe devant. Parfois une voiture s’arrête, les jeunes y accourent. 6, 7 ou 8 à la fois. «Moi, moi, monsieur, je suis plafonneur-plâtrier ! Moi, moi, monsieur, je suis maçon !» Les premiers arrivés sur la voiture sont pris. En moins d’une minute, la voiture démarre sur les chapeaux de roue, emmenant ces nouveaux esclaves des temps modernes vers leur calvaire quotidien. Et puis il y a les filles jeunes et moins jeunes. Les plus chanceuses se font recruter, toujours au noir, dans les bistrots, restaurants et boîtes de nuit. D’autres vous interpellent au détour d’une ruelle sombre pour une «partie» à 20 ou 30 euros. Les plus décidées dans ce domaine sont exposées dans des vitrines, pratiquement nues, aux portes de sortie de la gare du nord, à deux pas de l’hôtel Hilton devant lequel défilent, régulièrement, des limousines. Par quelque bout que vous prenez leurs histoires, elles sont emplies de misère et de souvenirs douloureux. «Le destin», expliquent ces hommes et ces femmes, ombres dans la foule rieuse et joyeuse en cette période de fêtes. Un destin qui ne veut pas les lâcher, même loin de leurs terres natales. Un destin qui s’acharne et perdure. De temps à autre, les télévisions belges en parlent. Souvent en moins de temps que celui réservé à un fait divers. La semaine dernière, au bout d’une polémique qui a opposé des leaders politiques, le gouvernement a fini par trouver deux anciennes casernes, transformées, en un rien de temps, en logis pour les «réfugiés».

L’une est à Bastogne et l’autre dans un village flamand. Les images télé montrent des femmes, des enfants, des jeunes heureux de trouver un endroit chaud, à l’abri de cet hiver particulièrement rigoureux cette année. Les volontaires de la Croix-Rouge se sont mobilisés pour leur apporter assistance et soins. «Ils sont plus de 300», dit le reporter télé. Le drame, c’est qu’il y a tous les autres. Nombreux. On parle de 100.000 clandestins dans le pays. 100.000 «haraga», selon le code algérien. Ainsi, pour beaucoup d’entre eux, la «harga» continue au-delà des océans. Après avoir échappé à la guillotine des vagues, aux pièges et chantages des passeurs, aux négriers de tous bords, le calvaire du harrag n’est, souvent, pas fini. Son quotidien dans cet ailleurs rêvé est fait d’angoisse et de peur. Pas un instant il ne baisse la garde dans les cités européennes. Un contrôle de police, une rafle, chaque instant est une veille contre le risque d’être embarqué, jugé, expulsé. Cette vie sur le fil du rasoir a fini par le décider à se battre au grand jour. Une grève de la faim pour sortir de l’anonymat et interpeller le gouvernement belge. Là encore un nouvel obstacle. Le gouvernement belge est un gouvernement en affaires courantes. Les négociations pour un nouveau gouvernement sont enlisées depuis juin dernier, depuis les élections législatives qui ont donné la victoire aux socialistes chez les francophones et aux nationalistes de droite chez les Flamands. Pas le temps de s’occuper plus sérieusement du cas des «réfugiés». Dans ce face-à-face entre les politiques belges et «les clandestins haraga», le silence des pays d’origine. Pas tout à fait. Le soir, dans les cybercafés et boutiques «fax?phone», ils écoutent la voix de leurs familles au bled. «Je vais très bien, maman. Bientôt je reviendrai te voir.» Quand ?

 

Arrêtés la semaine dernière, 36 harraga devant la justice

 

Arrêtés la semaine dernière, 36 harraga devant la justice

Arrêtés la semaine dernière, 36 harraga devant la justice à Souk Ahras

Les 36 harraga arrêtés la semaine passée par les gardes-côtes tunisiens, alors qu’ils se dirigeaient vers La Sardaigne (Italie), ont été présentés, ce jeudi, par devant le procureur de la République près le tribunal de Souk Ahras, a-t-on appris de sources bien informées.

Poursuivis pour sortie illégale du territoire national, les mis en cause comparaitront, prochainement, en citation directe.

Il y a une dizaine de jours, une première  embarcation  partie de Sidi Salem, à Annaba a été interceptée par les autorités tunisiennes à Tabarka.

19 personnes, âgés entre 15 et 36 ans, résidant aux quartiers de Oued Forcha, Oued Laâneb et Safsaf dans la wilaya de Annaba, ont été arrêtées.

La même nuit, 17 autres harraga, originaires de la wilaya de Skikda, partis la veille du lieu-dit El Bettah, ont connu le même sort.

Remis aux autorités algériennes, mercredi dernier, au poste frontalier de Heddada (Souk Ahras), les 36 émigrants clandestins ont été soumis à un contrôle médical et auditionnés par les services de la police judiciaire de Souk Ahras.

                   

Harraga : La nouvelle vague

 

La nouvelle vague

Harraga : La nouvelle vague

Dans la région oranaise, les jeunes candidats à la harga innovent en matière d’organisation. Ils sont passés des démarches individualistes à des approches collectives. Alors que le plus grand procès de harraga jamais instruit en Algérie s’est tenu lundi à Aïn Turck, El Watan Week-end a enquêté auprès des clandestins de la mer et des passeurs.

S’ils étaient auparavant livrés à quelques passeurs, seuls détenteurs de la clé du départ, les aventuriers de la mer s’organisent autrement à présent. Les réseaux des harraga deviennent plus fluides et l’activité s’est bien structurée depuis. Des groupes se forment, achètent leur propre matériel et adoptent un guide, la plupart du temps lui-même harrag ayant quelques connaissances faciles à acquérir pour tenter l’aventure, mais pas forcément la réussir. Ils guettent les gardes-côtes, surveillent la météo et se documentent sur tout ce qui peut leur permettre de rejoindre l’Espagne. Ils ont le choix pour les points de départ : Saint Germain, la Madrague et autres plages de Aïn Turk, encore plus à l’ouest, de Bouzedjar, ou carrément d’Oran, de Canastel.

La côte est n’est pas négligée, puisque l’on part aussi de Stidia et des plages de Mostaganem : Salamandre, les Sablettes, Sidi Lakhdar. Les jeunes ont bien pris les choses en main, seuls. Ils en parlent avec précision et pragmatisme quand ils ne sont pas devant le juge. 8 décembre, fête du Mouharram. Le calme règne dans les villes et villages et le soleil éclaire les côtes oranaises. Une journée de repos, mais pas pour tous. Derniers préparatifs et derniers coups de téléphone avant le départ à la tombée de la nuit. Des au revoir émouvants pour certains et presque routiniers pour d’autres. Ils sont environ 200 à guetter le silence de la  nuit pour prendre la mer. Les plus chanceux disparaîtront dans les eaux jusqu’à arriver aux côtes espagnoles. Pour les autres : cinq embarcations contenant 109 harraga sont interceptées par la Marine nationale. Cinq jours plus tard, s’ouvre à Aïn Turck, (daïra située à 20 km d’Oran) le plus grand procès de harraga jamais instruit en Algérie. La comparution s’étale sur deux jours.

60 000 DA d’amende

Au premier jour, 69 harraga passent devant le juge. Le tribunal est tellement saturé de familles et amis que les portes sont vite fermées. Le lendemain, la salle n’est plus qu’à moitié pleine pour les 40 restants. Du silence. De l’austérité certes, pourtant l’affaire est traitée avec une extrême banalité. Les accusés défilent, sans avocats, déclinent leur identité, têtes baissées et les mains derrière le dos par groupes de vingt. Le juge pose quelques questions auxquelles ils ne répondent que vaguement. Puis promettent tour à tour de ne jamais recommencer. La sentence tombe : acquittement pour tous, amende de 60 000 en moyenne, jusqu’à 80 000 DA pour les récidivistes.

La vie peut reprendre son cours. Ce procès est certes impressionnant par le nombre de harraga jugés dans le même temps, mais dans le fond, l’événement n’en est pas un. Ces dernières semaines, dans la région, les cas de disparus en mer, des harraga arrivés sains et sauf à destination et ceux interceptés ont de quoi faire l’actualité. A la veille de l’Aïd dernier, 198 harraga ont pris le départ de Mostaganem, ce qui a entraîné des arrestations, des disparus et des chanceux encore une fois. Il y a seulement quelques jours, 60 autres harraga ont été interceptés à Mostaganem.

Le phénomène perdure et se banalise pendant que des jeunes venant de toutes les régions du pays tentent leur chance dès qu’une accalmie météo pointe et s’organisent de mieux en mieux. Ils sont jugés certes, malmenés aussi lors de leur arrestation, mais ils savent que la justice ne peut rien contre eux. Elle pourrait pourtant, puisque l’article 175 bis 2 «sortie du territoire sans autorisation» prévoit des peines d’emprisonnement ferme. «Les condamner au vu des motivations qui les poussent au départ serait cruel, reconnaît un avocat qui a assisté au procès. D’autant qu’on les comprend un peu…»

Liberta

Saâd, jeune Oranais, qui a tenté plusieurs fois la traversée sans succès, montre sur son portable une vidéo tournée par ses amis en mer, qu’ils ont pris soin de lui envoyer une fois arrivés en Espagne. Des jeunes qui, une fois côtes espagnoles abordées, chantent en chœur pour fêter l’événement. «Cette vidéo a de quoi motiver ! Ils ont réussi et je les rejoindrai bientôt inchallah»,
jure-t-il. Saâd se raccroche à cette image de liesse et aux récits alléchants que lui font ceux qui sont déjà là-bas. Bien sûr, qu’il la fera cette fameuse traversée qui, en dix à vingt heures, peut le propulser vers une autre réalité : «Dès qu’ils sont interceptés par les gardes-côtes espagnols, ils sont très bien pris en charge dans un des trois centres de détention pendant soixante jours, puis ils obtiennent dans le meilleur des cas la carte Liberta, soit par les autorités espagnoles, soit par le consul d’Algérie qui possède un quota. Cette carte permet d’être en situation régulière pendant trois ans, le temps de se trouver un travail décent ou de rejoindre la France

Saâd est confiant, et il y a de quoi. Le désespoir n’est pas de mise quand on connaît toute leur nouvelle organisation. Ils sont, au contraire, pleins d’espoir et de vie. Leurs familles, quant à elles, le vivent tout autrement. Zhor raconte que depuis que son fils unique parle de départ imminent, et suite aux échos de disparus en mer dans le voisinage, on ne sert plus de poisson à table. «On raconte cruellement qu’il y a quelques mois, les crevettes pêchées dans les environs étaient trop grosses parce qu’elles se nourrissaient des dépouilles des harraga perdus en mer. Il y a un mois, nos voisins ont perdu leurs enfants.

Durant une semaine, plusieurs tentes ont été placées à l’entrée de leurs maisons pour indiquer le deuil selon la tradition des personnes mortes en mer. Ce sont des images qui me hantent, mais mes angoisses ne lui feront pas changer d’avis, d’autant que mon fils a le soutien de son père.» Saâd, en parlant de sa mère, confiera que «ses angoisses sont légitimes, mais la joie qu’on peut leur apporter une fois qu’on sera là-bas effacera tout.»

Témoignage :

-Boulahia : Le passeur des passeurs

A Oran, un parrain de la harga se démarque des autres. Il gère ses réseaux avec discrétion et propose des départs, assurés, à 120 000 DA. Signe particulier : il organise une dizaine de traversées par an, à raison de vingt personnes dans chaque embarcation même s’il ne met jamais les pieds dans l’eau. Il a ses guides (passeurs) et ses contacts, et a réussi jusque-là à rester anonyme. Il se fait appeler Boulahia, en référence à sa barbe. Villa à deux étages, voitures de luxe et contacts influents, Boulahia trie ses candidats sur le volet. Il n’accepte que les têtes qui lui reviennent même s’il travaille par téléphone. Ses tarifs sont les plus chers dans la région.

Un personnage qui, dit-on, s’est beaucoup enrichi grâce à ces activités, mais qui reste difficile à identifier. Les harraga le protègent, car ils ont besoin de lui. «Chari trig», dit-on en oranais (il achète la route maritime menant vers l’Espagne), il aurait ses relais au sein même de la marine. Ses guides assurent le trajet jusqu’en Espagne et une fois là-bas, ils se présentent aux autorités espagnoles en exprimant leur désir de retour. On leur paye leurs billets et ils reviennent au bercail pour reprendre leurs activités en toute tranquillité.

-Djilali L’homme de l’ombre

Un homme organisé et strict. Il exige la discrétion et ne se montre que le jour J. Il fouille soigneusement ses passagers, leur explique un à un que «lebhar ihab ssfa» (la mer aime la pureté, pas d’alcool ni de psychotropes, que les jeunes prennent souvent pour avoir moins peur). Pas d’armes blanches non plus, à part la sienne. «Vous devez être calmes, dociles, silencieux et vous abstenir de fumer pour ne pas attirer l’attention des gardes-côtes, les braises se voient de loin la nuit», prévient-il, sur un ton toujours sévère. Djilali fait partie des 109 harraga jugés lundi dernier à Aïn Turk. Comme ses compagnons de voyage, il a, lui aussi, affirmé au juge que le passeur qui a permis la traversée de la semaine dernière était un homme appelé Djilali et dont il ne connaît pas l’identité.

Sauf que Djilali n’est autre que lui-même et que ce n’est bien sûr pas son vrai prénom. Mais c’est la règle, avant de partir, tout le monde promet de ne pas le dénoncer et décide à l’avance d’un prénom. Djilali, 35 ans, assure la traversée une fois par an depuis cinq ans. Père de famille aux fins de mois difficiles, sa connaissance de la mer lui permet ainsi de mieux gagner sa vie. Le tiers de la somme fixée lui est toujours remise deux jours avant le départ et le reste la veille. Il a l’habitude d’acheter son propre matériel qu’il rentabilise en faisant payer à chacun de ses harraga la somme de 100 000 DA. Mais cette année, il a préféré procéder autrement.

Cette fois-ci, sa boussole en main, il n’a fait qu’assurer la traversée en mer à raison de 150 000 DA sans prendre en charge le matériel nécessaire, ni l’organisation. Il n’a même pas décidé de la date de départ. Cette première arrestation lui donne certes à réfléchir, mais il ne compte pas s’arrêter là, pour autant.

-Hamza Harrag récidiviste en passe  de devenir guide

Le regard inquiet et scrutateur, Hamza hésite longtemps avant de se décider à se confier. En dire trop peut le compromettre. Il accepte finalement que son témoignage paraisse si sa traversée réussit. C’est le cas. Hamza se présente avec réticence : 38 ans, chômeur qui vivote depuis trop longtemps à Mostaganem. Sa première expérience d’émigration clandestine remonte à 1997. A l’époque et jusqu’à 2001, toute son attention est braquée sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc, vers lesquelles il a tenté sept fois l’expérience, à chaque fois, soldée par un échec. Il réussit également à s’introduire dans un bateau en partance vers l’Espagne, mais se fait attraper. Il écope de deux mois de prison ferme et d’une amende de 2000 DA.

A sa sortie, le périple continue. Il s’en remet à un passeur de sa région, il y a deux ans, qui, en pleine mer, prend peur lors d’une tempête. «Il pleurait, tremblait, j’étais choqué par son manque d’efficacité face au danger. On a heureusement été secourus par les gardes-côtes.» Quelques mois plus tard, Hamza rencontre un guide beaucoup plus convaincant, mais celui-ci finit par changer d’avis à la dernière minute. Hamza, au vu de toute l’expérience acquise, décide alors de prendre les choses en main. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Son réseau s’est tissé et toutes les connaissances qu’il a acquises à force de persévérance serviront. «Mon plan est enfin ficelé et mon départ imminent», racontait-il y a quelques jours. Il fait, à présent, partie des chanceux de la mer.

-Amine, une harga à durée déterminée

«Jamais deux sans trois» est une expression qui ne s’applique pas au cas de Amine. Il s’est fait prendre deux fois, la troisième a quand même été la bonne. Il a réussi sa traversée en septembre 2009, à partir du rivage de Cheaibia à Mostaganem, après avoir essuyé deux refus successifs à ses demandes de visa touristique. Dix-neuf heures de patience à bord d’un «botti» comme les Oranais se plaisent à appeler leurs embarcations, avant d’arriver à Barcelone. «Une fois arrivé là-bas, c’était l’explosion de joie avec mes compagnons. On a été très bien pris en charge dans le centre puis on m’a attribué la fameuse carte Liberta d’une validité de deux ans.» Amine a tout de suite pris le départ vers la France avec l’aide de la Croix Rouge qui lui a même assuré le transport jusqu’à Paris.

Une fois dans la capitale française, il a travaillé au noir pendant six mois, il s’est loué un appartement, mais la vie là-bas ne l’a pas pour autant convaincu. Il a donc décidé délibérément de rentrer. «J’ai pris un billet et je suis rentré, évidemment j’avais gagné assez d’argent pour pouvoir relancer mes affaires à Mostaganem», raconte-t-il. Pourquoi autant d’acharnement et de prises de risques pour finir par revenir au bercail ? «C’était peut-être tout simplement pour assouvir une soif de partir, détruire l’interdit et voir ailleurs pour m’enrichir, mais maintenant je n’y pense plus, du moins pour l’instant.»

-Halim Harrag collectiviste

C’est sa deuxième expérience de harga et certainement pas la dernière. Halim vient de quitter la prison El Kasbah d’Oran et ne semble pas traumatisé par cette semaine passée dans les geôles. «On a été interceptés deux heures après avoir quitté le rivage de la Madrague à Aïn Turck, puis procédures de routine, secours des gardes- côtes, remarques désobligeantes des gendarmes, misère et épuisement en prison et enfin le procès et l’amende qu’on ne paiera jamais», raconte-t-il sur un ton presque moqueur. Il poursuit : «On s’est organisés avec les copains du quartier dont deux mineurs, et à dix-neuf, on a regroupé la somme de
1 700 000 DA. Je me suis moi-même déplacé à Cherchell avec quatre de mes copains pour acheter le moteur Yamaha de 60 chevaux à 680 000 DA et l’embarcation de 7 m à 100 000 DA, le GPS à 50 000 DA, le guide qui a assuré la traversée a été payé à 150 000 DA. On a fixé la date deux jours avant en suivant la météo sur Internet.»

Halim a 22 ans et est chômeur depuis quatre ans. Après une formation en informatique qu’il a suivie pour faire plaisir à ses parents, il a travaillé en tant que stagiaire pour une courte durée à raison de 3000 DA par mois. Une somme dérisoire certes, mais l’argent n’est pas sa seule motivation. C’est pour plus de liberté et de joie de vivre qu’il veut partir. Car, explique-t-il, «même si tu gagnes un salaire décent en Algérie, tu ne peux avoir un toit, aspirer au mariage et profiter de la vie qu’après trente ans de dur labeur et encore…»

-Adel Le désespoir du retour !

De tous les harraga rencontrés dans la région d’Oran, Adel est celui qui a le regard le plus sombre. Son obstination à vouloir quitter l’Algérie ne dénote pas de l’espoir comme pour les autres. Mais plutôt d’une question de survie, une nécessité pour combattre le renoncement. Il a 25 ans et dégage une forte lassitude, dans sa posture et dans les mots employés pour raconter son expérience : «Je suis parti en juillet 2009. Treize heures après avoir quitté le rivage de Stidia, on est arrivés en Espagne, et j’ai commencé une nouvelle vie, mais qui n’a pas duré longtemps. J’ai passé un mois à Barcelone puis je me suis dirigé vers la France. En Espagne, c’est difficile de trouver un emploi, la langue complique les choses et la solitude est pesante.

A Bordeaux, tout s’est bien passé. Je vendais des cigarettes, je me faisais jusqu’à 700 euros par jour. J’avais mon appartement, je sortais, vivais, profitais de ma jeunesse, pour moi, c’était la vie rêvée.» Mais le rêve n’a duré que huit mois. Intercepté par les autorités françaises, Adel n’a pu échapper à l’expulsion : «Quand on m’a ramené j’ai pleuré, j’étais désespéré !» Un retour au cauchemar insoutenable, à l’entendre en parler. A Mostaganem, Adel n’a presque rien. Se marier, avoir un bon salaire et s’amuser lui semblent hors de portée. Son quotidien se résume à un désœuvrement qui ne trouve d’autre issue que de retenter encore une fois l’expérience. «Je me suis tissé de nouveaux liens, et j’ai trouvé le moyen de me procurer de l’argent pour repartir et je suis décidé à ne m’arrêter que lorsque j’aurais réussi à atteindre mon but», confirme-t-il.

Les autorités espagnoles ne trouvent aucun écho en Algérie

 

En l’absence d’accords entre l’Espagne et l’Algérie pour le traitement de la question des harraga, les autorités espagnoles s’étonnent du silence algérien. Le problème se pose pour les harraga interceptés sur les côtes espagnoles, notamment les mineurs, mais aussi et surtout pour les cadavres non identifiés repêchés par leur marine.

Plusieurs représentants espagnols sur le sol algérien, qui ont souhaité gardé l’anonymat, expliquent : «Contrairement aux officiels marocains avec lesquels nous sommes en contact, en Algérie, nous n’avons aucun interlocuteur.

L’Espagne a même proposé d’installer un système d’ADN pour l’identification des dépouilles recueillies, mais l’Algérie n’a donné aucune suite à cette proposition.» L’Algérie, bien décidée à ne pas faire de ce problème une réalité officielle à prendre en charge, semble opter pour une banalisation du phénomène que la procédure juridique à la chaîne qui lui est associée illustre parfaitement.

 

TUNISIE: Les 36 harraga d’Annaba enfin libres

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Les 36 harraga d’Annaba enfin libres

SÉQUESTRÉS CINQ JOURS DURANT EN TUNISIE
Les 36 harraga d’Annaba enfin libres

Après plus de cinq jours de détention, les autorités tunisiennes ont consenti finalement à libérer les 36 harraga ayant pris la mer dans la nuit du 6 au 7 décembre courant de la plage de Seybouse (Annaba). Du fait des mauvaises conditions atmosphériques, les deux embarcations dans lesquelles se trouvaient les harraga ont dérivé pour finalement échouer sur les côtes tunisiennes de la région de Bizerte.

D’après le frère de l’un des harraga, ces derniers ont été remis hier, mardi matin, aux autorités algériennes du poste frontalier de Heddada, dans la wilaya de Souk-Ahras. Dès qu’ils ont appris, suite à une brève communication téléphonique sur mobile, que leurs enfants se trouvaient sur le territoire tunisien, des familles ont fait le déplacement jusqu’à Bizerte dans la journée du 12 décembre pour s’enquérir de leur situation. Mais trimballés entre les différents corps de sécurité de ce pays (gardes-côtes, gendarmerie et police internationale), les malheureux parents ont vécu l’enfer, selon leurs dires. Soumis à un interrogatoire musclé consigné sur PV concernant leur filiation complète, ainsi que des photocopies de leurs pièces d’identité et même des cartes grises des véhicules les transportant, ils n’ont pas échappé à des réflexions désobligeantes, voire à des accusations d’organisateurs de harga, ont-ils raconté au cours d’une rencontre organisée mardi au centre de documentation et d’information en droits de l’homme de Annaba, relevant de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme. L’un des gardes-côtes tunisiens de Bizerte, ont-ils affirmé, leur a soufflé que 18 Algériens ont effectivement été arrêtés et remis aux gendarmes de son pays. Une fois à Tunis, les parents ont pris attache avec les services de la gendarmerie et de la police internationale tunisienne, qui ont nié au départ la présence des harraga sur leur territoire, avant de les diriger sur l’hôpital Rabta et la prison d’El-Ouardia, dans la banlieue tunisoise. Sur place, les parents, sans pouvoir rencontrer les leurs, ont appris qu’il y avait uniquement 18 personnes. De guerre lasse et en manque de ressources financières nécessaires (la majorité des parents sont de condition modeste pour ne pas dire défavorisés) pour prolonger leur séjour, ils décident de regagner le pays. Cette libération intervient grâce aux efforts du collectif des familles des harraga, dont l’un des membres a accompagné une dizaine de leurs parents dans leur déplacement en Tunisie. Lors de la rencontre de mardi à la LAADH Annaba, les familles des harraga disparus, dont certains depuis l’année 2007, se sont plaints de «l’ignorance affichée par les pouvoirs publics» quant au sort de leur progéniture. Ils ont déclaré avoir frappé à toutes les portes de la plus haute autorité de l’Etat jusqu’aux responsables locaux, en passant par le Parlement avec ses deux chambres, le gouvernement et les ministres concernés par le phénomène, `les représentations diplomatiques nationales à l’étranger et celles étrangères (Tunisie et Lybie) en Algérie. Toutes ces démarches, soulignent- ils, sont restées sans suite à ce jour. Ils affirment détenir des preuves de l’emprisonnement de leurs enfants en Tunisie. Cette libération, qui intervient grâce aux seuls efforts du collectif des familles des harraga, dont l’un des membres a accompagné une dizaine de leurs parents dans leur déplacement en Tunisie, a été accueillie avec soulagement par les membres de la LADDH de Annaba, qui expriment toutefois leur crainte devant la multiplication de ce grave problème à partir des cotes de cette contrée de l’extrême est algérien. Evoquant le procès intenté à une centaine de harraga de l’ouest algérien, la LADDH s’élève «contre la persistance du gouvernement à criminaliser le phénomène et à emprisonner des jeunes qui ont pourtant un droit légitime et conforme à la déclaration universelle des droits de l’homme, ratifiée par l’Algérie. Ce droit s’appelle : liberté de circuler», mentionnent- ils dans une déclaration rendue publique, tout en demandant aux autorités de «prendre en charge effectivement la globalité du phénomène autrement qu’en se comportant comme supplétif de l’Union européenne soucieuse de verrouiller ses frontières».
A. Bouacha

20 avril, 2011

UN TRAVAIL, UN EMPLOI, UN LOGEMENT, DES PAPIERS !
C’EST UN DROIT POUR TOUS !

 

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placedelaFraternite_190411 dans politique

Un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre !

La Révolution bourgeoise de 1789 a écrit sur le fronton des mairies « Liberté, Egalité, Fraternité », mais l’époque de la bourgeoisie révolutionnaire est finie. Napoléon a rétabli l’esclavage, au 19ème la bourgeoisie française a colonisé l’Afrique, les africains ont été enrôlés parfois de force dans les deux boucheries impérialistes, les deux guerres mondiales. Ils se sont battus pour leur indépendance mais les élites locales ont remplacés les colonisateurs qui les avaient formés à leur image. Elles ont réduit leur peuple à la misère, empochant l’argent de leurs maîtres, devenant leurs « chiens de garde ».

Pour fuir les « seigneurs de la guerre » et les dictateurs au service de la lutte entre les impérialistes pour le partage du gâteau, pour survivre et faire survivre leurs familles, ils ont bravé tous les dangers, payé très cher leur voyage afin d’arriver sur le sol pour lequel leurs ancêtres avaient versés leur sang. Mais quand arrivèrent sur l’autre rive, sans papiers, ils furent obligés d’accepter n’importe quel travail à n’importe quel prix. Ils devinrent la proie des marchands de sommeil sans scrupules qui leur ont dit : « si tu n’es pas content retourne chez toi » ! Ils sont « les parias de la Terre » comme l’a écrit Franz Fanon, les esclaves modernes traqués par les flics de l’Etat policier.

Mais trop, c’est trop ! Ils n’acceptent plus d’être traités comme des citoyens de seconde zone et luttent comme leurs frères de classes nés dans le pays contre l’exploitation et l’oppression. Ils exigent un logement décent, des papiers pour pouvoir travailler comme tout le monde, avoir les mêmes droits que tous les travailleurs de ce pays.

Ce sont les travailleurs qui créent les richesses accaparées par une minorité exploiteuse.

Il n’y a qu’une classe ouvrière, c’est ce qu’a reconnu la Commune de Paris en 1871, où l’immigré combattait au côté de l’ouvrier parisien sur les barricades pour la république des travailleurs. Le pays où les travailleurs vivent et travaillent, c’est leur pays. Ils doivent avoir les mêmes droits.

Ces droits au travail, au logement, aux papiers sont refusés aux expulsés de la tour Balzac à la Courneuve.

Lutter pour leurs droits, c’est lutter pour les nôtres. Nous sommes tous dans la même galère ici en France et dans les pays d’où viennent nos frères de classe.

C’est pourquoi nous appelons les travailleurs de la Courneuve et alentours ainsi que les universitaires à rejoindre le comité de soutien et de lutte.

 

Le 18 avril 2011, la préfecture n’a pas voulu prolonger la prise en charge des expulsés.

 

Ils ont dû quitter leurs chambres d’hôtels avec leurs bagages pour s’installer sur la place de la Fraternité. Ils occuperont jusqu’à ce qu’ils obtiennent un relogement.

 

Nous appelons à soutenir les occupants de la place de la Fraternité, par toutes les formes.

 

Un logement c’est un droit !

 

Exigeons un logement pour tous !!

 

Contre les expulsions, RESISTONS !!!

Comité de Soutien et de Lutte – la Cause du Peuple 93


20 avril, 2011

Léve la téte ou baisser la tête monsieur le président

Léve la téte ou baisser la tête monsieur le président abdelaziz bouteflika

Permettez-moi de vous exposer une situation fort préoccupante au niveau de la direction des impôts de M’sila. En effet, celle-ci a fait l’objet de plusieurs lettres ouvertes dans les quotidiens EL-CHAAB et EL YOUM, et ce, au courant de la période septembre à novembre 2000. Ces lettres, au nombre de quinze (15) ont le même style et le même contenu. Leur but apparent est d’humilier et discréditer les cadres exerçant au niveau de cette structure. Et par la même porter atteinte à la crédibilité de l’administration publique.

Le silence et l’absence de réaction officielle de la part de notre hierarchie a mis de l’huile sur le feu et le doute s’est amplifié. L’attaque sauvage a alors servi les parties vers qui le doigt est pointé et qui sont derrière la publication de ces lettres.

Devant cette situation critique, une réunion s’est tenue le 16 novembre 2000, ayant regroupé les cadres de l’administration, les membres de la section syndicale et les représentants de la confédération de bureau de M’sila. Une copie du P.V de réunion vous a été adressée. Les préoccupations essentielles qui ont été soulevées lors de cette réunion sont les suivantes:

- Etude de la situation et des problèmes vécus par les fonctionnaires de l’administration des impôts de M’sila.
- Le comportement incorrect et inhumain des vérificateurs dépéchés par l’administration centrale en vue de mener des enquêtes policières envers les responsables des services locaux.
- Etude de la situation des fonctionnaires limogés dans le cadre de cette campagne.
- Les dépassements et comportement non administratif et immoraliste du directeur des impôts.
- La diffusion d’un communiqué dans les journaux.

Par la suite, une seconde réunion générales s’est tenue le 26/11/2000, en présence du secrétaire national du syndicat ; lors de cette réunion beaucoup de problèmes créés par le directeur. Et ce, en raison du manque de tact de ce dernier, pour ne pas dire manque d’éducation. Ce qui a amené le secrétaire national à suspendre la séance pour éviter la catastrophe…

Nous, l’ensemble des cadres, nous sommes profondément touchés et totalement déçus par l’attitude adoptée jusqu’ici par notre direction générale qui n’accorde aucune importance aux évènements qui se sont passés et n’a jamais pris en charge les problèmes soulevés dernier P.V de la dernière réunion.

Le dernier déplacement de Monsieur (D.A.M)a été encore une fois une nouvelle déception pour l’ensemble du personnel, parce qu’il n’a abouti à aucun résultat qui mérite d’être souligné.

Il est important de vous signaler que l’ambiance générale ainsi que les conditions de travail au niveau de cette structure ont atteint un stade de dégradation et de pourrissement très avancé. A tel point qu’un grand nombre de cadres ont préféré la fuite et beaucoup parmi eux choisissent la décharge des postes de responsabilités où ils n’y trouvent plus aucun respect ni dignité.

Les relations de travail sur fond de malaise, de paroles impolies, dégradantes, de remarques désobligeantes, et parfois même inhumaines de la part du directeur n’incitent personne à travailler comme d’habitude. Le pire est que le directeur se comporte ainsi avec tous, sans exception. Cela va de l’agent de sécurité (ou portier) au cadre… Personne n’y échappe. Il s’emporte pour un rien, oubliant qu’il est directeur et dans une administration !!! Il se met dans tous ses états pour le plus insignifiant des motifs, ne controlant pas son langage et allant jusqu’à manquer de respect pour son interlocuteur.des impôts… Pourtant le fonctionnaire en question est réputé pour être poli, ayant du bon sens. Mais le directeur s’est adressé à lui d’une telle façon (insultes, langage grossier qu’on ne pourrait citer ici, par pudeur), et cela a dégénéré en bagarre…

Ces dépassements et les repressions émanant du directeur, par abus de pouvoir, font que l’ambiance de travail dans la direction est devenue invivable. Les conséquences sont désastreuses pour le moral des fonctionnaires et pour le travail à produire.

Devant cette situation alarmante où se débat cette administration devant l’incapacité du directeur à diriger une administration ayant l’ampleur de celle de la direction de M’sila ; et devant le silence incompréhensible de l’administration centrale, il est urgent d’agir.

Au vu de ce qui précède, nous vous demandons votre intervention auprès de qui de droit afin de trouver une solution prompte et équitable.

Par ailleurs, nous vous invitons à nous rendre visite, à la direction, afin de constater par vous-même ce qui s’y passe. Nous mettons un grand espoir en la confédération.

Avec nos remerciements anticipés, veuillez croire, monsieur le président, en l’expression de mes respects.

19 avril, 2011

 

CONFLIT EN LIBYE ET IMPLICATION D’AL QAÎDA L’Algérie face à un complot de déstabilisation

 

 

Bouteflika est apparu grandement affaibli!

 

http://www.elwatan.com/dessins-du-jours/img/HIC/2011/20110419.jpg

Qui a intérêt à ce que l’Algérie s’embrase et renoue avec les attentats terroristes?

Ce que l’Algérie craignait depuis longtemps est arrivé. Depuis l’éclatement du conflit libyen, elle fait face à un risque sécuritaire majeur provenant de ce pays. Pour le moment, l’Algérie est seule à traquer les terroristes d’Al Qaîda tout au long de ses frontières avec le Niger et le Mali. L’implication du Qatar dans le conflit libyen complique davantage la situation. Il serait naïf de croire que cet Emirat agit seul et dans le seul but de renverser El Gueddafi par tous les moyens. Il convient de noter, également, que ce pays est le berceau d’Al Jazeera, cette chaîne de télévision qui a toujours été la boîte postale de Ben Laden.
Intransigeante quand il s’agit du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, l’Algérie se trouve condamnée, malgré elle, à mobiliser de considérables ressources humaines et matérielles pour préserver son intégrité territoriale, menacée à ses frontières qui s’étendent sur plus de 900 km. «Et si le prix de la mise à l’écart d’El Gueddafi serait la remise sur pied et le renforcement d’Al Qaîda en Algérie?», s’interrogent avec insistance des sources sécuritaires algériennes très au fait du dossier.
«L’implication d’Al Qaîda dans le conflit est prouvée chaque jour», a déclaré le porte-parole du régime libyen. Tenir en compte cette déclaration ne doit pas être considéré comme un appui de l’Algérie au régime d’El Gueddafi. Pourtant, des dirigeants de la rébellion libyenne n’ont pas hésité à le suggérer de différentes façons en médiatisant avec malveillance une prétendue collusion entre Alger et Tripoli.
Qui a intérêt à ce que l’Algérie s’embrase et renoue avec les attentats terroristes? Ceux qui lui reprochent de ne pas aider directement la rébellion anti-Gueddafi? La recrudescence des attentats terroristes en Algérie ces derniers jours, ne doit-elle pas interpeller la communauté internationale sur des risques plus graves et dont les retombées se répercuteront de l’autre côté de la Méditerranée? «Abdelhakim Al Hasadi, un dirigeant très connu d’Al Qaïda a quitté Benghazi, fief de l’insurrection, vers la ville de Mesrata, à bord d’un bateau en compagnie de 25 combattants bien entraînés», a affirmé le porte-parole du régime libyen.
Un dirigeant terroriste connu des services de sécurité à travers le monde qui circule librement en pleine Méditerranée au vu et au su des forces de la coalition! Selon le même responsable, «un membre du groupe islamique libyen et d’Al Qaîda s’occupe actuellement de l’entraînement de quelque 200 djihadistes dans un camp près de Benghazi».
Des informations qui, curieusement ne suscitent aucune réaction de la part des coalisés. Après avoir échoué dans ses tantatives de déstabiliser l’Algérie à partir des frontières sud, Al Qaîda vient de trouver dans le chaos qui prévaut aujourd’hui en Libye, un terreau pour réinvestir le territoire algérien à l’ombre d’un conflit qui n’a livré aucun de ses secrets.
L’Algérie fait face à un vrai complot et ce n’est pas une vue de l’esprit. Les concepteurs de cette machination se trouvent à l’étranger et à l’intérieur du pays et parmi eux, figurent des cercles qui ont un énorme intérêt à ce que l’Armée algérienne soit déviée de l’objectif de professionnalisation. La recrudescence des actions terroriste à Tizi Ouzou, Boumerdès et Bouira en dit long sur cette conspiration.

Par Nado - Publié dans : Maghreb

18 avril, 2011

 


 

Algérie:Le temps des réformes

Algérie Libre

 

«Le ciel peut faire des dévots, le Prince fait des hypocrites». Montesquieu Il y a des symptômes qu’il est préférable de voir et d’analyser. Et lorsque des annonces sont faites par le premier magistrat du pays, qui le fait savoir ici et à nombre de visiteurs étrangers de taille, il est tout aussi préférable de les entendre, d’en tenir compte et essayer d’anticiper ou du moins de ne pas sombrer dans le pathos. L’Algérie est grosse de changement ou de moins aspire à des réformes politiques qui ne peuvent être remplacées par des gains sociaux, des augmentations de salaires et des crédits dont la plupart feront perdre un peu de temps et ne seront jamais, pour beaucoup, remboursés. M. Bouteflika, fidèle à sa démarche héritée depuis longtemps, ne se presse pas tout en allant le plus vite possible vers ce qui est, à l’évidence inéluctable, quoique disent, en se contredisant, les formations d’une majorité qui tantôt apparaît comme un parti unique, lorsqu’il s’agit de soutenir et de commenter le programme présidentiel, tantôt comme une monture à trois chevaux qui tirent chacun dans une direction ou plutôt tâtonnent au petit bonheur. Le MSP, plus «démocrate» que ses deux alliés, demande au président d’aller plus vite, d’ouvrir la pratique politique et les médias lourds, en ayant sa propre vision de l’espace et des missions des assemblées élues. Ce qui est un programme à part entière, différent des procédés et procédures de ladite alliance. Les choses se compliquent lorsque le FLN et le RND prennent, à la manière du crabe, leurs distances avec la rébellion de A. Soltani. Celui-ci ne quitte pas l’alliance et place ses cadres dans une position acrobatique dans laquelle le citoyen ne sait plus si c’est du lard ou du cochon. Le chef du RND estime que le pays ne vit aucune crise, aussi minime soit-elle d’ordre politique, mais serait partant pour des réformes, y compris une révision profonde de la Constitution. Est-ce une position «sociale» ou tout simplement politique venant d’un chef de parti et Premier ministre qui plus est? Le FLN qui a de la suite dans les idées a installé un think tank avec à sa tête Boudjemâa Haïchour, et attend de voir venir, en protégeant ce qui peut l’être, d’un passé révolu. Le président boit du petit lait et doit regarder d’un œil amusé, un tantinet moqueur, des formations qui ont la seule vocation de soutenir ses projets, se perdre en conjectures et pour certains prendre des risques, refuser une éventuelle constituante qui introduirait un facteur de rassemblement, évoquer l’identité nationale dans le style Sarkozy, ne pas traduire devant la justice «ceux qui veulent brûler l’Algérie», etc. L’administration pare au plus pressé, gère des conflits qui ne se comptent plus mais qui «arrosent» de plus en plus, des catégories qui ne se ressemblent pas mais se suivent à chaque concession qui ne règle rien sur la durée. Jamais l’Algérie n’a connu autant de mouvements sociaux, de troubles (routes coupées, APC coupées ou détruites, affrontements pour des bidonvilles, universités en ébullition…) et vu un effacement des plus retentissants de l’UGTA qui ne peut même plus jouer au pompier, devant l’ampleur des revendications, des demandes et des octrois. Si l’Algérie n’est pas condamnée à suivre les exemples tunisien, égyptien ou yéménite, parce que les populations refusent, pour la majorité, la violence, l’affrontement et éventuellement toute ingérence, il y a des réformes urgentes, profondes systémiques à réaliser dans le rassemblement le plus large. Le champ politique (pouvoir et opposition), l’ensemble des opérateurs économiques (privés et publics), les acteurs de la Culture, les ONG et les associations représentatives (à l’exclusion des appendices qui émargent, qui prouvent depuis toujours leur absolue inutilité), les personnalités politiques, industrielles et tous les experts ont du travail, beaucoup de travail. Au-delà les labels, des monopoles politiques, dans le respect de tous et des secteurs d’activité, il est tout à fait possible pour les Algériens de construire l’avenir ensemble. Un pacte national, un gros «cahier des charges», négocié en dehors de la rue, mettraient noir sur blanc, des consensus codifiés dans un calendrier. Les réformes politique, institutionnelle, agricole, industrielle, médiatique, celles de l’université, de la santé, de l’enseignement et d’autres chantiers peuvent être prises à bout de bras, dans la négociation franche et sereine, sans exclusion ni stigmatisation.

Bien entendu «un front national» qui fédère, peut être considéré comme une douce rêverie par de gros intérêts pointés si souvent par l’Exécutif, par ceux qui estiment que le pouvoir est un bien personnel, légitime qui ne saurait être objet d’une quelconque participation extérieure à l’alliance de trois, ni soumis aux règles de l’alternance, au jeu des compromis porteurs et à l’inclusion des talents, des intelligences et des compétences.

Ce qui se passe, chaque jour, dans le pays démontre indiscutablement qu’il faut de vrais changements avec les Algériens. Ces derniers, comme tous les peuples, ne demandent qu’à être informés, cultivés, politisés, éduqués, respectueux des lois et des institutions, ambitieux pour le pays et l’avenir de leurs enfants. Pour cela, il faut attaquer les maux à la racine, dès les crèches dont le nombre est ridicule, dans la légitimité et la légalité des institutions représentatives qui ne doivent rien à voir avec l’achat et la vente des postes. De vrais syndicats seraient les partenaires et le vis-à-vis responsable des pouvoirs publics pour que la rue soit une exception et non plus la règle, désormais admise. Les petites mesurettes, la perte du temps que l’on croit gagner, l’attrait forcené de la rente, l’autoritarisme, la répression et la stigmatisation des esprits libres et critiques ont démontré leur nocivité pour le pays. Il est temps de passer à autre chose, au temps des réformes.

 

 

par Abdou B.Q O

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