Assassinat de Tounsi: Zerhouni a fait une déclaration hâtive et tendancieuse

zerhouni.jpgPar Iris samy 

Je n’ai pas la prétention d’avoir la compétence d’un flic, d’un procureur ni d’un juge d’instruction pour tirer une quelconque conclusion sur l’affaire Ali Tounsi. Je n’ai nullement l’intention de me prononcer avant la justice mais les déclarations du brillant ministre de l’Intérieur, je persiste et signe, sont incohérentes et ne tiennent pas la route. Sans situer clairement les circonstances de l’assassinat, Zerhouni a fait une déclaration hâtive et tendancieuse dirai-je pour paraphraser la famille de la victime réfutant en bloc la version officielle servie par le célèbre vizir notoirement connu pour maîtriser l’art de savoir mettre le feu aux poudres dans ses sorties médiatiques entachées d’arrogance.

Après avoir privilégié la piste de la démence mentale pour le prévenu alors qu’il s’agit d’une question technique relevant des compétences d’un expert en psychiatrie, l’homme fort du clan d’Oujda avance que “l’assassinat a eu lieu sans témoin et qu’il est l’aboutissement d’une affaire personnelle entre les deux hommes” Et d’ajouter enfin que la justice planche sur l’affaire pas avant d’avoir, de par ses déclarations controversées, orienté implicitement le cours de l’enquête judiciaire. Il y a de fortes chances pour que l’issue du procès ainsi influencée par les déclarations d’un homme influent comme Zerhouni aboutisse illico à la relaxe de l’assassin si la juridiction en charge de l’affaire obtient juste une expertise technique confirmant le scénario prématurément mis en avant par l’homme qui aurait pu être considéré comme le suspect n°1 dans l’assassinat pour le seul fait d’avoir eu de retentissants différents avec feu Ali Tounsi. Ce qui me fait chier dans ce semblant d’état de droit c’est que non seulement Zerhouni n’est même pas interpellé par exemple pour faire valoir son alibi au moment du crime mais se hâte à tirer des conclusions qui entravent le travail de la justice et porte une sacrée influence sur le jugement que rendra la juridiction.

Une question mérite d’être posée dans cet assassinat ponctué de nombreuses zones d’ombre:  “qui est réellement atteint de démence en plein exercice de ses fonctions?” Ce n’est un secret pour personne: tous les Algériens le connaissent pour son “quotient intellectuel très élevé” et sa manie remarquable pour dire des bêtises à chaque fois qu’il ouvre son clapet. Je rejoins cet internaute qui a fait remarquer que cet homme arrogant et stupide ne mérite pas d’être berger dans un pays qui se respecte. Conclusion en plaidant prématurément la thèse de la démence mentale, Zerhouni présente déjà à la justice un prévenu qui a commis un crime certes mais sous l’effet de la démence mentale donc un acte qui, aux yeux du code pénal, il est systématiquement relaxé et transféré dans un centre spécialisé pour aliénés mentaux.

Quel Algérien pourra dire non à cette issue du procès où il s’agira de blanchir le tueur de la manière la plus légale du monde ! Avec une justice aux ordes comme la notre, même si la famille de la victime demande une contre expertise la juridiction a le droit de la refuser ou alors désigner un autre expert judiciaire auquel on intimera l’ordre de confirmer la version officielle. Cela m’étonnerait que toute la lumière sur le crime soit faite et que le colonel Oultache ait commis un acte criminel isolé. L’hypothèse d’un règlement de compte demeure la plus plausible pour le plus modeste Algérien apolitique et naïf ! c’est bien la question qu’a posé feu Boudiaf et malheureusement on la pose encore aujourd’hui: où va l’Algérie ?

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