Algérie: Bouteflika manie la carotte et le bâton

http://www.marianne2.fr/photo/art/default/932104-1105287.jpg?v=1300896953En proie à des émeutes quasi quotidiennes, l’Algérie échappe, pour l’instant, à la contagion démocratique. Bouteflika use habilement de la carotte et du bâton, réprimant d’un côté toutes les manifestations et tentant de calmer la contestation populaire par des promesses de révision de la constitution qui ne sont pour l’instant que des effets d’annonces.

Encore cette semaine, de violents affrontements ont opposé des dizaines de jeunes de la cité « Climat de France » aux forces de l’ordre dans la commune populaire d’Oued Kreich près d’Alger. Les jeunes émeutiers tentaient d’empêcher le déroulement d’une opération d’éradication de bidonvilles érigés au centre de cette cité populaire qui accueille pas moins de 5000 habitants. « Des familles balançaient des pierres et des objets métalliques sur les forces de l’ordre des blacons et des terrasses » rapporte le quotidien El Watan qui faisait état de 50 policiers blessés dans l’après midi. Bouteflika a également fait appel aux forces anti-émeutes mardi pour réprimer un rassemblement de 200 enseignants contractuels rassemblés à quelques rues du palais présidentiel pour protester contre « la marginalisation et la précarité » qu’ils subissent.

Entre deux répressions de mouvement de contestations, maniant habilement la carotte et le bâton, Bouteflika tente tant bien que mal de garder la main sur son pays. Multipliant les mesures d’apaisement, les autorités algériennes envisagent de réviser la constitution. D’après le journal Le Soir, des réunions secrètes entre Bouteflika et les plus hauts responsables des institutions de l’Etat se sont tenus la semaine dernière. Alors que Bouteflika avait annoncé d’importantes « réformes globales et politiques », les premières annonces laissent entrevoir de vagues replâtrages de façade : « Il est presque certain que le président reviendra à l’ancienne formule d’avant novembre 2008, en reprenant la limitation des mandats présidentiels à seulement deux », a indiqué une source présidentielle au quotidien. Une telle limitation n’influerait pas sur le mandat du président actuel puisqu’elle ne serait applicable après 2014, année de la prochaine élection présidentielle.


Un président aux abonnés absents

 

Principal opposant à Bouteflika, Hocine Aït Ahmed s’est invité dans le débat adressant un message aux algériens au travers d’une lettre dans laquelle il estime nécessaire une mobilisation de tous pour aboutir à l’autodétermination du peuple qui passe inexorablement par une assemblée constituante. Si le leader du Front des forces socialistes estime que « la crise algérienne s’inscrit naturellement dans le cadre des crises en cours. Pour autant, il n’est pas question de céder à une quelconque «contagion démocratique» dans l’explication et le traitement de chaque situation nationale», écrit-il, estimant que l’occasion est tout de même donnée pour «mettre à nu les pratiques de dépolitisation et de désarmement moral propagées par les tenants de la violence».

Spécificité de la situation algérienne, Bouteflika ne s’est jamais adressé à son peuple depuis le début des émeutes, publiant des communiqués ou laissant agir ses porte-paroles. D’où une indifférence notable vis à vis d’un chef d’état aux abonnés absents. A l’exception du quotidien gouvernemental, El Moudjahed qui relaie tous ses messages, la presse algérienne commente de moins en moins les communiqués du président préférant se pencher sur l’intervention occidentale en Libye.

Encore cette semaine, de violents affrontements ont opposé des dizaines de jeunes de la cité « Climat de France » aux forces de l’ordre dans la commune populaire d’Oued Kreich près d’Alger. Les jeunes émeutiers tentaient d’empêcher le déroulement d’une opération d’éradication de bidonvilles érigés au centre de cette cité populaire qui accueille pas moins de 5000 habitants. « Des familles balançaient des pierres et des objets métalliques sur les forces de l’ordre des blacons et des terrasses » rapporte le quotidien El Watan qui faisait état de 50 policiers blessés dans l’après midi. Bouteflika a également fait appel aux forces anti-émeutes mardi pour réprimer un rassemblement de 200 enseignants contractuels rassemblés à quelques rues du palais présidentiel pour protester contre « la marginalisation et la précarité » qu’ils subissent.

Entre deux répressions de mouvement de contestations, maniant habilement la carotte et le bâton, Bouteflika tente tant bien que mal de garder la main sur son pays. Multipliant les mesures d’apaisement, les autorités algériennes envisagent de réviser la constitution. D’après le journal Le Soir, des réunions secrètes entre Bouteflika et les plus hauts responsables des institutions de l’Etat se sont tenus la semaine dernière. Alors que Bouteflika avait annoncé d’importantes « réformes globales et politiques », les premières annonces laissent entrevoir de vagues replâtrages de façade : « Il est presque certain que le président reviendra à l’ancienne formule d’avant novembre 2008, en reprenant la limitation des mandats présidentiels à seulement deux », a indiqué une source présidentielle au quotidien. Une telle limitation n’influerait pas sur le mandat du président actuel puisqu’elle ne serait applicable après 2014, année de la prochaine élection présidentielle.


Un président aux abonnés absents

Principal opposant à Bouteflika, Hocine Aït Ahmed s’est invité dans le débat adressant un message aux algériens au travers d’une lettre dans laquelle il estime nécessaire une mobilisation de tous pour aboutir à l’autodétermination du peuple qui passe inexorablement par une assemblée constituante. Si le leader du Front des forces socialistes estime que « la crise algérienne s’inscrit naturellement dans le cadre des crises en cours. Pour autant, il n’est pas question de céder à une quelconque «contagion démocratique» dans l’explication et le traitement de chaque situation nationale», écrit-il, estimant que l’occasion est tout de même donnée pour «mettre à nu les pratiques de dépolitisation et de désarmement moral propagées par les tenants de la violence».

Spécificité de la situation algérienne, Bouteflika ne s’est jamais adressé à son peuple depuis le début des émeutes, publiant des communiqués ou laissant agir ses porte-paroles. D’où une indifférence notable vis à vis d’un chef d’état aux abonnés absents. A l’exception du quotidien gouvernemental, El Moudjahed qui relaie tous ses messages, la presse algérienne commente de moins en moins les communiqués du président préférant se pencher sur l’intervention occidentale en Libye.

par_ahf

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