Une constituante ou une destituante? Par Mohamed ABASSA

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Une constituante ou une destituante? Par Mohamed ABASSA

 

Changer le régime ou de régime ? Peut-on attendre de ce régime qu’il s’auto-nettoie ? En d’autres termes, peut-on demander à un général corrompu de lutter contre d’autres généraux corrompus ? Peut-on demander à un Président corrompu de lutter contre des membres de sa famille et ses amis corrompus ? Alors que faire ? Une constituante à la clé, ici et maintenant ? Qui énoncera cette constituante ? Le pouvoir en place ? L’opposition ? Quelles oppositions ?

Un proverbe de ma grand-mère dit « Quand le faussaire échoue avec toute sa panoplie sophistiquée d’instruments d’effraction, il essayera en dernier recours la queue du rat pour forcer une serrure» C’est tout dire de l’impuissance et du désarroi qui gagent les gouverneurs paniqués de l’Algérie. Ils s’essayent à présent aux tout derniers subterfuges pour se maintenir à tout prix au pouvoir. Même la queue du rat ou la folie payée des baltaguis, mais aussi, en raclant dans le fonds tari des vieilles réformettes de la papy-cratie et de la généralo-cratie. Tout y passe : y compris le mépris stalinien du peuple supposé toujours dormant et consentant. C’est une coutume politique bien de chez nous ; une culture atavique de sacripants, de malotrus en déroute croyant dominer et asservir un peuple sans repère ; des forçats, sans but assigné. Les voilà, ces tenants du pouvoir, qui mentent à tout va, à tout vent et qui, en définitive, sont épuisés de finir le registre de leurs propres mensonges et de leur propre triche. Il ne leur reste rien comme arguments. Que des mensonges. De vrais arracheurs de dents.  C’est exactement ce qui leur arrive maintenant. En vrai maquignons négociant le peuple en bétail,  voilà ce régime par ses pratiques d’un autre âge devenu sénile, obsolète et cliniquement mort. Il  s’entête depuis plus de cinquante ans à durer et perdurer à force de confondre deux choses fort simples : la gestion du pouvoir et la gestion de l’Algérie. La confusion entre ces deux notions a justifié et justifie toujours la détention abusive, exclusive et excessive du pouvoir pour une meilleure gouvernance de l’Algérie, disent-ils. Les sots. Ce qui est stupidement faux. Non qu’ils fussent spécialement sots mais bien plus à force de nous faire croire et accroire qu’ils ne le sont point. Du vrai délire. Depuis cinquante deux ans, (depuis 1958 exactement et l’assassinat programmé de Abane) par vagues successives et sous des costumes différents, leur discours politique n’a pas changé en disant, sur l’essentiel, à peu près les mêmes choses ; des inepties que le peuple n’avale pas, n’avale plus :« Oui hier, nous avons fauté, menti, demain, après demain, la prochaine fois on fera mieux… » En fait, chaque nouvelle année, chaque nouvelle promesse, ils feront pire. Pire que le pire. De vrais arracheurs de dents. Souvenez-vous : 1970 devait être l’année du décollage économique, on a eu les Souk-El-Fellah et ses queues interminables pour arracher sa ration de patates et d’œufs. Un vrai cirque. Les années 8O devaient être celles du bonheur buccal par les bateaux du PAP, on a eu droit aux mitrailleuses et aux chars tirant en vrai sur des enfants aux bras nus. Plus de mille morts d’Octobre. Pouvoir assassin a été lâché pour la première fois par un peuple groggy découvrant les horreurs d’un pouvoir fou, totalement irresponsable, massacrant des enfants en colère. C’était le temps et la gouvernance folle de Chadli.  En même temps ou concomitamment, on a eu droit aussi, dans la même ère,  à l’apparition massive des gueux devenus milliardaires par la rapine et la prébende au sommet. Des petits comptables de banlieues, des ronds de cuir véreux devenus par la seule khatfa, ultra milliardaires. Des doubles dieux.

Les années 90 devaient être celles du plein emploi et d’une vie meilleure ; on a eu droit au sang et au sang par rivière, on a eu en sus la cessation de paiement de l’Etat algérien et, in fine, livré  pieds et poings liés à un minable sous-directeur du FMI et aux multinationales qui le pilotaient. La grande cata que M. Chadli et sa clique ne revendiquent même pas comme bilan aujourd’hui. Ils se vautrent dans l’oubli. Ne parlez jamais de corruption dans certaines grandes tentes politiques algériennes comme il est inconvenant de parler de corde dans la maison d’un pendu. Chadli et sa bande ont bien mis l’Algérie à genoux et en faillite. Et, en plus, comble du comble, ils voulaient offrir l’Algérie au FIS. L’armée de Nezzar a dit non. Avait-elle raison ? Oui. Oui massivement OUI puisqu’il fallait sauver l’Algérie d’un Tsunami islamiste, même si, ce faisant, les généraux en poste et leurs servants et sous-servants, ministres en tête,  préservaient aussi leurs milliards, leurs palais et leurs rentes prébendières. Toute l’Algérie le sait. Ce n’est pas M. Rahmani ou son chef, le sergent du Palais, qui m’en démentiraient ici. Bien sûr, je n’évoque pas ici M. Ouyahia ; son grade et sa proximité au général en chef sont bien plus importants.

Dans le même registre, les années 2000, l’Algérie devait être, toujours par le même discours et la même promesse de nos arracheurs de dents, un pays prospère et développé du niveau de l’Espagne ou de la Corée du Sud. Quelle hérésie et quel culot de ces cancres gouvernant par l’hystérie et le verbe creux ; à l’excès. Encore du mépris pour une population décrétée populace, invariablement crédule et naturellement inculte. Les milliers voire les millions de discours officiels préfiguraient par le mensonge, par la dérision et la ruse, la triche et, surtout, par la rapine et la haute corruption d’Etat, cette Algérie heureuse et prospère que personne, vraiment personne, à part eux les régnants et leurs descendances, n’a jamais vue, n’a jamais vécue. Au grand jamais. Rien de cela, que du bluff ; de l’esbroufe de charretiers.  Que des malheurs cumulés et des enrichissements vertigineux qui donnent le tournis. Sans compter l’arrogance extravagante, entre autres, d’un Chakib Khelil, plus que jamais arrogant, qui éclate de rire quand des journalistes algériens, outrés, lui demandent s’il craignait un peu la justice algérienne pour les montagnes de milliards qu’il a détournés. Non, pas concerné lâche-t-il ! C’est Koi ça hurle-t-il ! Mettez dix et tirez ! Je vous merde… Allez au diable ! Vive la crapule de Bush et  la CIA qui ont fait de ce petit individu une grosse patate à fric qui a fait si mal à l’Algérie. Comme son ami l’employeur, Bouteflika pour ne pas le citer, il ne sera jamais jugé. Alors que le rétablissement de l’ordre moral devrait commencer par cela ; punir les voyous qui ont mis l’Algérie à genoux.

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