Archive pour avril, 2011

30 avril, 2011

Alors que la campagne avance sans repères

Des sondages d’opinion top secret

Quel est le candidat qui a fait la plus belle progression dans les intentions de vote depuis trois semaines ? La plupart des états-majors de campagne le savent, certains directeurs de journaux le savent, les officines le savent. Pas le grand public.

Aucun sondage d’opinion sur les intentions de vote n’a été publié depuis plusieurs mois. Cette absence d’indicateurs sur les penchants dans l’opinion publique s’est fait ressentir en particulier ces dernières semaines alors que les noms des candidats officiellement engagés aux élections présidentielles sont connus. Pourquoi donc ? Pour Mohamed Abassa de l’institut du même nom, la réponse est toute nette: «Il y a des directeurs de journaux qui ont abandonné leurs rôles de vecteurs de l’information. Si les résultats d’un sondage ne leur conviennent pas politiquement, ils les cachent à leurs lecteurs».

Est-ce à dire – compte tenu de l’hostilité des gros tirages de la presse quotidienne au président Bouteflika – que les résultats de ces sondages lui ont été favorables jusque-là. Un journal arabophone El Bilad a donné le président sortant élu au premier tour avec 80% des voix. Petit problème, il s’est référé pour cela à un sondage de l’institut Abassa qui a démenti aussitôt et qui a porté l’affaire en justice.

Si les sondages sur les intentions de vote des Algériens sont si favorables au candidat qui a occupé seul le petit écran depuis de longs mois, pourquoi alors ses partisans dans la presse écrite n’en commandent-ils pas de leur côté, afin de montrer que les choses évoluent à son avantage et de légitimer a priori son éventuelle victoire ? Pour le spécialiste de sondages Ahmed Halfaoui de IPSOFIM, «la presse pro-Bouteflika manque de ressources financières pour acheter des sondages. J’ai suggéré à un pool de petits tirages de se constituer pour financer une enquête.

Sans succès». El Hadi Mekboul, directeur du CENEAP, gros pourvoyeur public d’enquête de terrain, déplore lui tout simplement «le manque de culture du sondage d’opinion en Algérie».

Le fait est que la campagne avance sans repères pour le grand public. Les derniers résultats sur les intentions de vote circulent sous le manteau et personne ne veut s’aviser à les reprendre de peur de subir les foudres de «la source client» qui les a commandés et payés, ou alors de peur d’être pris à partie par les candidats qui verraient affichées de très faibles intentions de vote. «J’ai eu des 2% d’intentions de vote pour certains candidats, raconte Mohamed Abassa, j’ai choisi de mettre gracieusement mes résultats à la disposition des candidats sans les rendre publics». Sauf si un média veut bien les acheter et les publier. Mais intervient une réserve: «Les sondages d’opinion les plus sérieux se négocient à plus de trois millions de dinars. C’est trop cher pour des résultats qui sont le plus souvent sources de contestation», explique Abdou Benabbou, directeur du Quotidien d’Oran. Ce à quoi réplique Ahmed Halfaoui que son enquête a été proposée à seulement 80 millions de centimes «mais aucun journal n’a donné de suite favorable».

Le coût d’un sondage national est-il vraiment un handicap financier ? Les «exclusivités» peuvent coûter quelque peu cher en effet pour un client unique, «un sondage national qui engage plus de 50 enquêteurs pour un échantillon de 1.500 personnes se négocie entre 1,5 million et 2 millions de dinars», précise El Hadi Mekboul. Il arrive souvent que les instituts privés proposent les résultats de leurs sondages après qu’ils eurent été partiellement amortis par l’achat d’organismes institutionnels ou privés, voire qu’ils les mettent gracieusement à leur disposition comme l’a fait l’institut Abassa. Comme quoi l’absence de publication de sondages «n’est pas en premier ressort un problème d’argent». Il reste la question de la fiabilité. Un sujet sur lequel est intarissable Mohamed Abassa. Il explique comment le processus du questionnement évite soigneusement la moindre suggestion de réponse au sondé. Il se fait fort aussi de mettre à jour en temps quasi réel les résultats de ses dernières enquêtes car il dispose d’un échantillon de départ de 4.500 personnes sur lequel il est possible d’affiner une multitude de variables notamment socioprofessionnelles, d’âges et de répartition territoriale.

Pour Samir Blidi, consultant au CENEAP, «il existe un discours négatif qui frappe les sondages dès qu’il s’agit de politique. Comme si c’était un territoire où se perdait la raison. Et on nous sort le syndrome de la grand-mère illettrée qui ne sait même pas qu’il y a des élections. A peine si on ne disait pas que les Algériens n’ont pas d’opinion. Pourtant, nous tournons toute l’année avec des enquêtes de terrain dont certaines sont des enquêtes d’opinion. En réalité, l’outil pour les sondages d’opinion existe. C’est la demande qui n’est pas structurée». Ou alors la demande est confidentielle. Le CENEAP a reçu une commande de sondage d’une institution publique.

Comme pour les autres enquêtes, le grand public sera tenu à l’écart de ce que lui-même pense. L’absence de publication de sondages sur les intentions de vote et les autres enjeux de l’échéance des présidentielles montre bien que «le politique demeure encore le domaine du secret en Algérie».

Dernière illustration en date, un candidat qui peut aussi être une candidate, aurait gagné 12 points d’intentions de vote depuis le début de la campagne, selon la plus récente mise à jour. Son nom ? Il faut payer pour avoir le droit de l’écrire.

El Kadi Ihsane

30 avril, 2011

L’ACTUALITÉ

 dans Mohamed ABASSA Mohamed ABASSA ou L’éclairage d’un professionnel: «Les sondages en Algérie, un vrai scandale»

Le récent sondage sur les médias algériens, qui n’est d’ailleurs pas le premier, a provoqué la réaction de Mohamed Abassa qui livre, dans l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder, son appréciation de ce segment de l’activité communicationnelle. Le constat du fondateur du premier institut de sondage révèle un vide juridique qui a ouvert la voie à tous genres de «charlatans». M. Abassa a été le pionnier dans le domaine des sondages et des enquêtes sociales pour avoir créé en 1989 le premier institut de sondage privé algérien ; l’Institut Abassa. Côté études, après une licence et une maîtrise obtenues à l’université d’Alger, il apprendra son métier de sondeur et d’expert en communication professionnelle dans de prestigieuses universités européennes, dont la Sorbonne Paris IV, CELSA, CRESEC Grenoble et l’Institut des hautes études de l’information et de la communication Lille II. Quand on pose la question à Mohamed Abassa à propos de sa spécialisation : pourquoi cet engouement pour les grandes écoles (GE) et pas le système doctoral, il répond avec humour : «Vous savez, quand les Français ou les Allemands veulent apprendre à leurs enfants à produire des avions qui volent et des généraux qui ne volent pas, des murs et des magistrats droits, des restaurants et des ministres propres, ils les envoient dans les grandes écoles, rarement à la fac… Le problème, c’est que, dans les grandes écoles, il faut mouiller son maillot à l’entrée et à la sortie. Les GE admettent en général 2 à 5% des postulants. Le système doctoral admet, lui, tout le monde ou presque à l’entrée et autant à la sortie ; il suffit de noircir 300 pages.»
«Dans mon institut, on noircit en plus sérieux environ 50 000 pages par an, sans aucun commentaire, que des chiffres et des graphes… De quoi nous délivrer mille doctorats par an. Cela dit, il reste que nous avons de brillants et compétents docteurs dans les sciences humaines, y compris dans les sondages… Mon cas est particulier. J’aime les maths et j’aime la philo, j’aime aussi les défis… Oui, en effet, j’ai passé quelques jours à Paris 2, l’IFP, mais je m’y suis vite ennuyé, j’avais l’impression de refaire en pire ce que j’avais déjà appris à Alger 10 années auparavant. Je me suis alors frotté au concours du CELSA, (Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées), sinon je rentrais chez moi… En réussissant ce concours, je devenais le premier Arabe et Africain à être admis au CELSA et en tant que major…. J’ai toujours aimé entrer et sortir major depuis l’école primaire. Non, sans être prétentieux ou tirer sur les bretelles, je ne suis pas modeste ; la modestie est la force des faibles ; je suis plutôt humble. Comme tout le monde, j’aime être le meilleur, le premier. En Algérie, dans les sondages, je reste le meilleur et le premier parce je suis scientifique et indépendant… Les vrais professionnels algériens, et il y en a, vous le diront. Sinon je ferme boutique ; je reviendrais à mes amours premières : le journalisme, le vrai… Le sondage a aussi ses charlatans ; je vous en ai déjà parlé…»
Dans les domaines de la presse, M. Abassa a exercé son métier de journaliste dans tous les supports et à tous les niveaux de la hiérarchie professionnelle (agences de presse, presse quotidienne, hebdomadaire, radio, télévision, en tant que rédacteur, grand reporter, chef de rubrique, rédacteur en chef, directeur général, conseiller).
Dans l’enseignement, M. Abassa a été enseignant puis directeur élu à l’Institut des sciences de l’information et de la communication de l’université d’Alger pendant plus de 20 ans.
Dans la recherche universitaire, il a travaillé dans les équipes de Claude Marti, Paris (expert de réputation mondiale dans la communication institutionnelle et premier conseiller en communication de F. Mitterrand) et Bernard Miège, sommité mondiale dans les sciences de la communication, professeur émérite et président de l’Université de Grenoble.
Dans le domaine professionnel, M. Abassa a réalisé et/ou dirigé plus de 500 enquêtes et sondages professionnels de niveau national et transnational. La plus connue de ses études, jamais réalisée à ce jour par aucun institut, est un sondage télévision réalisé simultanément dans 13 capitales euro-méditerranéennes, dans 29 000 foyers interrogés par sept instituts de sondage différents sous la direction et le contrôle de l’Institut Abassa. Ce travail remarquable a été consacré par des félicitations écrites de la COPEAM et de la commission média de la CE.
Pour garder le contact avec son métier d’origine, le journalisme, M. Abassa animait bénévolement une chronique chez notre confrère El Watan sous le pseudo qui n’est pas Mehdi El Djazaïri ; sinon on dévoilerait un secret de Polichinelle. Quand on demande à Mohamed Abassa quel est le parti qui recueille sa préférence, il nous cite le parti des trois B, c’est-à-dire BBB sans aucune explication sur le contenu de chaque B. Il concède à peine que le premier B veut dire «bosser», si vous insister aimablement sur le sens du 2ème B, il vous avouera péniblement qu’il signifie «boire», quant au 3ème B Abassa est intraitable. Il dit que sa culture et sa morale islamiques lui interdisent de parler du 3ème B ; c’est, dit-il, par son manque que s’expliquent les drames capitaux de l’Algérie. Ne pensez surtout pas que le 3ème B veut dire «brosser». A la maison Abassa, ce n’est pas le genre ; on y tient.

30 avril, 2011
 
 
 

Arrestations massives à Paris de Tunisiens arrivés par Lampedusa

 

 

 

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Après la traversée de la Méditerranée, les centres de rétention en Italie et les contrôles policiers entre Vintimille et Nice, voici les interpellations massives à Paris.


À peine le sommet de Rome entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi achevé, une soixantaine de personnes, principalement des ressortissants tunisiens arrivés en France ces derniers jours, ont été arrêtées et placées en garde à vue à Paris et en Seine-Saint-Denis pour «infraction à la législation sur le séjour», selon les préfectures impliquées relayées par l’AFP.

 

Les interpellations, qui ont aussi concerné des Égyptiens, des Libyens et des Algériens, ont eu lieu mardi soir et mercredi matin dans plusieurs arrondissements de la capitale (Xe, XVIIIe, XIXe et XXe) ainsi qu’à Pantin.

Dans une rhétorique inhabituelle, les deux préfectures indiquent que cette opération policière a pour «visée d’établir un diagnostic de la situation» des personnes arrêtées. Mais leur réactivité à communiquer cache mal leur confusion: mercredi en fin d’après-midi, elles n’étaient pas capables de donner des informations précises sur le sort des exilés.

Selon diverses sources, quelques-uns ont été libérés avec des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière (APRF), tandis que les autres étaient encore en garde à vue.

Présent au moment des faits Porte de la Villette, l’un des lieux de rassemblement, Rodolphe Nettier, de l’association SOS soutien ô sans-papiers, dénonce une «chasse aux Tunisiens». «Ces personnes sont extrêmement en colère, c’est un euphémisme, estime-t-il. Elles ont traversé la Méditerranée, elles sont passées par l’Italie où des gens les ont aidées, et là elles se retrouvent complètement isolées à Paris. Les policiers ont organisé ces razzias, là où il y avait des Tunisiens, pour leur faire peur, pour qu’ils disent aux autres de ne pas venir.»

 

«Ils ont été fouillés et leurs portables ont été confisqués»

Avocate au barreau de Paris, Samia Maktouf, qui représente certains des Tunisiens, confirme que l’opération était «musclée». «Ils ont été interpellés après la distribution du repas, au moment où ils se frayaient un chemin pour chercher un abri de fortune. Pour s’échapper, il y en a un qui est monté sur un arbre et un autre qui a dû franchir un muret, d’après ce qu’ils m’ont raconté. Ils ont été fouillés et leurs portables ont été confisqués pour les empêcher d’appeler», s’indigne-t-elle, estimant à 400 le nombre de personnes se regroupant ces derniers jours Porte de la Villette «aux heures de pointe», c’est-à-dire lors de la distribution de repas chauds le soir.

Selon elle, des Tunisiens passés par Lampedusa étaient présents à Paris et dans les alentours depuis «fin février». Mais l’aide associative a tardé à s’organiser. Face à la précarité des conditions de vie des exilés, la mairie a interpellé les pouvoirs publics la semaine dernière, en vain. «L’accueil des réfugiés est de la responsabilité de l’État», rappelle Pascale Boistard, adjointe au maire de Paris en charge de l’intégration et des étrangers non communautaires. «Nous n’étions pas au courant que la préfecture avait l’intention d’intervenir», précise-t-elle. «Claude Guéant a voulu taper un grand coup, après la rencontre entre Berlusconi et Sarkozy», regrette-t-elle.

 

Dans un communiqué du 26 avril, Bertrand Delanoë a critiqué «l’indifférence de l’État» et s’est engagé à apporter «des réponses adaptées à l’urgence» en demandant à deux associations France terre d’asile et Emmaüs de mettre en place des dispositifs de soutien et d’accompagnement social et sanitaire, ainsi que d’accès à des hébergements hôteliers.

«Ces opérations de police compliquent notre tâche, indique Pierre Henry, le directeur général de France terre d’asile, car elles dispersent les gens, qui se cachent, qui ont peur.» «Ça tend inutilement la situation, insiste-t-il, d’autant que certains sont en règle, notamment ceux qui ont des titres de séjour délivrés par l’Italie.»

Encore méconnues, les conditions d’interpellation posent problème. «Ils n’ont pas été pris en flagrant délit, ils n’étaient pas sur le point de commettre une infraction, ni de troubler l’ordre public. Leur seule faute est d’avoir été localisés là où ils dorment», souligne l’avocate Samia Maktouf. Par ailleurs, non seulement les contrôles d’identité en fonction de la couleur de la peau et de la nationalité sont interdits, mais aussi la situation de chacun est supposée être examinée individuellement, les projets des uns et des autres pouvant être variés: demande d’asile pour certains, notamment les Libyens, projet de régularisation pour d’autres, voire enfin retour au pays.

 

 

par Carine Fouteau

 

 

29 avril, 2011

 

L’APN et l’impossible lutte contre la corruption

 

Chronique (Jeudi 28 Avril 2011)

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Par : Mustapha Hammouche

“Le mécanisme d’évaluation par les pairs” de l’Union africaine avait déjà fait sourire plus d’un. L’institution suppose que les dirigeants africains, globalement acquis à la pratique de l’enrichissement des clans, puissent se désolidariser d’un des leurs et lui refuser le quitus de la gestion éthique des affaires de son État.

 

Elle ne peut, en fait, constituer qu’une instance d’autoévaluation forcément complaisante destinée à contrarier le constat éclatant des institutions internationales, ONG et autres experts sur l’effet désastreux de la nature prédatrice de la plupart des régimes africains sur le développement de leur pays.
Les parlementaires africains n’ont donc pas voulu être en reste des pouvoirs réels ; ils ont institué, eux aussi, un “mécanisme” continental de blanchiment moral : “Le réseau parlementaire africain de lutte contre la corruption.”
Et comme, bien entendu, il compte une section algérienne, censée exprimer l’engagement de notre Parlement dans la lutte contre le fléau des détournements et malversations, celle-ci a organisé, avant-hier, la présentation du dispositif légal et judiciaire de répression de la corruption en Algérie. Mais, sans donner d’explication sur l’écart entre la richesse de cette armada juridique et l’explosion des faits de corruption au cours d’une décennie fertile en produits législatifs et réglementaires et en incantations autour du thème de la moralisation de la gestion des deniers publics.
“Dès 1999, le président Abdelaziz Bouteflika avait fait part de sa détermination à lutter contre la corruption”, déclare, à cette occasion, un vice-président de l’Assemblée nationale.
Cette détermination a été apparemment sans effet, voire
d’effet contraire à sa finalité, puisque le même vice-président reconnaît une augmentation significative du phénomène dans notre pays.
Discourir sur les moyens de lutte contre la corruption après avoir rejeté une proposition d’enquête sur l’ampleur et les causes d’un fléau qui sanctionne le développement national et menace la cohésion sociale ne peut constituer qu’un subterfuge de… détournement de l’attention populaire sur un phénomène qui hypothèque le développement et le progrès politique du pays. Alors que la question est de s’expliquer sur la recrudescence du pillage politique des ressources nationales, l’APN, organe de contrôle de l’usage de la richesse nationale, s’interdit le diagnostic et pérore sur le remède.
Au-delà de la fonction mystificatrice de ces “mécanismes” continentaux, il serait irréaliste d’attendre des systèmes africains qu’ils s’investissent dans l’abolition de ce qui est le fondement de leur survie : la maîtrise de la répartition de la rente. Leurs personnels y sont attachés parce qu’ils leur assurent une permissivité envers les pratiques prévaricatrices.
Dans ce domaine comme dans d’autres, la loi, si pertinente soit-elle, est sans effet sur la logique systémique. Faute de justice indépendante, elle est neutralisée ou actionnée en fonction de la volonté politique. Elle sert à monter la garde sur le domaine de corruption qui sera alors sélectivement ouvert aux appétits autorisés.
La corruption n’est pas un phénomène parapolitique ; c’est une composante du système politique.

M. H.

29 avril, 2011

Ouyahia, Zerhouni, Belkheir et les autres….

Publié  par IRIS SAMY

 

Ouyahia, Zerhouni, Belkheir et les autres….

Il existe, chez certaines personnes, une curieuse disposition de l’esprit. Le sentiment et la conviction profonde qu’elles ne font rien de mal, même si leurs actes, ou leur passivité, engendrent des souffrances infinies à un grand nombre de gens. Ils ne veulent rien entendre sur leurs propres turpitudes, et lorsque celles-ci leur sont rappelées, ils se convainquent que ce ne sont là que paroles de gens envieux, ou du moins d’une multitude imbécile, qui ne peut pas s’élever à leur niveau, qui ne peut pas comprendre, que le journaleux qui a osé les vilipender est un agent à la solde d’un clan adverse.

Et s’ils persévèrent avec tant d’aveuglement dans leurs vilenies, c’est parce qu’il y a un total décalage entre leurs actes et ce qu’ils pensent eux-mêmes d’eux-mêmes . Si tant est qu’ils y pensent. Une sorte d’attitude schizophrénique. Il faut dire aussi que leur entourage, flagorneur et opportuniste à l’excès, contribue, pour une large part, à les entretenir dans l’idée qu’ils sont des génies incompris, qu’ils sont de grands hommes, qu’ils ne font rien de mal, qu’ils sont enviés, jalousés. Curieusement, et contrairement à ce qu’ils croient et à ce qu’on leur fait croire, ils sont tous d’une intelligence très médiocre, en même temps qu’ils sont tous très imbus d’eux-mêmes, à un point où ils dégoulinent de suffisance. Il n’y a qu’à observer la mine renfrognée, le regard hautain et le rictus amer de Zerhouni, pour mesurer toute leur prétention et toute leur vanité.
Ainsi, ces dirigeants qui se sont imposés à nous, qui se sont partagé notre pays et le droit sur nos vies, comme autant de territoires de chasse, et qui sans aucune légitimité, ni aucun mérite, baignent néanmoins dans un état d’esprit, une sorte de monde parallèle, où ils s’imaginent qu’ils trônent en hommes d’exception sur des peuplades qui ne les méritent pas. Jamais, à aucun moment, ils ne sont habités par le doute sur eux-mêmes, sur leurs capacités, sur leur utilité.
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Prenons l’exemple d’Ahmed Ouyahia. Voilà un homme à l’intelligence très moyenne, vraiment très moyenne, sorti du rang, et que des circonstances particulières ont mis sur le chemin de gens qui dirigent le pays. Il a été récupéré par la sécurité militaire pendant qu’il faisait ses études à l’ENA.

Il effectua son service militaire, en mode civil, à la présidence de la république, où il se forgea définitivement, auprès de ses nouveaux employeurs, la réputation de l’agent totalement dévoué à ses chefs, dénué de tout scrupule, capable d’exécuter n’importe quelle mission, aussi amorale soit-elle, avec un excès de zèle rare. Ces dispositions allaient lui permettre de gravir, de façon fulgurante, tous les échelons de la hiérarchie et de gagner l’estime de ses chefs. Il fut bombardé chef du gouvernement, et on le mit à la tête d’un nouveau parti, le RND, sorti du chapeau, du jour au lendemain. Le RND. Ce parti qui supplanta le FLN, et qui rafla la majorité parlementaire et municipale, à la faveur de la plus grande fraude électorale que connut le pays depuis son indépendance. Cette méga arnaque électorale de 1997, décidée par les généraux janviéristes, et dont l’exécution sera confiée à Ouyahia, mettra à contribution tous les walis, tous les chefs de Daïra et tous les corps sécuritaires. Ce sera le baptême du feu de Ouyahia. Il montra tout son talent en organsinant et en réussissant une fraude qui consacra dès lors la totale main mise de la junte sur la totalité du pouvoir. Il n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Il usa de ses fonctions de chef du gouvernement et de chef du plus grand parti du pays pour donner des gages de fidélité à ses chefs. Il leur ouvrit encore plus grandes qu’elles n’étaient, les portes de l’enrichissement frauduleux, réservé à un groupe de grands initiés. Il consolida sa carrière, ses états de service et sa réputation en brisant des milliers de carrières et de vies, en enfonçant davantage les algériens dans la misère et le malheur.

Pourtant tous ceux qui connaissent Ouyahia et qui l’ont approché de suffisamment près pour pouvoir se faire une idée sur son profil psychologique, parlent de lui comme d’une personne affable, attentive, soucieuse de plaire. Dans l’impression qu’il donne sur sa propre personne, il semble être de bonne foi. Il n’a jamais donné l’idée d’être un tant soit peu troublé par sa mauvaise conscience pour tout ce qu’il a entrepris de vil et de haïssable. Toutes les actions qu’il a menées, toutes aussi condamnables les unes que les autres, ne sont pour lui, qui a une si haute idée de lui-même, que des passages obligés, de la haute politique, des manœuvres subtiles, pour un grand dessein : Son propre destin national. Car Ouyahia croit sincèrement et profondément que tout ce qui contribuera à faire de lui le chef de l’Etat algérien, ne peut être que noble et grand. Il ignore ou feint d’ignorer qu’il n’est qu’un outil entre les mains des vrais maîtres du pays, que ceux-ci ne l’ont agrée que parce qu’ils estiment qu’il leur est profitable, qu’ils ne le soutiennent que parce qu’ils sont convaincus qu’il ne représentera jamais le moindre risque pour leur main mise sur le pays, qu’ils le tiennent pour un personnage de moindre importance. Pourtant, Ouyahia, dont la culture générale est incroyablement en dessous de la moyenne, qui est plus rusé qu’intelligent, et plus suffisant que sûr de lui même, mais dont la conscience est totalement atrophiée, est, pour lui-même comme pour les gens qui constituent son entourage, un homme tout ce qu’il y a de normal.

Sauf que ces hommes normaux là sont à l’identique des fauves dans une jungle. Les sentiments qu’ils peuvent éprouver, et la perception des phénomènes qu’ils vivent sont construits autour de la nécessité de survie, dans un monde où les êtres humains, vraiment normaux, n’ont pas leur place. Dans cette jungle là, de grands fauves et de charognards, la prédation, la survie et la reproduction sont les seules choses vraies. La conscience, les principes et les valeurs n’y ont cours qu’en termes de discours vides de sens. Ces prédateurs ne savent pas ce qu’est aimer, avoir des élans du cœur, et encore moins compatir. Ces gens là ne calculent pas le mal qu’ils font aux autres. Ils tracent leur route dans la chair vive de la nation. Tout naturellement et en toute bonne conscience. Comme une chose qui va de soi. Comme un loup tranche la gorge de sa proie. Sans plus d’état d’âme.

 

29 avril, 2011

Un général trafiquant de drogue

Un général trafiquant de drogue

par kabylieazouzanet

Un colonel du DRS emprisonné et radié de l’armée pour avoir dévoilé l’implication du général Kamel Abderrahmane et d’autres officiers de l’armée dans un vaste trafic de drogue.

Ce qui se passe en Algérie relève tout simplement de la fiction. Le colonel Kada Hezil, officier du département de Renseignements et de Sécurité, est de ceux qui ont le courage d’accomplir la véritable mission pour laquelle il s’est engagée dans les rangs de ces services qui a pour vocation de dénoncer tout ce qui nuit à la sécurité du pays. A commencer par la dénonciations des activités illégales et déshonorantes des généraux qui n’ont que trop souillé l’honneur de l’institution militaire.

En mars 2001, il envoie au président de la république un volumineux dossier accompagné d’une lettre dénonçant un grand trafic de drogue dans l’ouest du pays. Dans ce trafic dirigé par un célèbre baron de la drogue, Ahmed Zendjabil, est impliqué le chef de la 2ème région militaire qui n’était autre que le général major Kamel Abderrahmane.

Alors qu’il était attendu du magistrat suprême du pays que soit ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, au nom du peuple algérien victime du fléau mortel de la drogue, en laisse en liberté le général trafiquant et on condamne l’officier qui l’a dénoncé à deux ans de prison ferme. Cette condamnation est, évidemment, accompagnée d’une radiation des effectifs de l’armée de l’officier d’honneur. Pourtant le dossier présenté par le colonel Kada Hezil est le fruit d’investigations sérieuses menées par un corps qui dispose de tous les moyens pour être pris au sérieux. Malheureusement, en Algérie on continue de couvrir les indélicats et punir les hommes honnêtes qui servent loyalement leur pays.

Kada Hezil, un officier qui fait honneur à l’armée algérienne

28 avril, 2011

Algérie : Visite guidée chez les tontons

Makroute Par Mohamed ABASSA

Par

Algérie : Visite guidée chez les tontons Makroute Par Mohamed ABASSA

Ce que je m’en vais vous conter n’est ni une blague ni une anecdote. C’est un fait avéré et vérifiable qui s’est passé dans un lieu dit appelé El-Gaâda, quelque part entre El-Bayad et Ain-Sefra, dans le Sud Ouest Algérien. Mon histoire renseigne avec précision sur les techniques de fraudes électorales des tontons Makroute du pouvoir algérien. Ce lieu dit, El-Gaâda, n’est rien d’autre qu’un arbre magique et immense qui a élu domicile depuis des siècles en cet endroit désertique et hostile. Il offrait l’ombre, l’eau et les rencontres entre nomades, transhumants et divers voyageurs. C’est en cet endroit, El-Gaâda, que cet arbre solitaire et somptueux, un superbe arganier, dont les huiles sacrées rendent nos femmes plus belles et plus épanouies, retenait et, aussi, rassemblait des gens de tous commerces, de tous genres, de tous métiers et de toutes aventures, traversant la région: éleveurs, bergers, transporteurs, nomades, transhumants, commerçants, voyageurs, tous s’arrêtaient à El-Gaâda pour une petite quête de repos forcé, d’alliances, de ripailles, d’épousailles arrangées, d’affaires et d’ententes entre tribus éloignées et souvent rivales. A El-Gaâda, entre Ain-Sefra et Mecheria peut-être, tout s’arrangeait autour d’un thé expédié, d’une zetla collective, d’une prière rattrapée,  d’un méchoui improvisé, d’un procès négocié, d’une résolution forcée d’un dignitaire FLN peu reconnu en quête de mandat, de sollicitations de courtiers avérés véreux- c’est un pléonasme-  pour leurs entrées avec les autorités locales et buccales (banquiers locaux, APC, Daïra, Wilaya, Kasma, et tout le tutti-quanti corruptible et corrompu du coin et de la capitale) qui règlent les problèmes des indigènes à l’aune de l’épaisseur du sachet en plastic noir.  A El-Gaâda, entre Méchéria, El-Bayadh et Aïn-Sefra, comme dans tous les autres lieux dits où les Algériens se rencontrent, pour acheter un troupeau, un camion, une vierge de la tribu des Beni-Régnants, un juge, un wali, ou même une chèvre, il fallait prouver sa crédibilité en montrant l’épaisseur de sa bourse de plastic noir. C’est le seul rite reconnu de la sainte Algérie corrompue par le haut et maintenant par le bas. C’est cela l’assise et la notoriété d’El-Gaâda et de toute les contrées d’Algérie en Souk, en Zouk et en conclaves de maquignons pressés,  où tout s’achète, où tout se vend, même l’honneur des tribus vendant ou achetant, c’est selon, des vierges confinées dans la blancheur de l’ombre, des chèvres en liberté, des ânes faméliques, des chameaux de boucherie, des camions volés et des walis jetables, parfois des ministres vendant licences et divers agréments de la république des quatre saisons. C’est la réputation d’El-Gaâda, en ce lieu dit perdu du triangle Mecheria, El-Bayad, Ain-Sefra, comme il en existe beaucoup sur nos vastes  millions de Km2 de notre belle république dévoyée.

Mais là n’est pas mon histoire ; elle ne finit pas ici, au contraire, elle commence en ce terrible bled concentré de toutes les Algérie réelles et profondes.

En ce jour là, à El-Gaâda, un vendredi, grand jour de marché et de grosses affluences, un événement habituel et cyclique s’y produisit : un gros et violent vent de sable qui dura presque une éternité ; dix minutes de désastres et de désolations. Seuls l’arganier, les chameaux, les ânes, les moutons et les humains en sortiront indemnes et intacts de cette violente tornade des sables. La résilience botanique a sauvé l’arbre. L’instinct, l’endurance et l’expérience ont sauvé les animaux. Et devinez par quoi fut sauvé l’homme, l’humain ? Par le burnous pardi !  Cet habit millénaire des berbères du Sud si utile en ce genre de circonstance. Et à la fin du cataclysme désastreux, quand les voyageurs sortirent leurs têtes des capes et du burnous de survie, ils ne virent que ruines et désastres autour d’eux ; un vrai champ de bataille: échoppes, tentes et mobiliers de fortune disparus, aspirés par la tornade, camions et voitures couchés, bêtes affolés, bergers hurlants encore des noms et des ordres inconnus, enfin tous les ingrédients de l’apocalypse de la minute d’après. Mais pas seulement. Ils ne virent pas que cela. Ils virent pire ; ils virent le sublime et le fantastique comme l’incroyable. En ouvrant leur burnous, leurs oreilles et leurs yeux, ils entendirent de partout des suppliques et des appels pathétiques de Allahou Akbar ! Allahou Akbar ! Et, en effet, en levant bien haut leurs yeux vers le ciel, au dessus de l’arganier, un spectacle féérique et inimaginable s’offrait à eux. Un immense nuage bleu, des milliers de papillons bleus flottaient là haut, très haut au dessus de leurs têtes. Personne ne savait de quoi était faite cette nuée, cet immense nuage mystérieux fait de petites choses volantes bleues qui tremblaient dans le ciel. Le miracle dura tout de même quelques longues minutes. Chacun des voyageurs alla de son explication. Des sauterelles bleues venues du Sahel cria quelqu’un. Non, des extra-terrestres venus voler nos moutons, corrigea un autre ! Mais non, mais non criait un transporteur du nord, plus malin que les autres, c’est tout simplement un mirage qui nous transpose ici le bleu du Chott Ech-Chergui.  Le gros nuage bleu flottait et dansait toujours au dessus de leurs têtes sans que personne ne trouva d’explication plausible à ce mystère qui avait tout l’air d’être divin. Par peur et par foi, presque tous criaient Allahou Akbar ! Allahou Akbar ! Les bras étirés vers le gros nuage de ces petites choses flottantes. Mais au fur et à mesure que le vent baissait, le nuage se rapprochait de la terre, se rapprochant des hommes en délivrant enfin les tout premiers indices, les premiers échantillons de ce mystère. C’était tout simplement de petits papiers bleus, des bulletins de vote, qui se répandaient par vagues successives se déposant aux pieds des voyageurs ébahis rendant la place plus bleue que le ciel. Tous ces bulletins ou presque étaient au nom des candidats du parti de feu Chikh Mahfoudh NAHNAH, l’actuel MSP, lors des législatives de mai 2002. Et l’on s’en doute un peu, il n’a pas manqué de plaisantins islamistes sur place pour haranguer les foules et les prendre à témoins sur ces dons du ciel, cette grâce divine qui inonde la terre de bulletins gagnants islamistes.

- Dieu nous aime dit-il ; nous sommes les meilleurs musulmans d’Algérie. La preuve, Dieu et la grâce divine nous restituent par le ciel ce que les autres nous ont volé par les urnes. Il allait poursuivre son exposé sur cette mystique offrande de Dieu aux ouailles du MSP quand une voix rauque d’un vieux routier lui coupa net le sifflet et la parole…

- Depuis quand camarade Dieu possède des imprimeries pour fabriquer des bulletins de vote et vous les envoyer en exclusivité par le ciel ? Silence glacial ; l’explication religieuse comme celle du laser divin du 5 juillet ne tenait pas.

Et comme toujours, la vérité et l’explication viendront d’un enfant sans âge. Il pouvait avoir 12 comme 18 ans. Il dit :

- Non tonton, ce n’est pas Dieu qui a envoyé ces papiers du ciel. Moi je suis berger mais tous les vendredis, je deviens cafetier,  marchand de beignets et de cigarettes comme de nombreux cousins et amis ici. Je connais bien ce coin. Voyez-vous cette caisse, une urne comme vous dites vous, eh bien c’est mon outil de travail. C’est là où je stocke ma marchandise et mes beignets… Savez-vous où je l’ai-je trouvée cette caisse de vote ? A cent mètres d’ici, juste derrière ce monticule. C’est là que sont venus des gens costumés, armés, portant des caisses comme la mienne chargées de bulletins de toutes couleurs. Mais leur dernière livraison, il y a quelques jours, ils n’ont vidé que des caisses avec des bulletins bleus. Juste après leur départ, moi et mes amis, on est passé juste après eux pour être les premiers à déterrer ce qu’ils avaient mal enfoui dans le sable. Ça nous sert d’emballage pour les cacahuètes et les beignets. Tenez, je vous offre ce cornet d’amandes. En défroissant l’emballage, vous remarquerez qu’il s’agit d’un bulletin de vote du RCD. Les bulletins du FLN sont plutôt rares par ici…

- Explique-nous maintenant petit futé, comment ces bulletins enfouis dans le sable, se sont retrouvés dans le ciel ?

- C’est très simple, après la violente tornade de tout à l’heure, la force du vent a déterré les enfouissements et aspiré tous les bulletins dans le ciel. Ils auraient pu atterrir plus loin…

- Mon grand-père, racontera le gamin, a vécu le même événement lors des élections présidentielles de novembre 1995. Mais cette fois-ci, il n’y avait que Chikh Nanah en l’air… Mon grand père raconte aussi, qu’à la même place et sous le même arbre d’El-Gaâda, dans les années quarante, le vent de sable était si puissant, la spirale si violente qu’elle aspira une chèvre entière qui s’est mise à voler toute seule dans les grands airs au grand émerveillement des nomades éblouis. Personne ne croira leur récit. D’où l’expression populaire qui affirme depuis « Maâza law Tarett » C’est une chèvre, même si elle vole.

A propos, savez-vous comment la halte d’El-Gaâda s’appelle aujourd’hui ? Je vous le donne en mille. GAADETT NAHNAH. N’y voyez surtout aucun rapport avec les quotas pré-décidés des urnes, l’enfouissement des contenus des urnes et le mauvais travail de faussaires des Tontons Makroute de papy DOK. Ce ne sont que de simples reflexes ataviques de malgaches stagiaires. De simples coïncidences entre des tripoteurs professionnels d’urnes, des croyances populaires bien ancrées et les échéances électorales annoncées gagnantes à tous les coups.

M.A

 


 

27 avril, 2011

 

France – Algérie : quand Paris se fait le porte-parole d’Alger

 

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Les autorités algériennes ont tendance à confier l’annonce d’importantes décisions à des personnalités étrangères, essentiellement françaises. Des fuites organisées qui répondent à une stratégie de communication très particulière…

« Le métro d’Alger sera opérationnel avant la fin de l’année 2011 ». Contrairement aux apparences, cette annonce n’est pas du ministre algérien des Transports ou de son confrère des Travaux publics. Elle a été faite le 20 avril par Jean-Pierre Raffarin, sénateur français et envoyé spécial de Nicolas Sarkozy pour les relations économiques avec l’Algérie, via le quotidien français Le Figaro.

La veille, c’est toujours à travers un officiel français, en l’occurrence Alain Juppé, que l’opinion publique a eu la confirmation officielle que l’Algérie n’avait pas livrée d’armes à la Libye. Le ministre français des Affaires étrangères avait en effet rendu public quelques détails d’une conversation téléphonique tenue avec son homologue algérien, Mourad Medelci.

Raffarin, encore lui

Les exemples de ce genre de manquent pas. Début 2011, l’Algérie est sous pression. Des émeutes éclatent dans plusieurs villes du pays. Le gouvernement met cette colère sur le compte de la hausse des prix des produits de grande consommation. Les Algériens, à l’écoute des révolutions tunisienne et égyptienne, attendent une réaction en provenance du plus haut sommet de l’État. Abdelaziz Bouteflika et son premier ministre Ahmed Ouyahia ne réagissent pas. Finalement, les Algériens prendront connaissance d’un début de changement politique grâce à l’intervention inattendue de… Jean-Pierre Raffarin. Encore lui.

«Le président Bouteflika m’a annoncé qu’il tenait un Conseil des ministres aujourd’hui et qu’il annoncerait un certain nombre d’initiatives de grande ampleur. Je n’en connais pas le contenu mais je pense qu’il va y avoir des mouvements importants dans les jours qui viennent », indique-t-il le 22 février, à la sortie d’une entrevue avec Bouteflika.

C’est désormais une habitude : Paris se fait souvent le porte-parole d’Alger, quitte à démentir des officiels algériens. En juillet 2008, c’est Sarkozy qui annonce, à partir de Tokyo, la participation de Bouteflika au sommet de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Pourtant, quelques jours auparavant, Abdelaziz Belkhadem, alors chef du gouvernement, déclarait que l’Algérie n’était « pas concernée par l’UPM ».

Plan média

Pour Abdelaziz Rahabi, ancien ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement, ces fuites sont loin d’être fortuites. Et l’explication est même très simple. « Cette stratégie de communication est l’œuvre de Abdelaziz Bouteflika, explique-t-il. C’est son plan média. Il sait que ses décisions auront plus d’impact si elles sont annoncées par des personnalités étrangères puis reprises par des médias occidentaux à grande audience. Pour lui, les médias algériens n’offrent pas cette possibilité. » Au risque que son attitude apparaisse comme du mépris…

Mais Rahabi va plus loin. Selon lui, le public visé par Bouteflika dépasse celui de la France et de l’Algérie réunies. « N’oublions pas que Bouteflika est diplomate de carrière. Il est conscient du fait que pour tout ce qui a trait à l’Algérie, les pays européens, voire même les États-Unis, se basent essentiellement sur l’avis des Français », souligne-t-il. En un mot, Bouteflika ne recherche pas seulement un porte-parole, mais un bon haut-parleur…

 

 

Par Ahmed Bey

24 avril, 2011

Panique en Algérie : les ministres vendent

leurs biens, les fortunés vident leurs comptes

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Panique en Algérie : les ministres vendent leurs biens, les fortunés vident leurs comptes

L’instabilité sème la panique.

Selon le quotidien El Khabar du 4 mars dernier, deux ministres du gouvernement Ouyahia auraient vendu leurs biens immobiliers en devises, alors qu’un troisième ministre aurait échangé sa «fortune» en dinars contre des euros. El-Watan, lui, rapporte qu’un ministre de l’actuel gouvernement aurait retiré ses dépôts bancaires et vendu ses biens immobiliers à Oran pour les échanger en euros sur le marché parallèle et dans les milieux initiés. Il ne serait pas le seul. Sur ses traces, des politiques, des militaires ainsi que de hauts responsables de l’Etat ont fait de même.

Kadour, 40 ans, commerçant à  Sidi Bel Abbès, confie avoir récupéré son argent «juste après les émeutes». «Je ne voyais pas d’autre choix, car j’avais peur d’une reprise des émeutes et de me retrouver otage de l’ouverture des banques et du jour au lendemain, sans ressource. J’ai donc préféré mettre mon argent à l’abri.» Mais comment ? La réponse se trouve chez cet autre commerçant d’Oran. «Soit vous achetez des biens immobiliers, soit vous échangez votre argent en euros.» En économie cela s’appelle des «valeurs refuges». Une manière de blanchir ou de transformer l’espèce en une valeur matérielle. D’après nos sources, des dizaines de magnats du business de l’Ouest auraient ainsi procédé au retrait des liquidités des banques.

Tous s’y emploient, que ce soit les businessmen, les hauts responsables ou de simples commerçants. Selon un membre de la section oranaise de l’Association générale des entrepreneurs algériens, «Ce vent de révolte, qui peut contaminer l’Algérie à tout moment, les hante. Donc, ils préfèrent ne pas prendre le risque de laisser leur dépôt dans les banques. Même si on tente de rassurer l’opinion publique en disant que l’Algérie n’est ni l’Egypte ni la Tunisie, je vous assure que la peur s’est emparée de tout le monde. Même les entrepreneurs et les industriels les plus intègres se sentent menacés, car les Algériens doutent depuis toujours des nouvelles fortunes. Et nous sommes tous mis dans le même panier. Je ne vous cache pas que je suis aussi tenté de faire comme eux», avoue-t-il. Les plus malins ? Ils attendent le 28 avril. «Les billets de 2000 DA seront plus faciles à transporter et à cacher chez soi», ironise un grand commerçant oranais. Avis de bousculades devant les guichets bancaires à partir de la semaine prochaine…

Source : El-Wata


 

 

24 avril, 2011

 

L’épouse de Ahmed Kerroumi : »Mon mari a été assassiné!

Ahmed Kerroumi le militant de la CNCD Oran, disparu depuis le 19 avril, a bien été assassiné. Son corps a été retrouvé, aujourd’hui, dans le local de son parti le MDS, à Oran.

 

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Jointe au téléphone par Radio kalima, l’épouse de Ahmed kerroumi, a déclaré que » son mari a ét…é assassiné » et elle demande aux médias de faire passer l’information. Elle dit avoir eu le temps de prendre des photos qu’elle mettra dès que possible en ligne sur internet.

Une enquête criminelle a été ouverte pour identifier le ou les assassins. Selon des informations la voiture du défunt Ahmed Kerroumi n’a toujours pas été retrouvée par les enquêteurs de la Police. Par ailleurs, aucune effraction n’a été constatée au bureau du MDS où a été retrouvé le cadavre du militant et enseignant universitaire Ahmed Kerroumi.

Autre élément intrigant dans cette affaire : l’appel reçu mardi vers midi par le professeur Kerroumi d’une personne lui demandant de venir la récupérer près de l’Ensep, sur la route d’Es Senia au sud‑est de la ville d’Oran. « Le Professeur était au Crasc. Il a dit à ses collègues qu’il devait sortir pour récupérer quelqu’un. Depuis, il n’est plus revenu ! » témoigne un ami du professeur.

La piste d’un enlèvement suivie d’un assassinat semble être privilégiée par ses proches. Selon le site d’information TSA, des voisins du défunt affirment avoir remarque la présence d’une voiture étrangère à la cité aux premières heures de la matinée précédant la disparition du professeur Kerroumi. « Il y avait deux personnes dans cette voiture qui n’est plus revenue après la disparition du défunt » ». Le professeur Kerroumi était‑il suivi et ciblé à cause de ses activités politiques ? Mystère.

La disparition du Pr Kerroumi est intervenue quelques jours après la visite à Oran du rapporteur de l’ONU pour les droits de l’Homme, Frank la Rue. Les deux hommes ont eu des entretiens sur la situation des droits de l’homme en Algérie.

Qu’il repose en paix, que la vérité soit faite sur cet assassinat et les coupables soient punis pour cet acte abominable. Cet assassinat a jeté l’effroi dans son entourage, et tout le monde craint un retour au sinistre temps des exécutions politiques

 

 

Publié Par Nado 

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