Archive pour mars, 2011

31 mars, 2011

Libye:L’ex patron de la DST en Libye

http://owni.fr/files/2011/03/5510207125_47960edc71_o-e1301501376777.jpgYves Bonnet, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST), devrait s’envoler demain jeudi en Libye pour mener une mission d’observation sur la guerre engagée contre le régime du colonel Kadhafi. Lors d’un entretien téléphonique, il nous a confirmé avoir obtenu l’accord des autorités locales pour se rendre sur les différents sites du conflit en cours:

J’ai reçu hier une lettre du Premier ministre libyen qui nous autorise à nous déplacer en Libye pour réaliser cette évaluation sur les événements.

L’ancien patron de la DST (de 1982 à 1985, sous un gouvernement socialiste) espère être reçu par les deux belligérants, c’est-à-dire à la fois à Tripoli et à Benghazi, où siège le commandement des insurgés:

Notre but consiste à contribuer à l’émergence de la vérité. Il y a indiscutablement des incohérences dans les informations qui viennent du terrain. La propagande du colonel Kadhafi est manifeste, mais les occidentaux ne sont peut-être pas exempts de reproche en ce domaine.

Officiellement, six observateurs

Yves Bonnet a invité cinq observateurs – au moins – à se joindre à son périple libyen:

Sollicités par OWNI, Éric Dénécé, André Le Meignen et Albert Farhat ont confirmé qu’ils préparaient ce déplacement. Pour Albert Farhat, les motifs d’interrogation sont nombreux:

Je ne pense pas que les insurgés de Benghazi cachent des membres d’Al-Qaïda comme certains le disent. Mais les frappes aériennes ressemblent à un jeu de massacre. Les Français cassent tout pour s’arroger ensuite le marché de la reconstruction du pays. Et bizarrement, il n’y a jamais beaucoup de victimes civiles.

Cependant, le Canard Enchaîné a publié ce mercredi une enquête évoquant des notes des services secrets français au sujet des relations entre les rebelles libyens et des membres d’AQMI (les réseaux d’Al-Qaïda maghreb islamique). Aux États-Unis, lundi soir, lors d’une intervention télévisée, le président Barak Obama a souhaité marquer ses distances à l’égard des volontés françaises et britanniques contre le colonel Kadhafi :

Bien sûr, il n’y a aucun doute que la Libye – et le monde seraient en meilleure posture avec la chute de Kadhafi [...] Mais élargir notre mission militaire pour inclure un changement de régime serait une erreur.

Dans ce contexte, la mission Bonnet voudrait donc aussi revenir sur le terrain de la diplomatie.

 

source owni;fr

30 mars, 2011

Un diplomate accuse : « Ben Ali donne argent et armes pour provoquer le chaos avec Kadafi comme complice »

 dans politique 2580563-3640919

L’ambassadeur démissionnaire de la Tunisie à l’Unesco, Mezri Haddad, a accusé dimanche dans un communiqué le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali d’avoir « prémédité l’anarchie avant son départ » du pouvoir vendredi et de « téléguider les opérations ». Ancien opposant de gauche, journaliste et philosophe avaant d’être récupéré le pouvoir, Haddad a révélé que Ben Ali a donné des armes et de l’argent à ses fidèles pour qu’ils provoquent la guerre civile avec la complicité du leader libyen Kadafi.

« J’accuse Ben Ali d’avoir prémédité le désordre et l’anarchie avant son départ. Je l’accuse d’avoir choisi la politique de la terre brûlée en établissant une stratégie en trois phases », dit M. Haddad qui avait présenté vendredi après-midi sa démission quelques heures avant la fuite du président tunisien.

« Il a donné des armes et beaucoup d’argent à sa garde rapprochée et à ses fidèles afin qu’ils provoquent la guerre civile dès son départ de Tunisie. Il leur a donné l’ordre de déclencher les opérations bien avant de prendre la décision de fuir. Il a sollicité l’aide de la Libye pour qu’elle intervienne », affirme le diplomate.

« Ce plan criminel et machiavélique n’avait qu’un seul objectif : reprendre le pouvoir », poursuit-il accusant Ben Ali de « téléguider, par téléphone, les opérations jusqu’à ce jour et de faire passer ses crimes actuels pour des crimes commis par les islamistes et l’opposition de gauche ».

Dans un entretien accordé samedi au quotidien français Libération, Haddad a révélé avoir parlé à deux reprises au téléphone avec l’ex-président vendredi 14 janvier, jour de la fuite du raïs. Ce dernier était encore convaincu, selon Haddad, que les manifestations qui ont secoué la Tunisie étaient « un complot des islamistes qui se cachaient derrière les manifestants ».

Plusieurs témoignages sur place ont attribué les pillages et exactions de ces derniers jours, notamment à Tunis et sa banlieue, à des membres de l’appareil sécuritaire liés à Ben Ali et cherchant à créer le chaos pour favoriser son retour. Un neveu de l’ex-président, Kaïs Ben Ali, a été interpellé par l’armée à Msaken (centre), dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 avec dix autres personnes qui « tiraient en tous sens » à bord de véhicules de police, selon des témoins.

L’ex-président, cédant à la pression de la rue, a fui vendredi en Arabie saoudite après 23 ans au pouvoir.

par_ Djamila Kouidri

 

 

 

 

 

30 mars, 2011
Notre Scapin et la peine de Ziani Chérif Ayad 

Algérie: Que penser du dossier sur le DRS, publié par le journal « El Watan » ?

Algérie: Que penser du

sis face à la mer ou devant un jeu de dominos, les anciens Algérois restent, par bonheur, dans cette Alger désabusée qui redoute parfois de ne plus avoir le coeur à rire, les gardiens d’un ancien humour salutaire. Ils s’amusent de tout, de leur propre misère, de la politique, de Kadhafi, d’Ali Benhadj, du «changement » et, surtout, de nos ingénuités d’intellectuels, de notre façon, à la fois grave et loufoque, de succomber aux plaisanteries du pouvoir. Il faut dire que la dernière était plutôt drôle : «Bouteflika va annoncer des réformes politiques.» Mais pas autant que celle qui l’a précédée, cette nouvelle et grotesque vocation signifiée à Alger : la révolution n’y doit plus venir de la rue mais d’un meeting à la salle Atlas !

Oh, ce n’était rien qu’un outrage de plus. Alger n’était déjà plus la Blanche, elle avait renoncé à être Babylone, la voilà qui ne sera même plus Le Caire, même plus Tunis, même pas Sanaâ, elle, Alger, autrefois capitale de la guérilla urbaine, adieu Décembre et les poseuses de bombes, oublie les rues endiablées et tes guérilleros, Alger n’est plus, Alger ne sera plus, seule restera une romance, «Ce fut d’ici, mon enfant…», c’était il y a longtemps, quand on la rêvait, Alger, belle et souveraine, avant ces rides, ces outrages, «… ce fut d’ici que je descendis sur Belcourt, un matin d’automne, drapeau à la main…», c’était il y a longtemps, eux s’en rappellent, mais à quoi bon remuer le souvenir ? Il suffit d’attendre que la révolution surgisse d’un meeting à la salle Atlas.

Et justement, vous les entendrez, tous les jeudis qu’ils peuvent, vous les entendrez, les anciens Algérois, devant le spectacle des politiciens se bousculant devant les portes de l’Atlas dans l’espoir d’y changer le monde, redoubler de férocité dans l’ironie, et rendre grâce à Bouteflika d’avoir rendu l’ex-Majestic, à sa mission première : le cinéma.

*****

Les anciens Algérois, face à la mer ou devant un jeu de dominos, nous laissent le devoir de croire aux bobards des béotiens, «Bouteflika va annoncer des réformes politiques», ou de nous étonner encore et toujours des hypocrisies des gens qui nous gouvernent.
Ils vivent, comme disait Molière, de bonne soupe, pas de beau langage. Ils nous rappellent que tout n’est que théâtre, partout, et qu’il convient de rester étrangers aux jeux de scènes.
Que ne jette-t-il un il à ce théâtre-là, notre ami Ziani Chérif Ayad qu’on croyait revenu de tout, et qui s’émeut d’un acte de censure par le pouvoir de Khalida Toumi et de Bouteflika ? C’est-à-dire d’un acte naturel d’un Etat policier qui ne fait que son travail : contrôler la création, éviter qu’elle ne débouche sur l’éveil des masses et devienne une menace pour le régime.
On le sait aujourd’hui : quiconque remet, sans précaution, son oeuvre à cette autocratie, n’a pas le droit de s’étonner qu’elle soit immédiatement déshonorée.

Les anciens, eux, le savent, qui nous invitent à voir partout du théâtre, à rire de tout ce qui nous entoure. De cette lettre d’Abdelhamid Mehri, par exemple, à son «frère» Bouteflika lui demandant d’employer l’année qui sépare l’Algérie du 50e anniversaire de son indépendance à se faire hara-kiri ! Si, si, hara-kiri !  C’est-à- dire à «préparer la mise en place d’un gouvernement de coalition nationale qui organise de vraies élections et nous mener vers la démocratie…».
C’était du Pirandello !
Mehri jouant sa propre comédie à l’intérieur de la grande comédie du pouvoir, exécutait avec brio la grande innovation du dramaturge sicilien, le jeu du «théâtre dans le théâtre» c’est-à-dire celui où l’illusion théâtrale constitue le sujet même de la pièce.
Quel bel hommage à l’homme de théâtre sicilien qui, avant de mourir, nous avait prévenus : «La vie est pleine d’absurdités qui peuvent avoir l’effronterie de ne pas paraître vraisemblables.
Et savezvous pourquoi ? Parce que ces absurdités sont vraies.»

*****

Pendant ce temps, Ziani, notre talentueux homme de théâtre, en est encore, dans sa générosité, à créditer le régime algérien de quelques bonnes intentions dont celle-là : «Le ministère de la Culture est une institution ouverte à tout créateur algérien.» Lui emboîtant le pas, notre confrère Ahmed Cheniki, dont je me réjouis qu’il ait repris à écrire plus souvent, s’étonne que «le ministère de la Culture s’est transformé en ministère des festivals, ignorant sa fonction initiale. » Quelle fonction initiale ? Mais c’est celle-là, sa fonction initiale ! Contrôler ! Surveiller ! Censurer !
Penser qu’une autocratie a pour mission d’aider à la création, penser cela, c’est oublier l’Etat policier. Sauf à considérer qu’un Etat qui envoie 30.000 troupiers chaque samedi que Dieu fait, matraquer une centaine de manifestants, n’en est pas un.
Depuis toujours, la culture n’est affaire des Etats policiers que lorsqu’il s’agit de la trucider. Oui, depuis toujours, chez nous, les artistes font la culture, nos gouvernements la contrôlent ensuite et à l’occasion suppriment les artistes pour mieux la contrôler.
Il est temps de réaliser que la politique culturelle définie par le pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika et dont Mme Toumi a la charge, poursuit deux missions principales et bien précises à l’intérieur d’une stratégie plus vaste : le prestige personnel du président Bouteflika (d’où le fait qu’Ahmed Cheniki parle du «ministère de la Culture qui s’est transformé en ministère des festivals») et le «pilotage» de la création dans le cadre, plus global, du contrôle de la société qui est lui-même l’épine dorsale de la stratégie de maintien au pouvoir (d’où ces «commissions» mystérieuses dont la fonction est de choisir tel ou tel projet.) Bien entendu, le simulacre est dans l’usage quotidien, et Madame Toumi peut dire «nous» en parlant de Mimouni ou de Kateb Yacine, et clamer quelques vers du poète qu’elle aura préalablement décapité. La vérité est que, s’ils vivaient encore, Mimouni et Kateb Yacine auraient été eux-mêmes censurés et le régime se serait même cru obligé de les rééduquer.

******

Quand il censure, l’Etat policier censure avec une main de fer. Pas de place pour un discours éclairé ! Il n’est qu’à voir la façon avec laquelle fut accueilli le plaidoyer d’Adonis, au coeur d’Alger, pour une «résistance radicale et globale» face aux «systèmes politiques archaïques et honteux qui tyrannisent les sociétés arabes et musulmanes» et «qui ont adopté le langage et l’attitude religieux pour mieux régner». Ce plaidoyer s’était terminé par le limogeage d’Amine Zaoui, le directeur de la Bibliothèque nationale ! Diable ! Même le ministre Ghoulamallah avait tonné :«Adonis a outragé l’Islam !»
Le cas est édifiant : on aurait tort de croire que l’on pourrait s’aménager, à l’intérieur de ce vaste bunker de la censure, un espace pour la création.
Le parallèle entre Ziani Chérif Ayad et Amine Zaoui serait, à ce sujet, fort intéressant. Les deux hommes de culture ont cru pouvoir se livrer à une entreprise créatrice libre dans un territoire surveillé ! Ziani parlant des Lumières de l’Occident et du glaive d’Orient ou Amin Zaoui espérant ressusciter le poète maudit, Aboul Alaa El-Maari, en invitant Adonis, et ainsi redonner vie à la «religion véridique», la religion des libres penseurs des siècles d’or de l’islam.  C’est oublier que tout cela est sacrilège dans un pays où l’exploitation du discours religieux sert à l’asservissement des masses, en une espèce d’idéologie communautaire écrasant toute expression individuelle.
C’est oublier que Aboul Alaa El- Maari, l’ennemi des régimes bigots et des faux dévots, avait été interdit d’exposition au Salon international du livre d’Alger (Sila) sur ordonnance du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs algérien, signée par Ghoulamallah ! C’était en novembre 2007. Le jour où ils prohibèrent Les geôles d’Alger !

*****

Que conclure, sinon que la vraie culture vit de vérité et meurt de mensonge. Elle vit toujours d’ailleurs, loin des palais et des ascenseurs de Mme Toumi. Elle a toujours sa société, celle des créateurs et des hommes libres, et une seule patrie, la liberté.
Mais tout cela, ils le savent, les anciens Algérois, dans Alger aujourd’hui interdite aux marcheurs et aux amoureux, aux rêves et aux légendes, dans Alger sommée de n’être plus, même plus la cité d’un vieil instant d’euphorie, la «Mecque des révolutionnaires», plus rien, rien qu’une cité soumise aux ruelles pacifiées, ils savent qu’Alger sera toujours sauvée par l’humour et le théâtre ! Pas celui des philistins ou des pédants, non, le théâtre des foules silencieuses, ce talent ancestral du peuple algérois qui consiste à rire de soi, à être étranger à ses propres malheurs, à théâtraliser sa condition roturière pour pouvoir la vivre en l’interprétant…, et non en la subissant, ce don infaillible grâce auquel les pauvres gens traversent ces temps sans mémoire et résistent aux machiavéliens.

poste par .ahf.

29 mars, 2011

Les déboires du commissaire Z.M., ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans “la cabale des bons de caisse”

 

 dans politique

Z. Messaoud, chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans “la cabale des bons de caisse” qui devait jeter en prison Mohamed Benchicou, directeur du Matin, a été condamné ce lundi 28 mars, à 12 années de prison ferme par le juge du tribunal correctionnel d’Azazga (40 km à l’est de Tizi Ouzou), pour complicité dans l’affaire de la BNA.

Il n’est pas le premier, parmi les officiers et agents de la police de l’aéroport d’Alger qui avaient concocté le complot contre Mohamed Benchicou, à être incarcéré à son tour !  Dès 2007, en effet, des policiers de la Police des frontières avaient été arrêtés, poursuivis pour les mêmes manigances florentines qu’ils avaient utilisées contre Benchicou : falsification de procès-verbal et fabrication de faux documents ! À cette notable différence qu’il s’agissait, non pas d’empêcher une personne de quitter le pays mais de permettre à des individus interdits de sortie du territoire national de prendre l’avion ! Contre quelques milliers de dinars, le policier efface le sceau de la Direction générale de la sûreté nationale d’un document officiel, le remplace par un autre et vous détruit en moins de dix secondes le PV officiel qui vous clouait au pays ! Feu Ali Tounsi reconnaissant, ce jour-là devant la presse, avoir « découvert des voyous à la Police des frontières de l’aéroport d’Alger » !  En fait, ces policiers ripoux ont toujours falsifié, truqué ou manigancé. Les policiers étaient liés au pouvoir par un pacte tacite : en contrepartie du rôle d’exécuteurs de la tyrannie, ils bénéficiaient du droit implicite de monnayer leur activité. On a leur a toujours accordé ce privilège de pouvoir abuser, soit pour le compte d’inavouables raisons d’État soit, à des dimensions plus modestes, pour leur propre compte. Ainsi, ils ont pu impunément trafiquer des PV quand cela était nécessaire pour l’incarcération de Mohamed Benchicou ou se livrer à des petites combines avec des passeurs de drogue ou de métaux précieux.
Mais revenons à Z. Messaoud.
C’est  pour avoir “couvert” un couple d’amis de Bouteflika et emprisonné un innocent à leur place, que l’officier de police Z. Messaoud fut promu à ce prestigieux poste de chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger.
C’était un vendredi soir de l’année 2002. Jusqu’alors, Z. Messaoud était commissaire d’Hussein-Dey, un proche banlieue d’Alger. Il était chargé de l’enquête sur le vol  de la Baigneuse. Ce nom lyrique est celui d’une statue à l’origine assez controversée mais qui avait le privilège d’orner le jardin botanique d’El-Hamma, à Alger, jusqu’au soir où elle fut volée ! S’agissant tout de même d’une œuvre d’art, la police s’empara de l’affaire et l’enquête fut donc confiée au commissariat de l’arrondissement d’Hussein-Dey, dirigé par Z. Messaoud. Les recherches ne donnèrent rien jusqu’au jour où un jardinier, travaillant dans la villa d’un couple fort connu dans les milieux d’affaires à Alger, découvrit la statue dans leur jardin. Il avisa la police et le commissaire Z., très prompt, s’apprêtait à arrêter les deux célébrités de la finance  pour vol et recel quand un contre-ordre vint tempérer sa ferveur : le couple était une relation du président Bouteflika. Que faire ? Ce qu’il convient d’entreprendre dans pareil cas, c’est-à-dire innocenter les vrais receleurs et trouver un vrai-faux coupable à leur place. Le couple fut innocenté et, à sa place, le médecin vétérinaire du jardin botanique fut accusé du larcin et jeté en prison.
Le soir même, les Algériens virent à la télévision le commissaire Z. Messaoud félicité par le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni et par le directeur général de la police, « pour sa compétence dans l’affaire de la Baigneuse. » En échange de son silence, Zayane fut promu à la tête de la police judiciaire d’Alger. Le médecin vétérinaire passa six mois en prison avant d’être acquitté par le juge.
En qualité de chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, Z. Messaoud fut instruit par Zerhouni de “monter” le dossier des “bons de caisse” afin de jeter Mohamed Benchicou en prison.
Voici les faits racontés par Benchicou dans ” Les geôles d’Alger”
“A 8 heures 30 je me présente, accompagné d’une centaine d’amis et de confrères, devant le siège de la police judiciaire d’Alger où je fus accueilli par une figure qui ne m’était pas étrangère : le commissaire Messaoud Zayane en personne, l’homme qui fut au centre du fameux scandale de la Baigneuse révélé par le Matin (voir chapitre Ami Moh). A sa façon chafouine et bizarrement doucereuse de me recevoir, je compris que le personnage, qui n’avait rien oublié de nos articles, avait décidé de reléguer ses ressentiments derrière un objectif plus urgent : m’amadouer, le temps de m’arracher la signature du précieux procès-verbal. Il me servit, avec une vraie-fausse courtoisie, du café dans de belles tasses en porcelaine, me proposa une cigarette puis, l’air de rien, lança une innocente invitation :
–  On commence, Monsieur Benchicou ?
Un secrétaire avait engagé une grosse liasse de feuilles de papier blanc et de carbone dans une antique machine à écrire de marque Japy qui devait dater de la dernière guerre et n’attendait que le signal de ses supérieurs pour faire crépiter la vieille relique. J’optai pour les refroidir sans attendre :
–  Je ne répondrai à aucune question et ne signerai aucun procès-verbal, monsieur le commissaire.

Douche froide.

S’ensuivit alors une longue séance de supplications ridicules, de flagorneries pathétiques et d’étalage remarquable de roueries bien algéroises, prodigués par des flics prêts à tout pour obtenir leur document paraphé. Le temps pressait pour eux et il leur fallait « habiller » très vite le dossier d’inculpation. Le commissaire s’interrompit plusieurs fois pour informer ses supérieurs des obstacles inattendus au « bon » déroulement de l’interrogatoire. Il paraissait sérieusement ennuyé par mon refus de collaborer.

Devant le blocage de la situation, le duo Bouteflika-Zerhouni fit savoir, à sa manière, qu’il irait jusqu’au bout de son plan. A 12 heures, un communiqué officiel signé par le procureur de la république, répercuté par l’agence officielle de presse et lu par toutes les radios, préparait  l’opinion publique aux évènements à venir : « Le procureur de la République territorialement compétent, saisi le 24 août 2003, a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire et a demandé aux services de police la poursuite des investigations. » Cela signifiait que le régime de Bouteflika était déterminé à m’emprisonner le soir même. J’apprendrai quelques jours plus tard, de la bouche du ministre délégué aux Affaires pénitentiaires, Abdelkader Sallat, que la Présidence de la République avait réservé une cellule à mon intention, à la prison d’El-Harrach. Cette charmante attention allait déclencher, durant tout l’après-midi, une sévère empoignade au sein des hautes sphères dont je ne connaîtrais les détails que plusieurs semaines après. (…)  A 15 heures, le commissaire et son adjoint m’invitèrent enfin à quitter les lieux, par une porte dérobée, pour une destination inconnue. Au milieu du trajet, on m’informa qu’on partait pour une perquisition à mon domicile et à celui de ma mère. La chasse au trésor, c’est-à-dire aux originaux des bons de caisse, vitale pour la crédibilité du pouvoir, était lancée. Dans mon appartement, une dizaine de policiers s’affairèrent, pendant deux heures, à trouver une aiguille dans le tas de foin de mon désordre avant d’abdiquer : recherche infructueuse.  Chez ma mère, l’inspection buta sur l’exiguïté de l’appartement et le mépris souverain avec laquelle ma génitrice accueillit les agents de Zerhouni. « N’aie pas peur d’eux, mon fils. Ils ne t’atteindront pas », me lançait-elle à intervalles réguliers, avec ce même accent maternel serein et tranquille qui me rassurait lors des grandes angoisses de mon enfance. Son courage avait quelque chose d’impressionnant pour moi et de désarmant pour les flics. Ce moment intense m’inspirera, quelques mois plus tard, l’idée de lui dédier mon livre : « A ma mère dont le domicile a été violé par la police de Zerhouni. »

Mais ce lundi 28 mars, Z. Messaoud, chef de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Alger, a été condamné ce lundi, à 12 années de prison ferme par le juge du tribunal correctionnel d’Azazga (40 km à l’est de Tizi Ouzou). Il était impliqué dans l’affaire de dilapidation des fonds  de la BNA de Tipasa. Notre commissaire avait notamment fabriqué des faux documents pour permettre au principal accusé, l’homme d’affaires Achour Abderahmane, d’échapper à la justice.

Z. Messaoud avait pour complice, dans cette manigance, un certain commissaire Mohamed Sbih, fils de l’actuel ambassadeur d’Algérie en France. Sbih a été sauvé de la prison par Bouteflika. Pas Z. Messaoud. Mohamed Sbih est un flic ripoux que tout destinait à la prison mais qui, grâce à la formule de Balzac et à son père ambassadeur à Paris, s’est retrouvé en Espagne, libre et, probablement, très riche. Inculpé dans une grosse affaire de détournement de deniers publics, Sbih fut placé sous contrôle judiciaire, son passeport confisqué, dans l’attente d’un procès qui promettait de lui être fatal : il était accusé rien moins que d’avoir établi un faux rapport de police disculpant un banquier prévaricateur qui avait dérobé la somme astronomique de 3 200 milliards de centimes !.

Qui a rendu son passeport au fils de l’ambassadeur ripoux alors que l’affaire était toujours en instruction ? M. Tounsi et ses amis, bien sûr. Mais cette association de malfaiteurs est bénie par l’État à son niveau supérieur, elle échappe à la loi…
Tel est le sortilège d’une justice qui confisque des passeports pour un délit fictif de bons de caisse mais qui sait les restituer dès lors que le détournement dépasse la somme astronomique de 3000 milliards de centimes…
Car enfin, tout cela n’était-ce pas magnifique ?
C’était un récit vrai : Commissaire Z.M., ancien chouchou de Bouteflika, soldat de Zerhouni dans “la cabale des bons de caisse”, ou le vrai visage du régime algérien.

par_ahf

28 mars, 2011

 dans politique ait-ahmed4-300x214Il y a des moments de l’Histoire que l’on regrette d’avoir eu à vivre, les dérives sanglantes des années 90 et 2000 font partie de ces moments douloureux. Mais il y a des moments qui peuvent être formidables à vivre. Aujourd’hui, qui a commencé avec le Printemps de Tunis, fait partie de ces moments où les femmes et les hommes d’un pays sont appelés à donner le meilleur d’eux-mêmes ». C‘est ainsi que le président du Front des forces socialistes (FFS) entame sa lettre adressée au Conseil national du parti, ce vendredi 18 mars.

Dans son message à ses militants et aux Algériens, le leader charismatique du FFS évoque les révoltes démocratiques qui secouent le monde arabe. Pour lui, l’Algérie « ne fait pas exception ». Mais Hocine Aït Ahmed, qui compte prochainement rendre public un texte pour expliquer sa démarche, estime que « faire partie du mouvement de l’Histoire ne signifie pas copier mécaniquement ce qui se passe chez les voisins et notre histoire récente a montré les limites sanglantes des aventures que l’on engage la fleur au fusil et que l’on termine sur un champ de ruines ». Comprendre : le FFS ne partage pas l’option d’une révolte sanglante pour faire changer le régime.

Pour le président du FFS, si les Algériens ne sont pas soulevés d’une manière violente comme leurs voisins, ce n’est nullement à cause de la peur. « (…) je ne soulignerais jamais assez, que le génie populaire algérien, inspiré, non par la peur comme veulent le faire croire certains, mais par la sagesse l’éternel esprit de résistance, saura inventer les voies et moyens d’un changement pacifique. Ce fameux fighting spirit a illuminé le mouvement national et nous tient toujours debout ».

Hocine Aït Ahmed explique la démarche de son parti en faveur d’un changement pacifique en Algérie : « là où certains voudraient que l’on participe à leur œuvre de destruction de ce bien, l’Algérie, dont l’Histoire et les générations futures témoigneront combien nous avons œuvré à la préservation ». Le président du FFS compte faire fructifier « le respect » dont jouit son parti auprès des Algériens et de « nos partenaires étrangers » pour « en nous investissant dans la construction des institutions capables, à partir du parti, d’aller à la rencontre des algériennes et des algériens qui partagent nos valeurs de démocratie, de liberté et d’engagement citoyen. »

LE TEXTE INTEGRAL DU MESSAGE D’AÏT AHMED

Chers amis, chers camarades,

Il y a des moments de l’Histoire que l’on regrette d’avoir eu à vivre, les dérives sanglantes des années 90 et 2000 font partie de ces moments douloureux.

Mais il y a des moments qui peuvent être formidables à vivre. Aujourd’hui, qui a commencé avec le Printemps de Tunis, fait partie de ces moments où les femmes et les hommes d’un pays sont appelés à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Notre pays ne fait pas exception. Et comme je le souligne dans un texte que je compte rendre public dans les prochains jours, faire partie du mouvement de l’Histoire ne signifie pas copier mécaniquement ce qui se passe chez les voisins.

On ne peut faire l’Histoire en négligeant son histoire.
Et notre histoire récente a montré les limites sanglantes des aventures que l’on engage la fleur au fusil et que l’on termine sur un champ de ruines.

Ce moment est un moment important.
Important pour la construction d’une alternative démocratique à l’échec autoritaire.

A cet effet, je ne soulignerais jamais assez, que le génie populaire algérien, inspiré, non par la peur comme veulent le faire croire certains, mais par la sagesse l’éternel esprit de résistance, saura inventer les voies et moyens d’un changement pacifique.
Ce fameux fighting spirit a illuminé le mouvement national et nous tient toujours debout.

Les vieux sages de chez nous ont toujours enseigné qu’il faut savoir résister à l’ennemi étranger autant qu’à l’adversaire local. Mais ils nous ont également mis en garde contre nous-mêmes : nos passions et nos emballements irraisonnés.

L’homme d’honneur est un homme qui ne s’engage pas à la légère et qui n’engage pas les siens à la légère.

C’est au prix de la maitrise de soi que l’on peut parvenir à la maitrise de son destin.
Et pour ceux qui ne l’ont pas compris, il faut lire ce qu’en disent Imusnawen que sont Mohammed Arkoun et Mouloud Mammeri dans leurs analyses de deux composantes essentielles de notre culture : l’amazighité et l’Islam.

Il semble qu’il faille rappeler à certains qu’il n’ya pas que des bandits d’honneur dans notre culture, mais il y a aussi des hommes de culture d’honneur, des hommes de religion d’honneur et des hommes politiques d’honneur.

Et il y a bien sur, aussi, les autres.

Ce moment est important et comme tel il nous force à nous dépasser.

Nous devons être capables de donner le meilleur de nous-mêmes, non dans des actes faussement héroïques et spectaculaires, mais dans la discipline que nous saurons nous imposer. Une discipline qui nous forcera à nous dépasser quotidiennement pour construire, construire, construire…

Là où certains voudraient que l’on participe à leur œuvre de destruction de ce bien, l’Algérie, dont l’Histoire et les générations futures témoigneront combien nous avons œuvré à la préservation.

Mais revenons à ce moment précis dont il est important de prendre la juste mesure.
Nous avons tous pu mesurer le respect que nos compatriotes autant que nos partenaires étrangers portent à notre parti.

Ce respect, nous avons le devoir de le faire fructifier en nous investissant dans la construction des institutions capables, à partir du parti, d’aller à la rencontre des Algériennes et des Algériens qui partagent nos valeurs de démocratie, de liberté et d’engagement citoyen.

J’ai à cet effet, et après discussion avec la direction du parti, chargé cette dernière de prendre un certain nombre de mesures allant dans le sens de la mise en place des outils qui ont pour double mission d’accélérer le processus d’ouverture sur la société et d’amorcer le processus d’évaluation.

Nous avons déterminé quatre chantiers à ouvrir en priorité :
Les jeunes, les travailleurs, les femmes ainsi qu’une feuille de route d’étape de restructuration du parti.

J’attends de tous les militants et d’abord des membres du conseil national de se concentrer sur l’essentiel. C’est ce qui doit nous réunir aujourd’hui.

Je souhaite plein succès à vos travaux.

par-ahf

25 mars, 2011

La mémoire et l’oubli…

 

image

18 mars 2011

Au risque d’étonner certains d’entre vous, il me semble que ceux qui se sont exilés (bien malgré eux, hélas) ont plus de mémoires que ceux qui sont restés au pays.

 

Je n’ai pas quitté Alger et j’ai vécu la période sanglante du terrorisme comme un douloureux traumatisme, alors que je n’ai pas été directement touchée. Il y avait une certaine empathie, une incompréhension qui nous plongeaient tous dans le plus grand désespoir.

Ensuite vint la paix, une paix étrange, qui a blanchi les acteurs des boucheries, où les rôles se sont inversés. Les bourreaux sont devenus victimes ? Alors ? Tous ces morts ? Pour rien ? La mémoire dans tout ça?

 

Cette paix a fini par nous achever.

Ceux qui sont restés sont plus amers que ceux qui sont partis parce qu’ils ont vécu ensuite la descente aux enfers, la déchéance, le délabrement total de la société. La mémoire dans tout ça? Ceux qui sont partis l’ont gardée intacte, comme ils ont gardé intacte leur douleur, leur fougue et cette envie de changement salutaire qui nous fait défaut ici. Rien d’étonnant que la mayonnaise ne prend pas en Algérie. Le mal est très profond, tout est à reconstruire. Pour cela, nous avons cruellement besoin de ces exilés, pour l’esprit qu’ils ont gardé et que nous avons perdu. Pour leur enthousiasme que nous n’avons plus. Et vous savez quoi ? Il faut bien qu’il y ait un début, même tout petit, même très modeste.

Ces exilés, je leur dis MERCI de me rappeler ce que j’avais moi-même oublié…

par _iris samy

25 mars, 2011

La fortune cachée des dirigeants Algériens en Suisse dépasse les 17 milliard euros d’euros !

 dans politique Chekara1

  	Selon une chaîne de télévision suisse germanophone, les avoirs financiers du régime Algérien en Suisse dépassent les 700 millions d'euros. 

 

Selon les révélations de la chaîne de télévision suisse germanophone « Arena », les avoirs financiers des dirigeants Algériens en suisse dépassent les 700 millions d’euros. Cette chaîne suisse a diffusé cette information au cours d’une émission, dont un résumé est disponible sur Youtube, consacrée aux fortunes des régimes arabes placées dans les banques suisses.

907 millions de francs suisses, l’équivalent de plus de 17    milliard euros , ce montant représente les sommes d’argent en provenance de l’Algérie et placées en sécurité dans des banques suisses, qui reprend les informations révélées par l’émission diffusée récemment sur la chaine suisse « ARENA ». En effet, un reportage de cette chaine a passé en revue toutes les fortunes des régimes arabes qui se retrouvent dissimulées dans les coffres-forts des banques suisses.

Mais contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas le Guide libyen, El-Geuddafi, qui détient la plus grande fortune déposée dans les banques suisses. Et pour cause, une grande partie de ces 4 milliards d’euros déposés en Suisse a été retirée des banques de la Confédération helvétique après les embrouilles du colonel Khadafi avec les autorités de Bern.

Aujourd’hui, Mouammar Kadhafi ne disposerait, selon la chaîne « Arena », que de 633 millions d’euros dans ses comptes secrets en Suisse. Dans ce contexte, c’est le régime syrien qui se retrouve en tête du peloton car il possède les plus importants avoirs financiers en suisse. En effet, plus d’un 1,4 milliard euros reviennent au clan Assad qui dirige d’une main de fer la Syrie depuis 40 ans.

poste par Ahf

25 mars, 2011

 

Algérie-Affrontements entre police et manifestants : La poudrière de Oued Koriche la miséreuse!!!

Jeudi 24 mars 2011

 dans politique 0alger%20333Les émeutes ont repris jeudi matin dans la cité « Climat de France » de Oued Koreich, quartier miséreux de Bab El Oued, a constaté sur place une journaliste de DNA. Les habitants du quartier qui protestent contre la démolition de leurs habitations précaires ont barricadés les axes routiers. Ces émeutes font échos à d’autres manifestations qui ont secoué d’autres quartiers de la capitale au cours de cette année et l’année dernière et dont l’origine reste le sempiternel problème de l’accès au logement.

L’explosion était prévisible et la police était en état d’alerte dès mardi 22 mars. La cité Climat de France de Oued Koreich, quartier miséreux de Bab El Oued, s’est embrasée dans la matinée du mercredi 23 mars. Au moins une quarantaine de personnes ont été blessées dans des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre.Les affrontements ont commencé mercredi matin lorsque des engins de la marie sont arrivés sur les lieux pour démolir les constructions jugées illicites érigées quelques mois plutôt par des habitants pour faire face à la pénurie de logements.

Les forces de l’ordre, dépêchées en renfort, ont même prêté assistance aux travailleurs chargés de la démolition comme le montrent les images diffusées mercredi soir par les chaînes 0alger%20222 dans politiqueTF1 et Euronews.

A peine l’opération de démolition entamée, les jeunes du quartier ont érigé des barricades, brulé des pneus avant d’affronter les policiers à coups de pierres et de cocktails molotov. Des hommes et des femmes en pleurs et en colère se sont opposés à certains policiers.

La réponse de la police a été brutale. Tirs avec des balles en caoutchouc, bombes lacrymogènes, les affrontements ont fait plusieurs blessés parmi les manifestants et les policiers.

Un jeune émeutier âgé de 17 ans a eu l’œil crevé après avoir reçu une balle en caoutchouc au visage. Le quotidien El Watan fait part de son côté du décès d’une fillette de 7 mois après avoir inhalé du gaz lacrymogène. Toutefois, cette information n’a pas été confirmée de sources officielles.

Depuis les émeutes de janvier 2011 qui ont fait cinq morts et quelque 800 blessés, c’est la première fois que la police fait usage de balles à blanc et de gaz lacrymogènes contre des manifestants.

Jusqu’à ce jeudi matin, les autorités n’ont pas encore communiqué sur cette émeute qui a secoué ce quartier populeux et miséreux de la capitale.

Située sur les hauteurs de Bab El Oued, cette cité appelée encore aujourd’hui «Climat de France » a été construite en 1958 à l’époque où le pays était encore sous occupation française.

« Climat de France » fait pendant à d’autres quartiers de la capitale algérienne, tels que Diar El Mahçoul, Diar Essada et Diar Echems, construits à l même époque, devenus au fil des années de véritables favelas de raison de l’explosion démographique.

Des émeutes du logement secouent régulièrement de nombreux quartiers de la capitale algérienne depuis octobre 2009.

En juillet 2010, les habitants des bidonvilles de « la Carrière Jobert » et « Climat de France » sur les hauteurs du rond point « Triolet », à l’entrée de Bab El Oued, ont provoqué des émeutes suite à des tentatives des autorités de déplacer les familles pour les reloger à Bentalha, à Birtouta et aux Eucalyptus, à une trentaine de kilomètres à l’est d’Alger.

Les autorités algériennes affirment avoir construit des centaines de milliers de logement mais ce programme lancé depuis le début du premier mandat du président Bouteflika, 74 ans, n’a pas été en mesure de répondre aux demandes des citoyens.

par_ahf

 

 

 

 

25 mars, 2011

Algérie: Bouteflika manie la carotte et le bâton

http://www.marianne2.fr/photo/art/default/932104-1105287.jpg?v=1300896953En proie à des émeutes quasi quotidiennes, l’Algérie échappe, pour l’instant, à la contagion démocratique. Bouteflika use habilement de la carotte et du bâton, réprimant d’un côté toutes les manifestations et tentant de calmer la contestation populaire par des promesses de révision de la constitution qui ne sont pour l’instant que des effets d’annonces.

Encore cette semaine, de violents affrontements ont opposé des dizaines de jeunes de la cité « Climat de France » aux forces de l’ordre dans la commune populaire d’Oued Kreich près d’Alger. Les jeunes émeutiers tentaient d’empêcher le déroulement d’une opération d’éradication de bidonvilles érigés au centre de cette cité populaire qui accueille pas moins de 5000 habitants. « Des familles balançaient des pierres et des objets métalliques sur les forces de l’ordre des blacons et des terrasses » rapporte le quotidien El Watan qui faisait état de 50 policiers blessés dans l’après midi. Bouteflika a également fait appel aux forces anti-émeutes mardi pour réprimer un rassemblement de 200 enseignants contractuels rassemblés à quelques rues du palais présidentiel pour protester contre « la marginalisation et la précarité » qu’ils subissent.

Entre deux répressions de mouvement de contestations, maniant habilement la carotte et le bâton, Bouteflika tente tant bien que mal de garder la main sur son pays. Multipliant les mesures d’apaisement, les autorités algériennes envisagent de réviser la constitution. D’après le journal Le Soir, des réunions secrètes entre Bouteflika et les plus hauts responsables des institutions de l’Etat se sont tenus la semaine dernière. Alors que Bouteflika avait annoncé d’importantes « réformes globales et politiques », les premières annonces laissent entrevoir de vagues replâtrages de façade : « Il est presque certain que le président reviendra à l’ancienne formule d’avant novembre 2008, en reprenant la limitation des mandats présidentiels à seulement deux », a indiqué une source présidentielle au quotidien. Une telle limitation n’influerait pas sur le mandat du président actuel puisqu’elle ne serait applicable après 2014, année de la prochaine élection présidentielle.


Un président aux abonnés absents

 

Principal opposant à Bouteflika, Hocine Aït Ahmed s’est invité dans le débat adressant un message aux algériens au travers d’une lettre dans laquelle il estime nécessaire une mobilisation de tous pour aboutir à l’autodétermination du peuple qui passe inexorablement par une assemblée constituante. Si le leader du Front des forces socialistes estime que « la crise algérienne s’inscrit naturellement dans le cadre des crises en cours. Pour autant, il n’est pas question de céder à une quelconque «contagion démocratique» dans l’explication et le traitement de chaque situation nationale», écrit-il, estimant que l’occasion est tout de même donnée pour «mettre à nu les pratiques de dépolitisation et de désarmement moral propagées par les tenants de la violence».

Spécificité de la situation algérienne, Bouteflika ne s’est jamais adressé à son peuple depuis le début des émeutes, publiant des communiqués ou laissant agir ses porte-paroles. D’où une indifférence notable vis à vis d’un chef d’état aux abonnés absents. A l’exception du quotidien gouvernemental, El Moudjahed qui relaie tous ses messages, la presse algérienne commente de moins en moins les communiqués du président préférant se pencher sur l’intervention occidentale en Libye.

Encore cette semaine, de violents affrontements ont opposé des dizaines de jeunes de la cité « Climat de France » aux forces de l’ordre dans la commune populaire d’Oued Kreich près d’Alger. Les jeunes émeutiers tentaient d’empêcher le déroulement d’une opération d’éradication de bidonvilles érigés au centre de cette cité populaire qui accueille pas moins de 5000 habitants. « Des familles balançaient des pierres et des objets métalliques sur les forces de l’ordre des blacons et des terrasses » rapporte le quotidien El Watan qui faisait état de 50 policiers blessés dans l’après midi. Bouteflika a également fait appel aux forces anti-émeutes mardi pour réprimer un rassemblement de 200 enseignants contractuels rassemblés à quelques rues du palais présidentiel pour protester contre « la marginalisation et la précarité » qu’ils subissent.

Entre deux répressions de mouvement de contestations, maniant habilement la carotte et le bâton, Bouteflika tente tant bien que mal de garder la main sur son pays. Multipliant les mesures d’apaisement, les autorités algériennes envisagent de réviser la constitution. D’après le journal Le Soir, des réunions secrètes entre Bouteflika et les plus hauts responsables des institutions de l’Etat se sont tenus la semaine dernière. Alors que Bouteflika avait annoncé d’importantes « réformes globales et politiques », les premières annonces laissent entrevoir de vagues replâtrages de façade : « Il est presque certain que le président reviendra à l’ancienne formule d’avant novembre 2008, en reprenant la limitation des mandats présidentiels à seulement deux », a indiqué une source présidentielle au quotidien. Une telle limitation n’influerait pas sur le mandat du président actuel puisqu’elle ne serait applicable après 2014, année de la prochaine élection présidentielle.


Un président aux abonnés absents

Principal opposant à Bouteflika, Hocine Aït Ahmed s’est invité dans le débat adressant un message aux algériens au travers d’une lettre dans laquelle il estime nécessaire une mobilisation de tous pour aboutir à l’autodétermination du peuple qui passe inexorablement par une assemblée constituante. Si le leader du Front des forces socialistes estime que « la crise algérienne s’inscrit naturellement dans le cadre des crises en cours. Pour autant, il n’est pas question de céder à une quelconque «contagion démocratique» dans l’explication et le traitement de chaque situation nationale», écrit-il, estimant que l’occasion est tout de même donnée pour «mettre à nu les pratiques de dépolitisation et de désarmement moral propagées par les tenants de la violence».

Spécificité de la situation algérienne, Bouteflika ne s’est jamais adressé à son peuple depuis le début des émeutes, publiant des communiqués ou laissant agir ses porte-paroles. D’où une indifférence notable vis à vis d’un chef d’état aux abonnés absents. A l’exception du quotidien gouvernemental, El Moudjahed qui relaie tous ses messages, la presse algérienne commente de moins en moins les communiqués du président préférant se pencher sur l’intervention occidentale en Libye.

par_ahf

22 mars, 2011

 dans politique 182668_186487058058240_100000908416684_436836_7586605_n

181980_134665729934667_134636846604222_219259_3938653_n dans politique

                                     Front du Changement National

Notre pays traverse une grave crise dont l’origine est l’illégitimité du pouvoir en place depuis l’indépendance. Ce régime, qui a toujours disposé de l’État comme d’un bien privé, a mené le pays à l’impasse et se trouve aujourd’hui dans l’incapacité de l’en sortir, ayant atteint ses limites. Sans vision d’avenir et sans véritable stratégie, il se contente de naviguer à vue, ignorant les signaux de détresse d’une jeunesse qui, malgré la rente pétrolière qui a atteint des niveaux inégalés, est condamnée à subir la mal-vie, le chômage et la hogra, l’exil étant devenu pour elle la seule voie d’accès à une vie digne. Ses cris de révolte et ses gestes de désespoir sont totalement ignorés par des dirigeants coupés du peuple, barricadés dans leurs résidences hautement sécurisées, trop préoccupés par leurs affaires pour s’intéresser au sort de leurs administrés.

Les multiples velléités politiques de ce régime, faites d’improvisations et de manœuvres scélérates destinées à tromper le peuple et à faire passer des décisions souvent contraires à ses intérêts,  n’ont mené qu’à d’amères désillusions.

Malgré son état de déliquescence avancée, ce pouvoir, honni et coupé des réalités nationales,  refuse obstinément de partir. Il est prêt à tout pour se maintenir.

Devant cette crise politique d’une gravité exceptionnelle qui risque de provoquer, au vu de la conjoncture régionale, un véritable tsunami populaire, nous, Algériennes et Algériens, de toutes conditions sociales et de toutes tendances politiques, avons décidé de prendre nos responsabilités devant notre Peuple.

Nous sommes déterminés à mettre un terme à cette logique d’autodestruction dans laquelle le régime a enfermé notre nation. Nous appelons tous les patriotes sincères soucieux de l’intérêt supérieur de notre pays à adhérer avec nous à ce compromis politique qui sera l’instrument de la libération de notre peuple du joug qui lui est imposé par un pouvoir illégitime.

A travers ce compromis qui se propose de réunir toutes les volontés intellectuelles, politiques et citoyennes, sans exclusion, nous nous engageons résolument aux côtés de notre peuple dans sa lutte pour le recouvrement de sa pleine souveraineté et l’instauration d’un Etat de droit à travers un changement radical et pacifique du régime politique.

Cet accord s’inscrit en continuité avec la Déclaration du 1er novembre 54 et la Plateforme de la Soummam, textes fondamentaux de la Révolution Algérienne, dont il réaffirme avec force les idéaux et principes essentiels.

Les Principes essentiels sur la base desquels nous appelons au rassemblement de tous les patriotes sincères sont :

1-   Le changement RADICAL et PACIFIQUE du régime politique.

2-   Notre indéfectible attachement à notre ALGERIANITE dans sa triple dimension (islamité, amazighité, arabité). Aucun des fondements de notre identité forgée par l’Histoire ne pourra, dans un quelconque but, être instrumentalisé ou monopolisé par une quelconque partie à des fins politiciennes, que celle-ci soit au pouvoir ou dans l’opposition.

3-   Le respect total de la dignité et des droits de la personne humaine, dans leur intégralité.

4-   Le respect des libertés individuelles et collectives, sans distinction de race, d’origine, de sexe ou de confession.

5-   Le respect de la souveraineté populaire : le peuple est la seule source de pouvoir et de légitimité.

6-   Le respect de la démocratie comme moyen de gestion politique et de régulation pacifique de la société et le rejet de toute forme de violence, que ce soit dans l’expression ou la gestion des conflits qui traversent la société.

7-   L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.

8-   L’institution militaire, libérée de l’oligarchie qui l’a prise en otage depuis la fin de la guerre d’indépendance, doit devenir une institution républicaine dont la mission sera clairement définie par la Constitution issue de la volonté populaire. Aucune institution de l’Etat, quelle qu’elle soit, ne peut et ne doit se prévaloir d’être au-dessus de la souveraineté du peuple, seule source de légitimité.

Sur la base de ces principes fondamentaux et obéissant à une démarche consensuelle, nous avons décidé de nous organiser au sein d’un Front du Changement National afin de mobiliser notre peuple en vue d’un véritable changement du système politique. Ce Front regroupera toutes les volontés politiques, intellectuelles et citoyennes, sans exclusion, qui se reconnaitront dans les principes énoncés dans le présent Compromis. En aucun cas, il ne sera une addition d’appareils politiciens ou le lieu de confrontations idéologiques, mais un creuset de volontés tendues vers un idéal démocratique commun, émanant de citoyennes et de citoyens de tous bords qui n’ont d’autre objectif que la réalisation d’un changement radical et pacifique de notre système de gouvernance et l’instauration de l’État de Droit.

Ce Front sera dissous de facto, lorsque ses objectifs auront été atteints.

Le Front du Changement National rejettera toute interférence ou ingérence, de quelque nature que ce soit, de puissances étrangères dans le processus de changement et de transition démocratique vers un Etat de Droit, partant du principe que la crise politique nationale ne peut et ne doit être réglée que par les Algériens eux-mêmes.

Le changement radical du système passera obligatoirement par une phase de transition dont le Front du changement National et l’institution militaire auront à définir la durée et les objectifs précis et à mettre en place les mécanismes opérationnels. Cette phase transitoire  débutera par:

1.  la mise en place d’un Gouvernement de transition : qui aura pour missions :

a)   la gestion des affaires courantes.

b)   la préparation de l’élection d’une Assemblée Constituante, seule voie légitime de restitution au peuple de sa souveraineté pleine et entière.

2. la mise en place d’un Conseil  Consultatif : Il sera constitué de personnalités politiques et scientifiques moralement irréprochables, connues pour leur intégrité et leur probité. Son rôle sera d’accompagner et conseiller le gouvernement de transition.

Dès son installation, le  gouvernement de transition proclamera :

1-      La levée de toutes les contraintes légales et administratives sur les libertés individuelles et collectives.

2-      La dissolution des assemblées préfabriquées (Assemblée dite Nationale et « Sénat »).

3-  L’indépendance de la justice.

4-  La dissolution de la police politique.

5-  La liberté de création de partis politiques et de syndicats libres et le droit d’accès  aux médias publics pour toutes les opinions politiques.

6- La libération de tous les détenus politiques et d’opinion, la levée immédiate de toutes les mesures de tous ordres concernant les condamnés pour ces mêmes délits, et la proclamation du droit de retour au pays de tous nos compatriotes réduits à un exil forcé.

Nous, signataires du présent texte, prêtons serment devant notre peuple de respecter à la lettre ce compromis politique et d’œuvrer à sa concrétisation, au service de l’Algérie et de l’Algérie seule.

Nous en appelons au cœur et à la raison de toutes les Algériennes et tous les Algériens, en ces moments difficiles, pour puiser dans leurs ressources patriotiques afin d’œuvrer ensemble, sans exclusion aucune et dans la sérénité, pour éteindre les flammes de la haine et de la rancœur.

Puisse Dieu nous donner la force et la détermination de hisser notre pays au rang d’un Etat de Droit authentique, dans une Algérie réconciliée avec elle-même, solidaire et fraternelle.

par..fha       Alger le 19 mars 2011

 

12345