La situation en Algérie est d’une complexité inouie,


La situation en Algérie est d’une complexité inouie, qui nécessite analyses et réflexions avant toute action. Rappelons nous le déclenchement de la guerre d’Algérie en 1954 qui s’est faite dans la précipitation et dont nous subissons les conséquences néfastes à ce jour. Il ne s’agit pas de foncer tête baissée et advienne que pourra, et si les conditions ne sont pas réunies et la conjoncture ne convient pas, alors vaut mieux se donner le temps nécessaire pour voir plus clair. Il ne s’agit pas non plus de substituer le chaos au marasme actuel pour finir par avoir d’amers regrets.
Il est, certes, question de lutter contre un pouvoir illégitime, mais seulement, encore faut-il aussi avoir le courage de lutter contre nous mêmes, c.a.d contre nos contradictions, nos incertitudes, nos phobies, nos mauvais choix etc… , autrement dit, savoir exactement ce qu’on veut, quel est l’objectif à atteindre et nous donner enfin les moyens d’y arriver.
En l’absence de sondages d’opinion fiables et objectifs susceptibles de nous renseigner sur les tendances fortes sur les plans politiques, culturelles , identitaires … des Algériens, chacun y va de ses propres compréhensions et interprétations du fonctionnement de la réalité sociologique et politique du pays. D’ailleurs, pour illustrer ce raisonnement, l’humouriste FELLAG, considèrait, certes drôlement, dans un de ses one man show, que chaque Algérien pouvait constituer à lui seul un parti. On est heureusement loin d’une telle situation, mais il faut se poser la ou les question (s) qui s’imposent , à savoir quelle est, réellement le Desiderata des Algériens à une proportion majoritaire reconnue de 50 % + une (01) voix ? tout ce qu’on sait actuellement c’est qu’on ne sait pas grand chose , du moins sur cette question cruciale et déterminante pour entreprendre quoi que ce soit de salutaire.

Le pouvoir Algérien se nourrit des tiraillements et des divergences au sein d’une socièté complètement destructurée, perdue et désorientée en l’absence d’élites intègres, désintéressées et sincères. Rappelons-nous, après 1988 où l’Algérie a amorcé un changement de cap sur le plan socio-économique, les Algériens dans leur majorité écrasante étaient nostalgiques des années de l’état providence qui assurait tout et veillait sur tout. Donc, tout projet doit passer par une étape de maturation pour éviter des aventures aux conséquences imprévisibles et parfois dramatiques.
Le propre de chaque communauté humaine partageant un même territoire et liée par un même destin est de se regrouper autour de valeurs communes pour pouvoir construire durablement ensemble.

Pour ce faire, il faut un projet de société qui soit, au mieux, le reflet de la communauté nationale et surtout pas en contradiction avec les fondements historiques, sociologiques, antropologiques, culturels et identitaires de cette même communauté.
Or, actuellement, l’Algérie est beaucoup plus piégée par des divergences idéologiques qui ne permettent ni une bonne visibilité ni de se projeter dans l’avenir. En fait, on est coincée.

C’est à ce stade qu’intervient le rôle de l’institution militaire qui, quoi qu’en dise et quoi qu’en pense, demeure la seule institution pouvant constituer un rempart contre toute dérive, pour peu qu’elle adopte une position de neutralité et se mette au dessus de la mêlée et laisser les acteurs de la société civile dans toutes ses représentations assumer leur mission pacifiquement, légalement, loyalement et en toute transparence.

Les partis politiques actuels sont dépassés par les évènements et complètement hors circuit, le plus vieux (FFS) d’entre en est l’exemple parfait. C’est absurde et inimaginable que ce parti soit encore dirigé par un vieux militant du mouvement nationaliste et qui plus est se trouve à l’étranger. Autant dire qu’il n’ya pas que le pouvoir d’Alger qui méprise le peuple, de plus, comment ces partis prétendent-ils gouverner le pays quand ils ont échoué à gérer de simples APC.

De toute évidence, tous ces partis n’ont aucune excuse à faire valoir pour justifier leur échec, en 20 ans d’existence légale, ils n’ont eu de cesse de répéter les mêmes erreurs et de se payer la tête des électeurs et même de leurs sympathisants les plus acharnés. 20 ans presque pour rien, si ce n’est pour des clopinettes, 20 ans à aboyer alors que les caravanes continuent leur bonhomme de chemin comme si de rien n’était. De deux choses l’une, ou ces pseudos opposants se décident à faire de la politique, sinon qu’ils se cassent et qu’ils changents de métier.
En définitive, je crains que les uns et les autres ne soient animés en fin de compte que par des sentiments bassements revanchards sans plus.

On s’indigne, à juste titre, de la mauvaise gouvernance du pouvoir, néanmoins, pourquoi ne pas l’être autant d’un simple scribouillard dans l’ administration qui ne s’acquitte pas du travail pour lequel il est payé, pourquoi ne pas s’indigner quand un praticien de la santé ne soigne pas convenablement ses patients, pourquoi ne pas s’indigner quand un employé d’une entreprise publique passe plus de son temps de travail à l’extérieur de l’entreprise qui l’emploi, pourquoi ne pas s’indigner quand tout un chacun qui détient un grain de pouvoir se comporte comme un nabab et monnaye ses services au plus offrant, pourquoi ne pas s’indigner quand des magistrats, sans aucune pudeur, ni conscience s’adonnent à la corruption de la manière la plus vil qui soit, pourquoi ne pas s’indigner quand les flics, payés avec l’argent du contribuable, ferment les yeux et se détournent des dépassements en tous genres, pourquoi ne pas s’indigner quand quelqu’un lance un sachet de poubelle du haut d’un immeuble de plusieurs étages, pourquoi ne pas s’indigner de l’attitude de certains chauffards qui se croient sur les pistes du Paris-Dakar, pourquoi ne pas s’indigner quand on crache dans la rue sans aucune retenue, pourquoi ne pas s’indigner quand, sous prétexte d’émeutes, on s’accage tout sans distinction ni discernement, pourquoi ne pas s’indigner quand on ne peut plus sortir tranquillement en famille, pourquoi donc ne pas s’indigner de tous ces comportements et autres attitudes néfastes qui indisposent les gens honnêtes, éduqués et de bonnes familles, qui aspirent, pour le moment et en attente de jours meilleurs, de vivre dans la quiétude et la paix.
Comme quoi la situation actuelle arrange aussi bien le pouvoir qu’une bonne partie de la population qui trouve son compte.
C’est pour cela qu’un éventuel changement se fera avec l’apport de tout le monde ou ne se fera pas.

Cordiales salutations.

IRIS SAMY

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