Archive pour mars, 2011

17 mars, 2011

Algérie : comment Bouteflika maintient le statu quo

http://referentiel.nouvelobs.com/file/1611548.jpgEn essayent d’acheter la paix sociale à coup d’augmentations de salaires, le président algérien a ouvert la voie à une contagion des revendications.

En Algérie, une nouvelle « race » de contestataires semble émerger. Une nouvelle « classe sociale dangereuse, » amnésique avec laquelle le pouvoir va devoir apprendre à vivre et à négocier. Ces jeunes désœuvrés, qui représentent 65 % de la population n’ont pas connu la guerre civile, la décennie noire, qui a fait 150.000 morts et des milliers de disparus. Ils exigent des réponses immédiates : du travail tout de suite. En fait, tout ce que l’on ne peut pas leur donner. Alors ils mettent le feu… car pour eux, tout est « khorti« , bidon : l’école qui fabrique des analphabètes trilingues (arabe-berbère-français), les institutions, les partis politiques islamistes ou démocrates. Ils n’arrivent pas à s’intégrer à un groupe qui serait porteur d’un projet de société de grande envergure. Ce qui fera dire à Fellag le grand humoriste algérien dans un de ses sketches : « le plus grand parti algérien est celui des khortistes. »

Si les attentats perpétrés par les islamistes armés se font- heureusement- plus rares, les émeutes, elles, sont de plus en plus nombreuses dans tout le pays. Pas un jour sans que la presse algérienne ne relate des incidents violents entre jeunes et forces de l’ordre. La mort, le 3 janvier dernier, de cinq habitants, de Bab-El-Oued, qui manifestaient – violement- contre la cherté de la vie n’a pas embrasé Alger. Beaucoup d’Algériens ne veulent plus voir le sang coulé. « Nous avons trop souffert de la guerre civile », dit Ahmed, 45 ans, ouvrier du bâtiment.

C’est sur le front social que la contestation gagne le pays. Le président Bouteflika, qui craint la contagion tunisienne, a ouvert le chéquier et satisfait à grands coups de centaines de milliards de dinars, provenant des rentes pétrolières et gazières, pour satisfaire les revendications de nombreux salariés en grève. Les augmentations de salaires pleuvent : les cheminots, les pêcheurs, les enseignants, les ouvriers, les médecins hospitaliers, infirmières, les greffiers de justice, qui ont vu leur paie augmenter de 10 %.

Depuis une semaine, c’est au tour des employés de la Sonatrach, la grande société nationale des hydrocarbures, de rentrer dans la danse. A Hassi R’mel, dans le Sahara, plus de deux mille travailleurs, observent un sit-in devant la sous-direction de leur entreprise, qui est le premier employeur du pays, avec 135.000 salariés.

A la surprise générale, lundi 7 mars, bravant l’interdiction de manifester, des dizaines de milliers de gardes communaux, en uniforme, qui combattent le terrorisme, ont déferlé sur Alger, pour obtenir, eux aussi, une rallonge de leurs émoluments.

« La révolution, nous la faisons tous les jours », dit Nacer l’œil amusé. Trabendiste, il vend dans le quartier populaire de Belouizdad des chaussures de sport de contrefaçon, provenant le plus souvent de Chine. Des dizaines de conteneurs sont débarqués tous les jours du port d’Alger. Une bonne partie de ces marchandises sont écoulées au profit de ce que les Algériens nomment, « la mafia politico-financière« . Ses trafics juteux ne pourraient pas se faire sans la complicité de la police des frontières et de la douane. « La t’chipa, la corruption est endémique, voilà le mal qui ronge le pays », lâche fataliste, un enseignant. Les Algériens sont persuadés qu’une partie des revenus des mannes pétrolières et gazières, sont détournés au profit du pouvoir. « C’est pourquoi, nous exigeons tous les jours notre litre de pétrole et une bonbonne de gaz », dit en riant un fonctionnaire.

par.LMD

17 mars, 2011

Kadhafi l’ami de Sarkozy est un ingrat mal élevé

 

 

 

Le syndrôme du poisson rouge n’atteint pas Sarkophage. Celui-ci a en effet reçu un vaccin efficace contre cette affection responsable du déclin de notre beau pays.

Protégé, il peut donc rapporter une information qui ne manque pas de sel et qu’il faut donc s’empresser de jeter sur la plaie qu’est le Sarkozysme.

Kadhafi, le conseiller diplomatique en droits de l’hommes et démocratie de l’Elysée, a en effet planté un couteau dans le dos de son fidèle ami Sarkozy.

 

 dans politique sarkozy-kadhafi-121209 Merci au Blog du Chi


Et quand on parle d’un couteau il faudrait plutôt parler de tout le service de table à disposition.

Le projet d’Oignon pour la Méditérannée est enterré six pieds sous terre par le spécialiste de l’habitat directement posé dessus. L’amateur de tentes en plein paris vient de dire merde à son fidèle ami.

sarkozy-kadhafi-121211 dans politique Merci à Maester


Le seul qui peut lui permettre de chasser au bazooka dans le bois de Vincennes parce que cela pourrait rapporter une ou deux centrales nucléaires à son ami Bouygues.

Sarkozy peut donc remballer son projet fumeux et se remettre à bosser l’art d’appréhender le dictateur en goguette et le planteur de tente improvisé.

 

Il s’est fait prendre pour un gamin dans le jeu des relations diplomatiques. Quand on veut manger avec le diable il faut une grande cuillère !

 

sarkozy-kadhafi-1

 

 

Publié par afh

17 mars, 2011

Bouteflika-Kadhafi ou l’art de réfléchir à deux fois avant de ne rien dire

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Bouteflika-Kadhafi ou l'art de réfléchir à deux fois avant de ne rien dire

Mais quelle a donc été, diable, la position de l’Algérie au sein de la Ligue arabe à propos de la zone d’exclusion aérienne au‑dessus de la Libye ?
Ne comptez pas sur Mourad Medelci  pour vous le dire. Notre ministre des Affaires étrangères est devenu définitivement diplomate, c’est à dire un homme qui réfléchit à deux fois avant de ne rien dire.

Alors qu’on pensait que l’Algérie s’est alliée avec la Syrie pour s’opposer à la décision de la Ligue arabe, ce qui renforçait les doutes sur le soutien, direct ou indirect, d’Alger au régime libyen, une “source autorisée” au ministère des Affaires étrangères a démenti “catégoriquement” cette information sur le journal électronique TSA. “L’Algérie ne s’est ni opposée ni n’a même exprimé de réserves”, a-t-on ainsi appris à notre grand étonnement. On déduirait donc qu’elle a approuvé la décision de la Ligue arabe d’instaurer  une zone d’exclusion aérienne au‑dessus de la Libye. Mais non ! La “source” dévoile – sans rire – la position de l’Algérie : “elle a rappelé que la légalité internationale impose que la question de l’établissement d’une éventuelle zone d’exclusion aérienne relève du seul ressort du Conseil de sécurité des Nations Unies” (donc pas de la Ligue arabe) et a souligné “la décision des ministres arabes des affaires étrangères qui, en date du 2 mars 2011, avaient affirmé leur refus catégorique de toute ingérence étrangère en Libye”. Cela revient à dire que l’Algérie considère que vouloir instaurer la zone d’exclusion aérienne au‑dessus de la Libye est un acte d’”ingérence étrangère” et, de surcroît, que la Ligue arabe est disqualifiée sur la question. En langage diplomatique, mais aussi en langage javanais, vaudou, castillan ou zoulou, cela s’appelle des “réserves”.
Mais alors, pourquoi jurer que “l’Algérie ne s’est ni opposée ni n’a même exprimé de réserves ?
A quoi correspond cette grossière et grotesque dénégation ?
Ce reniement, en fait. Car une Algérie qui se serait opposée ou même exprimé de réserves aurait été bien plus honorable que celle qui se désavoue si pitoyablement.
Celle-là, elle perd sur tous les tableaux.

les harraga!!!!!

16 mars, 2011

L'immigration clandestine vers l'Europe prend de l'ampleur - Des fonctionnaires parmi les harraga

Frantz Fanon, psychiatre antillais, militant de l’indépendance algérienne au sein du FLN, avait publié durant les années 1960 un livre intitulé Les Damnés de la terre.

Le titre de ce livre de référence a été emprunté et revu par Djamel Ould Abbès, ministre de la Solidarité nationale, qui qualifie aujourd’hui, en 2007, de damnés de la mer les candidats à l’émigration clandestine, appelés communément les harraga. A l’ouverture de la rencontre-débat, autour des jeunes expulsés d’Europe et des harraga, organisée ce jeudi par le département de M. Ould Abbès, une minute de silence a été observée en hommage aux personnes décédées en mer en tentant via une barque de fortune d’atteindre leur destination de rêve, d’aller vers un monde meilleur. Plus de 2340 immigrants clandestins algériens ont été secourus en pleine mer ou interceptés sur les côtes au cours de ces trois dernières années. Près d’une vingtaine de harraga trouvent la mort chaque année au large des côtes algériennes avant d’arriver à leur destination en Europe.

761 ressortissants ont été rapatriés de l’Espagne durant uniquement le premier semestre 2007. D’aucuns estiment que ces chiffres sont effrayants, d’où la nécessité d’enclencher une réflexion et de mettre en place une stratégie de prise en charge de cette population fragile, et ce, afin de faire face à ce fléau. Ce phénomène de harraga est nouveau et étrange, selon le représentant du gouvernement. Il a pris des proportions alarmantes depuis l’an 2000. La rencontre de jeudi, première du genre et à laquelle ont assisté des représentants de ministères et de la société civile ainsi que des diplomates de 13 pays africains et européens, a permis de lever le voile sur une situation dramatique et une réalité amère. L’émigration clandestine ne touche pas uniquement le jeune chômeur en quête d’un emploi dans son pays de rêve, mais aussi des fonctionnaires, des étudiants, des commerçants, des femmes, des handicapés, des enfants âgés d’à peine 12 ans. En somme, la catégorie concernée par le phénomène de harraga est la couche moyenne.

La mal vie, la pauvreté, le sentiment d’exclusion, le manque de perspectives d’amélioration des conditions de vie, le bien-être, la découverte d’autres horizons sont autant de facteurs déclenchants qui poussent ces Algériens à affronter la mer, à prendre des risques démesurés pour rejoindre l’Espagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la France ou alors la Suisse. Auparavant, la France était la destination la plus prisée par les harraga, aujourd’hui la donne a changé de même que le lieu d’embarquement. 65% des personnes qui tentent de prendre le large de manière clandestine sont originaires de l’Ouest, 34% du Centre, 1,5% de l’Est et 1% du Sud. Le slogan tant adoré et scandé par les harraga est : « Vaut mieux être dévoré par les poissons que par les vers de terre ». De par le passé, l’Algérie était un pays de passage, aujourd’hui il est devenu un pays fournisseur d’émigrants clandestins. La gendarmerie et les forces navales ont renforcé dans un premier temps la sécurité sur la côte ouest, notamment Oran, Tlemcen, Mostaganem, et par la suite sur la côte est, à savoir Annaba.

La sûreté nationale a tiré la sonnette d’alarme au début des années 2000. Un représentant de la DGSN a qualifié de clément le dispositif législatif se rapportant à la lutte contre l’émigration clandestine, l’intervenant a évoqué son insuffisance et sa faiblesse d’où l’impératif de son durcissement. En présentant l’état des lieux, les représentants du ministère de la Solidarité ont donné le nombre d’expulsés (des personnes ayant purgé une peine de prison) et des reconduits (des personnes interpellées lors d’un contrôle de police). Ces trois dernières années, il y a eu 5408 expulsés et 10921 reconduits. Selon M. Ould Abbès, 4000 à 5000 immigrés illégaux tentent de rejoindre les pays de l’Union européenne et 2,5 millions résident de manière illégale en Europe. Dans son intervention, l’officier des forces navales algériennes a révélé que plus de 2340 harraga ont été interceptés en pleine mer ou sur les côtes algériennes durant la période 2005 à 2007. L’intervenant a souligné que 1302 de ces candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés au large et sauvés d’une mort certaine, tandis que les autres ont été appréhendés sur les côtes (plages ou ports) au moment où ils s’apprêtaient à embarquer. Depuis le début de l’année 2007 et jusqu’à septembre en cours, 918 harraga ont été sauvés, alors que 1382 ont été interceptés par les forces navales en 2006 contre 336 en 2005. L’intervenant explique dans ce contexte que l’émigration clandestine s’opérait avant septembre 2005 à partir de Beni Saf dans la wilaya de Aïn Témouchent et s’est étendue par la suite le long de la côte ouest du pays jusqu’à Mostaganem. L’officier des forces navales admet que malgré la vigilance de leur institution, le nombre de harraga interceptés en pleine mer a augmenté entre 2005 et 2006, ajoutant néanmoins que « grâce à la coopération des forces navales avec la Gendarmerie nationale et la direction de la Sûreté nationale, le nombre des harraga interceptés en mer a baissé en 2007. En revanche, la côte est du pays a, par la suite, connu le même phénomène avec comme destination l’Italie, Annaba est devenu le lieu de rendez-vous : preuve en 2007 quelque 442 harraga ont été interceptés en mer au cours d’opérations de recherche et de sauvetage ».

Pour faire face à ce phénomène qui prend de l’ampleur, le conférencier soutient que les forces navales assurent une surveillance permanente des côtes et une surveillance renforcée notamment sur les ports isolés. Evoquant l’aspect juridique, il estime que l’embarquement de manière clandestine sur des navires marchands à destination de l’étranger est un délit, mais aucun texte de loi ne punit le fait de prendre une embarcation de fortune, comme c’est le cas pour la plupart des harraga.Par ailleurs, Saïd Musette, chercheur au CREAD, a soutenu que les salariés sont les premiers qui sont tentés de quitter le pays, suivis des étudiants, puis des chômeurs… Le continent africain est particulièrement affecté. « L’émigration clandestine est liée à la proximité géographique. Le phénomène dépasse le Maghreb, et l’Algérie plaide pour un traitement global et non bilatéral, donc il faut initier un débat au sens large », a souligné M. Musette, qui estime que le phénomène de harraga a toujours existé, les clandestins se rendaient à leur destination prisée via le Maroc et la Tunisie. Toutefois, lorsque ces deux pays voisins ont renforcé le contrôle au niveau de leurs frontières, les harraga algériens se sont rabattus sur les côtesalgériennes.

16 mars, 2011

Georges Habache : « Si la parole a besoin de l’action, l’action n’a pas besoin de paroles »

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« Si la parole a besoin de l’action, l’action n’a pas besoin de paroles »

Par Djamal Benmerad

Je l’ai rencontré à Alger en 1982, du temps où l’Algérie était encore « La Mecque des révolutionnaires ». J’avais alors 26 ans et derrière moi 6 ans d’activités dans la formation clandestine Parti d’avant-garde socialiste (PAGS, communiste) et 5 ans de journalisme. Je me rappelle lui avoir parlé de la docilité des régimes arabes envers Israël, alors qu’ils passent leur temps à faire des discours révolutionnaires. Il m’avait répondu : « Il faut s’adresser à la jeunesse arabe en particulier, et lui expliquer que si la parole a besoin de l’action, l’action n’a pas besoin de paroles ». Concernant l’attitude des USA envers l’Etat d’Israël, il m’avait affirmé ce que peu de gens soupçonnaient à l’époque : « Les Etats-Unis sont les vassaux d’Israël… Ils sont donc obligés, à vie, de leur payer un tribut, car le soutien inconditionnel et financier des Etats Unis est un tribut et non une aide. Rien que dans la ville de New York vivent 3 millions de juifs en âge de voter, sans parler de leur puissance financière…Alors tu comprends… »

Georges Habache est le fondateur et ancien secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). De son nom de guerre Al-Hakim, il est né en 1926 dans la ville palestinienne de Lydda rebaptisée Lod par les Israéliens après l’expulsion totale de sa population arabe en 1948. Issu d’une famille de commerçants grecs orthodoxes, il fait une partie de ses études secondaires à Jérusalem puis quitte la Palestine pour aller faire ses études de médecine à l’Université américaine de Beyrouth. En 1948, sa famille est expulsée de Palestine par le groupe terroriste la Haganah qui, avec un autre groupe terroriste, l’Irgoun, était le noyau de la future armée israélienne, pendant la guerre israélo-palestinienne. Retournant vers Lydda pour voir ce qui se passe, il se retrouve au milieu de réfugiés Palestiniens qui cherchent de l’aide et se met à porter secours aux blessés.

Il reprend ses études de médecine à l’Université américaine de Beyrouth et fonde avec Hani el Hindi les Phalanges du Sacrifice, un groupe voué à l’action clandestine contre les dirigeants arabes traîtres ou qui se montrent conciliants avec Israël. Il est diplômé en 1951 et part dans les camps de réfugiés à Amman en Jordanie pour y ouvrir une clinique. Il fonde la même année le Mouvement des nationalistes arabes avec Constantin Zureik, Hani el-Hindi et Wadi Haddad. Il s’agit d’un parti socialiste, nationaliste et panarabe, fortement influencé par le nassérisme et qui a pour but l’unification du monde arabe. En 1952, il crée l’Organisation pour s’opposer à la paix avec Israël. En 1955, il publie aussi avec Wadi Haddad la revue Al Rai. Cette revue interdite quelques mois plus tard, reparaît à Damas dirigée cette fois par un jeune écrivain palestinien, Ghassan Kanafani, futur dirigeant de l’Union des écrivains palestiniens et qui sera assassiné plus tard par le Mossad dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth., qui assurera son succès. L’aile palestinienne du MNA devient en 1967 le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Kanafani en est le porte-parole. Il rédige en 1969 le programme politique du FPLP et c’est par lui que le mouvement devient officiellement marxiste-léniniste.

Habache s’implique en 1957 dans une tentative de coup d’état contre le roi Hussein de Jordanie, principal agent des Etats Unis, avec certains officiers de la garde républicaine jordanienne. Au moment de la création de la République Arabe Unie entre l’Egypte et la Syrie, il s’enfuit vers Damas tandis que Wadi Haddad se fait arrêter et condamner à trois ans de prison.

Le nassérisme est énormément affaibli après l’échec de l’union syro-égyptienne en 1958 et l’arrivée au pouvoir du parti Baath en Syrie. En 1963, Georges Habache crée alors un Commandement régional pour la Palestine qui est la branche militaire du Mouvement des nationalistes arabes avec son ami Haddad à Beyrouth en 1964. Suite à la guerre des six jours en 1967, le nassérisme s’effondre, il fonde alors en fusionnant son mouvement avec le Front de libération de la Palestine d’Ahmed Jibril : le Front populaire de libération de la Palestine. Un mouvement armé, nationaliste et marxiste. Brièvement emprisonné en Syrie en 1968, il arrive à s’échapper de prison.
Le FPLP se rend célèbre par la stratégie des détournements d’avion dont Wadi Haddad, responsable des opérations spéciales de l’organisation, sera le maître d’œuvre. Le but politique est d’internationaliser la question de Palestine et de la porter au devant de l’actualité. Le premier détournement à lieu le 23 juillet 1968 contre un avion de la compagnie israélienne El Al.

En Jordanie il appelle à la chute du régime hachémite jordanien ce qui entraîne l’OLP dans l’affrontement dit de Septembre noir qui fera des milliers de victimes palestiniennes de la part des forces jordaniennes épaulées par les Etats-Unis et Israël.

Le FPLP reste néanmoins basé à Damas et poursuit jusqu’à aujourd’hui sa lutte pour la libération de la Palestine. En 1994, lors du retour de Yasser Arafat et de nombreux militants en Palestine après les accords d’Oslo, invité à en faire de même, Georges Habache avait alors refusé de suivre leur exemple déclarant que lui ne rentrerait en Palestine qu’avec le dernier des réfugiés. Georges Habache démissionne en décembre 2000 de son poste de secrétaire général du FPLP et se fait remplacer par son adjoint Abou Ali Mustafa qui rentré à Ramallah contre l’avis d’Al Hakim s’y fera assassiner par l’armée israélienne quelques mois plus tard.

Georges Habache est resté un homme politique très populaire en Palestine et en dehors surtout parmi les réfugiés pour qui il incarne l’espoir du Retour. Il est apprécié pour son idéologie révolutionnaire, sa détermination et ses principes.
Il meurt le 26 janvier 2008 à Amman (Jordanie).

Dj. B.

16 mars, 2011

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Apprenons de nos luttes : Octobre 1988 et nos amis d’Ain Benian

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Octobre 1988 et nos amis d'Ain Benian

En ces moments difficiles, pleins d’espoirs, d’incertitudes et de risques, il est vital de trouver les meilleures formes d’organisation, de recherche des meilleures tactiques et stratégies, tout en apprenant des succès et des erreurs dans et au cours des luttes ; je pense qu’il est utile de puiser dans notre expérience de luttes communes pour en tirer les meilleurs enseignements.

Aussi j’ai cherché dans mes archives et dans ma mémoire pour y contribuer, à cet effet comment nous nous sommes organisés au cours du mois d’Octobre 1988 (cela remonte à 23 ans !), à la suite de la répression sanglante, brutale et violente qui a eu lieu partout en Algérie et notamment à la ville de Ain Benian (à 15 km à l’Ouest d’ Alger), qui a été particulièrement touchée par les émeutes et aussi par la répression qui a suivi.

Près d’une centaine de personnes avaient été arrêtées laissant leurs proches sans aucune nouvelle.

Je rédige ce texte en étant isolé de mes anciens compagnons de lutte, et forcement je ne vais pas citer de noms, mais ils savent tous que c’était une lutte commune, à la base et sur le terrain côte à côte avec tous les Algériens et ils se reconnaitront.

Le jour d’explosion, le 5 octobre 1988, en fin de journée je devais rentrer et récupérer des personnes sur mon passage et en déposer certaines sur ma route. A la sortie du grand Alger je voyais une colonne de fumée noire qui pouvait venir de Ain Benian ; en effet c’était la grande surface “Souk El Fellah” à la sortie Ouest de Ain Benian qui brulait comme une torche. Je me suis arrêté une fois en face pour voir les dégâts et les quelques personnes qui essayaient de récupérer ce qu’elles pouvaient.

Le lendemain les rues du centre offraient une vue désolante, la Kasma FLN (siège local du parti unique au pouvoir) saccagé et tout le mobilier et documents jetés dehors dans le rue, je n’avais d’yeux que pour la ronéo, mon arme préférée de combat et la seule avec un seul tir : les TRACTS !

On annonçait l’armée pour bientôt et je m’attendais à des répressions, alors que j’étais obligé de rester à Ain Benian pour probablement quelques jours, coupé des contacts et conseils d’amis d’Alger, et dans mon esprit une chose devenait primordiale : comment organiser la résistance localement ?

Il nous fallait un comité local pour réfléchir et prendre des initiatives, aussi je pris la décision de rédiger à la main sur une demi-page le texte suivant:

“Nous, sous-signataires et citoyens de Ain Benian, déclarons nous constituer librement en COMITE DE DEFENSE DES LIBERTES DEMOCRATIQUES. Nous lutterons par des moyens pacifiques pour que soient bannis à jamais à Ain Benian et dans le pays la répression massive, la torture, les sévices corporels, les atteintes à la dignité humaine, la torture morale et les pressions de toutes sortes pouvant être exercées par les autorités policières, militaires et civiles contre les libertés individuelles.
Nous nous fixons comme tache immédiate de recueillir les témoignages des torturés et de les publier avec le consentement de ces derniers. Nous les aiderons moralement et matériellement à dénoncer les tortionnaires et à les poursuivre en justice. Nous apportons notre contribution pour soigner les blessés et pour réconforter moralement et matériellement les familles des victimes”.

J’en avais fait une dizaine de manuscrits au stylo. Par la suite à travers le réseau existant et entrain de se développer, les tracts manuscrits commençaient à circuler et à être reproduits par d’autres, sous formes manuscrites.

La répression avait réellement commencé et on parlait déjà d’une centaine d’arrestation, un mort par balles à bout portant, des jeunes et des adolescents pour la plupart, les parents ne savaient même pas où ils avaient été internés.

On fixa la date du 30 Octobre comme, date pour un rassemblement devant la maison de la culture, mettant fin à la préparation clandestine pour passer à la lutte visible et publique. Nous avons convenu qu’un groupe prendrait les devants et qu’en cas d’arrestation, un autre prendrait la relève pour diriger et organiser le mouvement.

Ce jour là je parti tôt à l’Université, où j’enseignais, pour trouver les moyens et le moment discret pour taper le texte de base sur une demi-page et conserver la feuille soigneusement entre 2 feuilles cartonnées.

De retour à Ain Benian, le soir à l’endroit convenu, une foule impressionnante était là, avec le maire, le chef de la gendarmerie et plusieurs policiers civils qui, sans être invités, se trouvaient aussi là.

Dans la discussion au milieu de la foule, j’expliquai que nous allons créer légalement une association, et que pour cela nous allons utiliser la salle de la maison des jeunes. Comme par hasard le maire n’avait pas la clef de la salle et qu’il fallait attendre. En attendant je pris la parole en m’adressant à la foule directement, le meeting commençait ! Quelques minutes plus tard, comme par hasard la clef avait été trouvée et la porte fut ouverte ! La salle fut archi comble !

Au cours du meeting, je me rappelle que des paroles avaient fait vibrer toute la salle, notamment le fait d’avoir dit haut et fort que :

- Il faut comme article numéro 1 dans la Constitution que “l’Armée ne doit jamais tirer sur le peuple”
- L’expression “à partir de maintenant tout ce que vous dites peut être retenu contre vous, vous avez le droit de vous taire, le droit à un avocat et à un coup de fil” nous ne voulons pas l’entendre uniquement dans les films policiers occidentaux, mais dans chaque commissariat de police, chaque bureau des services de sécurités et de l’Etat.
- Quelque soit le motif d’arrestation, la personne arrêtée doit être traitée avec dignité, ne doit en aucun cas être maltraitée, torturée ou tout autre forme de sévices corporels et moraux.
- Nous le disons haut et fort et encore plus nous l’écrivons noir sur blanc et signons avec nos noms et prenons et vous savez où nous habitons si vous voulez nous arrêter !

Une fois avoir lu le texte, que j’avais ramené avec moi, je pris le stylo et j’écris mon nom et je signai !

Tous se sont alignés pour signer, mais comme il n’y avait qu’une seule feuille, seulement 65 avaient pu signer en mettant leur nom et prénom. Nous nous sommes quittés en nous donnons rendez vous pour demain même heure même place.

Je suis rentré chez moi en étant persuadé que durant la nuit, on allait me faire disparaitre !

J’ai pris soins de bien cacher le document signé. Le lendemain je parti tôt à l’Université à Alger, et de nouveau j’ai trouvé les moyens pour faire le stencil électronique et tirer plusieurs centaines d’exemplaires.
Comme convenu vers midi, j’étais de retour à Ain Benian pour faire la tournée et distribuer les paquets de “tracts” à des amis de lutte qui se sont chargés du reste de la diffusion. En moins d’une heure, la déclaration de la naissance du CDLD (Comite De Défense Des Libertés Démocratiques), était placardée sur toutes les vitrines des magasins et cafés du centre de Ain Benian.

Le soir comme convenu, nous nous sommes retrouvés à la maison de la culture, à la suite des débats et prises de parole un programme d’action avait pris forme : à partir de demain envoyer des délégations et des télégrammes à diverses autorités de la commune, daira (arrondissement) et wilaya (département) et à la présidence pour demander le droit de visite des prisonniers, et de nouveau le rendez vous était pris pour le lendemain soir même heure et endroit. Et ce fut ce rythme pendant des jours et des jours !

Sans aller jusqu’aux détails et pour faire court, cette lutte avait continué, les prisonniers avaient été relâchés, la plupart avaient été maltraités et torturés. Nous avons continué à lutter pour organiser les témoignages sur place lors d’un grand meeting dans la salle de cinéma comble (la Soumam!). Une partie des témoignages avaient été recueillis par écrit, pendant plusieurs jours, dans différents cafés par plusieurs en même tems et dans différentes places. J’avais pris les originaux qui avaient été donnés à une femme admirable qui en a fait la frappe gratuitement “C’est ma contribution avait-elle dit !”. Ils seront publiés plus tard sous les numéros de 1 à 23 dans le livre noir d’Octobre 88 édité par le Comite National Contre la Torture. Toute une autre série d’expériences de luttes, à écrire un jour.

Le CDLD avait continué à lutter avec la population locale pendant plusieurs mois au cours de la période 1988-89 pour que finalement lors d’un rassemblement au début de l’été 1989, nous avons été kidnappés du milieu des manifestants, maltraités et emprisonnés tout l’été 89. A Ain Benian la lutte avait continué encore plus jusqu’à notre libération à la fin de l’été 89, nous étions 12. Encore une autre séries d’expériences de lutte, à rédiger !

J’ai pu avoir un exemplaire de ce tract, acte de naissance du CDLD signé par les 65, au cours d’une de mes visites à Ain Benian, un ami, que je remercie, me l’avait donné. Je l’ai scanné et inséré à ce texte.

Ce texte a été envoyé à plusieurs journaux pour être publié, je remercie ceux qui l’ont fait et je comprends ceux qui ne l’ont pas fait pour diverses raisons, je respecte leur décision.

14 Fevrier 2011.

15 mars, 2011

Le DRS, l’armature du régime

Il exerce un contrôle systématique sur la société algérienne


le 15.03.11

«Les services» jouissent de larges pouvoirs qui s’exercent souvent dans l’ombre et sans qu’ils soient soumis à un quelconque contrôle des instances démocratiquement élues, du reste inexistantes à cet effet. L’omnipotence de cette police politique
rend hypothétique toute possibilité de changement démocratique dans le pays.
 

La bataille contre la police politique est assurément l’une des victoires les plus remarquables dans l’effort de construction démocratique à laquelle s’attellent actuellement les pays arabes dont les régimes dictatoriaux viennent d’être disqualifiés par les révoltes populaires. Les régimes de Ben Ali et de Moubarak entraînent dans leur chute le «démantèlement» de redoutables appareils sécuritaires sur lesquels ils ont assis leur autoritarisme. Le gouvernement tunisien a carrément opté pour la dissolution de la fameuse police politique.
En Egypte, en prenant d’assaut les locaux des effroyables moukhabarate, les Cairotes découvrent avec stupéfaction les pratiques d’un appareil qui a semé toute sa terreur à tous les niveaux de la société. Des méthodes dignes de celles de la Stasi du temps de l’Allemagne de l’Est.
Le département de renseignement et de sécurité ou le «Pouvoir réel»
Dans ces deux pays, la nouvelle situation politique nécessite la disparition ou la reconversion de «ses services» qui ont constitué jusque-là le cœur du pouvoir. Une condition sine qua non pour les besoins d’un succès démocratique.
Qu’en est-il de l’Algérie et de ses services de renseignements, le Département de renseignement et de sécurité (DRS) ? Héritier de la sinistre sécurité militaire (SM) dissoute après les évènements d’Octobre 1988, le DRS est publiquement cité par les forces politiques d’oppositions comme étant le «noyau dur du pouvoir», «le pouvoir occulte» ou encore «le pouvoir réel».
En privé, de nombreux responsables politiques proches du pouvoir admettent que «sans l’aval du DRS rien ne peut se faire» dans le pays. Son  empreinte est partout, dans la nomination à de hautes fonctions de l’Etat, dont des ministres, jusqu’à la plus anodine des décisions dont l’intérêt n’est pas avéré pour le commun des mortels. «Les services de renseignement ont empiété sur le champ politique», estime l’ancien officier du DRS, Mohamed Chafik Mesbah (voir l’entretien). Cette institution, qui devait avoir comme mission, la lutte contre toute forme d’espionnage et la garantie de la sécurité du pays, a vu ses «prérogatives» prendre de l’ampleur et de l’influence au fil des années.
Elle est devenue à l’ombre de la crise qu’a connue le pays durant les années 1990 un redoutable instrument de contrôle de la société aux méthodes très contestées notamment par l’opposition.
Elle jouit de larges pouvoirs qui s’exercent souvent dans l’ombre et sans qu’elle ne soit soumise à un quelconque contrôle des instances démocratiquement élues, du reste inexistantes à cet effet justement.
«Nécessaire dissolution de la police politique»
Le Front des forces socialistes (FFS) dont son chef historique évoque régulièrement «le rôle paralysant des services», estime que les pratiques de la police politique «sont incompatibles» avec l’existence d’un Etat de droit. Le premier secrétaire de ce parti, Karim Tabbou a indiqué que «depuis sa fondation, le FFS travaille à libérer le politique de la police politique. La confusion entretenue entre police politique et missions de sécurité nationale doit être levée. Les pratiques de la police politique sont incompatibles avec l’existence d’un Etat de droit».
Selon Tabbou, «ces pratiques empêchent l’exercice de la citoyenneté. Pratiquant le noyautage des partis, des syndicats et des associations, intervenant de manière abusive dans la vie interne des organisations, détournant à des fins manipulatoires les débats essentiels de la vie politique de la société et de la nation. Par la distribution des rôles, elle remplace la diversité réelle des analyses et des positions politiques. Elle procède aussi en accordant une surface médiatique disproportionnée à ceux qui servent ses impostures».
Le premier secrétaire du FFS note aussi qu’«en tout état de cause, la police politique entrave l’émergence d’une conscience politique citoyenne. La fonction politique de cette police est de faire régner un climat de peur et d’insécurité.
Elle travaille à rendre l’Etat otage du régime et la société otage des archaïsmes».
De son côté, le RCD a estimé que «l’Algérie subit les contrecoups de la police politique depuis 1962». Par la voix de son porte-parole, Mohcen Belabes, le RCD considère que «le DRS issu historiquement du MALG est responsable de tous les problèmes qu’a connus le pays depuis son indépendance. Actuellement, c’est cette institution qui détient le pouvoir et c’est le général Toufik (patron du DRS) qui a ramené Bouteflika à la présidence de la République», a ajouté M. Belabes.
Il a indiqué également que «les ministres de souveraineté sont issus de cette police politique tout comme les walis et les chefs de daïra». Si le RCD a estimé que «certes, le pays a besoin des services de renseignements pour défendre les intérêts du pays contre des ennemis extérieurs, il est par ailleurs, fondamental de dissoudre la police politique et mettre toutes les institutions militaires sous le contrôle des autorités civiles», a précisé le porte-parole du RCD. La police politique «est consubstantiellement liée aux régimes autoritaires», a rappelé l’avocat et défenseur des droits de l’homme, Mokrane Aït Larbi. Est-ce le cas de l’Algérie ? L’avocat répond : «Dans un pays où un magistrat est convoqué par un agent de la police politique pour l’interroger sur sa carrière et lui établir une fiche et c’est valable pour beaucoup d’autres domaines, veut tout dire.» Et d’ajouter,  «C’est la justice qui est au service de la police politique et non pas l’inverse». «Il est temps de demander la dissolution de cette police politique», a plaidé l’avocat.
Depuis 20 ans, le général Toufik est patron des services
Les trois lettres (DRS) reviennent régulièrement dans la bouche des Algériens dès qu’il s’agit du politique et du changement.
Ce «Département», qui regroupe en son sein une dizaine de directions qui opèrent dans différents secteurs da la vie nationale, est sous le patronage du général de corps d’armée, Mohamed Mediène dit Toufik, depuis 1990.
L’homme est autant secret que les services qu’il dirige.
Il n’apparaît jamais en public. Sont très rares ceux qui connaissent le visage et la voix de cet homme, cultivant tout un mystère autour de lui.
Théoriquement dépendant de l’armée, cette institution s’est «dotée» de larges pouvoirs au point de devenir l’armature du régime.
Les autres institutions civiles, élues ou désignées, s’effacent devant elle.
L’omnipotence de cette police politique rend hypothétique toute possibilité de changement démocratique dans le pays. Mais est-ce une fatalité ? Pas si sûr. Les autres pays arabes, comme nos voisins la Tunisie ou l’Egypte l’ont déjà bien compris. Aujourd’hui, ils n’en veulent plus et ils le montrent.
IS/59

15 mars, 2011

 

 

 

Bouteflika soutient El Gueddafi

http://www.elwatan.dz/images/2011/03/13/boutef_372018_465x348.jpgNotre premier sentiment s’agissant de ce qui s’est passé en Tunisie, puis en Egypte a été celui de la surprise. La Tunisie nous renvoyait l’image d’un pays tout à fait paisible.»

Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, qui a essayé d’expliquer la position algérienne vis-à-vis des révolutions tunisienne et égyptienne, dans une interview publiée par le journal le Monde dans son édition de samedi, laisse perplexe et renseigne sur l’étendue du désengagement de la diplomatie algérienne sur la scène internationale en général et arabe en particulier. Mourad Medelci reconnaît qu’il n’y a pas eu de réaction «officielle et rapide» face aux révolutions des peuples tunisien et égyptien. Son argument : «La tradition algérienne est de respecter ce qui se passe dans les pays tiers, même nos voisins.» L’explication de Medelci ne tient pas la route. Si la diplomatie algérienne dit n’avoir pas vu venir le vent de la liberté qui a soufflé sur Tunis et Le Caire, il est difficile, par contre, de la croire sur le fait d’avoir mis du temps pour prendre position.

Disons le clairement, le régime de Bouteflika, qui lui-même est largement contesté par les Algériens, a joué à fond la carte de Ben Ali et de Moubarak jusqu’à la dernière minute. En réalité, c’est la chute de ces derniers qui était inattendue pour Alger, ce n’est pas autre chose. Et c’est la raison pour laquelle elle avait mis autant de prudence pour mieux voir.
La position de la diplomatie algérienne trouve par conséquent toute son explication à la lumière de sa réaction face à la révolution libyenne. L’Algérie est l’un des rares pays au sein même de la Ligue arabe à avoir rejeté la décision de l’instauration par la communauté internationale d’une zone d’exclusion aérienne en Libye pour empêcher Mouammar El Gueddafi d’exterminer son peuple. Elle se distingue encore une fois par une position, pour le moins que l’on puisse dire, étonnante. Pour Mourad Medelci, ce n’est pas une guerre d’El Gueddafi contre son peuple, mais bien «une opposition armée entre une partie de la population et une autre». Le ministre des Affaires étrangères, qui ira jusqu’à confondre, arbitrairement, la situation en Libye avec celle de la Côte d’Ivoire, reprend littéralement à son compte les arguments du «leader libyen» qui pour s’accrocher au pouvoir brandit la menace terroriste.

Il est, à raison, légitime de s’inquiéter sur le risque d’exploitation de la situation par les réseaux terroristes dans la région mais, à tort, de l’exagérer de telle manière à sous-entendre qu’il est souhaitable qu’El Gueddafi reste plutôt que de voir «réapparaître la menace terroriste de l’autre côté des frontières».
Nous savons que le régime libyen joue à fond la carte «Al Qaîda» pour assurer sa propre survie, mais il est incongru pour l’Algérie de le suivre dans un tel raisonnement au risque de se retrouver en quarantaine dans une Afrique du Nord totalement refondée après la chute des régimes de Ben Ali, Moubarak et celui d’El Gueddafi décrié par toute la communauté internationale qui vient de reconnaître la légitimité du Conseil national de transition. En somme, il est à parier que derrière la sortie de Mourad Medelci, qui pense que «le climat est peut-être favorable pour tenter une médiation» en Libye, se cache le souhait de voir se maintenir le régime d’El Gueddafi et l’avortement de la révolution du peuple libyen. L’enjeu est que le vent de liberté, qui souffle sur le monde arabe et l’Afrique du Nord, s’arrête aux portes de Tripoli, aux pieds des chars du «frère El Gueddafi».

14 mars, 2011

Le SG du ministère de Travaux publics est innoncent !

ghoul.jpgDÉCLARATION DES AVOCATS
Rapportant une décision de la chambre d’accusation relative au «scandale de l’autoroute Est-Ouest», Le Soir d’Algérie du 20/10/2009 écrit que «l’ambassade de Chine a… protesté auprès des autorités algériennes, selon un proche du dossier», qui précise que «le groupement chinois aurait subi des pressions de la part de personnes proches du secrétaire général du ministère des Travaux publics… pour l’obliger à verser des pots-de-vin».

Au moment où M. Mohamed Bouchama, parfaitement connu pour sa rectitude et son dévouement à la chose publique, (dont la presse s’est fait l’écho), présumé innocent par la loi, et réellement innocent au regard des faits, subit une épreuve aussi douloureuse qu’imméritée, sa défense dénonce avec mépris cette grossière tentative de désinformation. Elle somme ce prétendu «proche du dossier» (lequel ?), de dénoncer aux autorités judiciaires ces «personnes proches du secrétaire général» coupables de si graves turpitudes. Faute de quoi, il apparaîtrait pour ce qu’il est très certainement manipulateur intéressé ou manipulé par les tristes sires qui s’agitent masqués pour détourner le cours de la justice. Signé Miloud Brahimi, Khaled Bourayou

14 mars, 2011

Facebook, la CIA et La Nouvelle République

lnr.jpgFacebook est un réseau social sur internet permettant aux gens de partager des informations, des images et des liens. Un partage d’informations qui peut conduire à la chute d’un régime policier à l’instar du régime de Benali et Moubarek. Dans ces pays, tout comme l’Algérie, le seul partage qui est reconnu est celui la rente entre les décideurs et leurs familles. La chute des dépostes arabes ne laisse pas indifférents les décideurs en Algérie qui, après avoir fermé les champs politique et médiatique, veulent fermer la Toile. Pour ce faire, la chaîne 3 de la radio nationale a invité, hier, Abdelkader Mostefaoui, commissaire de la délinquance économique à la DGSN «pour démontrer que les réseaux sociaux, facebook et twitter, sont crées pour provoquer des soulèvements dans les pays arabes ». http://ffs1963.unblog.fr/2011/03/13/algerie-une-journaliste-se-denude-a-lantenne/ 

Aujourd’hui, le quotidien  La Nouvelle République, a écrit: «Les manipulateurs des réseaux d’espionnage électronique créés par la CIA, relayés par des journaux pro-officines étrangères en Algérie, tablent sur un effet d’entraînement. Mais l’hameçon n’arrive pas à accrocher». Affirmer que les réseaux sociaux ont été crée par la CIA relève de l’ânerie, pour reprendre le termes utilisé par Yasmina Khadra dans sa réponse au député du RCD, Aït Hamouda.

Alors que vos journaux sont totalement fermés, vous voulez empêcher les Algériens de discuter entre eux et de se rencontrer. Si la CIA a eu l’intelligence de “créer” un grand réseau social comme Facebook, le DRS n’a eu malheureusement l’intelligence de créer et soutenir que des journaux comme la Nouvelle République. El Mouhtarem

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