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 dans Mohamed ABASSA Mohamed ABASSA ou L’éclairage d’un professionnel: «Les sondages en Algérie, un vrai scandale»

Le récent sondage sur les médias algériens, qui n’est d’ailleurs pas le premier, a provoqué la réaction de Mohamed Abassa qui livre, dans l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder, son appréciation de ce segment de l’activité communicationnelle. Le constat du fondateur du premier institut de sondage révèle un vide juridique qui a ouvert la voie à tous genres de «charlatans». M. Abassa a été le pionnier dans le domaine des sondages et des enquêtes sociales pour avoir créé en 1989 le premier institut de sondage privé algérien ; l’Institut Abassa. Côté études, après une licence et une maîtrise obtenues à l’université d’Alger, il apprendra son métier de sondeur et d’expert en communication professionnelle dans de prestigieuses universités européennes, dont la Sorbonne Paris IV, CELSA, CRESEC Grenoble et l’Institut des hautes études de l’information et de la communication Lille II. Quand on pose la question à Mohamed Abassa à propos de sa spécialisation : pourquoi cet engouement pour les grandes écoles (GE) et pas le système doctoral, il répond avec humour : «Vous savez, quand les Français ou les Allemands veulent apprendre à leurs enfants à produire des avions qui volent et des généraux qui ne volent pas, des murs et des magistrats droits, des restaurants et des ministres propres, ils les envoient dans les grandes écoles, rarement à la fac… Le problème, c’est que, dans les grandes écoles, il faut mouiller son maillot à l’entrée et à la sortie. Les GE admettent en général 2 à 5% des postulants. Le système doctoral admet, lui, tout le monde ou presque à l’entrée et autant à la sortie ; il suffit de noircir 300 pages.»
«Dans mon institut, on noircit en plus sérieux environ 50 000 pages par an, sans aucun commentaire, que des chiffres et des graphes… De quoi nous délivrer mille doctorats par an. Cela dit, il reste que nous avons de brillants et compétents docteurs dans les sciences humaines, y compris dans les sondages… Mon cas est particulier. J’aime les maths et j’aime la philo, j’aime aussi les défis… Oui, en effet, j’ai passé quelques jours à Paris 2, l’IFP, mais je m’y suis vite ennuyé, j’avais l’impression de refaire en pire ce que j’avais déjà appris à Alger 10 années auparavant. Je me suis alors frotté au concours du CELSA, (Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées), sinon je rentrais chez moi… En réussissant ce concours, je devenais le premier Arabe et Africain à être admis au CELSA et en tant que major…. J’ai toujours aimé entrer et sortir major depuis l’école primaire. Non, sans être prétentieux ou tirer sur les bretelles, je ne suis pas modeste ; la modestie est la force des faibles ; je suis plutôt humble. Comme tout le monde, j’aime être le meilleur, le premier. En Algérie, dans les sondages, je reste le meilleur et le premier parce je suis scientifique et indépendant… Les vrais professionnels algériens, et il y en a, vous le diront. Sinon je ferme boutique ; je reviendrais à mes amours premières : le journalisme, le vrai… Le sondage a aussi ses charlatans ; je vous en ai déjà parlé…»
Dans les domaines de la presse, M. Abassa a exercé son métier de journaliste dans tous les supports et à tous les niveaux de la hiérarchie professionnelle (agences de presse, presse quotidienne, hebdomadaire, radio, télévision, en tant que rédacteur, grand reporter, chef de rubrique, rédacteur en chef, directeur général, conseiller).
Dans l’enseignement, M. Abassa a été enseignant puis directeur élu à l’Institut des sciences de l’information et de la communication de l’université d’Alger pendant plus de 20 ans.
Dans la recherche universitaire, il a travaillé dans les équipes de Claude Marti, Paris (expert de réputation mondiale dans la communication institutionnelle et premier conseiller en communication de F. Mitterrand) et Bernard Miège, sommité mondiale dans les sciences de la communication, professeur émérite et président de l’Université de Grenoble.
Dans le domaine professionnel, M. Abassa a réalisé et/ou dirigé plus de 500 enquêtes et sondages professionnels de niveau national et transnational. La plus connue de ses études, jamais réalisée à ce jour par aucun institut, est un sondage télévision réalisé simultanément dans 13 capitales euro-méditerranéennes, dans 29 000 foyers interrogés par sept instituts de sondage différents sous la direction et le contrôle de l’Institut Abassa. Ce travail remarquable a été consacré par des félicitations écrites de la COPEAM et de la commission média de la CE.
Pour garder le contact avec son métier d’origine, le journalisme, M. Abassa animait bénévolement une chronique chez notre confrère El Watan sous le pseudo qui n’est pas Mehdi El Djazaïri ; sinon on dévoilerait un secret de Polichinelle. Quand on demande à Mohamed Abassa quel est le parti qui recueille sa préférence, il nous cite le parti des trois B, c’est-à-dire BBB sans aucune explication sur le contenu de chaque B. Il concède à peine que le premier B veut dire «bosser», si vous insister aimablement sur le sens du 2ème B, il vous avouera péniblement qu’il signifie «boire», quant au 3ème B Abassa est intraitable. Il dit que sa culture et sa morale islamiques lui interdisent de parler du 3ème B ; c’est, dit-il, par son manque que s’expliquent les drames capitaux de l’Algérie. Ne pensez surtout pas que le 3ème B veut dire «brosser». A la maison Abassa, ce n’est pas le genre ; on y tient.

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