Islam : l’opération UMP continue

 

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Dilem du Jeudi 07 Avril 2011 
 

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Alors que l’instrumentalisation de la laïcité était boudée par une partie de la droite, Claude Guéant a assuré le service après-vente par une provocation façon Hortefeux. Après le débat ? L’opération continue. Alors que la convention de l’UMP s’acheminait, mardi, vers un flop, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, s’était, la veille, livré à une nouvelle provocation style Hortefeux : l’islam serait devenu un problème en raison du nombre de musulmans. De quoi rassurer les électeurs lepénistes : le parti présidentiel, en plein accord avec l’Élysée, poursuivra l’inoculation des idées de divisions et de peurs dans l’opinion publique. Hier, en début d’aprèsmidi, à l’Assemblée nationale, François Fillon assurera Claude Guéant de « son soutien », et posera des traits d’égalité entre ces déclarations qui tombent sous le coup de la loi pour incitation à la haine, et les malversations supposées au sein du PS dans les Bouches-du-Rhône. Les députés socialistes devaient protester en quittant la séance. Quelques minutes plus tard, Jean- François Copé, patron de l’UMP et co-initiateur du débat, ouvrait les travaux de la convention dans un palace parisien. Il ne lésinera pas sur les amalgames, associant en particulier la peur de la mondialisation à celle censée être engendrée par l’islam, devenu, dit-il à son tour, « un problème ». Pour lever les ambiguïtés, à la convention, dont l’intitulé initial sur la place de l’islam a été recentré sur la « laïcité », il lira sa « lettre à un ami musulman » publiée la semaine dernière dans un hebdomadaire, sur un principe emprunté au penseur Edmond Fleg – mais dévoyé – dans ses échanges épistolaires avec Ernest Bloch, en 1908. Il y évoque la propagande associant les juifs au « facteur de division des forces vives de la nation ». Jean-François Copé parlera aussi de « sa volonté de paix », comme si les Français étaient en guerre contre les musulmans ! Marie-Anne Montchamp expliquera que le sens de l’initiative de l’UMP est de permettre « l’expression des impensées et des impensables ». L’opinion publique n’est pourtant pas dupe de l’opération politicienne et idéologique du parti présidentiel. Selon un sondage Harris Interactive pour la chaîne parlementaire LCP, seulement 23 % d’entre eux estiment que le débat est une bonne chose, 37 % étant d’un avis radicalement contraire, 36 % considérant que l’initiative « n’est ni bonne ni mauvaise », et donc sans intérêt. En revanche 83 % accordent à la laïcité « une importance essentielle ». Un plébiscite qui sonne le glas des velléités de remise en cause des équilibres de la loi de 1905.

par_Dilem

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