La scène politique algérienne

La scène politique algérienne offre aujourd’hui un bien triste et désolant spectacle.

En effet, à force d’avoir voulu tout contrôler, Bouteflika apparaît paradoxalement, non pas comme un Chef d’Etat puissant et maîtrisant la situation, la sienne et celle du pays, mais plutôt comme un homme seul, tragiquement seul, de plus en plus abandonné par presque tous et toutes et qui n’aurait aucune prise sur la réalité de l’Etat qu’il est censé diriger et de la nation à laquelle il a été imposé, à trois reprises.

L’homme, qui a absolument tout fait pour revenir au devant de la scène politique nationale, en promettant monts et merveilles à ses sponsors ( alouettes naïves ou faucons ensorcelés, comme Boumediène et de nombreux autres responsables chaouis et kabyles, par le charme marocain ? ), a été finalement rattrapé par ses vieux démons, c’est à dire le népotisme, le régionalisme, la cupidité, la paranoïa et la mégalomanie.

Au bout du compte, les Algériens et les Algériennes ne vont pas se souvenir de la majorité des « chantiers du Président » car il n’ont pas été réalisés par eux, ni même pour la majorité d’entre eux mais sûrement avec leur argent, sans les consulter.

Par contre, ils se rappelleront certainement longtemps des multiples scandales et affaires, qui ont ruiné l’économie et considérablement terni l’image du pays et des fléaux qui ont miné leur vie quotidienne, comme :

-Khalifa ;

-Sonatrach ;

-Autoroute Est-Ouest ;

-Orascom ;

-Tonic ;

-Ecole et Université sinistrées ;

-Santé et Hygiène malades ;

-Désindustrialisation sauvage du pays ;

-Pillage et bradage des entreprises publiques ;

-Les milliards de dinars algériens engloutis dans des manifestations économiques et culturelles douteuses, telles le GNL 16, Alger capitale de la culture arabe, Tlemcen capitale de la culture islamique et le IIème Festival Panafricain notamment . Les fonds, qui ont servi à financer ces mégas projets aux retombées quasi-nulles ou éphèmères sur l’économie et la culture algériennes, auraient pu financer pendant plusieurs années des activités culturelles, économiques, sociales et sportives, certes plus modestes mais beaucoup plus utiles à la société algérienne.

-Chômage chronique ;

-Drogue ;

-Harragas ;

-Classements honteux de notre pays dans de nombreux domaines, par les ONG et institutions internationales spécialisées ;

- Et même, inondations de Bab El Oued, Seisme de Boumerdès, Printemps noir et crise avec l’Egypte, très mal gérés médiatiquement.

Pour pouvoir faire face efficacement aux défis majeurs du XXIème siècle, dont la deuxième décennie commencera en Janvier prochain, notre pays ne devrait pas avoir à sa tête un homme faible ou affaibli par les scandales et isolé sur les plans interne et externe mais un homme, qui rassemble, sans discrimination aucune, les forces vives de la nation autour d’un projet ambitieux et d’une vision claire des intérêts stratégiques de notre pays.

En plus de onze ans de règne où l’incohérence et l’immobilisme l’ont souvent disputé à l’improvisation et l’impuissance, Bouteflika a largement démontré qu’il ne pouvait pas être cet homme-ci.

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