Archive pour mars, 2011

14 mars, 2011

Dimanche 13 mars 2011

Libye, Tunisie, Egypte, islam en France… Les positions honteuses de l’Algérie

http://www.tsa-algerie.com/images/articles/medelci.jpgLa position algérienne au sein de la Ligue arabe concernant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Libye pour protéger les civils contre les bombardements des milices pro-Kadhafi a choqué l’opinion nationale. Au moment où tout le monde s’attendait à ce qu’Alger s’aligne sur les points de vue des autres pays arabes pour sauver la population libyenne d’un massacre en règle, l’Algérie s’est alliée avec la Syrie, pays où il n’existe aucune démocratie, pour refuser la décision de la Ligue arabe. Cette position est venue renforcer les doutes sur le soutien, direct ou indirect, d’Alger au régime finissant du colonel El Kadhafi.

Des semaines après le début du soulèvement populaire contre la dictature de Tripoli, la position officielle algérienne est restée ambiguë, ni pour ni contre. Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, qui a multiplié les déclarations dans les médias français ces derniers temps, a évoqué « la menace terroriste » qui pèse sur la Libye. Autrement dit, Alger reprend presque mot pour mot les propos de Kadhafi sur la prétendue présence d’Al Qaïda en Libye. Des propos visant à justifier le massacre en masse des populations qui se poursuit tout. « Bien sûr nous sommes très inquiets à propos de la Libye », a dit Medelci dans une interview au quotidien français Le Monde.

L’Algérie a dit la même chose à propos de la Tunisie et de l’Egypte. Les dictatures de Ben Ali et de Moubarak se sont effondrées. La diplomatie algérienne est restée muette. L’Algérie n’a apporté aucun soutien clair aux révoltes des populations tunisienne et égyptienne. Les autorités algériennes ont tout fait pour empêcher des manifestations populaires de soutien à ces révoltes dans le pays. Lourde et bureaucratique, la diplomatie algérienne a été incapable de suivre l’accélération des événements en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Yémen, etc. «Cette rapidité nous a encouragés à être prudents», a déclaré le ministre des Affaires étrangères pour justifier les retards. Alger n’a rien dit qui puisse être retenu sur le référendum au Soudan et n’a engagé aucune initiative pour récupérer le terrain perdu en Afrique et dans le monde arabe.

Depuis des années, la diplomatie algérienne subit des coups sans réagir. Un exemple: la Libye a imposé le visa aux Algériens sans que l’Algérie ne réagisse. L’Algérie n’a éaglement rien dit sur la situation des algériens délestés de leurs biens en Libye. La diplomatie en est encore aux petits fours et aux communiqués vides. Cette médiocrité a fait qu’aujourd’hui Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, une institution gérée par l’Algérie, apporte curieusement un appui au président français et à son parti, l’UMP, dans un débat controversé sur l’islam en France. Un débat dénoncé par la majorité des musulmans de ce pays. Au-delà du comportement scandaleux de Dalil Boubakeur, qui s’est tiré une balle dans le pied, il y a là un signe évident que l’image de l’Algérie est sérieusement détériorée. Jusqu’à quand cette situation va-t-elle durer ?

 

par. tsa

13 mars, 2011

Mohamed VI et nos rois roturiers

Mohamed VI et nos rois roturiers

Lui, est un jeune roi, nos “présidents de républiques”, eux, sont des rois roturiers qui ne descendent d’aucune lignée, des parvenus qui se voient en monarque archaïque, rêvent de remplacer les rois de l’ancien temps…Ils regardent derrière eux !

Même si on devait lui prêter quelques calculs politiciens, même si le Maroc reste une terre où l’on réprime encore le journaliste et où la précarité reste une réalité, force est de reconnaître que le roi Mohamed VI a osé, hier, prendre le chemin inverse des présidents de “républiques” du Maghreb, voire du monde arabe : il va amender la Constitution pour concéder de ses pouvoirs au profit d’un futur Premier ministre désigné par les urnes (chef de la future majorité) à l’heure où Abdelaziz Bouteflika amende la Constitution pour étendre ses pouvoirs.

C’est le grand paradoxe : une monarchie va dévancer sur la route démocratique, des “républiques” dont c’est la vocation pourtant, de mettre en pratique les vertus démocratiques.
La raison est très simple : un royaume peut s’engager dans la modernité sous la houlette d’un jeune roi qui regarde devant lui ; nos “républiques” elles, sont bloquées car ce sont des “royaumes pervertis”, des régimes politiques autoritaires et travestis qui ont pris l’apparence de la République occidentale moderne mais qui, dans le fond, ont surtout pris son archaïsme à la monarchie orientale.   A la différence d’un jeune roi, nos “président de républiques”, des rois roturiers qui ne descendent d’aucune lignée, des parvenus qui se voient en monarque archaïque, rêvent de remplacer les rois de l’ancien temps…Ils regardent derrière eux !
Alors l’Algérie royaume ou république ?
Non, une joumloukia.
La belle langue arabe a tout prévu. La royauté s’y dit mouloukia, c’est-à-dire l’appropriation du pays par un seul homme : le malik, littéralement «  le propriétaire »  Et nos joumloukia ne sont que cela : une propriété privée. Une propriété privée  hermétique où le pouvoir absolu est sans limites et où l’autoritarisme se présente à l’état pur.
Il aurait été une monarchie classique, comme celles qui continuent à régner au Maroc, en Jordanie, en Arabie Saoudite ou dans les États du golfe, notre pays aurait eu un roi ! Il aurait été une République moderne telles qu’elles fonctionnent en Occident, en Inde, ou en Amérique latine, il aurait un président élu !
N’étant  qu’une monarchie archaïque sur le modèle de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, de l’Égypte ou de la Tunisie, l’Algérie aura un roi roturier et éternel que personne n’a choisi et qui règnera par une dictature de la pire espèce, par l’incurie, la gabegie, l’incompétence et le désordre destructeur .

par. I S

Alors pour quand le grand départ ?

12 mars, 2011

Le dinar, la mafia et notre Harry Potter national

 

Le dinar, la mafia et notre Harry Potter national

Pourquoi le Dinar spécialement, la réponse rapporte un vrai Dinar!
Pourquoi diable, ces fameuses maffias, se sont-elles spécialement tournée vers notre monnaie nationale Alors qu’elle a le cours le plus bas du Maghreb, et que même ce cours est décidé en dehors de toute norme économique ou logique commerciale, par des gens qui ont l’air d’avoir appris l’économie chez le prof de gym.
Question que pourrait se poser quiconque ne connait pas notre cher pays gouverné à vue par notre glorieuse camarilla, qui est pour le gouvernement ce que les signaux de fumée sont pour les communications.

En effet, essayez un gouvernement de trouver au monde qui fait du convoyage de papier monnaie sur 1000 KM, par transport routier ordinaire, et avec un rendez-vous apparemment précis avec le gangster qui ont volé le camion, et qui attend que les billets soient imprimés et peut être en circulation pour déclencher un plan d’après lui imparable: L’asséchement du circuit monétaire officiel, pour voir apparaitre les faux comme en position d’hors-jeu.
Vous ne trouverez que notre gouvernement, chez qui on n’arrive plus à discerner la part de l’incompétence crasse, du celle des coups fourrés entre clans du régime, et celle du banditisme tout court avec la complicité irresponsable de segments du même régime mécontents de leur part du gâteau interne.

Dans un pays un tant soit peu normal, à la nouvelle du braquage du camion de papier monnaie, le gouverneur et tous les responsables de la Banque centrale et des autres services concernés par ce transfert et sa sécurité, auraient été limogés et questionné sur leurs actes dans cette affaire foireuse.

Chez nous le même gouverneur responsable de cette foirade est venu quatre ans après, à l’APN, présenter un taux d’inflation qui n’engage que lui alors que par la disparition de ce camion, il a participé à la révision de ce taux déjà faux à la hausse et en exponentielle.

Évidemment il n’a rien à craindre tant que ceux qui l’ont nommé à la tête d’une Institution qui n’a plus de banque centrale que le nom, ont besoin de lui pour d’autres exploits économiques de ce calibre.

Rappelons-nous que Mouloud Hamrouche, dont je salue ici le passage à la tête du Gouvernement, même si je ne partage pas avec lui sa gestion du dossier FIS, avait décrété l’autonomie de la Banque d’Algérie et Fixé le mandat du gouverneur à Dix ans, non révocables, dans le but de soustraire ainsi cette institution aux appétits et âtres intrusions de l’exécutifs visibles et de ses mentors et autres bidouilleurs invisibles, et avait nommé Monsieur Hadj Nacer, à ce poste, personnage fort dérangeant et ombrageux et surtout imbu d’une compétence qu’il avait réellement dans le Domaine.

Après une campagne de remise en ordre de l’écurie Algérie, qui a débuté par un lynchage en règle du personnage par les pseudo analystes du régime, contre la personne du gouverneur, on nous a vendu en concomitance un coup de force contre l’autonomie de la Banque centrale et un nouveau gouverneur avec un adjoint aux ordres de l’exécutif en apparence et aux ordres de la bande dans le faits, avec le premier on a eu la fausse banque primaire, agrée par le fantôme de la banque d’Algérie, et avec le second on passe à la vitesse supérieure, la vraie fausse monnaie.

Mais ces deux Messieurs pour être impardonnables, déjà du fait même d’être les purs produits d’une administration sans amé ni esprit, avec pour unique bagage l’esprit courtisan, et l’assurance de l’impunité provisoire, et d’avoir accepté toutes les félonies que le premier dénonce aujourd’hui qu’il est en fuite, ce que le deuxième fera certainement dans la même situation un jour, ne sont pas les responsables du marasme généralisé de l’économie et de l’état, à eux tous seuls.
La logique de de tous les segments du régime, et à tous ses paliers, est simple ; plus il y a d’interdictions dans tous les domaines, mieux on maitrise en haut et plus on devient indispensable par la nuisance en bas, évidemment cette logique aussi étriquée que le système qui s’en prévaut, ne s’applique pas à tout le monde, du moins dans l’esprit des concepteurs et exécuteurs des basses besognes qualifiées de lois.

Alors que la logique humaine, dit que là où tout est interdit, tout est permis en même temps, car aucune société ne peut se permettre de multiplier les interdits sans autre finalité que de s’imposer au gens, sans voir les contournements et autres défis à ces interdits arbitraires se multiplier dans la même proportion, évidemment dans cette quête de la société à s’émanciper de contraintes posées contre ses droits et sa liberté, les vrais délinquants et autres criminels, se trouvent plus à l’aise pour contourner tous les textes autrement plus justes et commettre dans le climat de rébellion générale de vrais crimes, banalisés par les faux crimes reprochés à toute la société.

Cette cécité aussi politique ,qu’économique, mais avant tout morale, imposée à la société par des éléments eux même immoraux, arrivés au pouvoir de manière pour le moins immorale, et concrètement délictuelle, et par certains aspects criminelle, est à l’origine de tous les problèmes que d’aucuns prétendent solutionner en mettant un gendarme derrière chaque Algérien, sauf bien sur derrière leur petite personne et leur famille, qui en ce cas précis sont exclues de facto du devoir de respect des lois, les bonnes et les mauvaises.

Pour nous en tenir au domaine économique, je dirais que l’économie Algérienne est une économie de faillite dans sa conception, et que cette conception étriquée du monde est apparemment inscrite dans les gènes des personnes qui se sont chargé malgré nous de notre destin national, particulièrement le sieur Ahmed Ouyahia, qui connait autant les mécanismes économiques que ma grand-mère la physique quantique.

Fait d’un mélange de fonctionnaires, parvenus et de porte flingues audacieux mais à courte vue, et auxquels se sont joints tout un cirque de pseudo économistes formés au rabais et de courtisans tournesol ce système porte l’échec comme un étendard, et ne peut corriger une erreur que par une catastrophe, et dans sa composante humaine il n’y a plus un pour racheter son frère.

Dans un circuit ouvert on n’a pas besoin de purger

Ignorant autant les lois de la physique que celle de l’économie, et surtout le volet financier, notre Harry Potter de la gouvernance, semble ignorer que dans un circuit fermé, en hydraulique la prise d’air entraine le blocage de tout le circuit et de ce fait la surchauffe, qui elle-même entraine l’éclatement des conduites et la perte de tout le liquide, qu’on croyait préserver par la mauvaise purge au mauvais endroit et bien sûr au-delà du circuit on casse toute la machine qu’on croyait avoir bricolé l’ABC du métier est de savoir qu’une purge se fait toujours par le haut du circuit, une purge par la bas s’appelle une fuite et on perd plus d’eau tout en augmentant le volume d’air..

Par contre dans un circuit ouvert on n’a pas besoin de purger dans la mesure où l’air introduit d’un côté est régulièrement poussé vers la sortie, mais ce système a besoin d’eau neuve et de rejet de l’eau chauffée à l’extérieur quitte à la récupérer un amont, donc ce système est ouvert en amont et en aval.

En économie c’est la même chose, quand on veut faire un système fermé, parce qu’on a pas assez de liquide disponible, et qu’on veut le faire tourner sans bloquer l’économie, le plus judicieux est de laisser le circuit tourner tout seul en vérifiant l’absence de fuites, et de n’intervenir que par le haut en fin de circuit pour chasser les bulles spéculatives qui comme les bulles d’air remontent toujours en haut, Hors Monsieur Ouyahia, a installé des purgeurs partout et surtout en bas et multiplié les thermostats en pleine surchauffe, en transformant la simple détention de 500000 dinars en Crime économiques, et en soumettant les dépôts en banque à toutes sortes d’enquêtes dont le départ est déjà faussé par l’obligation faite au détenteur de se justifier et non l’inverse, ceci sans compter la fiscalité lourde dans tous les sens du termes y compris judiciaire, et les tracasseries en tout genre tant qu’à l’import qu’à l’export, et tant à la production qu’à la commercialisation, avec la suspicion comme stratégie de gestion pour tous les secteurs public inclus, et l’impunité pour quelques oiseaux justement ceux qui sont en haut du circuit là où il faut purger.

Donc vous avez un circuit avec plein de fuites en bas, et plein d’Air en haut, soit plein de gens terrorisés qui se cachent avec leur argent ou qui ne veulent pas prendre d’initiative en bas, et d’autres qui se servent sans rendre compte en haut.

Cela s’appelle chez ces gens « Patriotisme économique », et dans la logique cela s’appelle faillite programmée à très court terme.

Deuxième variante, quand il n’ y a plus d’eau dans le circuit à cause des fuites et autres prises d’air, les mêmes bricoleurs qui ont précédemment puisé dans la mare des voisins, se retournent vers la même mare avec un circuit ouvert à sens unique, ou ils pensent être les seuls à puiser, quitte à fermer le circuit après avec les mêmes résultats.

Ils veulent des partenaires étrangers, angéliques et de préférences amoureux de l’Algérie plus que de leur pays, si ce n’est pas de leurs poches, et ils arrivent à en trouver, or ce genre de partenaires ou c’est des mythes ou des escrocs, et c’est la deuxième variante qui est en général le partenaire idéal pour nos professeurs nimbus de l’économie:

Ils nous ont gratifié de l’obligation d’investir pour vendre un produit que l’on est les seuls à détenir au monde en terme de brevets, et avec transfert de technologie s’il vous plait(Encore une invention Algérienne), ensuite ils passent à la vitesse supérieure, l’obligation d’être minoritaire dans son propre projet, avec un actionnaire majoritaire indéfini mais financé par l’argent apparent chez l’état, pour réaliser un marché de conjoncture, du jamais vu dans l’histoire de l’humanité, et surtout de la part d’un pays qui ne produit rien hors les textes kafkaïens.

Ce qui a pour résultat immédiat de fermer l’accès au circuit ouvert, et de retourner au circuit fermé non pour le purger, mais pour ajouter des fuites et acheter du glacéol.

Dans ce cas, Sidna Hassi Messaoud est encore capable de donner à une démarche suicidaire, l’aspect d’un acte patriotique, dénommé transferts sociaux, dans une société qui n’a pas le droit de vivre en dehors des bricolages des uns et des combines des autres.

Pour revenir au problème qui nous tracasse, pourquoi les faussaires du monde entier se sont ligués contre une monnaie qui est déjà fausse dans son essence, c’est justement parce que la fausse monnaie s’écoule mieux dans une fausse économie, ou le liquide coule par la bas, et dont les textes font tout pour éloigner le moindre sous du regard prédateur et inquisiteur du fonctionnaire qui n’a d’autre soucis de s’imposer en tout et sur tous.

Ensuite les textes alambiqués sur la détention et la circulation des devises, font que l’Algérie quel que soit son statut professionnel, et la nature et l’étendue de ses besoins, n’a d’autre choix que la précarité d’un accès à la devise informelle, à ses risques et périls ou la déconnexion du monde extérieur, au même titre qu’un coréen du nord.

Ceci étant évidemment impossible, particulièrement pour les tenants de ce régime bizarre, et ces agents intermédiaires utilisés dans l’empoisonnement quotidien de la vie du peuple, ils ont inventé des textes bavards et contradictoires qui permettent en même temps d’exporter des devises sorties d’un compte ouvert légalement, mais alimenté de l’informel comme unique source possible, ce qui est illégal comme transaction et détention, alors vous avez des changeurs de devises sous les fenêtres du tribunal à Alger, et des gens qui se font arrêter en route avec 200 euros, car la détention est illégale dans un univers kafkaïen et ubuesque.
Toujours est-il que ce besoin de devises à hauteur de 4 milliards d’euros au moins par an, et qui circulent en dehors de tout circuit officiel, par la faute de ceux qui font de l’inquisition un instrument de prédation et accessoirement de régulation, doivent être achetées avec des Dinars, et c’est ici que le pourvoyeur de faux dinars, peut non seulement écouler sa monnaie, mais la convertir en vrais euros ou dollars, et l’inverse aussi est valable.
Une descente sur les places de change d’Alger, ne fera que transférer tous les comptes vers les places étrangères en orient ou en occident, et le change se fera par virements. Le problème restant le même, mais laissant les prédateurs de bas niveau du système sur le carreau, ce qui ne fera que diminuer leur fidélité au régime déjà ténue et intéressée.
Bien sur La nouvelle loi sur la circulation de capitaux, qui a transformé même la reconnaissance de dette en quasi monnaie, et la détention de compte à l’étranger en crime économique, et qui criminalise de facto quelques centaines de milliers de pensionnés, mesure qui ne s’applique pas au salon d’honneur ou avec escorte officielle ou officieuse, ne fera qu’augmenter le nombre de citoyens devenus malgré eux délinquants, sans les avoir, l’essentiel est que l’apprenti mécanicien continue à casser la voiture pour apprendre la seul chose qu’il doit apprendre, c’est qu’il n’apprendra jamais rien ,il n’est pas conçu pour cela.

Alors pour quand le grand départ ?

En résumé, vous avez une économie ou un semblant d’économie, ou il est interdit d’être riche, et dangereux d’être pauvre, ou être honnête porte malheur, cacher son argent aspire les liquidités et bloque le commerce, bref un système ou seuls les morts ne sont pas inquiétés? Et cela s’appelle patriotisme économique.
Je ne savais pas que l’incompétence et l’Arrogance, dans le même pack étaient synonymes de patriotisme, je viens de le découvrir.

Pour moi le patriotisme commence déjà, par la décence de ne pas occuper un poste, sans aucune compétence pour le faire et surtout sans mandat de personne, sauf de ceux qui n’ont pas mandat pour le faire.

Un gardien de prison, bien qu’utile pour la société dans une prison, ne peut exercer ses talents dans un autre endroit que la prison, sous peine de transformer l’endroit en prison, et la prison en endroit normal.

Dans l’absolu ; y a-t-il plus grande corruption sur terre et plus grand crime contre la nation et son devenir que celui qui consiste à imposer à tout un peuple, et par tous les moyens aussi vils soient-ils, commençant par le mensonge et arrivant au crime d’état en passant par la fraude électorale, son incompétence qui n’a d’égale que la sa mauvaise foi et son culot ?

De ces trois caractéristiques des tenants du système, peuvent naitre tous les problèmes que nous discutons et discuterons ad vitam aeternam, dans tous les domaines, et nous risquons à l’avenir des séismes politiques et économiques, tant que nous ne nous attelons pas au règlement du problème matrice qui génère tous les autres, comme une bombe à fragmentation.

La solution est simple, elle consiste en le bannissement de ces tares dangereuses, en commençant déjà par la mise à l’écart de leurs porteurs avant que la contagion ne crée une situation de non-retour.

Ce régime et surtout sa représentation physique la plus désespérante, Monsieur Ouyahia doit partir au plus tôt, avant toute discussion sur une reforme quelconque, du système, la lettre A de cette réforme est leur départ, et la lettre Z leur jugement.

Certains personnages sont nés pour entretenir la spirale du désespoir, et rien que leur vue, chasse l’idée même d’un espoir.

Alors pour quand le grand départ ? Ou faut-il un balai?

I.S

Bouteflika reste, mais à quel prix ?

11 mars, 2011

 Bouteflika diminuée diplomatiquement

 

 

  

Bouteflika reste, mais à quel prix ?

Qui l’eût cru ? Menacé de départ il y a à peine quinze jours, le président algérien se redresse et oublie, du coup, ses promesses. La raison ? Il s’est retrouvé au centre de stratégies qui nous échappent, celle des Occidentaux obnubilés par l’Aqmi et celle des partis de Sant’Egidio obsédés par la mise à l’écart de l’armée algérienne.

La petite phrase est de Mourad Medelci et date du 7 mars : le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, n’a pas l’intention de partir avant la fin de son troisième mandat en 2014. Finies les craintes, d’il y a à peine quinze jours, de la contagion tunisienne et égyptienne ; finies les rumeurs qui prédisaient un président annonçant aux Algériens son intention de ne plus se présenter aux prochaines élections et de quitter même le pouvoir avant le terme du troisième mandat pour raison de santé. Fini l’affolement. L’heure est à la bravade : «Le président a été élu pour un mandat qui lui permet de rester aux commandes jusqu’en 2014. Il a été élu et bien élu», a répliqué le ministre algérien à ceux qui n’auraient pas encore saisi la fermeté du message et qui auraient cru aux révélations de WikiLeaks sur les fraudes aux élections de 2009. Malade, dites-vous ? Pensez donc ! Medleci est catégorique : «Permettez-moi de vous rassurer, sa santé est excellente. » Et qu’importe si l’on sait, toujours par WikiLeaks, que le président souffre d’un cancer ! On peut très bien gouverner avec ça ! La résurrection s’accompagne, comme de juste, d’une amnésie. Oubliées les promesses d’ouverture du champ politique et médiatique, de démocratisation de la vie publique. C’est sans état d’âme que le ministre de la Communication, Nacer Mehal, a révélé que l’ouverture du champ audiovisuel en Algérie n’est pas pour demain. «L’ouverture du champ audiovisuel n’est pas encore à l’ordre du jour», a-t-il affirmé, péremptoire, devant la presse, en marge de l’ouverture de la session de printemps du Parlement. M. Mehal a même mis la forme pour paraître le plus méprisant possible. «Je précise, je dis bien, elle n’est pas encore à l’ordre du jour», et d’insister encore : «J’ai bien utilisé le mot encore.» Dans le même temps, l’infatigable Medelci, qui ne craint décidément pas de se contredire, annonçait fièrement, ce mardi 8 mars, que les frontières entre l’Algérie et le Maroc, fermées depuis 1994, ne se rouvriront pas de sitôt. «L’ouverture de la frontière algéro-marocaine n’est pas à l’ordre du jour et nous n’avons mandaté personne pour discuter de cela.» Il y a à peine quinze jours, le mercredi 23 février, sous la pression des évènements et l’influence des Américains, le même Medelci annonçait, lors d’une conférence de presse, que l’Algérie travaillait à accroître ses relations avec «ses amis et frères marocains» et nous apprenait que le Maroc et l’Algérie avaient convenu d’une «initiative politique » destinée à renforcer leurs relations bilatérales. Plus question de cela.
Sauvé par l’Aqmi !
Bref, on l’a compris, ce n’est plus cette Algérie de Bouteflika diminuée diplomatiquement qui parle aujourd’hui ; ce n’est plus celle-là, ébranlée par les évènements de Tunisie et d’Égypte, fragilisée, assimilée aux pouvoirs dictatoriaux du monde arabe et que les évènements avaient conduit à se justifier puis à faire des concessions, qu’on entend. C’est une autre, ragaillardie, qui n’a plus besoin de négocier ses soutiens extérieurs pour rester au pouvoir. Ce sont ces soutiens extérieurs, justement, qui expliquent ce retour en grâce. Les évènements de Libye et la crainte d’une offensive islamiste sur le Maghreb ont fait reculer les Etats-Unis et les capitales européennes qui, au début du mois de février, exhortaient le pouvoir de Bouteflika à «un vrai changement ». Le président Obama, rappelons- nous, au lendemain de la levée de l’état d’urgence, s’était dit «impatient de voir les prochaines mesures qui seront prises pour permettre aux Algériens d’exercer pleinement leurs droits universels, dont la liberté d’expression et d’association ». Et, c’est dans cette perspective que les États-Unis continueront à coopérer avec l’Algérie, avait-t-il ajouté. Avant lui, le secrétaire d’État adjoint chargé des Affaires politiques, William Burns, en visite à Alger, avait parlé de «peuples en quête de liberté, de dignité et d’opportunités », précisant que «la réponse à ces aspirations devrait être “la plus ouverte, la plus sérieuse, la plus claire et le plus tôt possible”». Jusqu’à la fin février, les Américains attendaient donc Bouteflika sur le «vrai changement » Puis tout bascula. Devant la détérioration de la situation en Libye et l’affaiblissement de la Tunisie, les États-Unis changent de discours. Oubliées les critiques et les mises en garde qui ont suivi les marches empêchées de l’opposition à Alger. Place à un discours positif et conciliant à l’égard du pouvoir algérien. «Les Américains et les Français veulent éviter que le régime algérien ne tombe aussi, parce qu’il peut jouer un rôle-clé pour stabiliser le Grand Maghreb et éviter qu’Al Qaïda ne profite du chaos», explique un analyste algérien au journal Sud-Ouest. «Le fait que l’opposition peine à mobiliser joue en faveur du pouvoir», ajoutet-il. «Pour les Américains, une instabilité générale dans tout le Maghreb – même momentanée – pourrait favoriser Al Qaïda. Dans le rapport du Congrès américain sur l’Algérie, les craintes américaines sont clairement exprimées. Du coup, ils préfèrent épargner le régime algérien et lui faire jouer le rôle de stabilisateur dans la région, en limitant notamment les risques d’une implantation d’Aqmi chez les voisin», analyse le journal électronique TSA. Tout cela est parfaitement exprimé par Daniel Benjamin, coordonnateur de la lutte antiterroriste au département d’Etat lors d’une conférence de presse qu’il a animée au siège de l’ambassade américaine à Alger. Interrogé sur un éventuel «changement démocratique » qui serait recommandé par le gouvernement américain aux Algériens, le conférencier s’en est vertement défendu, affirmant que «ce n’est pas aux Etats-Unis de prescrire quoi que ce soit», insistant au passage que «c’est aux Algériens de déterminer leur sort». Les Etats-Unis s’interdisent «toute tentative d’ingérence dans les affaires internes d’un pays».
À quel prix ?
Voilà donc le régime algérien relancé. A quel prix le pouvoir va-t-il se maintenir ? D’abord par un surcroît de répression. L’Etat-Bouteflika ne peut pas lever l’état d’urgence ni démocratiser la vie publique ni ouvrir le champ médiatique parce qu’il ne s’impose à la société algérienne que par la répression, le garrottage des libertés, la censure, l’interdit. Ainsi, 24 heures après avoir annoncé la «levée imminente de l’état d’urgence», le pouvoir a-t-il annoncé que la marche prévue samedi 26 février à Alger sera interdite ! Autrement dit, la levée d’urgence est de la poudre aux yeux. Ce même Etat ne peut pas résorber le chômage ni le malaise social parce que, n’étant pas dans la gouvernance mais dans le contrôle de la population, il n’a pas de projets d’investissement pour de grands chantiers qui relanceraient l’emploi. Etant dans le contrôle de la population, il ne peut concéder aucune liberté, y compris la liber d’entreprendre ! Ensuite, par un déclin économique. Etant un Etat étranglé par la corruption, cet Etat est incapable de financer un projet d’investissement sans que l’essentiel des fonds n’atterrissent dans des comptes bancaires suisses ouverts par les dirigeants eux-mêmes ou leurs prête-noms. Etant un pouvoir archaïque, il ne dispose pas d’institutions modernes capables de concevoir un plan de sortie de crise et de moderniser l’économie. Rappelons-nous : l’Etat- Bouteflika, n’ayant pas de projets d’investissement pour de grands chantiers qui relanceraient l’emploi, avait tout simplement légalisé le trabendo, le marché informel ! Le premier à avoir cédé, sous l’emprise de l’ébullition sociale suite aux émeutes de janvier 2011, est le président Bouteflika. Lors d’un Conseil des ministres, il a donné consigne au gouvernement d’«alléger» les formalités et procédures destinées au transfert du commerce informel sur la voie publique vers des sites aménagés. Même le patronat partage ces craintes. Les chefs d’entreprise réunis au sein de l’organisation patronale FCE, et qui ont tenu mercredi une réunion pour évaluer les mesures présidentielles, s’étaient dits déçus par lesdites mesures économiques annoncées, mardi 22 février en Conseil des ministres. «Si le gouvernement veut réellement créer des emplois, il doit libérer les initiatives et laisser les gens travailler», affirme le patron d’une société privée au journal électronique TSA. Les patrons s’étaient quittés divisés et inquiets. «Il ne s’agit pas d’un problème d’argent, les banques regorgent de liquidités. Le problème réside dans les obstacles presque infranchissables dressés par le gouvernement sur le chemin des chefs d’entreprise pour investir et utiliser cet argent», avoue le directeur d’une entreprise privée au même journal Des chefs d’entreprise se sont opposés à la rédaction d’un communiqué pour applaudir les mesures présidentielles, comme proposé par des membres du Forum. Bref, le pouvoir, piégé de toutes parts, incapable de proposer une alternative à la revendication nationale et internationale, mais déterminé à rester sur le trône, apparaît aujourd’hui dans toute son impuissance. Pour caricaturer, il préfère apparaître comme le gouvernement du vendeur à la sauvette plutôt que de céder la place ! Aussi, faut-il s’attendre à une brusque flambée de mécontentement et prédire que le (brusque et aléatoire) soutien américain ne sera pas suffisant pour épargner au pouvoir algérien le même sort que les régimes tunisien, égyptien et libyen. Dans une récente étude pour évaluer le risque d’instabilité des pays du monde arabe, rapportée par le quotidien français le Figaro, la très sérieuse banque américaine Merrill Lynch classe l’Algérie à la quatrième place des pays les plus susceptibles de basculer dans une révolution, derrière le Yémen, la Syrie et la Libye. Le classement prend en compte de nombreux indicateurs comme le niveau de pauvreté, le chômage des jeunes ou le type de régime politique. C’est dire… 

IRIS SAMY

le président a alors évoqué un phénomène divin

9 mars, 2011

le mouvement de révolte pour une Algérie libre

enfants de la terreTout d’abord, sur le plan philosophique, la culture de démocratie n’a aucune place au royaume des arabo-musulmans qui prônent en revendiquant l’application de la charia que tout doit être arraché à
l’homme par la punition. Je m’explique: à l’heure où dans le monde on passe aux nouvelles technologies de l’éducation par l’introduction des dernières versions de la didactique chez-nous on en est
encore à donner à l’école publique des leçons magistrales d’un autre âge où le prof est considéré comme le seul détenteur de savoir et de pouvoir et l’enfant un être auquel on ne demande jamais son
avis. Je me résume: c’est à l’école que l’enfant doit faire ses rudiments de démocratie or il trouve un maître ou une maîtresse qui gère la classe d’une main de fer pour soit disant justifier la discipline devant accompagner les cours. L’enfant est assis 7 ou 8 heures durant pour écouter une succession de disciplines et de notions indigestes: c’est là qu’on commence à brider l’intelligence humaine: celle dont nos dirigeants ont peur de rencontrer dans l’exercice de leurs détestables fonctions. Un enfant qui grandit dans ces conditions fera un meilleur modelé d’être humain compatible avec la soumission, condition sine qua non pour le maintien du régime hérité des soviétiques. Pour épicer tous ces actes consistant à embrigader nos jeunes on recourt aussi à une dose d’éducation
religieuse à travers laquelle il est promis aux bons musulmans qui sont patients et endurants des bons points pour l’au delà donc pour le paradis. En ce moment, c’est le message même de nos imams
stéréotypés et envoyés dans les mosquées par le ministère de la religion. Le pouvoir, hostile à une époque que le FIS utilise la religion à des fins politiques. A présent, croyez-moi, j’ai entendu
sur un cimetière où devaient avoir lieu récemment les obsèques du chasseur tué par l’armée par erreur à IGHIL ALI l’imam véhiculer un message du pouvoir en prévision de révolte citoyenne. Il levait
ses mains et demandait à Dieu de protéger notre jeunesse. Dans ces conditions, la religion ne fait-elle pas office d’antidote contre la protestation. En jouant sur les fibres de croyance des gens
et en demandant que Dieu veille sur nos jeunes n’est-ce pas une manière politique très habile de faire oublier aux fidèles que le destin de leurs enfants n’est aucunement lié à la gestion humaine
des affaires du pays mais à la simple fatalité divine. xEactement comme on a fait avec la catastrophe de BAB EL OUED( le président a alors évoqué un phénomène divin incontenable mais pas un mot sur la responsabilité des hommes ayant trait à cette calamité. Nos politiques utilisent la religion comme une bouée pour convaincre ceux qui privilégient plutôt la thèse de catastrophe divine qu’une
négligence caractérisée des hommes ayant entraîné tous ces morts et toutes ces pertes incommensurables.C’est ce qui explique d’ailleurs l’ambiguité de ce pouvoir qui affiche qui une face tantôt intégriste tantôt laïque selon les circonstances. Regardons un peu les messages des films et dessins animés que diffuse la télévision Algérienne. Des personnages occidentaux par exemple à peine habillés mais qui parlent en Arable. Pour sauver l’arabité le régime montrent des images en contradiction avec les valeurs musulmanes. Et puis, la violence qui est répercutée par ces programmes
pour enfants donnent en ce moment du fil à retordre autant aux parents qu’aux enseignants. Regardons où mène le bricolage de nos patrons dont le seul souci est la rente, la rapine. Et puis, en
toute liberté, ils peuvent disposer selon les lois régissant cette planète, leurs avoirs dans les banques suisses. Ils bénéficieront de l’impunité tant que les intérêts du puits hôte ne sont pas menacés. On attend que Ben Ali tombe pour annoncer en boucle qu’il a des biens mal acquis partout. Où est la notion de droit international? Quand il va dans ces pays pour dépenser sans compter avec sa famille: c’est un bon touriste. Quand sa peau est mise à prix,  » c »est un malfrat » Quelle hypocrisie! Combien l’Algérien a-t-elle dépensé pour juste jouer pendant quelques jours le fantasme de »capitale de la culture Arabe »? à l’heure où nos artistes réclament un statut ou des conditions de vie décentes? On invite par exemple une star libanaise avec des milliards alors qu’on laisse mourir à petit feu l’artiste ou le cinéaste. L’hégémonie du régime c’est un tout: il se veut notre tuteur à vie, décide de nos goûts et couleurs. Nous sommes ses propres choses en quelque sorte ou son décor pour ne pas s’ennuyer

par IRIS SAMY

9 mars, 2011

                                                                                                                                                      

France:Marine Le Pen appelle les Français à faire leur « révolution »

              Mercredi 9 mars 2011                                                                                                                                    

http://www.elwatan.com/dessins-du-jours/img/HIC/2011/20110309.jpg

caricature le HIC Elwatan du 9 mars 2011

Marine Le Pen, héritière plus avenante et policée de son père Jean-Marie à la tête de l’extrême droite française, fait désormais figure de prétendante sérieuse, capable d’éliminer la droite ou la gauche d’une élection présidentielle. Deux sondages de l’institut Harris Interactive la placent en tête des intentions de vote d’un premier tour d’élection présidentielle, avec 23 % ou 24 % selon les hypothèses. Dans l’un des cas de figure, le président Nicolas Sarkozy serait éliminé dès le premier tour et elle affronterait le socialiste Dominique Strauss-Kahn au second tour.
Hier, Marine Le Pen a estimé que les sondages qui la placent en tête des candidats à la présidentielle montrent le désir des Français de faire leur « révolution » démocratique, comme en Égypte ou en Tunisie. La présidente du Front national (FN), en déplacement à Strasbourg pour soutenir le candidat de son parti aux élections cantonales, a appelé les électeurs à « secouer le système ». Marine Le Pen a attribué sa progression constante depuis la campagne interne pour la présidence du FN à sa présence depuis des mois sur le terrain. « Je crois que c’est ça aussi que les Français apprécient. Ils voient que je défends leurs intérêts », a-t-elle dit. « Je ne suis pas déconnectée du peuple comme le sont les dirigeants de l’UMP et du Parti socialiste. »

À l’instar des extrêmes droites de plusieurs pays européens, la thématique favorite de Marine Le Pen est centrée sur l’islam et la place dans la société de la deuxième religion de France. C’est sur ce terrain, et dans une inflexion plus sociale, qu’elle cherche à marquer les esprits. Les musulmans qui, faute de place dans les mosquées, prient dans les rues de certains quartiers sont ainsi comparés à l’Occupation allemande de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette sortie lui vaut d’être visée par une enquête pour « incitation à la haine raciale ».
Mais tout en restant une « Le Pen », la députée européenne veut aussi normaliser et moderniser l’image de son parti. Plus que son père, elle ambitionne de prendre un jour le pouvoir. « J’ai toujours pensé qu’il était nécessaire d’éviter de nourrir la suspicion qui pèse sur le FN, notamment celle de l’antisémitisme », explique-t-elle fréquemment pour tenter de faire oublier les déclarations antisémites ou négationnistes de son père, qui avait qualifié en 1987 les chambres à gaz « de point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». Elle reprend toutefois l’antienne antieuropéenne du chef historique du FN, et affirme que la France ne retrouvera des marges de manœuvre économiques que si elle sort de l’euro.

PAR IRIS SAMY

« Abdelaziz Bouteflika pourrait partir

9 mars, 2011

« Abdelaziz Bouteflika pourrait partir  

 PAR IRIS SAMY

Des manifestations interdites puis empêchées dans la capitale, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) divisée un mois après sa création : le régime algérien n’a pas ménagé ses efforts pour entraver le mouvement de protestation né en Tunisie et qui s’est propagé en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Il a rapidement pris la mesure de l’ampleur de ces « révolutions » et a fait des concessions, dont la plus importante est la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 1992.

Ces compromis ne seraient que les prémices d’un plan mis en place par les militaires après la chute de M. Ben Ali. C’est ce que révèle une source proche des services de sécurité algériens qui explique le positionnement actuel des autorités.

Tous les journalistes qui en ont fait la demande ont été accrédités par le ministère de l’intérieur et autorisés à couvrir les marches organisées par la CNCD, dont la première s’est tenue le 12 février dernier. Les médias algériens et étrangers avaient alors attiré l’attention sur le dispositif policier démesuré mis en place pour bloquer les marcheurs. Avec plus de 30 000 policiers pour 3000 manifestants, les organisateurs et les observateurs y avaient vu la preuve que la peur avait changé de camp.

Cette conclusion mérite d’être relativisée, si l’on en croit notre informateur. Pour ce dernier, « les gouvernants ne redoutent aucune révolution. Ils sont confiants car ils savent que la police algérienne est plus professionnelle que les polices tunisienne et égyptienne. Ces manifestations sont maîtrisées à 100 %. » Il ajoute : « La CNCD est infiltrée et certains de ses membres ont été achetés. »

On s’étonne alors que le ministère de l’intérieur ait interdit un événement sous contrôle et arrêté certains des organisateurs. « Le pouvoir ne veut pas que la situation lui échappe, répond-il. La police est donc sommée de se préparer à tout. Maintenant, nous travaillons comme les Anglo-Saxons qui prônent “la gestion avec les résultats”. C’est pour cela que nous avons choisi d’attaquer la CNCD par le “fond”, en l’infiltrant, et non par la violence. Même les bombes lacrymogènes qui ont été acquises au Brésil pour l’occasion sont moins dangereuses que ce que la police utilisait dans le passé. »

Pourquoi avoir accrédité les journalistes étrangers ? La clef de l’énigme illustre la volonté du régime de soigner sa réputation : « L’image était choisie : une manifestation est interdite et les forces de l’ordre viennent faire respecter la loi. Il était important que les médias étrangers montrent qu’on ne réprime plus en Algérie comme on le fait en Tunisie ou en Egypte. »

Le jeudi 24 février, le chef de l’Etat algérien a ordonné la levée de l’état d’urgence instauré en 1992. Il satisfait ainsi la revendication principale de la CNCD. « La levée de l’état d’urgence, confie la même source, est déjà en partie effective. Par exemple, on ne peut plus mener des interpellations comme dans les années 1990 en embarquant des gens sans en aviser qui que ce soit. La main noire de l’Etat s’est retirée et nous sommes de plus en plus soumis à la justice. » Et pour ce qui est de la partie du dispositif encore en vigueur, « il lui sera mis un terme sur le papier seulement. Jamais la levée de l’état d’urgence ne sera totale ! »

D’autres « concessions » ont été prévues. Si les tensions sociales persistent, « ce sera Ahmed Ouyahia, le premier ministre, qui sera sacrifié. D’ailleurs, on a commencé à le marginaliser au sein du gouvernement. » Et comme cela ne suffira pas, « d’autres plans sont déjà prêts. C’est comme dans le foot, quand l’équipe A ne peut plus jouer, on envoie l’équipe B. Le nouveau gouvernement, déjà désigné, sera à l’image de l’administration tunisienne actuelle : il comptera des noms de divers horizons, même des partis de l’opposition. » Ce qui n’implique cependant pas un changement de régime. « Si la rue maintient la pression, ils sont prêts à sacrifier Bouteflika et à mettre quelqu’un d’autre à sa place ».

« Ils », ce sont les fameux « clans » qui « se partagent l’Algérie comme un gâteau ». « Il y a le clan du général Toufik (1), soutenu par trois autres généraux, et le clan de Bouteflika qui a promu au grade de général des militaires issus de sa région natale ». Cette lutte des clans est à l’origine de la révélation de plusieurs affaires de corruption touchant des personnalités haut-placées, et de l’assassinat du colonel Ali Tounsi, directeur général de la Sûreté nationale, il y a un an.

Si, dans le passé, les rivalités claniques s’exprimaient dans la rue, cela ne se produit plus désormais. « Ils fonctionnent tous d’après la règle de “celui qui se fait prendre s’en va” (2). La discrétion est de rigueur. Par ailleurs, le partage du gâteau ne se fait plus en se servant directement dans la caisse, mais en profitant des dessous-de-table et des commissions acquises dans la distribution des marchés publics aux entreprises étrangères. C’est ce qui explique la domination des Chinois sur le marché algérien. Ceux-là “mangent et font manger”, alors que de nombreux bureaux d’études allemands ont préféré quitter l’Algérie parce qu’ils refusaient de les “nourrir”. » Les retards de livraison des marchés, à l’image du métro d’Alger, dont les travaux ont commencé en 1983, ne seraient donc pas dus à des problèmes techniques : « Les chantiers sont livrés tranche par tranche car cela permet de multiplier les interlocuteurs et donc d’empocher plus. »

Cela dit, la corruption en Algérie n’aurait permis à personne de s’enrichir autant que les dirigeants tunisiens et égyptiens, dont les fortunes sont évaluées à plusieurs milliards de dollars. « En Algérie, les fortunes des tous ceux qui dirigent ne seraient que de quelques millions de dollars par personne. » Des sommes généralement placées dans les pays européens. « Mais depuis que les Occidentaux ont décidé le gel des avoirs des Ben Ali et des Moubarak, ainsi que de leurs proches, les fortunes des dirigeants algériens en Europe sont en train d’être déplacées vers les pays du Golfe. »

Notre source tempère : « La logique clanique est en voie de disparition en Algérie. La plupart de ceux qui composaient les clans des années 1980 et 1990 se sont retirés du pouvoir et sont devenus des hommes d’affaires. »

En Egypte et en Tunisie, l’armée n’est pas intervenue pour mettre fin à la révolution ; elle a au contraire facilité son avènement. Or, en Algérie, tout le monde est convaincu qu’elle empêcherait un changement de régime. Car les véritables dirigeants sont des généraux et le président Abdelaziz Bouteflika s’est autoproclamé ministre de la défense nationale. Notre source assure pourtant que « l’armée ne réagira pas contre le peuple. Son rôle est désormais limité à la lutte antiterroriste. De plus, contrairement à la Tunisie et à l’Egypte, l’Algérie a décentralisé l’autorité militaire. Il y a cinq régions militaires et chaque responsable se débrouille tout seul. »

Le changement espéré par le peuple algérien serait donc loin. Les véritables décideurs auraient déjà tous établi des plans « qui ne mettent pas en danger la population ». « Mais le régime compte désormais des diplômés qui partagent les aspirations du peuple. Si ces civils n’ont pas le poids suffisant pour faire basculer le pouvoir, ils pourraient profiter de ce moment pour imposer un virage politique positif dans la gestion du pays. »


Amel B.

(1) Le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), les services secrets dirigés par le général Mohamed Mediène, dit Toufik, depuis 1990.

(2) Cette règle intitulée en arabe algérien « Lli ttah, rrah » (litt. « Qui tombe est perdu ») a déjà été appliquée au général Mohammed Betchine qui a subi, en 1998, une campagne virulente de dénonciations pour corruption. Le but était de faire démissionner le chef de l’Etat de l’époque, le général Liamine Zeroual, dont il était le conseiller. L’ex-milliardaire Moumen Rafik Khalifa a aussi fait l’expérience de la même règle.

d’autres tragédie

9 mars, 2011

Evitez-nous, Monsieur le Président, de nouvelles humiliations et d’autres tragédie

 

 

Evitez-nous, Monsieur le Président, de nouvelles humiliations et d’autres tragédie

   PAR IRIS  SAMY

Alger va-t-elle encore brûler, Monsieur le Président ? Allons-nous vivre les convulsions d’antan ? N’entendez-vous pas cette violence qui sourd et ces colères contenues qui disent toutes nos indignations ? Quelle sensation devriez-vous encore éprouver pour sortir de ce silence dans lequel vous vous drapez dans le mépris souverain des gémissements d’un peuple qui n’en peut, mais… ?

La furie tunisienne, celle des Egyptiens, ces cris de liberté à gorge déployée, ces torses découverts pour mieux recevoir les balles assassines, ce désespoir épais qui annonce toutes les révoltes, tout cela, Monsieur le Président, ne semble être, pour votre auguste personne que roupie de sansonnet, que cris d’orfraie de petites âmes en chagrin. Quel crime suprême avons-nous donc commis pour mériter ce dédain – Ô cher souverain ! – au point que nous ne puissions même plus rencontrer votre regard ?

Vos thuriféraires, rompus à toutes les veuleries, vous ont, sans doute, renseigné sur l’état de l’opinion. On entend déjà leur antienne «L’Algérie, n’est pas la Tunisie, encore moins l’Égypte» qui claque comme un oripeau dans les vents mauvais d’une tourmente attendue. Ces séides, dans une contorsion de mains de satrapes avertis, ne vous disent rien de notre désir irrépressible de vivre et d’espérer. Ils tairont, dans leurs sournois desseins, les immolations, les ventres creux, les suicides et ces jeunes qui préfèrent s’abîmer dans les fonds marins qu’errer dans les rues lépreuses d’Alger.

Nous comprenons que les bouleversements prodigieux qui ont eu lieu à Tunis et au Caire ne vous inspirent guère parce que la révolte, comme le pensent ces benêts, n’est pas contagieuse. Ils vous susurreront que la dignité humaine, aussi, n’est pas la même selon qu’on s’épouille dans un bidonville tunisois ou dans un cloaque algérois, mais ils oublient que, sous ces latitudes tout est furieusement égal. On le sait depuis la nuit des temps que les peuples ne sont pas faits de la même eau – et devraient-ils, Monsieur le Président, se flageller à cause de ces différences biologiques et économiques ? – mais, tout autant ils sont mus par les mêmes espérances et, sans doute, par la même conscience citoyenne.

Aux dernières émeutes d’Alger – alors que la rue tunisienne, souvenez-vous, était à ses premiers vagissements et Ben Ali un dictateur insolent qui donnait encore du menton devant la tremblotante caméra de la télévision locale – vous avez délégué vos pouvoirs à un obscur ministre qui s’est cru perspicace d’ouvrir une saison de soldes avant terme pour absorber les colères incandescentes d’une rue en furie. Le pôvre a décidé – décidé ? quel bien grand mot, Monsieur le Président, s’agissant d’un sous-fifre qui bégaie des réponses insensées – de baisser, en dépit des lois, les prix de l’huile et du sucre. C’est bien la peine d’être citoyen dans un pays qui mesure son degré de conscience à l’aune de l’altimètre de l’œsophage, mais enfin, vous conviendrez, que dans une contrée où l’on se complaît chaque matin à compter les milliards de dollars, constituant le matelas des réserves de change, et où on néglige d’inventorier les miséreux et les laissés-pour-compte, que la notion de citoyen est toute relative, voire pusillanime… Elle a été tellement galvaudée, avilie qu’il est plus aisé de saisir une comète à mains nues que d’être une personne digne et respectée en Algérie.

Mais ceci, Monsieur le Président, c’est encore une autre affaire… Votre ministre donc, élevé au rang de chef de rayon d’une grande surface, a sous-traité la parole politique à un producteur d’huile, pour ne faire de ces émeutes qu’une relation simplifiée entre le ventre et le portefeuille. En la circonstance, votre Premier ministre, formaté dit-on pour les hautes fonctions, talqué, emmailloté, bordé et tétant sous de langoureuses berceuses pour qu’il soit éveillé aux choses de la politique et aux affaires sous quelque forme qu’elles se fassent, s’est retiré, comme à son habitude, sur la pointe des pieds, évitant de débrouiller l’écheveau qu’il a, si savamment, pelotonné. Votre Premier ministre, en vérité, Monsieur le Président, n’est pas le vôtre. Il vous a été, comme toutes les choses sérieuses en Algérie, imposé. Ce que l’on peut vous reprocher, c’est d’avoir accepté un Premier ministre que vous méprisez et que vous vouez aux gémonies, quand bien même en la matière vous avez une marge étroite. Ses décisions, d’une légèreté saisissante, ont été transformées en lois que son ministre de l’Intérieur a défaites avec une égale superficialité.

Cacophonie, gabegie, pis-aller pouvoir délité, responsabilité dégradée, c’est tout cela et d’autres du même bois qui doivent vous aider, Monsieur le Président, a reconsidérer l’avenir – le vôtre, en particulier – nous comprenons que les voix de vos collaborateurs soient inaudibles et de toutes façons si peu crédibles, mais la vôtre, Monsieur le Président, aurait été utile durant ces jours de grande incertitude qui auguraient d’une apocalypse. Votre devoir, vos responsabilités ne vous autorisent point à faire l’économie d’une adresse à la nation ni à lui tourner négligemment le dos.

Votre maladie, de laquelle nous ne savons rien, sinon ce bulletin de santé lu à partir d’une chambre du Val-de-Grâce par un chanteur de raï, embastillé depuis, votre âge avancé qui peut transformer l’acte de gestion en rude épreuve et quasi inhumaine et vos absences si fréquentes pour des contrées lointaines où vous aimez siéger dans des cénacles aux contours imprécis et aux thématiques absconses, ne peuvent constituer quelque obstacle à votre implication dans un pays démonétisé. Sinon, n’est-ce-pas, vous avez toute latitude de renoncer à votre charge. Une corruption érigée en mode de gestion, une volte-face incompréhensible aux réformes économiques, des élites décérébrées, un système éducatif qui produit des mutants, des maquis islamistes encore très actifs, malgré votre politique de réconciliation …Qu’avez-vous fait de ce pays Monsieur le Président ? Puisque vous vous obstinez à refuser de dire l’état dans lequel vous l’avez mis – consciemment ou non, du reste – alors ce sera l’ambassadeur américain à Alger qui le fera dans une dépêche lapidaire révélée par le site WikiLeaks : «L’Algérie est un pays malheureux. Pas un pays pauvre, pas une dictature standard, pas un pays en guerre, pas un pays tout court. Non, un pays malheureux … » On ne peut mieux dire, ni définir la consistance du brouet dans lequel on surnage.

Votre silence qui relève pour d’aucuns du dédain et pour d’autres d’une incapacité à gérer – qu’importe au demeurant vos états d’âme et cette grammaire complexe de l’exercice du pouvoir – appuie fortement ce spleen d’un diplomate désabusé. Mais parce qu’Alger brûle, même si vous ne sentez pas encore les fumées âcres qui s’en dégagent et qui vont noircir sous peu notre ciel si bleu. C’est parce que nous convulsons, comme avant, comme toujours, que nous attendons de vous quelque magnanimité. Nous attendons que vous renonciez solennellement à un quatrième mandat et que vous vous interdisiez toute tentation d’un pouvoir oligarchique. Nous attendons non des prodigalités comme nous en a habitués le système prébendier, mais des actions fortes et soutenues pour préparer l’alternance politique et réhabiliter la société civile. Parce que l’Algérie doit renouer avec l’enthousiasme et parce que les citoyens veulent mériter leur pays, que ne pouvez aujourd’hui, Monsieur le Président, leur faire croire que leur salut est dans une mesure de sucre ou dans une lampée d’huile à prix sacrifiés.

L’Algérie n’est pas un œsophage – même si les références de votre Premier ministre à propos de son limogeage qui recommande aux journalistes, très délicatement, de «faire la différence entre les haricots et les lentilles», sont invariablement culinaires. L’Algérie ne tient pas dans une «Maruti», dans un lopin de terre, dans un bout d’autoroute, ni dans un F2 de quelque cité sordide. Pas seulement, Monsieur le Président ! L’Algérie attend tant et tant qu’il n’est plus permis, par effets dilatoires, de remettre aux calendes les changements attendus. Évitez-nous de grâce, de nouvelles humiliations et d’autres tragédies. Faites en sorte que l’Algérie ne soit pas «un pays malheureux» Elle vous a tout donné : la gloire, les honneurs, le pouvoir et l’aisance matérielle. Rendez-lui, Monsieur Bouteflika, sa dignité ! Vous le lui devez bien.

l’ordre occidental capitaliste

9 mars, 2011

Pays arabes, les chiens de garde

 

Pays arabes, les chiens de garde

Constat. L’image des peuples arabes et maghrébins est en train de changer. Jusque-là, c’était « la rue arabe », expression sous laquelle sont évoqués les peuples de ces régions, laquelle suggérait l’inexistence d’opinions publiques nationales dans cette partie du monde. « Rue arabe » relevait de cette vision ( culturaliste) de foules socio-politiquement indifférenciée, de foules dociles, passives, mais réfractaires aux valeurs de liberté et de démocratie, parfois fanatisées, animées d’une haine viscérale anti-occidentale quand elles manifestaient leur opposition à la guerre en Irak ou leur solidarité avec les Palestiniens. Une vision que se plaisaient à mettre en scène les médias occidentaux. Jusque-là, cette « rue arabe » mue, selon l’Occident,  par le seul facteur religieux, était présentée comme porteuse de menaces pour l’ordre occidental capitaliste et justifiait par conséquent sa stratégie envers les pays arabes.

Les démocrates, la gauche, les laïcs algériens, marocains, tunisiens, égyptiens et autres, qui tentaient de donner une autre image des réalités de leurs pays, de pays où se déroulent des luttes sociales, politiques, pour les libertés et les droits de l’homme, n’avaient droit de cité que pour justifier la thèse de leur isolement, d’élites « occidentalisées » minoritaires, coupées de leurs peuples et, partant, valider le poids et la prépondérance du religieux dans les sociétés maghrébines et arabes, et ce, quand ces mêmes élites n’étaient pas accusées de faire le lit de l’islamisme parce qu’elles revendiquaient l’ouverture du champ politico-médiatique, le respect des droits de l’Homme, la liberté et la démocratie.

Entre donc ces démocrates et ces laïcs arabes et maghrébins, par définition « minoritaires »,  et une menace islamiste démesurément gonflée, mieux valait, affirmait-on dans les capitales occidentales,  soutenir les régimes en place quitte à faire une entorse aux valeurs de liberté et de démocratie dont elles se réclament. Selon elles, les autocrates et les potentats arabes sont ce qui convient le mieux pour tenir en laisse ces « masses arabes » sensibles, parait-il, au discours de Ben Laden et de la Qaïda ! Les Ben Ali et compagnie étaient ainsi confortés dans leur gouvernance autoritaire et anti-démocratique. En « bons chiens de garde » (l’expression est de Paul Nizan), ces dirigeants arabes en qui Washington et ses alliés plaçaient leur confiance, se présentaient dès lors comme des remparts contre l’islamisme. Que la succession dynastique – Gamal Moubarak en Egypte, Seif el islam en Libye, le fils du président Saleh au Yémen,– soit l’unique alternative aux potentats en place ne dérangeait nullement Washington et ses alliés. Gamal Moubarak, Seif el islam Kadhafi n’ont-ils pas été adoubés avant d’être reçus avec tous les honneurs dans les capitales occidentales ?

Pris de court par les révolutions tunisienne et égyptienne, et par les révoltes qui secouent l’ordre établi dans les pays arabes, l’Occident, ses médias et ses spécialistes qui défilaient sur les plateaux télés, écoutant avec un air condescendant une personnalité démocrate arabe – quelques uns étaient tout de même invités – découvrent l’existence d’opinions publiques nationales arabes et maghrébines qu’elles mettent au compte de la « mondialisation libérale » et d’internet, et ce, bien qu’elles aient de tout temps existées.
 
Mieux, ils découvrent avec effarement que ces « révoltes » ont ignoré Ben Laden et la Qaïda. Que les peuples de cette région du monde aspirent à la démocratie, au pluralisme et aux libertés et que pas un seul slogan islamiste, genre « l’islam est la solution », n’a été scandé ! Et voilà, que Washington et ses alliés changent de fusil d’épaule et, après avoir lâché tour à tour Ben Ali, Moubarak (leur plus fidèle allié), ils exigent le départ de Kadhafi présenté un temps comme un homme ayant « changé »,  et font pression sur les autres dirigeants arabes et maghrébins pour qu’ils fassent des gestes envers leurs peuples !  En vérité, ils redoutent ces révolutions arabes. Ils redoutent la démocratisation des sociétés arabes. Le temps où les autocrates bradaient les richesses de leurs pays sans que leurs peuples ne disent quoi que ce soit, ce temps-là est terminé. Plus qu’un drame pour l’Occident, si ces révolutions aboutissaient à l’instauration de sociétés arabes démocratiques, le soutien occidental à Israël présentée comme la seule démocratie de la région, ne se justifiera plus. Une chose est sûre : sans préjuger de ce qui va arriver sur le moyen terme, la donne a changé.
par. IRIS SAMY

La déconstruction de l’identité algérienne !

8 mars, 2011

Ils ont appris aux Algériens à détester leur pays

La déconstruction de l’identité algérienne vient de trouver son explication historique et ses véritables concepteurs. La déliquescence de l’Etat, l’immobilisme politique, la désintégration sociale, la déculturation chronique, la tentation de l’exil et de la harga, la haine de soi et de son propre pays ne sont pas le fruit d’une malédiction ni d’une tare collective.

C’est le résultat d’un double processus prémédité, une conjugaison de deux forces qui ont remplacé le pouvoir colonial dès la fin de la guerre de libération en 1962… et qui gouvernent encore en 2008.

D’une part, Abdelhafidh Boussouf avait prémédité la création d’une «Armée de l’ombre» dont la première promotion Larbi Ben M’Hidi formée à Oujda était composée exclusivement de «recrues marocaines» (1). Certains d’entre eux se disent «Algériens de longue date», mais ils sont nés et ont vécu au Maroc. Leur histoire n’a jamais été écrite et on ne sait toujours rien de leur parcours personnel, familial et militant, 50 ans après leur entrée dans les rangs du MALG et de l’ALN. Ils n’ont «découvert» le sol algérien qu’après l’indépendance. Par simplification sémantique et en vertu du «droit universel du sol», nous les nommerons sans nuance les «Marocains du MALG». Ils étaient si nombreux que, selon un témoignage du journaliste Paul Balta, «Houari Boumediene, qui était guidé par un souci permanent de préserver l’unité nationale, avait interdit que les notices biographiques officielles des responsables comportent leur lieu de naissance.»

D’autre part, le général De Gaulle, revenu au pouvoir en 1958 à la faveur du putsh d’Alger, avait prémédité, à la façon d’un grand stratège militaire, l’indépendance qu’il voulait négocier par «la paix des braves». «Nous avons laissé 140.000 harkis infiltrés dans les rangs de l’ALN», selon ses propos rapportés par son fils dans son livre «Mon père De Gaulle». Ceux qu’on nomme les DAF «déserteurs de l’armée française», ont rejoint les rangs de l’ALN vers la fin de la guerre, essentiellement dans l’armée des frontières, avec des grades subalternes, mais formeront plus tard le «clan des généraux».

La déconstruction du FLN par Boumediene

C’est la conjugaison de ces deux «forces frontalières», l’une occulte, l’autre organisée, formée et disciplinée en uniformes placées sous l’autorité de l’Etat Major Général (EMG) et du «clan d’Oujda» dirigés par le colonel Houari Boumediene, qui a achevé la dislocation de la direction historique du FLN, entamée par les colons et… par Boussouf avec l’assassinat de Abane Ramdane.

Le FLN créé en 1954 était le fruit d’un long combat contre la «nuit coloniale», porté par plusieurs générations depuis 1830 et le soulèvement de l’Emir Abdelkader. L’Etoile Nord-Africaine de Messali Hadj, PPA, MTLD, UDMA,… ont formé le mouvement et la conscience politique nationale qui ont abouti au 1er Novembre 1954. Tous les leaders de la Révolution Algérienne ont été ensuite laminés par la machine de guerre coloniale… et achevés par la machine de guerre de l’armée des frontières et de la sécurité militaire. Les héros de la Révolution ont été victimes de la devise : «Dieu ! Préservez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge.»

Les «fellagas authentiques» des maquis algériens avaient pourtant mis à genoux la France coloniale au point de désintégrer son régime politique. Après avoir liquidé les indépendances indochinoise, marocaine et tunisienne, la IVe République s’apprêtait à en terminer avec la guerre d’Algérie. Une répression féroce, dirigée par le général Massu, s’est abattue sur les chefs du FLN. Mais le coup d’Etat du 13 mai 1958 provoque le renversement du régime, le retour au pouvoir du général De Gaulle et l’adoption d’une nouvelle Constitution le 28 septembre 1958, qui consacre l’avènement de la Ve République.

Sans sa légitimité historique, militaire et populaire, De Gaulle lui-même et son régime ont failli être renversé par le putsch d’avril 1961 du «quarteron des généraux» dirigé par le Général Raoul Salan qui devint chef de l’OAS, avant d’être arrêté, condamné à perpétuité, puis gracié en 1968.

Le processus de construction politique national d’un Etat démocratique porté par Larbi Ben M’Hidi, Mostefa Ben Boulaïd, Ferhat Abbès, Benyoucef BenKhedda, Mohamed Boudiaf, Hocine Ait-Ahmed, Mohamed Khider, Krim Belkacem, etc. a été brutalement stoppé par la «dictature militaire» de Boumediene qui s’est appuyé sur les «Marocains de la SM» et les DAF pour asseoir son pouvoir personnel et autoritaire sur l’embryon d’Etat algérien. Il n’a laissé que deux choix aux vrais maquisards et militants de la première heure : «se soumettre ou se démettre». C’est ce qui explique que beaucoup sont rentrés dans le rang, alors que d’autres se sont exilés ou ont été emprisonnés ou exécutés. Pour éluder les questionnements de la population sur cette terrible répression qui s’abattait sur les dirigeants de la Révolution, l’intox des «Marocains de la SM» avait diffusé la rumeur que ces gens là avaient volé le «trésor de guerre du FLN» sans autre explication.

Boumediene avait réussi à concentrer entre ses mains tous les pouvoirs et légiférait par ordonnance. Il était président du Conseil de la Révolution, chef de l’Etat, chef du gouvernement, ministre de la Défense, chef d’état-major et chef de la Sécurité militaire. Il était en outre partisan de l’organisation monopolistique du parti-Etat, de l’idéologie socialiste, et d’une mégalomanie du genre «le peuple c’est moi». L’enfance paysanne de Boumediène a profondément influencé son mode de gouvernance. Il avait une «conception très paysanne» de l’appropriation des responsabilités, comme si c’étaient des parcelles de terre, d’où cette absence totale de séparation des pouvoirs que les Algériens subissent encore aujourd’hui. Il était plongé dans une mystique de volontarisme et de déterminisme politique telle qu’il interdisait même à l’Histoire de contredire ses choix qu’il décrétait «irréversibles» comme le socialisme ou la révolution agraire. Il «cassait les marches arrières» comme disent les Oranais.

Marqué par les massacres du 8 mai 1945, alors qu’il était un adolescent de 13 ans, il découvrit la dure réalité coloniale qu’il combattra toute sa vie. Il communiquera cette farouche combativité à toute une génération d’adolescents dont il deviendra l’idole et le modèle.

Durant le règne du «géant» Boumediene, on ne pouvait s’intéresser à l’itinéraire des «fourmis» qui l’entouraient, et dont on ne soupçonnait même pas l’existence, notamment les «Marocains de la SM» et les DAF, dont l’identité réelle était totalement inconnue du peuple non initié à la réalité du pouvoir. C’est ainsi que s’est construit ce fameux mythe de la SM, que les Algériens nommaient ironiquement «sport et musique» et qu’on a fini par voir «caché derrière chaque Algérien».

Par ailleurs, tous les Algériens qui faisaient leur service national pendant deux ans étaient durement «dressés à l’obéissance» par les DAF, à avoir peur de l’armée et la SM, ce qui les marquera à vie. De nombreux appelés, citadins et ruraux, en ont gardé un profond traumatisme.

En lui succédant après sa mort en 1978, Chadli Bendjedid tenta de «déboumediéniser» le pouvoir en restructurant les services secrets et en se débarrassant des «Marocains de la SM». Il écarta Bouteflika, Merbah, Zerhouni, Tounsi, etc. Il radia aussi de nombreux DAF des rangs de l’ANP. Mais depuis sa destitution en janvier 92, les deux clans sont revenus en force et ont porté le Marocain Bouteflika au pouvoir en 1999, après une première tentative avortée en 1994.

Les désastres diplomatiques de Bouteflika

Tout a déjà été dit dans le livre «Bouteflika, une imposture algérienne» écrit par Mohamed Benchicou (2). Il y décrit «le faux civil, le faux maquisard, le faux diplomate, le faux opposant». Mais Benchicou a été dupé par ses informateurs qui ne lui ont pas tout dit sur l’imposture généralisée de tous les Marocains introduits dans tous les rouages de l’Etat. Il a vu subitement s’abattre sur lui les foudres des Marocains Zerhouni, Ould Kablia, Tounsi, etc. et de leur servile agent Ouyahia, qui l’ont jeté en prison pour deux ans et dépossédé de son journal et de ses biens. Même les DAF janviéristes, qu’il a ardemment soutenu, n’ont pas levé le petit doigt pour le sauver, scellés qu’ils sont par le pacte de silence et de complicité qu’ils ont signé avec les Marocains du MALG.

Comme l’a si bien dit le diplomate Lakhdar Brahimi, «C’est la Révolution algérienne qui a porté les diplomates algériens, ce ne sont pas les diplomates algériens qui ont porté la Révolution algérienne». Bouteflika, qui a construit son mythe sur les succès diplomatiques de Boumediene et de la Révolution algérienne, vient encore de prouver sa totale imposture historique. Il a refusé de recevoir l’envoyé spécial des putschistes mauritaniens et l’a fait savoir. C’est une première dans les annales des relations avec nos voisins que l’Algérie ne va pas tarder à payer par un rapprochement maroco-mauritanien. Avant cela, il donna une image désastreuse de la diplomatie algérienne quand il laissa Sarkozy s’improviser en porte-parole pour annoncer sa participation au sommet de l’UPM.

Depuis son installation à la tête de l’Etat, en avril 1999, l’Algérie n’a pas cessé de collectionner les échecs diplomatiques. En total déphasage avec la réalité du monde d’aujourd’hui, Bouteflika, ses “hommes d’Etat”, ses conseillers et ambassadeurs “chevronnés”, septuagénaires et octogénaires commettent des erreurs, des catastrophes, des désastres.

Manque de réalisme, improvisation, valse-hésitation, navigation à vue, attentisme,… Sur tous les dossiers stratégiques qu’il devait gérer, l’Oujdi Bouteflika, «ses ministres et ses diplomates marocains» ont eu tout faux et porté un très grave préjudice à la crédibilité de l’Algérie sur la scène internationale. OMC, UPM, Accord d’Association avec l’UE, Politique Européenne de Voisinage, Sahara Occidental, Médiation avec la Rébellion Touarègue, Traité d’Amitié et Repentance avec la France, Ligue Arabe, NEPAD, etc. sont autant d’échecs consommés. Avec une diplomatie à la dérive qui a perdu toute capacité d’initiative, d’action et de leadership qu’elle avait jadis, notre pays a plongé dans l’isolement et l’anonymat qui caractérisent un petit pays sans envergure, ni ambitions. Les puissances ne se rappellent de l’Algérie que pour son gaz naturel.

La corruption institutionnelle et insurrectionnelle

Le colonel Ahmed Bencherif, ex-commandant de la Gendarmerie sous Boumediene avait dit : «La première corruption est venue de ceux qui ont monnayé leur attestation de moudjahid et des 10.000 Algériens qui travaillaient dans l’administration marocaine et étaient rentrés au pays après 1962.» On les appelait au Maroc les «2ème franciss», français de deuxième collège, ou «Wasti», interprètes et intermédiaires entre les indigènes marocains et l’armée française. Leur retour et leur insertion ont été favorisés et encouragés par les Marocains de la SM.

Il serait très opportun de relire le procès de l’affaire Khalifa avec cette nouvelle révélation des Marocains du MALG et de la SM. Le père de Rafik, Laroussi Khalifa était l’adjoint de Boussouf et le directeur du 1er stage des «recrues marocaines» du MALG. Devenus dirigeants du pays, ils ont manifesté leur reconnaissance à son fils, en l’aidant à monter son groupe et à dilapider les deniers publics tout en se servant au passage. On peut affirmer aujourd’hui que Bouteflika était le réel «parrain ordonnateur» de cette «gabegie nationale» du groupe Khalifa qui a commencé en 1999, et dont son propre frère Abdelghani était l’avocat.

Cette nouvelle mystification de l’affaire Khalifa n’est que l’aboutissement scandaleux des réseaux de cooptation et de corruption institutionnelle que les «Marocains du MALG» ont instauré depuis l’indépendance. Ils se sont accaparés des nominations de tout ce qu’on appelle les «postes à mangeoire», en écartant les indésirables par leurs fameuses «enquêtes d’habilitation».

Les «familles du pouvoir» se sont réservées les postes diplomatiques auxquels les Algériens de l’intérieur ne pouvaient avoir accès qu’au prix d’une recherche éperdue de pistons et de recommandations, jusqu’à en perdre leur dignité et leur décence. Tous les concours d’accès n’étaient que des mascarades pour cacher les réels critères de sélection claniques.

Il en est de même pour les entreprises qui offraient des perspectives de voyages ou de nominations à l’étranger (Sonatrach, Air Algérie, CNAN, APS, etc.). L’accès à l’encadrement dans ces sociétés était quasiment interdit aux fils du peuple. Même le sport n’a pas échappé à leur gourmandise. Plusieurs «Marocains du MALG» se sont retrouvés présidents de fédérations sportives et de clubs… simplement pour voyager à l’œil. D’autres ont profité de «tirelires personnelles», qui servaient accessoirement d’officines de la SM, comme celle de l’ex-adjoint de Boussouf, Lakhdar Bentobbal qui présida l’Union Arabe du Fer et de l’Acier à Cheraga, que dirigeait un certain Mohamed Laid Lachgar.

On se rappelle tous de ces étudiants en fin de cycle, qui se questionnaient les uns les autres sur leurs connaissances mutuelles et les possibilités d’intervention pour obtenir des bourses à l’étranger ou intégrer tel ou tel secteur d’activité juteux. Le mérite et l’intelligence étaient secondaires, il fallait être introduit et coopté systématiquement.

Quitter le pays pour étudier ou travailler «à l’étranger» était devenu un sport national, une compétition ouverte à tous les reniements nationaux, régionaux et toutes les dérives familiales et personnelles.

C’est de cette haine cumulée des réseaux de corruption et de cooptation que sont nés la corruption insurrectionnelle et les secteurs informels tacitement admis par les citoyens exclus des bienfaits de la cooptation, et qui sont devenus aujourd’hui ingérables par l’administration et la justice. (3)

Le déracinement des cadres algériens

Les «Algériens du Maroc», 2ème franciss, qui ont découvert l’Algérie après l’indépendance pour s’accaparer des pouvoirs sécuritaire, militaire, administratif et judiciaire, ont vécu le syndrome des «déracinés». Ils ont donc fait du déracinement des cadres algériens un «principe de gouvernance» et ont «trouvé normal» de leur imposer des affectations systématiques, contre leur gré, hors de leurs wilayas et leurs régions d’origine. Ils ont camouflé et justifié ce déracinement «au nom de l’unité nationale».

C’est ainsi que des directeurs de la culture, du tourisme, de la jeunesse, des Domaines, de l’habitat, du social, etc… se sont retrouvés affectés d’office, avec leurs familles, dans des wilayas et des régions dont ils ne connaissaient rien. Ni la langue dans les zones berbérophones, ni les traditions, coutumes, histoires, géographie, territoires, tribus, familles, etc. Ils n’ont donc jamais pu gérer correctement des problèmes et des citoyens dont ils ne comprenaient rien. Le temps qu’ils apprennent quelques bribes superficielles de la culture locale, ils sont déjà affectés ailleurs, et le cycle s’est reproduit indéfiniment depuis l’indépendance.

Le déracinement des cadres de l’administration a été érigé en principe national d’autodestruction des tissus économiques, sociaux, culturels, touristiques, sportifs, etc. En outre, ils se sont arrangés pour «faire venir leurs cousins et leurs copains» et leur offrir des postes subalternes ou des terrains, locaux, avantages, etc… Des commerçants, agents, plantons et chauffeurs se sont retrouvés travaillant en «j’menfoutistes» à des centaines ou des milliers de kilomètres de chez eux. Ils n’avaient aucun état d’âme dans leurs actes puisque personne ne les connaissait, ni ne savait même d’où ils venaient pour certains. Les fonctionnaires des collectivités locales «déracinés» se sont blindés dans une «soumission» à leur hiérarchie en se moquant sans scrupules de ce que pouvaient penser d’eux des citoyens qui leur étaient «étrangers» et à qui ils n’avaient aucun compte à rendre. Rares sont ceux qui se sont intégrés et installés dans le tissu local.

On constate aussi cette dérive dans les corps constitués. De jeunes soldats, gendarmes, policiers «gaspillent» plusieurs années de leur jeunesse loin de leurs familles. Certains d’entre eux ont passé des journées entières à tenir des barrages fixes se sentant imprégnés «d’une totale inutilité» isolé d’une population qui ne les connaît pas.

Par exemple, dans le Grand Sud, aucune brigade ne se risque à se déplacer sans les indispensables «guides touarègues». La dernière affaire des otages d’Illizi a démontré l’impuissance de toute une armée à se mouvoir sans les pisteurs touarègues. Et on ne peut s’empêcher de se poser la question : depuis 1962, pourquoi n’y a-t-il aucun officier touarègue dans aucun corps constitué ?

C’est de ce déracinement administratif, social et culturel du personnel qualifié, des démembrements locaux de l’Etat que sont nés les travers de la société algérienne que décrivent les journalistes depuis plusieurs années sans jamais oser en citer nommément les causes réelles et les responsables, astreints à une censure aliénante.

Le coup de gueule d’Abdou B. sur la déconstruction culturelle algérienne est significatif et accablant :

«Le pays s’est trouvé déguisé d’oripeaux afghans, pakistanais, wahabites, soudanais, iraniens, tous n’ayant aucune filiation avec les traditions millénaires, les costumes, les musiques, la fête, l’altérité féconde, les cuisines, les boissons soft ou hard qui font la richesse, la séduction, l’histoire et l’attrait qu’exerce depuis des milliers d’années la Méditerranée. Des gouvernances sages, intelligentes, tournées vers l’avenir, immergées dans leur propre histoire, respectueuses des femmes et des hommes, qui ont fait que la Méditerranée n’est à nulle autre pareille, ont œuvré pour que leur pays méditerranéen le reste. Ces pays ont intégré, sans rien renier de leur originalité, de leur génie, de leurs apports à la civilisation mondiale, les empires, les colonialismes, les invasions et les apports dans tous les domaines de leurs envahisseurs, colonisateurs, pour les ingérer, les digérer, les «nationaliser» et s’épanouir aux yeux du monde. Les diverses religions, les rites et rituels, les danses, les costumes, les arts culinaires et sportifs, les fêtes de la plus petite, locale à celle d’envergure nationale, les grands pays méditerranéens les ont parfaitement adoptés, adaptés et surtout fructifiés. Prenons la langue française, les ruines romaines, l’arrivée des Arabes avec l’Islam, la colonisation «soft» turque, les «courses», les pirates et les corsaires, l’amazighité dans toutes ses déclinaisons, de tout cela, qu’ont fait les premiers décideurs nationaux. De 1962 jusqu’à l’été 2008, qu’ont-ils fait de ces couleurs, de ces richesses propres à la Méditerranée ? […] Ce pays, pour des raisons historiques, indiscutables est africain, musulman, amazigh, aux frontières de l’Europe, arabe depuis des siècles par la langue, mais il est foncièrement méditerranéen par ses rivages. Comme le sont le Liban, l’Egypte, la Tunisie, l’Espagne, etc. Il l’est par le métissage de ses musiques andalouses, berbères, de l’extrême sud, des Aurès, du mélange orano-espagnol, […]» (4)
 
Abed Charef laisse aussi éclater sa colère contre les Marocains Bouteflika, Zerhouni, Ould Kablia et Tounsi sans les nommer :

«Le drame de Sidi Aïssa a montré à quelles dérives peut mener la déliquescence sociale et institutionnelle. L’engrenage commence en haut de l’échelle, où opèrent des responsables aveugles. Malgré Chlef, Oran, Berriane et toutes ces villes algériennes qui se sont embrasées, parfois pour des prétextes futiles, souvent pour des revendications légitimes, ces hommes à qui incombe la gestion des affaires du pays se sont montrés incapables de comprendre cette colère sourde qui traverse la société, et qui ne cherche que des prétextes pour exploser.Ces hauts responsables sont relayés, au niveau local, par une administration aveugle, incapable elle aussi de gérer une société déchirée, déstructurée, sans perspective. Préoccupé d’abord par l’impératif d’asseoir son pouvoir, de gérer ses réseaux de clientèle et rester dans les bonnes grâces du prince, le responsable local n’a guère de temps à consacrer à ce qui préoccupe ses sujets. Cette alliance entre un pouvoir central aveugle, et une administration locale tout aussi aveugle, débouche inévitablement sur cette violence aveugle, faite de haine et de destruction, qui explose régulièrement dans les villes algériennes et constitue un élément central dans la gestion des villes. A un point tel que, pour nombre de responsables locaux, c’est devenu une hantise : comment éviter l’émeute sans régler les problèmes des citoyens ? Ils ne cherchent ni à gérer, ni à apporter des solutions, mais simplement à faire en sorte que l’accumulation des doléances ne se règle pas dans la rue.» (4)

Les Algériens d’ici et de là-bas

On peut mesurer la déstabilisation de l’Algérien du terroir dans sa vie quotidienne quand on le compare à l’Algérien de là-bas. Au fil de l’amélioration de ses conditions sociales, professionnelles et financières, l’émigré ou l’exilé, qui a quitté les entraves et le carcan de son pays pour réussir sa vie ailleurs, mesure au jour le jour la dégradation identitaire de ses proches causée par le système qui gouverne ce pays depuis 1962. Il suffit de rester quelque temps dans un taxiphone pour constater la névrose déconstructive qui oppose les émigrés à leurs parents restés au bled. Un vieux retraité eut un geste de dépit en raccrochant le téléphone et en grommelant des insanités. Rappelé à l’ordre par le gérant du taxiphone, il déclara impuissant : «Ça fait 40 ans que j’ai émigré et jamais, je n’ai pu finir une conversation avec mes proches avec le sourire, la joie, le bonheur, toujours des insultes ! J’en ai marre d’entendre les faux problèmes du bled !»

Par ailleurs, on peut voir dans certains quartiers de Paris, Londres, Rome ou Madrid le nombre hallucinant d’Algériens en situation irrégulière. Ils souffrent le martyre (chômage, crise de logement, marginalisation, délinquance, prostitution, drogue, clochardise,…), mais ils préfèrent cette misère plutôt que de retourner vivre dans la hogra et le désespoir en Algérie. Ils offrent un contraste saisissant avec les fils de la nomenklatura qui vivent la belle vie et bénéficient de bourse d’études, voitures, appartements, etc… Le contraste est très saisissant à la rue du Mont Blanc à Genève, où les corrompus du régime cigare à la bouche côtoient la plèbe de l’émigration algérienne vivant de menus larcins, trafics ou prostitution.

L’image de l’Algérien s’est considérablement dégradée. Il n’est plus considéré comme le révolutionnaire fier, rebelle et belliqueux, fer de lance du tiers-mondisme. L’authenticité de son identité a été gravement brouillée et on en connaît maintenant l’explication.

Il est temps de passer de la République des «Marocains de la Sécurité Militaire» à une véritable République Démocratique et Populaire d’une Algérie Authentique, par la dissolution immédiate du DRS et un rajeunissement radical des états-majors de l’armée.

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